13 Nov 2025 | Actualités
10 ans après les terribles évènements du 13 novembre 2015, voici un rappel dérangeant, mais nécessaire, du site europeanconservative.com repris par Belgicatho.
L’heure est aux célébrations, aux larmoiements stériles, et (trop) souvent, même aux larmes de crocodile (même s’il faut évidemment respecter la souffrance des survivants et la douleur des proches des victimes), mais peu avaient souligné qu’au moment où les terroristes ont interrompu le « concert » (est-ce vraiment de la musique?) du groupe Eagles of Death Metal, ceux-ci interprétaient une « chanson » (idem!) où ils invoquaient Satan. J’en avais parlé dans ces pages, et je crois intéressant de relire aujourd’hui ce que j’avais publié alors: Benoit-et-moi-2015|Funérailles laïques (les funérailles sont celles d’une jeune Italienne morte au Bataclan, dans le commentaire de Stefano Fontana)
Le massacre qui a suivi est une illustration tragique du vide spirituel d’une civilisation à la dérive, qui a perdu tout sens du sacré.
- Voir aussi cet tribune datant des événements, écrit à chaud par un prêtre lyonnais, l’abbé Hervé Benoît (RiposteCatholique|Les Aigles (déplumés) de la mort aiment le diable), du reste immédiatement lâché par son évêque, le cardinal Barbarin
13 novembre 2025
Quand nous rejetons Dieu, démembrons la vérité et déconstruisons l’identité, nous ne devenons pas libres, nous devenons fragiles.
Dix ans se sont écoulés depuis la nuit du 13 novembre 2015, nuit où le cœur de Paris a été transpercé par une vague d’attentats terroristes coordonnés qui ont coûté la vie à 130 personnes. Parmi les plus sanglants, on compte le massacre du Bataclan, où 90 spectateurs ont été abattus de sang-froid.
Une seule photo de cette nuit-là m’est restée en mémoire. Prise quelques minutes avant l’attaque, elle capture la joie et l’abandon. La foule est en extase. Les bras sont levés. Les sourires fusent de toutes parts. L’atmosphère est électrique, empreinte de liberté, de plaisir et d’impatience. Le groupe de rock américain Eagles of Death Metal est sur scène, et le public, emporté par leur performance, semble incarner tout ce que la vie nocturne occidentale moderne prétend être : libérée, exubérante, insouciante.
Mais ce concert, en apparence ordinaire, allait bientôt devenir le théâtre de l’un des attentats terroristes les plus horribles de l’histoire européenne moderne.
Quelques instants après la prise de cette photographie, trois islamistes armés pénétrèrent dans la salle et ouvrirent le feu. Ce qui avait commencé comme une célébration de la vie se termina en massacre. Cette photographie est bouleversante, non seulement parce que nous connaissons désormais la suite des événements, mais aussi parce que, rétrospectivement, l’instant qu’elle immortalise semble chargé de sens, voire prophétique.
Danser sur le fil
Ce soir-là, Eagles of Death Metal venait de commencer à jouer l’une de leurs chansons les plus populaires : « Kiss the Devil ». Dès les premiers accords, une grande partie du public a répondu par le célèbre geste des « cornes du diable » — l’index et l’auriculaire levés, les autres doigts repliés — un symbole popularisé dans la culture rock, autrefois provocateur, aujourd’hui largement vidé de son sens pour la plupart de ceux qui l’utilisent.
Les paroles qu’ils chantaient au moment des premiers coups de feu étaient :
Qui aimera le Diable ?
Qui chantera sa chanson ?
Qui aimera le Diable et sa chanson ?
J’aimerai le diable
Je chanterai sa chanson
J’aimerai le Diable et sa chanson.
Quelqu’un dans la foule croyait-il vraiment qu’ils invoquaient Satan au sens propre ? Certainement pas. Tout cela faisait partie du spectacle : ironique, théâtral, sans prétention. Et pourtant, quand le mal véritable a fait irruption dans la salle sous les traits d’hommes armés, prêts à massacrer, le symbolisme est devenu difficile à ignorer.
Pour l’esprit moderne, qui perçoit le monde en termes strictement matérialistes, de tels moments sont considérés comme de simples coïncidences. La chanson et le massacre ne sont qu’un sinistre alignement d’événements sans lien apparent. Mais pour ceux qui croient encore au sens, aux signes et aux symboles, à la dimension spirituelle de la vie, la scène invite à une réflexion plus profonde. La question demeure : lorsqu’une culture se vide du sacré et flirte avec l’obscurité, même par plaisanterie, s’expose-t-elle à plus qu’une simple vulnérabilité politique ? Révèle-t-elle un vide spirituel – une maison nettoyée de fond en comble, mais terriblement sans défense ?
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