{"id":40,"date":"2021-11-16T16:45:40","date_gmt":"2021-11-16T15:45:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/tradi.novitates@gmail.com\/?p=40"},"modified":"2021-12-02T11:36:50","modified_gmt":"2021-12-02T10:36:50","slug":"res-novae-nous-invite-a-lire-traditionis-custodes-ou-la-liturgie-nouvelle-livree-a-elle-meme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/2021\/11\/16\/res-novae-nous-invite-a-lire-traditionis-custodes-ou-la-liturgie-nouvelle-livree-a-elle-meme\/","title":{"rendered":"[Res Novae] Traditionis custodes, ou la liturgie nouvelle livr\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame"},"content":{"rendered":"\n<p>Nous disions nagu\u00e8re sous forme de boutade que seule la messe traditionnelle pourrait sauver la messe de Vatican II. Les c\u00e9l\u00e9brants d\u2019esprit \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb se voient en effet oblig\u00e9s \u00e0 des efforts constants, inspir\u00e9s directement ou par le biais d\u2019habitudes qui perdurent de l\u2019ancienne mani\u00e8re de c\u00e9l\u00e9brer et de croire, pour arracher la nouvelle liturgie \u00e0 cette banalit\u00e9 qui se veut \u00ab&nbsp;proche de la vie des gens&nbsp;\u00bb. Soyons clairs&nbsp;: l\u2019enrichissement mutuel pr\u00f4n\u00e9 par Beno\u00eet XVI visait essentiellement \u00e0 donner un peu plus de substance \u00e0 la messe nouvelle. Mais voici que <em>Traditionis custodes <\/em>veut en finir avec la liturgie ancienne, minant par le fait la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la tradition imm\u00e9moriale qu\u2019elle repr\u00e9sentait aux c\u00f4t\u00e9s de la nouvelle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La messe n\u2019est plus un sacrifice<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Dans les d\u00e9bats th\u00e9ologiques contemporains, consid\u00e9rer les positions les plus avanc\u00e9es permet de mieux comprendre celles d\u2019inspirations plus mod\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"_ftnref1\">On sait que, parmi les d\u00e9fectuosit\u00e9s qui sont reproch\u00e9es \u00e0 la messe de Vatican II, surnage sa plus faible expression du sacrifice eucharistique. D\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de la lecture du bibliste Martin Pochon, j\u00e9suite, qui dans <em>L\u2019\u00e9p\u00eetre aux H\u00e9breux au regard des \u00c9vangiles<\/em><a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/#_ftn1\">[1]<\/a>, estime que la perspective sacrificielle de la messe, \u00e9labor\u00e9e \u00e0 partir du II<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et consacr\u00e9e par le concile de Trente, s\u2019\u00e9carte des \u00c9vangiles en privil\u00e9giant l\u2019\u00e9p\u00eetre aux H\u00e9breux. Et m\u00eame, dans l\u2019\u00e9p\u00eetre aux H\u00e9breux, s\u2019adressant \u00e0 des chr\u00e9tiens juda\u00efsants, privil\u00e9gie la partie centrale (7, 1 \u2013 10, 18), la plus sacrificielle.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les \u00c9vangiles, selon le P. Pochon, le Christ d\u00e9voile le vrai visage du P\u00e8re par le don qu\u2019il nous fait de sa vie&nbsp;: la C\u00e8ne, le Christ s\u2019identifie au pain et au vin, dons de Dieu qu\u2019il remet gratuitement [entendre sans exiger une conversion pr\u00e9alable] aux mains de ses disciples p\u00e9cheurs, Pierre qui va le renier et Judas le trahir. Tout est offert aux hommes, rien \u00e0 Dieu, mais tout vient de lui&nbsp;: c\u2019est \u2013 <em>dixit<\/em> Pochon \u2013 le vrai sens de la Croix. En revanche, l\u2019\u00e9p\u00eetre aux H\u00e9breux pr\u00e9sente une figure du P\u00e8re redoutable, avec un Fils ob\u00e9issant qui, s\u2019est offert \u00e0 Dieu en sacrifice afin d\u2019interc\u00e9der pour les p\u00e9cheurs qu\u2019il prot\u00e8ge de la col\u00e8re de Dieu en rendant celui-ci propice. La lettre aux H\u00e9breux et la liturgie post\u00e9rieure ont invers\u00e9 le sens de la C\u00e8ne et de la messe. D\u2019ailleurs, le Christ a choisi de vivre la C\u00e8ne dans la perspective de la P\u00e2que, m\u00e9morial de la lib\u00e9ration des H\u00e9breux de l\u2019esclavage, avec un agneau qu\u2019on n\u2019offre pas \u00e0 Dieu \u2013 toujours Pochon \u2013, mais que Dieu nous offre. Il n\u2019a pas choisi la f\u00eate du Yom Kippour, du Grand Pardon, o\u00f9 l\u2019on offrait des sacrifices pour le p\u00e9ch\u00e9 \u00e0 la divinit\u00e9 afin qu\u2019elle renoue avec son peuple, rituel dont s\u2019inspire l\u2019\u00e9p\u00eetre pour parler du sang qui scelle une fois pour toute la Nouvelle Alliance, et la messe tridentine, messe h\u00e9bra\u00efque si l\u2019on comprend bien.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"_ftnref2\">Dans la m\u00eame veine, Jacques Musset, qui fut pr\u00eatre du dioc\u00e8se de Rennes, consid\u00e8re que la \u00ab&nbsp;d\u00e9rive&nbsp;\u00bb consistant \u00e0 voir dans la messe le renouvellement du sacrifice expiatoire que J\u00e9sus a offert en r\u00e9pandant son sang sur la Croix pour le salut des p\u00e9cheurs, serait n\u00e9e \u00e0 la fin de la p\u00e9riode de constitution du Nouveau Testament, soit au II<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et au cours du III<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/#_ftn2\">[2]<\/a>. Elle est pour lui concomitante de l\u2019apparition de l\u2019\u00e9piscopat monarchique rempla\u00e7ant une structure de direction coll\u00e9giale des communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"_ftnref3\">J. Musset d\u00e9pend des th\u00e8ses de Joseph Moingt, j\u00e9suite du Centre S\u00e8vres \u00e0 Paris, aujourd\u2019hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9 qui, dans son ultime livre, <em>L\u2019Esprit du christianisme<\/em><a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/#_ftn3\">[3]<\/a><em>, <\/em>joue sa partition sur le th\u00e8me \u00e0 succ\u00e8s que r\u00e9sumait la c\u00e9l\u00e8bre phrase de Loisy&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u00e9sus annon\u00e7ait le Royaume, et c\u2019est l\u2019\u00c9glise qui est venue \u00bb. J. Moingt discernait deux \u00ab&nbsp;tournants&nbsp;\u00bb concomitants \u00e0 la fin du II<sup>e<\/sup> si\u00e8cle&nbsp;: d\u2019une part, le \u00ab&nbsp;tournant religieux&nbsp;\u00bb, qui voit les diverses communaut\u00e9s de vie \u00e9vang\u00e9lique se transmuer en une \u00ab&nbsp;religion institu\u00e9e&nbsp;\u00bb destin\u00e9e \u00e0 rendre un culte \u00e0 Dieu et \u00e0 procurer des secours spirituels aux assistants, avec un personnel consacr\u00e9 \u00e0 cet effet, distinct des autres chr\u00e9tiens, et avec une unification des croyances en forme d\u2019\u00ab&nbsp;orthodoxie&nbsp;\u00bb&nbsp;; et d\u2019autre part, le \u00ab&nbsp;tournant sacrificiel&nbsp;\u00bb, par lequel l\u2019\u00e9piscopat monarchique, qui s\u2019impose alors, se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l\u2019Ancien Testament pour se qualifier comme pouvoir sacerdotal, en tirant par le fait l\u2019Eucharistie de la table vers l\u2019autel et en faisant un sacrifice pour les p\u00e9ch\u00e9s. De tout ceci t\u00e9moignerait la <em>Tradition apostolique <\/em>d\u2019Hippolyte.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"_ftnref4\">J. Moingt rappelle tout de m\u00eame les paroles de J\u00e9sus lors de la C\u00e8ne (corps \u00ab&nbsp;livr\u00e9&nbsp;\u00bb, sang \u00ab&nbsp;vers\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00ab&nbsp;ceci est mon sang, le sang de l\u2019Alliance, vers\u00e9 pour la multitude, pour le pardon des p\u00e9ch\u00e9s&nbsp;\u00bb, Mt 26, 28), lesquelles r\u00e9f\u00e8rent la C\u00e8ne \u00e0 sa mort toute proche et pr\u00e9sentent une possibilit\u00e9 de lien avec les sacrifices du Temple. Mais il doute, avec \u00ab&nbsp;les historiens&nbsp;\u00bb, que ces paroles soient bien du Christ, et il tient que l\u2019\u00c9glise n\u2019a pu consid\u00e9rer la C\u00e8ne et la messe comme se r\u00e9f\u00e9rant au sacrifice sanglant pour les p\u00e9ch\u00e9s que parce que la liturgie est d\u00e9sormais \u00ab&nbsp;offerte par un pr\u00eatre d\u00fbment consacr\u00e9&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/#_ftn4\">[4]<\/a>. Les chr\u00e9tiens de base ont d\u2019ailleurs acquiesc\u00e9 d\u2019autant plus facilement d\u2019\u00eatre d\u00e9pouill\u00e9s de leur sacerdoce natif, que les religions idol\u00e2triques avoisinantes avaient toutes des sacerdoces consacr\u00e9s, et aussi que la reconnaissance en cours chez les chr\u00e9tiens de l\u2019unit\u00e9 des deux Testaments transformait le sacerdoce et les sacrifices juifs en \u00ab&nbsp;figures&nbsp;\u00bb de ceux de l\u2019\u00c9glise. Bref, sous l\u2019action conjugu\u00e9e du paganisme et du juda\u00efsme le christianisme est devenu sacerdotal et sacrificiel et l\u2019est rest\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La messe de Vatican II, un compromis<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p id=\"_ftnref5\">\u00c0 l\u2019\u00e9poque de la r\u00e9forme liturgique de Vatican II et de sa mise en place, la probl\u00e9matique concernant le sacrifice, bien moins radicale, est tr\u00e8s \u0153cum\u00e9nique. Il s\u2019agit, dans une perspective \u00e0 l\u2019origine de laquelle se trouve notamment Odon Casel, de gommer au maximum le fait que les sacrifices de la messe \u2013 dont il faut tenir, en toute hypoth\u00e8se, qu\u2019ils sont enti\u00e8rement r\u00e9f\u00e9r\u00e9s au sacrifice de la Croix qu\u2019ils reproduisent \u2013 font nombre avec lui et entre eux<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/#_ftn5\">[5]<\/a>. En outre se manifestait, toujours dans une vue \u0153cum\u00e9nique, le gommage du \u00ab&nbsp;trop sacrificiel&nbsp;\u00bb en insistant sur l\u2019aspect de sacrifice de louange<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/#_ftn6\">[6]<\/a> \u2013 parfaitement orthodoxe, il va de soi, comme l\u2019indique le terme m\u00eame d\u2019<em>Eucharistie<\/em> \u2013 plut\u00f4t que sur sa fin propitiatoire<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/#_ftn7\">[7]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Quoi qu\u2019il en soit des intentions et des influences, il est patent que le nouveau missel a d\u00e9plac\u00e9 l\u2019attention que la liturgie de la messe portait principalement sur le sacrifice du Vendredi Saint, en direction du myst\u00e8re pascal dans son ensemble. Au sein d\u2019innombrables touches en ce sens, l\u2019amoindrissement de sens majeur a r\u00e9sult\u00e9 de la suppression de l\u2019offertoire sacrificiel traditionnel \u2013 le terme d\u2019<em>offertoire<\/em> avait d\u2019ailleurs toujours \u00e9t\u00e9 entendu en liturgie au sens fort de <em>sacrifice<\/em> \u2013, qui soulignait fortement la coloration propitiatoire (\u00ab&nbsp;Re\u00e7ois, P\u00e8re saint, cette offrande sans tache que je te pr\u00e9sente pour mes p\u00e9ch\u00e9s et ceux de ceux qui m\u2019entourent\u2026&nbsp;\u00bb), qui a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par une \u00ab&nbsp;pr\u00e9paration des dons\u00bb (\u00ab&nbsp;Tu es b\u00e9ni, Dieu de l\u2019univers, toi qui nous donnes ce pain fruit de la terre et du travail des hommes, qu\u2019il devienne pour nous le pain de la vie&nbsp;\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p id=\"_ftnref8\">Cette \u00e9limination de l\u2019offertoire fut tr\u00e8s laborieuse. On \u00e9labora une \u00ab&nbsp;pr\u00e9paration des dons&nbsp;\u00bb, comme celle par laquelle on supposait qu\u2019avait commenc\u00e9 la C\u00e8ne, avec des imitations de la <em>berakha<\/em> juive sur le pain rompu et de la <em>berakha<\/em> sur la coupe de vin. C\u2019est la formulation de Joseph G\u00e9lineau, sj qui pr\u00e9valut. Les expressions d\u2019offrande sacrificielle, de l\u2019\u00ab&nbsp;hostie immacul\u00e9e&nbsp;\u00bb, pour les p\u00e9ch\u00e9s du pr\u00eatre et pour le salut de \u00ab&nbsp;tous les fid\u00e8les chr\u00e9tiens vivants et morts&nbsp;\u00bb, du \u00ab&nbsp;calice salutaire&nbsp;\u00bb pour le salut du monde entier, furent \u00e9limin\u00e9es. M. Pochon t\u00e9moigne avoir souvent entendu J. G\u00e9lineau expliquer que le Consilium de r\u00e9forme avait cherch\u00e9 \u00e0 rectifier le sens de la messe&nbsp;: au lieu d\u2019un sacrifice de J\u00e9sus \u00e0 son P\u00e8re afin que celui-ci devienne propice, on retrouvait un accueil de l\u2019offrande de J\u00e9sus aux hommes<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/#_ftn8\">[8]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est vrai que Paul VI, selon le souci qu\u2019il avait manifest\u00e9 lors du Concile d\u2019amener les tenants de la doctrine traditionnelle \u00e0 accepter plus facilement les novations, avait introduit des att\u00e9nuations&nbsp;: rajout du <em>offerimus<\/em> (mais la traduction fran\u00e7aise corrigera en&nbsp;: \u00ab&nbsp;nous pr\u00e9sentons&nbsp;\u00bb)&nbsp;; r\u00e9introduction de l\u2019<em>Orate fratres <\/em>(\u00ab&nbsp;\u2026 mon sacrifice qui est aussi le v\u00f4tre\u2026&nbsp;\u00bb) et du r\u00e9pons <em>Suscipiat <\/em>(\u00ab&nbsp;Que le Seigneur re\u00e7oive de vos mains le sacrifice\u2026&nbsp;\u00bb)<em>, <\/em>que la traduction fran\u00e7aise gomma un peu&nbsp;: \u00ab&nbsp;Prions ensemble au moment d\u2019offrir le sacrifice de toute l\u2019\u00c9glise&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui permet \u00e0 Martin Pochon de dire que cette r\u00e9forme est rest\u00e9e \u00ab&nbsp;au milieu du gu\u00e9&nbsp;\u00bb. En tout cas, il s\u2019est produit du jamais vu dans le d\u00e9ploiement de la formulation du dogme&nbsp;: comme dans certains textes de Vatican II (par exemple sur l\u2019\u0153cum\u00e9nisme), mais selon le mode propre de la <em>lex orandi, <\/em>l\u2019expression doctrinale nouvelle (entre autres sur le sacrifice) se trouve plus impressionniste et plus incertaine que celle qu\u2019elle rempla\u00e7ait.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Apr\u00e8s <em>Traditionis custodes<\/em>&nbsp;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p id=\"_ftnref9\">Il faut ajouter que le climat \u0153cum\u00e9nique en direction du protestantisme dans lequel a baign\u00e9 la r\u00e9forme liturgique s\u2019inscrivait lui-m\u00eame dans le contexte plus g\u00e9n\u00e9ral d\u2019\u00ab&nbsp;ouverture au pr\u00e9sent de l\u2019\u00c9glise et du monde&nbsp;\u00bb selon la formule de Pierre Jounel, un des artisans majeurs de la liturgie nouvelle<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/#_ftn9\">[9]<\/a>. Il y a eu affaiblissement de l\u2019expression du sacrifice, certes, mais au sein d\u2019un affadissement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, une explosion du ritualisme, une banalisation des gestes, des paroles, des attitudes. Le modernisme et ses suites sont plus du <em>rien <\/em>que du <em>contra.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"_ftnref10\">Ce glissement vers un message insignifiant est cependant contrari\u00e9 par une sorte de souvenir tridentin qui flotte encore sur la liturgie conciliaire. Il a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement raviv\u00e9 par la c\u00e9l\u00e9bration parall\u00e8le du rite ancien. Martin Pochon parle de \u00ab&nbsp;blocage&nbsp;\u00bb de l\u2019\u00e9volution de la r\u00e9forme \u00e0 cause du motu proprio <em>Summorum Pontificum<\/em><a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/#_ftn10\">[10]<\/a>&nbsp;: le succ\u00e8s du s\u00e9minaire de la communaut\u00e9 Saint-Martin, autel face au Seigneur et chant gr\u00e9gorien, n\u2019en est-il pas le fruit indirect&nbsp;? Si bien que Gilles Drouin, directeur de l\u2019Institut sup\u00e9rieur de Liturgie de l\u2019ICP, \u00e9crit avec soulagement apr\u00e8s <em>Traditionis custodes<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les \u201cbricolages rituels\u201d auxquels on assiste depuis quelque temps et qui pr\u00e9tendent combler les \u201csilences rubricaux\u201d du <em>Novus Ordo<\/em> par des rites ou pratiques \u201cl\u00e9gu\u00e9s\u201d par le <em>Vetus Ordo<\/em> [\u2026] doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s avec la m\u00eame rigueur que les fameux abus postconciliaires.<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/#_ftn11\">[11]<\/a>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ceux qui se r\u00e9jouissent de voir se fermer la parenth\u00e8se <em>Summorum Pontificum<\/em> risquent de s\u2019apercevoir que <em>Traditionis custodes <\/em>n\u2019est \u00e0 son tour qu\u2019une parenth\u00e8se. Dans les recompositions qui vont suivre l\u2019actuel pontificat, l\u2019<em>usus antiquior <\/em>devrait pouvoir appara\u00eetre comme un opportun recours eccl\u00e9sial en raison de tout ce qu\u2019il repr\u00e9sente. Continuant n\u00e9cessairement \u00e0 vivre et \u00e0 prosp\u00e9rer dans ce petit troupeau auquel est en train de se r\u00e9duire le catholicisme en Occident, il pourra, et pas seulement pour la liturgie, accompagner un processus de reviviscence d\u2019une \u00c9glise malade de Vatican II. Si on sait en saisir les occasions.<\/p>\n\n\n\n<p>Abb\u00e9 Claude Barthe<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Fontes : <a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/tc-ou-la-liturgie-nouvelle\/\">res novae-Perspectives romaines<\/a><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous disions nagu\u00e8re sous forme de boutade que seule la messe traditionnelle pourrait sauver la messe de Vatican II. Les c\u00e9l\u00e9brants d\u2019esprit \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb se voient en effet oblig\u00e9s \u00e0 des efforts constants, inspir\u00e9s directement ou par le biais d\u2019habitudes qui perdurent de l\u2019ancienne mani\u00e8re de c\u00e9l\u00e9brer et de croire, pour arracher la nouvelle liturgie \u00e0 &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/2021\/11\/16\/res-novae-nous-invite-a-lire-traditionis-custodes-ou-la-liturgie-nouvelle-livree-a-elle-meme\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">[Res Novae] Traditionis custodes, ou la liturgie nouvelle livr\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame<\/span> Lire la suite\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-40","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-res-novae"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=40"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":177,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40\/revisions\/177"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=40"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=40"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=40"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}