{"id":399,"date":"2022-12-19T17:58:24","date_gmt":"2022-12-19T16:58:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/?p=399"},"modified":"2022-12-19T17:58:24","modified_gmt":"2022-12-19T16:58:24","slug":"disputationes-theologicae-les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-premiere-et-deuxieme-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/2022\/12\/19\/disputationes-theologicae-les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-premiere-et-deuxieme-partie\/","title":{"rendered":"[Disputationes Theologicae] Les \u00c9tats Pontificaux et les corps interm\u00e9diaires Premi\u00e8re et deuxi\u00e8me partie"},"content":{"rendered":"\n<p>29 septembre 2022, <em>Saint Michel Archange<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/image.over-blog.com\/6dG8__ALJjDERpFlxHQ2y640H_c=\/filters:no_upscale()\/image%2F1495572%2F20221202%2Fob_832ecb_pol-lorenzetti-buon-governo-00.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/disputationes-theologicae.blogspot.com\/2022\/11\/lo-stato-pontificio-e-i-corpi-intermedi.html\">\u00ab\u00a0<em>All\u00e9gorie des effets du bon et du mauvais gouvernement<\/em>\u00ab\u00a0<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Ambrogio Lorenzetti &#8211;&nbsp;Palazzo Pubblico de Sienne<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le mondialisme ma\u00e7onnique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui propose, ou plut\u00f4t <\/em><em>\u201c<\/em><em>impose<\/em><em>\u201d<\/em><em> un mod\u00e8le de gestion du monde, dans lequel la notion m\u00eame d&rsquo;<\/em><em>\u201c<\/em><em>\u00c9tat<\/em><em>\u201d<\/em><em>, d&rsquo;<\/em><em>\u201c<\/em><em>organisation \u00e9tatique<\/em><em>\u201d<\/em><em>, de <\/em><em>\u201c<\/em><em>chose publique<\/em><em>\u201d<\/em><em> sont dissous, liqu\u00e9fi\u00e9s et refondus dans une id\u00e9e informe au service de la grande finance internationale et de ceux qui la man\u0153uvrent comme <\/em><em>\u201c<\/em>instrumentum regni<em>\u201d<\/em><em>. Sans racines, sans identit\u00e9, sans religion, sans roi, sans aristocratie, sans m\u00eame le peuple et sans m\u00eame &#8211; si cela \u00e9tait possible &#8211; la terre que nous avons sous les pieds. On construit un monde fond\u00e9 sur la dissolution de toute certitude naturelle et surnaturelle et sur un id\u00e9alisme qui voudrait abattre toutes les fronti\u00e8res et toutes les limites de l&rsquo;\u00eatre cr\u00e9\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Face \u00e0 cette d\u00e9rive, nous proposons le texte d\u2019une conf\u00e9rence donn\u00e9e il y a une vingtaine d\u2019ann\u00e9es au congr\u00e8s de&nbsp;<\/em>Controrivoluzione<em>&nbsp;de Civitella del Tronto, sous le titre <\/em>Lo Stato Pontificio e i corpi intermedi(Les \u00c9tats pontificaux et les corps interm\u00e9diaires)<em>. Les indications intemporelles contenues dans l\u2019histoire de l\u2019\u00c9tat catholique par excellence, r\u00e9pondent en partie \u00e0 la crise d\u00e9clench\u00e9e par l\u2019 <\/em><em>\u201c<\/em><em>\u00e9tatisme<\/em><em>\u201d<\/em><em> d\u2019aujourd\u2019hui.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>L&rsquo;id\u00e9e centrale, dont nous verrons l&rsquo;application pratique dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;administration des \u00c9tats pontificaux, est celle qu&rsquo;Aristote et saint Thomas avaient d\u00e9j\u00e0 illustr\u00e9e : on n&rsquo;applique pas une id\u00e9e \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 en d\u00e9formant cette derni\u00e8re pour garder intacte l&rsquo;id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue. On lit la r\u00e9alit\u00e9 qui se pr\u00e9sente \u00e0 nous &#8211; et qu&rsquo;un Autre a cr\u00e9\u00e9e avec ses propres r\u00e8gles &#8211; et seulement ensuite on cherche le meilleur syst\u00e8me pour la gouverner, en la dirigeant vers son bien objectif. C&rsquo;est ainsi que les deux grands penseurs, m\u00eame si saint Thomas exprime sa pr\u00e9f\u00e9rence pour la monarchie pour sa plus grande ressemblance au gouvernement divin, n&rsquo;absolutisent aucun mod\u00e8le administratif, mais nous disent que la forme monarchique, aristocratique ou d\u00e9mocratique peuvent toutes \u00eatre bonnes, pourvu qu&rsquo;elles r\u00e9pondent au caract\u00e8re et \u00e0 la tradition des peuples gouvern\u00e9s. De plus, ces adaptations administratives stratifi\u00e9es dans le temps, s&rsquo;adaptant \u00e0 la diversit\u00e9 des r\u00e9alit\u00e9s, peuvent souvent constituer une richesse \u00e0 maintenir. En d&rsquo;autres termes, il existe des peuples et des territoires qui doivent \u00eatre gouvern\u00e9s diff\u00e9remment parce que &#8211; tout simplement &#8211; ils sont diff\u00e9rents. Il n&rsquo;y a pas de mod\u00e8le unique de gouvernement \u00e0 reproduire en s\u00e9rie, il y a des peuples, des histoires, des territoires, des cultures. On n\u2019impose pas des syst\u00e8mes d\u2019en haut, on constate des r\u00e9alit\u00e9s.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Il existe aussi au sein de l\u2019\u00c9tat des r\u00e9alit\u00e9s sociales qui lui sont naturelles et constituent pour le gouvernant \u00e0 la fois un soutien et une limite qui doivent \u00eatre respect\u00e9es. Il s\u2019agit de ces entit\u00e9s qui sont comme les membres d&rsquo;un corps que le chef ne peut couper sans nuire gravement au bien-\u00eatre de l&rsquo;organisme tout entier, des entit\u00e9s qui ne remplacent pas le chef, mais que le chef ne peut supprimer ou modifier selon ses caprices, car ce n\u2019est pas \u00e0 lui de les inventer. Il les constate ou \u00e0 la limite en favorise la naissance, laissant prosp\u00e9rer les inclinations de la nature. Ce sont les <\/em><em>\u201c<\/em><em>corps interm\u00e9diaires<\/em><em>\u201d<\/em><em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Cette \u00e9tude tend \u00e0 montrer comment l\u2019\u00c9glise a d\u00e9ploy\u00e9 sa sagesse mill\u00e9naire dans l\u2019administration des territoires qui lui \u00e9taient soumis \u00ab&nbsp;<\/em>in temporalibus<em>&nbsp;\u00bb, en s\u2019appuyant sur les applications pratiques du principe d\u00e9crit plus haut. Elle ne pr\u00e9tend pas \u00e0 l\u2019exhaustivit\u00e9, mais tente de fournir quelques \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9flexion en pr\u00e9cisant que ce qui est propos\u00e9 pr\u00e9suppose d&rsquo;abord la d\u00e9faite de l&rsquo;apostasie actuelle.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les fruits du bon gouvernement, de la richesse, de l&rsquo;\u00e9panouissement du savoir et des arts dans les \u00c9tats pontificaux n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;explication pour quiconque connait l\u2019histoire. Une des causes de cette si grande prosp\u00e9rit\u00e9 r\u00e9side en partie dans l&rsquo;exercice de la souverainet\u00e9 par des corps interm\u00e9diaires, une approche tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de la d\u00e9ification absolue de l&rsquo;\u00c9tat et du droit positif et de l&rsquo;uniformisation absolue du mondialisme d\u2019aujourd&rsquo;hui. Pour comprendre concr\u00e8tement la distance qui s\u00e9pare ces deux mondes, nous concentrerons notre regard sur trois aspects. Le premier est le rapport entre l&rsquo;autorit\u00e9 centrale et le territoire, il implique l\u2019exigence d&rsquo;unit\u00e9 autour du gouvernant dans le respect des particularit\u00e9s et des autonomies des gouvern\u00e9s, r\u00e9unis eux-m\u00eames dans d&rsquo;autres soci\u00e9t\u00e9s qui ne doivent \u00eatre ni phagocyt\u00e9s ni dissoutes, mais respect\u00e9es. Le deuxi\u00e8me point concerne l&rsquo;aspect \u00e9conomique de la conception de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re et son utilisation \u00e0 la fois pour la prosp\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat et la protection des pauvres. Au-del\u00e0 de la conception certainement dat\u00e9e, qui voyait la richesse principalement dans la terre, l&rsquo;\u0153il attentif et non id\u00e9ologique pourra discerner l\u2019approche \u00e9conomique d\u2019un ordre qui vise \u00e0 observer la justice et la charit\u00e9, dans la recherche l\u00e9gitime du bien-\u00eatre y compris \u00e9conomique, mais sans affamer les pauvres. Le troisi\u00e8me point porte sur le travail d&rsquo;agr\u00e9gation, et d&rsquo;assistance r\u00e9alis\u00e9 par les corps de m\u00e9tier et les confr\u00e9ries, qui unissaient et organisaient les couches de la soci\u00e9t\u00e9 autour de t\u00e2ches pr\u00e9cises et s&rsquo;incarnaient dans le territoire, de mani\u00e8re \u00e0 \u00eatre un v\u00e9ritable et efficace ciment de la soci\u00e9t\u00e9, prenant soin de tous.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>I <strong>Les pr\u00e9misses historiques\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au cours des Ve-VIIe si\u00e8cles apr\u00e8s J.-C., apr\u00e8s le d\u00e9placement du si\u00e8ge imp\u00e9rial \u00e0 Constantinople et le transfert progressif de l&rsquo;aristocratie s\u00e9natoriale vers le Bosphore, Rome se pr\u00e9sentait comme une ville provinciale en d\u00e9cadence; \u00e0 l&rsquo;exception de l&rsquo;exemple de Justinien, le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat des empereurs \u00e9tait tel qu&rsquo;il alarmait les contemporains; les seules autorit\u00e9s concern\u00e9es par le sort de la ville \u00e9taient les \u00e9v\u00eaques de l&rsquo;<em>Urbs<\/em>, qui avaient assum\u00e9 un r\u00f4le de catalyseur en raison de leur prestige[1].<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;intervention des Pontifes suppl\u00e9ait souvent aux absences imp\u00e9riales, au point que l&rsquo;approvisionnement de la ville en denr\u00e9es, l&rsquo;annone, en vint \u00e0 \u00eatre support\u00e9 par les greniers de l&rsquo;\u00c9glise ; le r\u00f4le traditionnel d&rsquo;assistance aux pauvres se confondait ainsi avec les t\u00e2ches que le pouvoir civil \u00e9tait incapable d\u2019accomplir [2].<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9v\u00eaques romains, bien qu&rsquo;exer\u00e7ant de v\u00e9ritables fonctions gouvernementales, r\u00e9affirm\u00e8rent constamment leur loyaut\u00e9 envers l&rsquo;Empereur, au point de l&rsquo;implorer, souvent avec v\u00e9h\u00e9mence, de s&rsquo;occuper de l&rsquo;Occident avec plus de sollicitude, et Gr\u00e9goire le Grand, en 593, \u00ab&nbsp;d\u00e9non\u00e7a avec angoisse le vide laiss\u00e9 par le S\u00e9nat&nbsp;\u00bb [3].<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du VIIIe si\u00e8cle, la situation commen\u00e7a \u00e0 devenir intenable : les Lombards d&rsquo;Astolphe mena\u00e7aient Rome, dans le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat total de Byzance, qui \u00e9tait par ailleurs effectivement impuissante [&#8230;]. En 756, P\u00e9pin III le Bref, roi des Francs, au terme de sa campagne victorieuse en Italie, donnait les territoires envahis par les Lombards au Prince des Ap\u00f4tres, \u00ab&nbsp;\u00e0 saint Pierre et par lui au Pontife r\u00e9gnant et \u00e0 ses successeurs \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9&nbsp;\u00bb[4]. Le document (<em>donatio<\/em>) et les \u00ab&nbsp;<em>claves portarum civitatum<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;[5] furent d\u00e9pos\u00e9s sur la Confession de Saint-Pierre : par cet acte on prouvait que la transmission avait eut lieu. Charlemagne, en confirmant la donation de son p\u00e8re, mentionnait la limite septentrionale des territoires donn\u00e9s, de Luni dans le nord de la Toscane (\u00ab&nbsp;<em>Luni cum Corsica<\/em>&nbsp;\u00bb) \u00e0 Monselice en passant par Parme et Reggio, il remettait au Pontife une vaste portion de l&rsquo;Italie qui comprenait, outre l&rsquo;Italie centrale et le Sud avec les trois grandes \u00eeles de la mer Tyrrh\u00e9nienne, mais \u00e9galement Venise et l&rsquo;Istrie ; cependant la question des fronti\u00e8res, notamment celles du nord-est, a suscit\u00e9 dans le pass\u00e9 chez les juristes, aujourd&rsquo;hui chez les historiens, des controverses qui ne sont pas encore apais\u00e9es [6].<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;assentiment imp\u00e9rial \u00e0 la donation fut r\u00e9affirm\u00e9 par Louis le Pieux en 817 et par le <em>Privilegium<\/em> d&rsquo;Othon Ier en 962 ; l&#8217;empereur Henri II en 1020 confirma \u00e9galement l\u2019\u0153uvre de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Si l&rsquo;on peut \u00e9mettre des doutes quant au pouvoir des premiers rois francs de donner des territoires byzantins, on ne peut en dire autant des derniers exemples mentionn\u00e9s [7].<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00c9tats pontificaux \u00e9mergeaient lentement dans une situation de grande incertitude et d&rsquo;instabilit\u00e9. Les pontifes \u00e9taient confront\u00e9s \u00e0 un territoire \u00e0 peine sorti des ruines des invasions barbares, frapp\u00e9 par le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat des empereurs byzantins et que les empereurs germaniques s\u2019appr\u00eataient \u00e0 d\u00e9laisser pour longtemps. Pour aggraver la situation, s\u2019ajout\u00e8rent au cours des IXe et Xe si\u00e8cles les incursions des Sarrasins (870, 910) depuis leur base du Garigliano et les invasions des Hongrois (927, 937, 942), \u00e9v\u00e9nements \u00e0 l&rsquo;origine du ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;ench\u00e2tellement de toute la campagne romaine. Mais, dans la mesure du possible, les Papes cherch\u00e8rent constamment \u00e0 maintenir le tissu urbain romain, favorisant ainsi l&rsquo;\u00e9lan communal qui allait marquer la grande floraison du Moyen \u00c2ge en Italie centrale.<\/p>\n\n\n\n<p>[1] G. Arnaldi, <em>Le origini del Patrimonio di S. Pietro<\/em>, dans <em>Storia d&rsquo;Italia<\/em>, dirig\u00e9 par G. Galasso, Turin, v. VII, t.II, p15 et ss. Les fonctionnaires byzantins \u00e9taient pr\u00e9sents \u00e0 Rome jusqu&rsquo;au VIIIe si\u00e8cle, mais leur influence r\u00e9elle sur la politique de la ville \u00e9tait marginale : cf. O. Bertolini, <em>Roma di fronte a Bisanzio e ai Longobardi<\/em>, dans <em>Storia di Roma<\/em> (ed. Istituto di Studi Romani), Bologna 1941, v. IX.<\/p>\n\n\n\n<p>[2] <em>Ibidem<\/em>, p. 38 et ss. ; pour la gestion des patrimoines eccl\u00e9siastiques, cf V. Recchia, <em>Gregorio Magno e la societ\u00e0 agricola<\/em>, Roma 1978.<\/p>\n\n\n\n<p>[3] <em>Ibidem<\/em>, p. 16. M\u00eame par la suite, les Papes, \u00e0 \u00ab&nbsp;l&rsquo;exception notable de Gr\u00e9goire III, avaient toujours veill\u00e9 \u00e0 ce que la d\u00e9fense de l&rsquo;orthodoxie et la n\u00e9cessit\u00e9 m\u00eame de contenir les Lombards ne portent pas atteinte \u00e0 leur ligne de loyaut\u00e9 absolue [envers l&rsquo;Empire]&nbsp;\u00bb, <em>Ibidem<\/em>, p. 114.<\/p>\n\n\n\n<p>[4] <em>Ibidem<\/em>, p. 119, 120.<\/p>\n\n\n\n<p>[5] <em>Ibidem<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[6] Pour la question complexe des confins, cf. Arnaldi, <em>op. cit.<\/em>, p. 127 et ss. Les textes des donations sont dans A. Theiner, <em>Codex diplomaticus domimi temporalis S. Sedis, recueil de documents pour servir \u00e0 l&rsquo;histoire du gouvernement temporel des Etats du Saint-Si\u00e8ge extraits des archives secr\u00e8tes du Vatican<\/em>, Rome 1861.<\/p>\n\n\n\n<p>[7] Des doutes subsistent parmi les sp\u00e9cialistes quant \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 du geste de P\u00e9pin; selon certains, il n&rsquo;avait aucun pouvoir reconnu sur les terres donn\u00e9es, formellement encore byzantines, comme Charles ne l&rsquo;avait pas non plus en 781. Ce dernier, apr\u00e8s son couronnement imp\u00e9rial en 800, ne voit son pouvoir sur l&rsquo;Occident reconnu par son coll\u00e8gue byzantin qu&rsquo;en 812. Par commodit\u00e9, l&rsquo;appellation de \u00ab\u00a0Roi\u00a0\u00bb a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 ceux qui \u00e9taient plut\u00f4t des chefs de peuples.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Don Stefano Carusi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p> II    Villes pontificales et p\u00e9riph\u00e9ries : une souverainet\u00e9 m\u00e9diane<\/p>\n\n\n\n<p>18 novembre 2022, <em>Dedicazione delle Basiliche di S. Pietro e S. Paolo<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><tbody><tr><td><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEjZnmqx7E1Y40L7BQHFr8MNhsGbmoeuP4kKvPkfpAlmYmTpwLz1DACOblMzciNr2T41xFgnN3NXgE-qss3iY5WynNObWb_c_40wx8H41W3BQ3vSO5RTQqZ7V324YNE8ObL_BF3Jq0CA1XirQqcnnOMhgWUzFsXxdCEP3EsGqzKnf4sTs41WuIbLg3W0KQ\/s2400\/0296.jpg\"><\/a><\/td><\/tr><tr><td>Ambrogio Lorenzetti, Allegoria del Buon Governo (All\u00e9gorie du bon gouvernement), Sala dei Nove del Palazzo Pubblico, Siena East Wall (Effets du bon gouvernement dans la ville et la campagne), les murs ouverts de Sienne, entre ville et campagne.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEjZnmqx7E1Y40L7BQHFr8MNhsGbmoeuP4kKvPkfpAlmYmTpwLz1DACOblMzciNr2T41xFgnN3NXgE-qss3iY5WynNObWb_c_40wx8H41W3BQ3vSO5RTQqZ7V324YNE8ObL_BF3Jq0CA1XirQqcnnOMhgWUzFsXxdCEP3EsGqzKnf4sTs41WuIbLg3W0KQ\/s2400\/0296.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Au cours des XIe-XIIIe si\u00e8cles, on assiste \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e d&rsquo;autonomies municipales, dont les statuts l&#8217;emportent presque toujours sur les ordres f\u00e9odaux. Il convient de rappeler que la tradition urbanocentrique de l&rsquo;Italie n&rsquo;a jamais faibli et que la densit\u00e9 des \u00e9v\u00each\u00e9s, donc des villes, \u00e9tait particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9e en Italie centrale[1]. 1] Dans la p\u00e9riode en question, les papes n&rsquo;avaient pas le contr\u00f4le total du territoire et, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;exercice d&rsquo;une \u00ab\u00a0autorit\u00e9 m\u00e9diatis\u00e9e par des communaut\u00e9s et des institutions juridiques qui insistaient, \u00e0 leur tour, sur le territoire et qui avaient avec le pouvoir central (&#8230;) des relations tr\u00e8s diversifi\u00e9es impliquant de toute fa\u00e7on une certaine bilat\u00e9ralit\u00e9\u00a0\u00bb[2], les Communes ont prosp\u00e9r\u00e9 et un \u00ab\u00a0processus de reconstruction d&rsquo;une territorialit\u00e9 centr\u00e9e sur la ville a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9, qui n&rsquo;a pas de termes pr\u00e9cis de comparaison dans d&rsquo;autres zones de l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb[3].<\/p>\n\n\n\n<p>La consolidation de l&rsquo;\u00c9tat eccl\u00e9siastique verra, pour citer des exemples significatifs, l&rsquo;engagement de Gr\u00e9goire VII, l&rsquo;esprit de d\u00e9cision d&rsquo;Innocent III et de Boniface VIII, \u00ab\u00a0mais les cit\u00e9s-\u00c9tats, note-t-on, sont plut\u00f4t incorpor\u00e9es aux \u00c9tats r\u00e9gionaux que subsum\u00e9es et transform\u00e9es ; les ordres territoriaux des communaut\u00e9s de vall\u00e9e, des centres mineurs, des seigneuries territoriales sont respect\u00e9s par un pouvoir politique central qui a une attitude constatative \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des institutions \u00e9tablies sur le territoire, prend acte de leur existence, et assume leur protection (\u00ab\u00a0le souverain gardien\u00a0\u00bb)\u00a0\u00bb[4]. Dans le processus de renforcement des \u00c9tats r\u00e9gionaux, la g\u00e9ographie politique pr\u00e9existante n&rsquo;est pas boulevers\u00e9e, mais elle est respect\u00e9e et reconnue comme ayant une fonction fondamentale, respectant cette id\u00e9e de souverainet\u00e9 typique du Moyen \u00c2ge, qui c\u00e8de de larges pouvoirs \u00e0 des \u00ab\u00a0corps interm\u00e9diaires\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0dans l&rsquo;\u00c9tat pontifical, la territorialit\u00e9 des villes sujettes (capitales sujettes mais encore et toujours provinciales, avec de larges pouvoirs juridictionnels et fiscaux) conservait un poids tr\u00e8s important, destin\u00e9 \u00e0 durer \u00e0 bien des \u00e9gards jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime\u00a0\u00bb[5].<\/p>\n\n\n\n<p>En 1309 commence la p\u00e9riode de la \u00ab\u00a0captivit\u00e9 d&rsquo;Avignon\u00a0\u00bb pour l&rsquo;\u00c9glise. Les papes en r\u00e9sidence forc\u00e9e \u00e0 Avignon doivent se soumettre \u00e0 la lourde tutelle de la monarchie fran\u00e7aise. Dans les grandes villes de l&rsquo;Italie pontificale, suite \u00e0 une pratique r\u00e9pandue, quelques familles vont profiter de la situation. Les dominations papales verront fleurir un nombre extraordinaire de seigneuries qui r\u00e9gneront sur des territoires de taille moyenne \u00e0 des titres divers, s&rsquo;improvisant despotes provinciaux ou protestant, en qu\u00eate de l\u00e9gitimit\u00e9, comme seigneurs f\u00e9odaux du Saint-Si\u00e8ge. L&rsquo;\u00e8re seigneuriale verra l&rsquo;exasp\u00e9ration de l&rsquo;orgueil des villes h\u00e9g\u00e9moniques ; l&rsquo;orgueil des Communes avait \u00e9t\u00e9 end\u00e9mique dans les si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents gr\u00e2ce \u00e0 la tol\u00e9rance des Pontifes, maintenant ces capitales aux campagnes \u00e9tendues, qui avaient \u00e9rig\u00e9 d&rsquo;aust\u00e8res Palais Civiques pour leurs places et des clochers flamboyants pour leurs Cath\u00e9drales, se sentaient \u00e0 toutes fins utiles des capitales, apr\u00e8s la Ville, \u00e0 laquelle elles reconnaissaient, dans la sph\u00e8re temporelle, une primaut\u00e9 presque plus d&rsquo;honneur que de fait.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1353, le cardinal Aegidius d&rsquo;Albornoz arrive sur les terres de l&rsquo;\u00c9glise en tant que l\u00e9gat et vicaire g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;Innocent IV ; la t\u00e2che du cardinal est de ramener \u00e0 l&rsquo;ob\u00e9issance les villes et les institutions qui ont abus\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exc\u00e8s de la distance des papes ; en deux ans, le l\u00e9gat r\u00e9ussit l&rsquo;\u0153uvre extraordinaire de faire reconna\u00eetre la supr\u00e9matie papale dans le patrimoine toscan, le duch\u00e9 de Spoleto et la Marche. Le grand m\u00e9rite d&rsquo;Albomoz et la cause de son succ\u00e8s rapide \u00e9tait \u00ab\u00a0une attitude d\u00e9pourvue de rigidit\u00e9 doctrinale\u00a0\u00bb. Il n&rsquo;y avait pas de mod\u00e8le fixe de subordination municipale\u00a0\u00bb [6].<\/p>\n\n\n\n<p>Au printemps 1357, le cardinal fait promulguer les Constitutiones Aegidianae, \u00ab\u00a0qui sont rest\u00e9es en vigueur, au moins en partie, dans l&rsquo;\u00c9tat de l&rsquo;\u00c9glise jusqu&rsquo;en 1816&Prime;[7], dont l&rsquo;esprit impr\u00e9gnera \u00e0 l&rsquo;avenir toutes les relations entre le pouvoir central et les institutions p\u00e9riph\u00e9riques. Les Constitutiones codifient un mod\u00e8le d&rsquo;ordre administratif qui, \u00e0 long terme, portera des fruits abondants ; le Cardinal ne veut pas s&rsquo;immiscer dans les diverses formes de gouvernement local qu&rsquo;il rencontre ; en l&rsquo;absence d&rsquo;interdictions ou de contre-indications pr\u00e9cises, les diff\u00e9renciations, surtout si elles d\u00e9coulent de traditions sp\u00e9cifiques, ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es comme un \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;entrave \u00e0 la consolidation de l&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p>En lisant le texte, on constate que \u00ab\u00a0les laudabiles et antique consuetudines\u00a0\u00bb[8] ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s \u00e0 la l\u00e9gislation albornozienne, \u00e0 condition qu&rsquo;ils ne soient pas \u00ab\u00a0a jure prohibite\u00a0\u00bb[9]. De m\u00eame, les \u00ab\u00a0statuta ordinamenta, decreta aut municipales leges\u00a0\u00bb[10] \u00e9taient bienvenus, \u00e0 condition qu&rsquo;ils ne soient pas \u00ab\u00a0contra libertatem ecclesiasticam vel contra constitutiones generales nostras\u00a0\u00bb[11].<\/p>\n\n\n\n<p>Le principe du respect des coutumes et traditions locales a \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9, \u00e0 condition qu&rsquo;elles ne portent pas atteinte aux droits de l&rsquo;\u00c9glise.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne l&rsquo;organisation interne des communes, il faut noter qu&rsquo;il est presque impossible de donner une image unitaire de la situation dans les dominions pontificaux, pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cause de la pratique susmentionn\u00e9e, car les r\u00e9alit\u00e9s administratives, loin d&rsquo;\u00eatre impos\u00e9es d&rsquo;en haut, se sont forg\u00e9es en fonction des caract\u00e9ristiques g\u00e9ographiques et de peuplement, et ont vari\u00e9 selon les moments historiques ; il existe des formes de d\u00e9mocratie directe, de gouvernement aristocratique, de participation mixte \u00ab\u00a0bourgeoise\u00a0\u00bb et noble, de l\u00e9gislation anti-magn\u00e9tique avec exclusion de la noblesse de la magistrature ou, plus tard, de type podestar.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir du XIIIe si\u00e8cle, les Arts, associations qui regroupent les membres des m\u00e9tiers et d\u00e9fendent leurs int\u00e9r\u00eats dans les domaines l\u00e9gislatif et fiscal, prennent un pouvoir croissant[12]. Le droit coutumier a fini par avoir sa codification au sein des soci\u00e9t\u00e9s municipales avec des ordonnances qui prot\u00e9geaient les diff\u00e9rentes composantes sociales \u00e0 travers un syst\u00e8me corporatif et qui veillaient aux int\u00e9r\u00eats des populations de la campagne \u00e0 travers une repr\u00e9sentation territoriale capillaire[13].<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreuses communes avaient connu, au XIVe si\u00e8cle, des issues seigneuriales, en vertu desquelles un r\u00e9gime monocratique, dirig\u00e9 par une famille, s&rsquo;\u00e9tait \u00e9tabli dans les villes et territoires sujets ; m\u00eame dans ces cas, l&rsquo;Albornoz avait accept\u00e9 le statu quo, se limitant \u00e0 exiger des actes de soumission plus formels que r\u00e9els. \u00c0 la fin du XVe si\u00e8cle, la pouss\u00e9e seigneuriale touche \u00e0 sa fin et, pour le Saint-Si\u00e8ge, commence le long chapitre de la r\u00e9cup\u00e9ration des territoires enfeints, du passage des villes, de la domination m\u00e9diate du seigneur local, au statut de villes subiectae imm\u00e9diates, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9pendant directement du Si\u00e8ge romain. Ici aussi, avec une politique inv\u00e9t\u00e9r\u00e9e, le pouvoir central n&rsquo;a pas os\u00e9 et n&rsquo;a pas voulu soumettre les communaut\u00e9s de l&rsquo;\u00c9tat, qui au cours des si\u00e8cles avaient d\u00e9montr\u00e9 une extraordinaire capacit\u00e9 d&rsquo;autogestion, sans turbulences excessives[14].<\/p>\n\n\n\n<p>Avec les villes, le retour \u00e0 la domination papale directe est convenu mais pas impos\u00e9 ; dans le cas d&rsquo;Urbino, il sera attendu pendant des d\u00e9cennies[15]. Dans le m\u00eame temps, le respect des coutumes et de l&rsquo;autonomie \u00e9tait garanti, les lois locales \u00e9taient prot\u00e9g\u00e9es et la facult\u00e9 d&rsquo;en promulguer de nouvelles \u00e9tait accord\u00e9e, et le droit de d\u00e9terminer de mani\u00e8re autonome la composition de la classe dirigeante \u00e9tait reconnu, au moment de la d\u00e9volution et dans les ann\u00e9es \u00e0 venir[16]. La perspective \u00e9tait de laisser les grands centres continuer \u00e0 exercer le r\u00f4le de capitales de leur territoire ; dans certains cas, le Saint-Si\u00e8ge alla jusqu&rsquo;\u00e0 accorder le maintien du titre d'\u00a0\u00bb\u00c9tat\u00a0\u00bb ; souvent, cette reconnaissance dura jusqu&rsquo;\u00e0 la chute du pouvoir temporel des papes, d\u00e9montrant que l&rsquo;ampleur des concessions n&rsquo;\u00e9tait pas un imp\u00e9ratif dict\u00e9 par les contingences, mais une v\u00e9ritable ligne d&rsquo;intervention[17]. L&rsquo;existence d&rsquo;un ensemble d&rsquo;\u00c9tats mineurs, dont la survie \u00e9tait garantie au sein d&rsquo;une structure plus large, \u00e9tait reconnue et, en retour, les b\u00e9n\u00e9ficiaires \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 reconna\u00eetre l&rsquo;absolutisme du pouvoir temporel, qui ne doit pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 dans le sens de l&rsquo;absolutisme royal de l&rsquo;\u00e9poque moderne, comme dans les \u00c9tats protestants ou dans la France de Louis XIV, mais plut\u00f4t dans le sens m\u00e9di\u00e9val de summa legibusque soluta potestas[18] du Pontife, selon lequel le souverain, voyant les choses d&rsquo;en haut, doit administrer en vue du v\u00e9ritable bien commun et, pour cette raison m\u00eame, n&rsquo;est pas tenu \u00e0 une conformit\u00e9 servile et l\u00e9galiste \u00e0 chaque norme juridique. Il n&rsquo;est pas soumis aux lois positives (il est absolutus, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00a0\u00bb dissous \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb libre \u00ab\u00a0), mais il les adapte ou les corrige lorsqu&rsquo;elles font obstacle au bien, il les applique ad mentem legislatoris, ayant dans le droit naturel et r\u00e9v\u00e9l\u00e9 ou dans le droit coutumier les limites de son pouvoir r\u00e9galien.<\/p>\n\n\n\n<p>Du point de vue d&rsquo;un \u00ab\u00a0\u00c9tat d&rsquo;\u00c9tats\u00a0\u00bb, Rome n&rsquo;\u00e9tait pas une ville dominante, sauf pour son attrait spirituel et parce qu&rsquo;elle \u00e9tait la r\u00e9sidence du souverain (on ne trouve rien de semblable en Europe, mais pas m\u00eame dans la R\u00e9publique de Venise, l&rsquo;\u00c9tat florentin ou le duch\u00e9 de Milan)[19].<\/p>\n\n\n\n<p>Le pouvoir central se limitait \u00e0 envoyer des repr\u00e9sentants \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie, mais gardait toujours ses sph\u00e8res d&rsquo;intervention distinctes, non seulement \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des magistratures des villes, mais aussi \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des pouvoirs religieux locaux ; lorsque le pontife envoyait des cardinaux l\u00e9gats ou des pr\u00e9lats gouverneurs, on \u00e9vitait toujours de chevaucher l&rsquo;autorit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque local ; dans l'\u00a0\u00bb \u00c9tat du pape \u00ab\u00a0, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque avait des fonctions pastorales, tandis que les occupations temporelles \u00e9taient la pr\u00e9rogative des l\u00e9gats pontificaux[20].<\/p>\n\n\n\n<p>20] Des pactes sont conclus entre le pouvoir central et la p\u00e9riph\u00e9rie, dans lesquels les \u00ab\u00a0gouverneurs\u00a0\u00bb envoy\u00e9s et les corps de ville collaborent \u00e0 la bonne gestion des affaires publiques, dans le respect r\u00e9ciproque de leurs r\u00f4les ; le \u00ab\u00a0gouverneur\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas un pl\u00e9nipotentiaire (les appels \u00e0 la Sacra Consulta ou \u00e0 la Congr\u00e9gation de bon gouvernement \u00e0 son encontre seront tr\u00e8s fr\u00e9quents)[21], et les magistrats municipaux ne sont pas des oligarques despotiques ; au contraire, une sorte de dyarchie est cr\u00e9\u00e9e dans les capitales, qui cherche \u00e0 se garantir contre les exc\u00e8s et les abus.<\/p>\n\n\n\n<p>La libert\u00e9 des citoyens reposait sur des gouvernements locaux dont les membres \u00e9taient choisis, selon les lieux et les \u00e9poques, par les familles aristocratiques du territoire ou par l&rsquo;ensemble de la population urbaine ayant des droits de citoyennet\u00e9, par les capitaines des arts ou par les trois cat\u00e9gories mentionn\u00e9es ; dans certains cas, le gouvernement local \u00e9tait confi\u00e9 aux maires, excluant parfois la noblesse f\u00e9odale, dans d&rsquo;autres cas, ceux qui s&rsquo;occupaient des \u00ab\u00a0arts m\u00e9caniques\u00a0\u00bb ou ceux qui pratiquaient l&rsquo;agriculture sur leurs propres terres \u00e9taient \u00e9galement admis dans les magistratures[22].<\/p>\n\n\n\n<p>Le mod\u00e8le qui se g\u00e9n\u00e9ralisera est celui du patriciat, les magistrats sont \u00e9lus ou issus d&rsquo;un noyau de familles inscrites dans des registres sp\u00e9ciaux, il constitue un corps ouvert et les nouveaux admis sont souvent coopt\u00e9s selon un \u00ab\u00a0ius proprium\u00a0\u00bb, en compl\u00e8te autonomie par rapport au souverain, qui se limite souvent \u00e0 ratifier les r\u00e8gles des statuts civiques. Les associations professionnelles sont repr\u00e9sent\u00e9es dans les conseils, tout comme les communaut\u00e9s du contado continuent \u00e0 avoir leur mot \u00e0 dire et, en cas d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements extraordinaires, \u00e9galement les chefs des ordres religieux, appel\u00e9s en tant que personnes de sagesse et d&rsquo;exp\u00e9rience[23].<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 cette \u00e9lasticit\u00e9, le Saint-Si\u00e8ge, au cours de deux si\u00e8cles (XVe-XVIe si\u00e8cles), a r\u00e9ussi une entreprise apparemment d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, la r\u00e9cup\u00e9ration d&rsquo;un territoire soumis \u00e0 des villes rebelles ; Un projet certainement plus ardu qu&rsquo;ailleurs, car le pouvoir central n&rsquo;avait pas de continuit\u00e9 dynastique et de lign\u00e9es familiales, la papaut\u00e9 \u00e9tait une fonction \u00e9lective, le pontife disposait d&rsquo;une cour, la Curie romaine, cosmopolite et vari\u00e9e, et, facteur extr\u00eamement influent, le souverain ne disposait pas \u00ab\u00a0in toto, comme dans les \u00c9tats protestants, du patrimoine eccl\u00e9siastique\u00a0\u00bb[24]. Ce dernier, dans l&rsquo;univers catholique, \u00e9tait soumis \u00e0 des r\u00e8gles coutumi\u00e8res stratifi\u00e9es, qui voyaient un maquis d&rsquo;institutions propri\u00e9taires, allant des confr\u00e9ries aux ordres de possesseurs, des cantines d&rsquo;\u00e9v\u00eaques aux b\u00e9n\u00e9fices paroissiaux, des canonicats aux aum\u00f4neries. Il \u00e9tait donc impossible, si tant est que quelqu&rsquo;un y ait pens\u00e9, d&rsquo;orienter l&rsquo;exploitation \u00e9conomique de ce capital vers le renforcement du sommet de l&rsquo;\u00c9tat, comme ce fut le cas \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque moderne avec les princes protestants, qui avaient confisqu\u00e9 les biens eccl\u00e9siastiques et les g\u00e9raient de mani\u00e8re autocratique.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus la t\u00e2che \u00e9tait difficile, plus la patience et la pr\u00e9voyance des pontifes se sont av\u00e9r\u00e9es fructueuses : Les actions de force, qui auraient affaibli et \u00e9puis\u00e9 ces villes, qui constituaient au contraire l&rsquo;\u00e9pine dorsale et la richesse de l&rsquo;\u00c9tat, sont limit\u00e9es ou presque interdites ; l&rsquo;autod\u00e9termination locale est largement laiss\u00e9e de c\u00f4t\u00e9, dans la conscience que personne n&rsquo;aurait pu mieux administrer un territoire qui allait des marais du Pont \u00e0 ceux de Ferrare, des for\u00eats de Toscane aux collines f\u00e9roces de la Marche, de B\u00e9n\u00e9vent \u00e0 Avignon, si ce n&rsquo;est les forces locales, qui avaient prosp\u00e9r\u00e9 sur la base de relations et de coutumes plus que s\u00e9culaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soin apport\u00e9 au traitement de leurs sujets a entra\u00een\u00e9 une saison de richesse et de prosp\u00e9rit\u00e9, au cours de laquelle les avantages se sont multipli\u00e9s pour les gouvern\u00e9s et les gouvernants : Montaigne, Montesquieu et Goethe s&rsquo;\u00e9merveillent du r\u00e9seau urbain dense des provinces pontificales, plus de cent villes, dont la moiti\u00e9 avait un si\u00e8ge \u00e9piscopal avant l&rsquo;an mille, de la pr\u00e9sence d&rsquo;une \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me ville\u00a0\u00bb comme Bologne, de l&rsquo;autosuffisance des communaut\u00e9s locales \u00ab\u00a0du point de vue des structures d&rsquo;assistance et des amortisseurs sociaux : h\u00f4pitaux, \u0153uvres de charit\u00e9, monti di piet\u00e0 et frumentari, annona (&#8230;)\u00a0\u00bb. &#8230;) les activit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9change et \u00e0 la distribution de marchandises (foires et march\u00e9s) [&#8230;] la gestion de grande importance dans l&rsquo;\u00e9conomie agraire (comunanze, domini collettivi) ou li\u00e9es au gouvernement hydrologique du territoire (pensons \u00e0 la r\u00e9gulation des eaux int\u00e9rieures dans les r\u00e9gions de Ferrare et de Bologne) \u00ab\u00a0[25].<\/p>\n\n\n\n<p>La vivacit\u00e9 de la vie culturelle des villes est encore lisible aujourd&rsquo;hui, ce qu&rsquo;un tel syst\u00e8me de gouvernement a permis depuis le Moyen \u00c2ge jusqu&rsquo;aux productions artistiques de la Renaissance, du Baroque et du XVIIIe si\u00e8cle. La floraison des th\u00e9\u00e2tres et des cours, des mus\u00e9es et des biblioth\u00e8ques, des acad\u00e9mies litt\u00e9raires et scientifiques, des collections publiques et priv\u00e9es t\u00e9moignent d&rsquo;une opulence pass\u00e9e. De m\u00eame, la r\u00e9alit\u00e9 provinciale constituait, pour l&rsquo;administration centrale, un r\u00e9servoir de juristes, form\u00e9s dans certaines des plus anciennes universit\u00e9s, l&rsquo;\u00c9tat en comptant jusqu&rsquo;\u00e0 huit : Ferrare, Bologne, P\u00e9rouse, Fermo, Camerino, Urbino, Macerata et, bien s\u00fbr, la capitale.<\/p>\n\n\n\n<p>Un paysage o\u00f9 l&rsquo;identit\u00e9 d&rsquo;un territoire \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 une capitale, \u00e0 laquelle s&rsquo;identifiaient m\u00eame les habitants des campagnes les plus recul\u00e9es, o\u00f9 les limites des r\u00e9alit\u00e9s administratives n&rsquo;\u00e9taient gu\u00e8re plus que provinciales, o\u00f9 les cit\u00e9s subiectae imm\u00e9diates, si fi\u00e8res d&rsquo;un pass\u00e9 glorieux, ne devaient ob\u00e9issance qu&rsquo;au Pape.<\/p>\n\n\n\n<p>La R\u00e9volution fran\u00e7aise a bris\u00e9 l&rsquo;ancien syst\u00e8me avec les id\u00e9es de l&rsquo;\u00e9tatisme transalpin et la p\u00e9riode ult\u00e9rieure de la soi-disant \u00ab\u00a0Restauration\u00a0\u00bb n&rsquo;a pas pu reproposer &#8211; certainement avec les adaptations n\u00e9cessaires aux nouvelles circonstances &#8211; l&rsquo;esprit de la souverainet\u00e9 m\u00e9diate et des autonomies m\u00e9di\u00e9vales. M\u00eame dans les \u00c9tats pontificaux, il \u00e9tait difficile de voir cette volont\u00e9 d\u00e9cisive de reconstruire un tissu qui avait apport\u00e9 tant de paix et de prosp\u00e9rit\u00e9 dans le pass\u00e9 et, \u00e9galement complice d&rsquo;une certaine soumission culturelle du monde catholique \u00e0 certaines id\u00e9es des Lumi\u00e8res, on poursuivait, quoique timidement, un mod\u00e8le de \u00ab\u00a0modernisation administrative\u00a0\u00bb qui regardait peut-\u00eatre trop les pressions europ\u00e9ennes et pas assez la vieille tradition d&rsquo;\u00e9quilibre entre le centre et la p\u00e9riph\u00e9rie. Rien de comparable, cependant, \u00e0 la temp\u00eate id\u00e9ologique de l&rsquo;\u00e8re \u00ab\u00a0unitaire\u00a0\u00bb qui s&rsquo;abattra avec toute sa f\u00e9rocit\u00e9 sur l&rsquo;\u00c9tat pontifical, bouleversant son ordre territorial s\u00e9culaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Toujours en 1832, le cardinal Tommaso Bernetti \u00e9crivait : \u00a0\u00bb Tous les cas et controverses relatifs aux changements territoriaux concernant des agr\u00e9gations ou des s\u00e9parations de communaut\u00e9s (&#8230;) seront r\u00e9solus par les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s respectifs (&#8230;) apr\u00e8s avoir explor\u00e9 le vote des populations concern\u00e9es \u00a0\u00bb [26]. Quelques ann\u00e9es plus tard, au lendemain de l&rsquo;unification de l&rsquo;Italie, les provinces de Frosinone, Velletri, Civitavecchia, Orvieto, Viterbo, Camerino, Rieti, Fermo et Spoleto sont supprim\u00e9es, au m\u00e9pris des plaintes de la population. Pour le soi-disant \u00ab\u00a0\u00c9tat moderne\u00a0\u00bb, l&rsquo;id\u00e9e con\u00e7ue \u00e0 un bureau l&#8217;emportait sur la r\u00e9alit\u00e9 et, en fait, des territoires connexes \u00e9taient d\u00e9membr\u00e9s et des paysages diff\u00e9rents \u00e9taient unifi\u00e9s, dans le mythe, partag\u00e9 seulement par les cartographes, de dessiner des r\u00e9gions inexistantes[27].<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Don Stefano Carusi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me partie \u00e0 suivre : Usages civiques. Protection des pauvres.<\/p>\n\n\n\n<p>[1] G.M. VARANINI, L&rsquo;organizzazione del territorio in Italia : aspetti e problemi, in La Societ\u00e0 Medievale, \u00e9dit\u00e9 par S. Collodo et G. Pinto, Bologna 1999, pp. 135 ff.<\/p>\n\n\n\n<p>[2] Ibidem, p. 161.<\/p>\n\n\n\n<p>3 Ibidem, p. 162.<\/p>\n\n\n\n<p>[4] Ibidem, p. 168.<\/p>\n\n\n\n<p>[5] Ibid, p. 169.<\/p>\n\n\n\n<p>[6] D. Waley, Lo stato papale dal periodo feudale a Martino V, cit. p. 295.<\/p>\n\n\n\n<p>[7] E. Saracco Previdi, Descriptio Marchiae .Anconitanae, Dep. di Storia patria per le Marche, Ancona 2000, p. XXI ; pour l&rsquo;\u0153uvre du cardinal d&rsquo;Albornoz voir aussi P. Colliva, Il Cardinale Albornoz, lo stato della Chiesa, le Constitutiones Aegidianae (1353-1357), Bologna 1977, avec en annexe le texte vernaculaire des constitutions de Fano du ms Vat. Lat. 3939, Bologna 1977.<\/p>\n\n\n\n<p>[8] P. Sella, Costituzioni Egidiane dell&rsquo;anno MCCCLVII, Roma 1912, pp. 233 ff.<\/p>\n\n\n\n<p>[9] Ibidem.<\/p>\n\n\n\n<p>[10] Ibidem, et pp. 84 et suivantes.<\/p>\n\n\n\n<p>[11] Ibidem. Pour une discussion plus d\u00e9taill\u00e9e de cette question, voir Colliva, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p>12 J.C. Maire Vigueur, Comuni e Signor\u00ece in Umbria, Marche, Lazio, in Storia d&rsquo;Italia, cit. I comuni nel periodo consolare e podestarile, pp. 383 ff.<\/p>\n\n\n\n<p>[13] Ibidem, p. 383-384.<\/p>\n\n\n\n<p>14 B.G. Zenobi, \u00ab\u00a0Le ben regolate citt\u00e0\u00a0\u00bb, modelli politici nel governo delle periferie pontificie in et\u00e0 moderna, Rome 1994, pp.14-16 et 45-49.<\/p>\n\n\n\n<p>[15] La d\u00e9volution du duch\u00e9 d&rsquo;Urbino n&rsquo;aura lieu qu&rsquo;en 1631. Cf. Zenobi, op. cit. p. 95.<\/p>\n\n\n\n<p>[16] Ibid, p. 238.<\/p>\n\n\n\n<p>[17] Voir par exemple le cas de Camerino auquel, m\u00eame apr\u00e8s la d\u00e9volution du duch\u00e9 et le passage \u00e0 la d\u00e9l\u00e9gation papale, le titre d&rsquo;\u00c9tat, de ville et de duch\u00e9 a \u00e9t\u00e9 reconnu, P. Savini, Storia della Citt\u00e0 di Camerino, Camerino 1895, passim. L&rsquo;utilisation de ce terme est tr\u00e8s fr\u00e9quente dans les documents d&rsquo;archives des villes et en usage g\u00e9n\u00e9ral au moins jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, \u00e0 partir de la p\u00e9riode de la Restauration les mentions deviennent plus rares.<\/p>\n\n\n\n<p>[18] Voir \u00e9galement R. de Mattei, La sovranit\u00e0 necessaria. Riflessioni sulla crisi dello Stato moderno, Rome 2001.<\/p>\n\n\n\n<p>[19] B. G. Zenobi, op. cit, p. 6.<\/p>\n\n\n\n<p>[20] \u00a0\u00bb Sauf substitutions provisoires et tr\u00e8s rares ou attributions sp\u00e9ciales de pouvoirs commissariaux exceptionnellement confi\u00e9s aux titulaires du gouvernement spirituel des dioc\u00e8ses (&#8230;) imm\u00e9diatement disponibles (&#8230;) et bien inform\u00e9s des affaires locales \u00ab\u00a0. Ibid, p. 6.<\/p>\n\n\n\n<p>[21] Ibid, pp. 47-48. .<\/p>\n\n\n\n<p>[22] Ibidem, p. 197 et suivantes.<\/p>\n\n\n\n<p>[23] P. Savini, op. cit. p. 180.<\/p>\n\n\n\n<p>[24] B. G. Zenobi, Le ben regolate citt\u00e0, cit\u00e9, p. 51.<\/p>\n\n\n\n<p>[25] Ibid, p. 7.<\/p>\n\n\n\n<p>[26] \u00c9dit du Cardinal Tommaso Bernetti \u00ab\u00a0Dispositions sur l&rsquo;organisation administrative des provinces\u00a0\u00bb, Rome 1831, dans l&rsquo;imprimerie de la Camera Apostolique, titre I, 4.<\/p>\n\n\n\n<p>[27] Des observations int\u00e9ressantes \u00e0 cet \u00e9gard proviennent \u00e9galement d&rsquo;autres points de vue, cf. R. Volpi, Le regioni introvabili, centralizzazione e regionalizzazione dello Stato Pontificio, Bologna 1983.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>29 septembre 2022, Saint Michel Archange \u00ab\u00a0All\u00e9gorie des effets du bon et du mauvais gouvernement\u00ab\u00a0 Ambrogio Lorenzetti &#8211;&nbsp;Palazzo Pubblico de Sienne Le mondialisme ma\u00e7onnique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui propose, ou plut\u00f4t \u201cimpose\u201d un mod\u00e8le de gestion du monde, dans lequel la notion m\u00eame d&rsquo;\u201c\u00c9tat\u201d, d&rsquo;\u201corganisation \u00e9tatique\u201d, de \u201cchose publique\u201d sont dissous, liqu\u00e9fi\u00e9s et refondus dans une id\u00e9e informe &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/2022\/12\/19\/disputationes-theologicae-les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-premiere-et-deuxieme-partie\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">[Disputationes Theologicae] Les \u00c9tats Pontificaux et les corps interm\u00e9diaires Premi\u00e8re et deuxi\u00e8me partie<\/span> Lire la suite\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-399","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-disputationes-theologicae"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/399","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=399"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/399\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":400,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/399\/revisions\/400"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=399"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=399"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=399"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}