{"id":487,"date":"2023-05-30T08:22:07","date_gmt":"2023-05-30T06:22:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/?p=487"},"modified":"2023-05-30T08:22:08","modified_gmt":"2023-05-30T06:22:08","slug":"disputationes-theologicae-les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/2023\/05\/30\/disputationes-theologicae-les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie\/","title":{"rendered":"[Disputationes theologicae] Les \u00c9tats pontificaux et les corps interm\u00e9diaires (Troisi\u00e8me et derni\u00e8re Partie)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/image.over-blog.com\/tZXKPNNriDm3zOJM4OQ8dBXvp08=\/filters:no_upscale()\/image%2F1495572%2F20230517%2Fob_f41e16_2-1-576x392.png\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Les \u00ab\u00a0Communaux\u00a0\u00bb, les Communaut\u00e9s agraires, les Confr\u00e9ries<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html\">Dans le panorama multiforme offert par l&rsquo;\u00c9tat pontifical, la r\u00e9partition de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re pr\u00e9sente de nombreux aspects communs avec les administrations contemporaines de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime, mais, compte tenu des particularit\u00e9s du territoire, elle pr\u00e9sente dans certains cas des \u00e9volutions singuli\u00e8res.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>En \u00e9tudiant l&rsquo;organisation des \u00ab\u00a0communaux\u00a0\u00bb (<em>usi civici <\/em>dans l\u2019original italien, ndt) et des terres en propri\u00e9t\u00e9 collective, il faut noter qu&rsquo;un traitement g\u00e9n\u00e9ral s&rsquo;av\u00e8re r\u00e9ducteur, les diversit\u00e9s environnementales susmentionn\u00e9es ayant entra\u00een\u00e9 l&rsquo;adaptation des usages \u00e0 la g\u00e9ographie.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur l&rsquo;ensemble du territoire des \u00c9tats pontificaux, le droit \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re collective \u00e9tait reconnu ; tous les habitants de la communaut\u00e9 exploitaient de vastes \u00e9tendues de terre et exer\u00e7aient le droit de p\u00e2turage, de coupe du bois et, dans certains cas, de semailles pour les besoins de la famille. Cette forme particuli\u00e8re de tenure agraire devait son existence \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de prot\u00e9ger les pauvres. Elle permettait, dans une soci\u00e9t\u00e9 agricole, \u00e0 ceux qui n\u2019avaient rien de survivre, de poss\u00e9der de petits troupeaux et de les faire pa\u00eetre sur les terres communes, de se chauffer, de cuisiner et d\u2019utiliser le bois des for\u00eats publiques, de chasser et de p\u00eacher dans les montagnes et les lacs qui n&rsquo;\u00e9taient pas soumis \u00e0 une l\u00e9gislation purement individualiste e capitaliste de la propri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En retra\u00e7ant l&rsquo;histoire de ces droits, certains en font remonter l&rsquo;origine \u00e0 la culture f\u00e9odale, d&rsquo;autres vont jusqu&rsquo;\u00e0 les rattacher \u00e0 la transhumance des troupeaux des peuples de l&rsquo;Italie pr\u00e9-romaine. Mais l&rsquo;hypoth\u00e8se la plus raisonnable semble la plus \u00e9vidente, retenue <em>ab antiquo<\/em> et formul\u00e9e par le cardinal Giovanni Battista de Luca<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote1sym\"><sup>1<\/sup><\/a> au d\u00e9but du 19\u00e8me si\u00e8cle : la raison d&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;existence de la propri\u00e9t\u00e9 commune, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, est inh\u00e9rente au droit naturel. Elle trouve ses origines lointaines dans la nuit des temps, depuis que les hommes ont ressenti le besoin de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, mais ont aussi reconnu la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019usage collectif de certains biens. La conception du Cardinal s&rsquo;inscrit dans la doctrine chr\u00e9tienne de la richesse, donn\u00e9e par Dieu \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 pour qu&rsquo;elle vive et prosp\u00e8re, mais non pour que quelques-uns s&rsquo;en emparent \u00e0 leur profit exclusif.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers documents attestant de l&rsquo;existence de biens communs dans les \u00c9tats de l&rsquo;\u00c9glise remontent au XIIIe si\u00e8cle et concernent Sezze, P\u00e9rouse, Orvieto. A Velletri, l&rsquo;\u00e9mergence des structures de la commune est attest\u00e9e par la pr\u00e9sence des \u00ab\u00a0<em>procuratores silvae<\/em>\u00a0\u00bb qui administraient les for\u00eats communales<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote2sym\"><sup>2<\/sup><\/a>. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 des \u00c9tats, \u00e0 Bolognola et Visso, dans les Apennins de l&rsquo;Ombrie-Marche, la propri\u00e9t\u00e9 collective, est attest\u00e9e dans le premier de deux cas par un document dat\u00e9 de 1353<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote3sym\"><sup>3<\/sup><\/a>, \u00ab&nbsp;elle couvre jusqu&rsquo;\u00e0 70% du territoire communal, constitu\u00e9 de for\u00eats et de p\u00e2turages. L&rsquo;\u00e9levage des moutons et l&rsquo;exploitation des bois, principales ressources des populations montagnardes, reposent essentiellement sur la propri\u00e9t\u00e9 collective\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote4sym\"><sup>4<\/sup><\/a>. Ce type d&rsquo;exploitation \u00e9tait r\u00e9pandu dans de nombreuses localit\u00e9s de l&rsquo;Italie centrale et permettait aux moins ais\u00e9s d&rsquo;\u00e9lever des moutons et des cochons<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote5sym\"><sup>5<\/sup><\/a>. Souvent, l&rsquo;exploitation r\u00e9glement\u00e9e de ces ressources fut \u00e0 l\u2019origine de la naissance d&rsquo;une conscience communautaire, qui allait investir m\u00eame de tr\u00e8s petites localit\u00e9s et allait contribuer \u00e0 la naissance de nouvelles municipalit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une grande partie des marais Pontins, la p\u00eache \u00e9tait pratiqu\u00e9e dans les \u00e9tangs et les cours d&rsquo;eau appartenant \u00e0 la municipalit\u00e9 ; de m\u00eame, le droit de chasse sur les terres publiques offrait la possibilit\u00e9 d&rsquo;attraper du gros gibier dans les for\u00eats et du gibier d&rsquo;eau dans les lacs<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote6sym\"><sup>6<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9 collective, les \u00ab\u00a0communaux\u00a0\u00bb (<em>usi civici<\/em>) ont perdur\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque moderne; selon de Luca, ils permettaient \u00e0 certaines communaut\u00e9s ou au baron d&rsquo;exercer le <em>ius pascendi<\/em> sur des terres priv\u00e9es \u00e0 certaines p\u00e9riodes de l&rsquo;ann\u00e9e. Dans certains cas, l&rsquo;origine de ces droits pouvait remonter \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la cession par la communaut\u00e9 ou par le seigneur f\u00e9odal de portions de terre, en r\u00e9servant toutefois le droit de p\u00e2turage et de coupe du bois. Si le c\u00e9dant \u00e9tait la Communaut\u00e9, tous les habitants jouissaient des privil\u00e8ges conserv\u00e9s, c\u2019\u00e9tait les p\u00e2turages dits \u00ab\u00a0<em>de jure dominii<\/em>\u00ab\u00a0. Dans le cas des p\u00e2turages \u00ab\u00a0<em>de jure cessionis<\/em>\u00ab\u00a0, c\u2019\u00e9tait un particulier qui c\u00e9dait le droit de p\u00e2turage \u00e0 la Communaut\u00e9, qui le transf\u00e9rait ensuite \u00e0 ses membres. Mais le cas le plus r\u00e9pandu \u00e9tait celui des p\u00e2turages \u00ab\u00a0<em>de jure civico<\/em>\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0<em>consuetudinario<\/em>\u00ab\u00a0, qui remontaient \u00e0 une tradition imm\u00e9moriale, selon laquelle les habitants des communaut\u00e9s avaient le droit de faire pa\u00eetre leur b\u00e9tail sur les terres priv\u00e9es, baronniales, communales, ouvertes (non cl\u00f4tur\u00e9es) et non cultiv\u00e9es ; ce droit \u00e9tait parfois \u00e9tendu aux terres apr\u00e8s la r\u00e9colte, apr\u00e8s la fauche du foin et dans les bois lorsque trois ans s&rsquo;\u00e9taient \u00e9coul\u00e9s depuis la coupe<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote7sym\"><sup>7<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Antonio Coppi, dans ses \u00e9crits de 1842, les \u00ab\u00a0communaux\u00a0\u00bb (dans ce cas le <em>ius pascendi<\/em>) concernaient dans les \u00c9tats de l&rsquo;\u00c9glise environ 300 000 <em>rubbie<\/em> de terre (environ 554 000 hectares), soit environ 13,27 % de l&rsquo;ensemble du territoire ; mais la situation \u00e9tait beaucoup plus marqu\u00e9e dans le Latium o\u00f9, selon les donn\u00e9es de Nicolaj (les chiffres datent du d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle), dans la d\u00e9l\u00e9gation de Frosinone le ph\u00e9nom\u00e8ne touchait environ 43% du territoire, dans la d\u00e9l\u00e9gation de Viterbe plus de 50%, mais dans les limites communales de Bagnaia, Barbarano Romano, Bieda, Vetralla et Viterbe il d\u00e9passait 85%, s&rsquo;\u00e9levant \u00e0 97,8% pour la seule capitale<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote8sym\"><sup>8<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les Marches, peu apr\u00e8s la chute du gouvernement papal, il y avait 351 communaut\u00e9s agraires et 22359 terres sous domination collective<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote9sym\"><sup>9<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans de nombreux cas, les associations agraires \u00e9taient charg\u00e9es de g\u00e9rer les priorit\u00e9s et les attributions, de d\u00e9fendre et de r\u00e9glementer les droits acquis avec des statuts sp\u00e9ciaux, elles portaient les noms de <em>Comunanze<\/em>, <em>Comunit\u00e0<\/em>, <em>Universit\u00e0<\/em>. Ce sont ces institutions qui veillaient \u00e0 ce que le paysage agraire ne se transforme pas en une kyrielle de troupeaux. Elles emp\u00eachaient les abus et les vexations et, surtout, elles d\u00e9fendaient avec acharnement un usage qui permettait de nourrir des milliers de bouches, en favorisant l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;un sentiment d&rsquo;appartenance et la protection du bien commun d&rsquo;un territoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Aux XVIIIe-XIXe si\u00e8cles, sous l&rsquo;impulsion des \u00ab\u00a0Lumi\u00e8res\u00a0\u00bb et des nouvelles th\u00e9ories lib\u00e9rales de l&rsquo;\u00e9conomie, l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;abolition des \u00ab\u00a0communaux\u00a0\u00bb (<em>usi civici<\/em>), au profit de la jouissance exclusive du propri\u00e9taire, avan\u00e7a<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote10sym\"><sup>10<\/sup><\/a>. Dans les \u00c9tats eccl\u00e9siastiques, les nouveaut\u00e9s ne firent que susciter un d\u00e9bat et conduisirent Pie VII \u00e0 promulguer des r\u00e9formes dans le domaine de l&rsquo;agriculture et du commerce des c\u00e9r\u00e9ales. A ce sujet, le pape Chiaramonti a toujours op\u00e9r\u00e9 les changements avec la prudence n\u00e9cessaire. Un contemporain, le duc Odescalchi explique que le pape ne voulait pas courir le risque de \u00ab&nbsp;modifier un syst\u00e8me qui avait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9gl\u00e9 depuis si longtemps pacifiquement la culture des provinces suburbaines, ni de d\u00e9pouiller de nombreuses communaut\u00e9s et de nombreux barons d&rsquo;un droit, peut-\u00eatre nuisible au bien public, mais qu&rsquo;ils avaient acquis de la mani\u00e8re la plus l\u00e9gale, soit du prince, soit de ceux qui en avaient joui avant eux&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote11sym\"><sup>11<\/sup><\/a>. Petronio commente : \u00ab On avait ainsi tent\u00e9 de concilier renouvellement et conservation, besoins productivistes et garantie des structures constitu\u00e9es \u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote12sym\"><sup>12<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La Notification de 1849 visait \u00e0 encourager une culture c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re plus intense sur les terres appropri\u00e9es. Mais, m\u00eame cette mesure mod\u00e9r\u00e9ment innovante (dont l&rsquo;application, non seulement \u00e9tait facultative, mais ne p\u00e9nalisait pas excessivement les communaut\u00e9s, garantissant aux b\u00e9n\u00e9ficiaires des \u00ab\u00a0communaux\u00a0\u00bb une compensation en terres pour ce qu&rsquo;ils avaient perdu)<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote13sym\"><sup>13<\/sup><\/a>, n&rsquo;a pas eu de grands effets. En 1884, apr\u00e8s une enqu\u00eate dans les ex-territoires pontificaux, la situation semblait, de l&rsquo;avis d&rsquo;un ministre lib\u00e9ral, d\u00e9courageante<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote14sym\"><sup>14<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour analyser le ph\u00e9nom\u00e8ne, il faut consid\u00e9rer que le gouvernement pontifical avait \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement sensible aux dol\u00e9ances des populations et lorsque, comme dans ce cas, les associations paysannes des communaut\u00e9s avaient fait appel \u00e0 la bienveillance pontificale pour r\u00e9viser la loi, le Pape avait frein\u00e9 son application \u00ab de peur que les populations rurales ne se trouvent priv\u00e9es du minimum vital\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote15sym\"><sup>15<\/sup><\/a>. Cette analyse est confirm\u00e9e en 1887 par le d\u00e9put\u00e9 Giovanni Zucconi qui n&rsquo;est certainement pas suspect de sympathies envers le gouvernement papal<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote16sym\"><sup>16<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019unit\u00e9 italienne, les parlementaires eurent moins de scrupules \u00e0 bousculer les costumes s\u00e9culaires : les exigences du capitalisme lib\u00e9ral de la fin du XIXe si\u00e8cle boulevers\u00e8rent l&rsquo;ordre agraire et social des territoires qui n\u2019\u00e9taient plus pontificaux<\/p>\n\n\n\n<p>La loi du 27 avril 1888 se r\u00e9v\u00e9la \u00ab&nbsp;faillible et n\u00e9faste (une loi de classe, parce avantageuse seulement pour les propri\u00e9taires\u2026). Elle provoqua de violentes r\u00e9actions paysannes \u00e0 cause des indemnit\u00e9s trop faibles qui n\u2019\u00e9taient presque jamais accord\u00e9es en terre, et \u00e0 cause de l\u2019absence de possibilit\u00e9s d\u2019affranchissement en faveur des b\u00e9n\u00e9ficiaires\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote17sym\"><sup>17<\/sup><\/a>. Seuls de modestes vestiges des anciens \u00ab\u00a0communaux\u00a0\u00bb furent conserv\u00e9s, ce qui eut pour effet d&rsquo;exacerber le malaise social<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote18sym\"><sup>18<\/sup><\/a> et de cr\u00e9er un terrain favorable \u00e0 l&rsquo;\u00e9migration et \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence du social-communisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Parlement, pour d\u00e9fendre les plus d\u00e9munis, la voix m\u00eame du d\u00e9put\u00e9 Franchetti s&rsquo;\u00e9tait \u00e9lev\u00e9e. Le 15 d\u00e9cembre 1887 il avait pris la parole pour d\u00e9fendre les droits des associations agraires et avait fustig\u00e9 ses coll\u00e8gues. Selon le rapport des actes parlementaires il avait affirm\u00e9 que \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9cole classique d\u2019\u00e9conomie [\u2026], ferme dans sa seule distinction entre capitalistes et travailleurs&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote19sym\"><sup>19<\/sup><\/a> ressentait \u00ab&nbsp;une antipathie instinctive pour les entit\u00e9s hybrides, telles que les communaut\u00e9s d\u2019usagers dans lesquelles l\u2019individu disparait et qui ont pour but d\u2019assurer un b\u00e9n\u00e9fice \u00e0 une cat\u00e9gorie de personnes en tant que telle&nbsp;\u00bb. Dans sa d\u00e9fense d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de ces \u00ab\u00a0corporations de pauvres\u00a0\u00bb, il avait d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab&nbsp;c&rsquo;est une v\u00e9ritable d\u00e9possession que vous consommez avec cette loi : vous pouvez bien trouver le moyen d&rsquo;indemniser les usagers en tant qu&rsquo;individus, mais en tant que classe, ils restent d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s ; c&rsquo;est une cat\u00e9gorie de personnes qui, par des moyens ordinaires, n\u2019ont aucune mani\u00e8re de se nourrir, qui trouvent dans cette richesse commune du pays un moyen de subsistance suppl\u00e9mentaire, qui les emp\u00eache de mourir de faim. Vous leur retirez cet avantage et, en le leur retirant, vous ne leur donnez rien en retour. Et quand vous aurez aussi indemnis\u00e9 les usagers actuels des droits que vous abolissez, vous aurez cr\u00e9\u00e9 pour les g\u00e9n\u00e9rations futures une classe de prol\u00e9taires qui n&rsquo;existe pas aujourd&rsquo;hui&nbsp;\u00bb <a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote20sym\"><sup>20<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les Confr\u00e9ries de l&rsquo;Urbe \u00e0 la d\u00e9fense des cat\u00e9gories sociales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les rues et les places de Rome, \u00e9pargn\u00e9es par les d\u00e9molitions de la p\u00e9riode post-unitaire et du <em>Ventennio<\/em>, t\u00e9moignent encore d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 sociale qui s&rsquo;est \u00e9galement exprim\u00e9e dans l&rsquo;urbanisme. Les palais des princes romains se m\u00ealent aux masures des gens du peuple, souvent intercal\u00e9s d&rsquo;une chapelle ou d&rsquo;un oratoire o\u00f9 des personnes de toutes conditions se r\u00e9unissaient \u00e0 des dates pr\u00e9cises pour solenniser une f\u00eate, pour c\u00e9l\u00e9brer le saint patron c\u00e9leste d&rsquo;une cat\u00e9gorie de travailleurs, pour assister spirituellement et \u00e9conomiquement les pauvres, les prisonniers et les condamn\u00e9s \u00e0 mort, ou encore pour comm\u00e9morer une date importante qui rappelait la lointaine patrie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les confr\u00e9ries \u00e9taient tr\u00e8s nombreuses, il pouvait s&rsquo;agir d&rsquo;associations de compatriotes ou de m\u00e9tiers, d\u00e9di\u00e9es \u00e0 des pratiques de pi\u00e9t\u00e9 ou d&rsquo;assistance, parfois caract\u00e9ris\u00e9es par un authentique esprit de corps qui, dans le temp\u00e9rament romain, se transformait aussi en rivalit\u00e9 innocente. Tous, nobles et pl\u00e9b\u00e9iens, eccl\u00e9siastiques et commer\u00e7ants, pouvaient porter un m\u00eame uniforme et un m\u00eame embl\u00e8me, distingu\u00e9s seulement par les signes des fonctions occup\u00e9es par chacun au sein de l\u2019association.<\/p>\n\n\n\n<p>Retracer l&rsquo;histoire de toutes les confr\u00e9ries romaines est une t\u00e2che ardue, mais \u00e9voquer leur activit\u00e9 est important pour comprendre la vie quotidien d&rsquo;un monde qui s\u2019exprimait comme un ch\u0153ur qui chante \u00e0 plusieurs voix.<\/p>\n\n\n\n<p>Les th\u00e9ories sur l&rsquo;origine des confr\u00e9ries sont partag\u00e9es : certains les font remonter \u00e0 l&rsquo;aube de la civilisation, d&rsquo;autres situent leurs premiers balbutiements \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e2ge apostolique, d&rsquo;autres encore associent leur naissance aux <em>collegia funeraticia<\/em> (associations reconnues par les autorit\u00e9s romaines qui, en tant que propri\u00e9taires de tombes, garantissaient \u00e0 leurs membres le droit \u00e0 une s\u00e9pulture priv\u00e9e), d&rsquo;autres enfin estiment qu&rsquo;il est raisonnable de n&rsquo;en parler qu&rsquo;\u00e0 partir du Moyen-\u00c2ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Leur activit\u00e9 dans le domaine de la charit\u00e9 et de l&rsquo;assistance est rarement ni\u00e9e, mais leur fonction de protection juridique et administrative des cat\u00e9gories sociales ou nationales est souvent n\u00e9glig\u00e9e ou ignor\u00e9e. L&rsquo;importance qu&rsquo;elles ont eue dans l&rsquo;ancien r\u00e9gime n&rsquo;a pas suscit\u00e9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des historiens comme elles le m\u00e9riteraient, notamment parce que ce qui \u00e9tait souvent une influence charitable aupr\u00e8s des puissants plut\u00f4t qu&rsquo;une ing\u00e9rence dans l&rsquo;administration, par sa nature m\u00eame, laisse moins de traces dans les archives.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne faut pas oublier l&rsquo;imp\u00e9tuosit\u00e9 avec laquelle l&rsquo;ascendant de ces corporations s&rsquo;est manifest\u00e9 sur la sc\u00e8ne politique romaine \u00e0 la mort de Cola di Rienzo en 1354. Rome fut plong\u00e9e dans un conflit civil dont les membres de la baronnie furent les protagonistes. Avec une d\u00e9termination exemplaire, les membres de la <em>Compagnia dei Raccomandati della Santa Vergine <\/em>intervinrent et, forts du consensus et de l&rsquo;estime inconditionnelle du peuple romain, ils pacifi\u00e8rent la ville, imposant Giovanni Cerrone comme gouverneur du Capitole et soumettant la ratification de cette nomination au Pape (alors en Avignon)<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote21sym\"><sup>21<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces associations ont toujours eu la consid\u00e9ration de la population et, dans les moments les plus graves, fortes de l&rsquo;esprit de corps susmentionn\u00e9, elles ont exerc\u00e9 leur influence sur les puissants du jour, constituant, dans les moments d&rsquo;\u00e9garement et de d\u00e9sordre, un fort rappel \u00e0 la concorde de la cit\u00e9. Pour confirmer l&rsquo;importance de leur r\u00f4le dans les \u00c9tats catholiques de l&rsquo;ancien r\u00e9gime, il faut rappeler que les confr\u00e9ries ont constamment partag\u00e9, avec les ordres religieux, la haine des r\u00e9volutionnaires, les ennemis du tr\u00f4ne et de l&rsquo;autel identifiant toujours en l&rsquo;un et l&rsquo;autre un ennemi dangereux ; partout o\u00f9 arrivaient les \u00ab\u00a0Lumi\u00e8res\u00a0\u00bb ou les jacobins en herbe, que ce soit dans la Toscane l\u00e9opoldienne ou dans la France de la Terreur, on pers\u00e9cutait les confr\u00e9ries, objet d&rsquo;une ranc\u0153ur r\u00e9serv\u00e9e aux pires adversaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la Rome papale, l\u2019association en confr\u00e9ries \u00e9tait si importante qu&rsquo;elle rassemblait et prot\u00e9geait sous une m\u00eame banni\u00e8re tous ceux qui immigraient dans la capitale de la chr\u00e9tient\u00e9 depuis les diff\u00e9rentes parties du monde. Les confr\u00e9ries dites nationales permettaient \u00e0 ceux qui avaient une origine commune de c\u00e9l\u00e9brer avec leurs compatriotes des anniversaires particuli\u00e8rement chers, d&rsquo;observer leurs propres traditions et, dans la ville de la langue latine, de conserver l&rsquo;usage de leur propre langue.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;archiconfr\u00e9rie des Saints Ambroise et Charles des Lombards, distincte de celle des habitants de Bergame<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote22sym\"><sup>22<\/sup><\/a>, ou celle de Saint J\u00e9r\u00f4me des Slaves, qui prot\u00e9geait les exil\u00e9s slaves de l&rsquo;invasion turque, se d\u00e9velopp\u00e8rent ; celles de Saint Andr\u00e9 des Bourguignons, de Saint Julien des Belges, de Saint Yves des Bretons, du Saint-Suaire des Pi\u00e9montais, du Saint-Esprit des Napolitains, et celles des Lucquois, des Siciliens et des Espagnols prosp\u00e9r\u00e8rent.<\/p>\n\n\n\n<p>Les franchises accord\u00e9es permettaient m\u00eame \u00e0 un condamn\u00e9 \u00e0 mort \u00e9tranger de faire appel \u00e0 la confr\u00e9rie de son pays, afin que celle-ci lui procure une gr\u00e2ce ; la confr\u00e9rie de Saint-Beno\u00eet et de Sainte Scolastique \u00ab&nbsp;fond\u00e9e au profit des <em>Nursini<\/em> \u00e0 Rome&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote23sym\"><sup>23<\/sup><\/a> avait le privil\u00e8ge de lib\u00e9rer un condamn\u00e9 \u00e0 mort de ce dioc\u00e8se d&rsquo;Ombrie. Nursie, cependant, se trouvait en territoire papal mais, comme nous l&rsquo;avons mentionn\u00e9 dans le chapitre pr\u00e9c\u00e9dent, les communaut\u00e9s de l&rsquo;\u00c9tat b\u00e9n\u00e9ficiaient d&rsquo;un \u00ab\u00a0traitement diplomatique\u00a0\u00bb similaire \u00e0 celui r\u00e9serv\u00e9 aux autres \u00c9tats souverains.<\/p>\n\n\n\n<p>Les habitants de Nursie n&rsquo;\u00e9taient pas les seuls sujets pontificaux \u00e0 jouir du privil\u00e8ge d&rsquo;une confr\u00e9rie nationale : les Bolognais se r\u00e9unissaient sous la protection des Saints P\u00e9trone et Dominique, les habitants des Marches invoquaient Notre-Dame de Lorette, les habitants de Cascia v\u00e9n\u00e9raient Sainte Rita, les habitants de Camerino se retrouvaient dans l&rsquo;\u00e9glise des Saints Venanzio et Ansovino, sur les murs de laquelle figurait l&rsquo;\u00e9pigraphe <em>Nationis Camertium<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les confr\u00e9ries avaient partag\u00e9 avec les guildes m\u00e9di\u00e9vales la d\u00e9fense des pr\u00e9rogatives de certaines cat\u00e9gories de travailleurs et, surtout dans la capitale, elles avaient h\u00e9rit\u00e9 de leurs fonctions et les avaient d\u00e9velopp\u00e9es. Presque tous les m\u00e9tiers avaient leur propre corporation confi\u00e9e \u00e0 la protection d&rsquo;un Saint ; les travailleurs \u00e9taient ainsi unis et d\u00e9fendus, alliant pratiques pieuses et esprit d&rsquo;appartenance. Les Archiconfr\u00e9ries de <em>Santa Maria della Quercia<\/em> des Bouchers, St Eloi des Ferrailleurs ou Saint Gr\u00e9goire des Ma\u00e7ons \u00e9taient tr\u00e8s actives, mais m\u00eame les m\u00e9tiers les moins r\u00e9pandus pouvaient s&rsquo;enorgueillir d&rsquo;une confr\u00e9rie, comme celle de Sainte Barbara des Artificiers, dont les membres, dans un \u00e9tat pacifique, s&rsquo;attachaient davantage \u00e0 saluer les processions par des salves de canon qu&rsquo;\u00e0 tirer sur les arm\u00e9es. La confr\u00e9rie des Cuisiniers et des P\u00e2tissiers, ou la confr\u00e9rie des Imprimeurs plac\u00e9es sous la protection des Docteurs de l&rsquo;\u00c9glise, ou celle des Apprentis tailleurs, distincte de celle des Tailleurs, ou encore la confr\u00e9rie des Saints Blaise et C\u00e9cile des Matelassiers o\u00f9 \u00ab&nbsp;ceux qui en dehors de la confr\u00e9rie avaient une position sup\u00e9rieure, pouvaient se trouver dans l&rsquo;organisation hi\u00e9rarchique de la confr\u00e9rie en subordination \u00e0 un employ\u00e9 de leur propre atelier&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote24sym\"><sup>24<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait aussi les universit\u00e9s et les coll\u00e8ges des Vendeurs de poulets, des Tisserands, des Fabricants de macaroni, des \u00c9leveurs de vaches, des \u00c9piciers, des Vendeurs de l\u00e9gumes, des N\u00e9gociateurs des marchandises qui arrivaient par le Tibre<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote25sym\"><sup>25<\/sup><\/a>, des Constructeurs de bateaux, des Vendeurs de poissons ou celui des Peintres et des Sculpteurs, devenu plus tard l&rsquo;Acad\u00e9mie de Saint Luc, tout cela montre bien que l&rsquo;image de Rome comme ville de parasites ne vivait que dans les pamphlets protestants.<\/p>\n\n\n\n<p>Saint Philippe Neri, \u00ab&nbsp;le troisi\u00e8me ap\u00f4tre de Rome&nbsp;\u00bb, fonda en 1536 une confr\u00e9rie pour assister les p\u00e8lerins du Jubil\u00e9 : l\u2019Archiconfr\u00e9rie de la Tr\u00e8s Sainte Trinit\u00e9 des P\u00e8lerins et des convalescents. Dans son si\u00e8ge du quartier de la <em>Regola<\/em>, on pouvait voir des princes et des cardinaux laver les pieds gonfl\u00e9s des p\u00e8lerins ou mendier du pain et du vin pour les pauvres, le visage nu et sans capuchon, dans un exercice extraordinaire d&rsquo;humilit\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 aux premiers citoyens de Rome. Lors du jubil\u00e9 de 1575, l&rsquo;Archiconfr\u00e9rie accueillit 144913 p\u00e8lerins tout en continuant \u00e0 s&rsquo;occuper de ses 21000 convalescents, et offrit 365000 repas. Le vainqueur de L\u00e9pante, le prince Marc&rsquo;Antonio Colonna, et le Pape lui-m\u00eame servirent \u00e0 table. Un concours de charit\u00e9 fut lanc\u00e9 parmi la noblesse romaine et, en 1649, le prince Ludovisi donna \u00ab&nbsp;un traitement public \u00e0 12000 femmes&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote26sym\"><sup>26<\/sup><\/a>. Une attention particuli\u00e8re \u00e9tait accord\u00e9e aux p\u00e8lerins d&rsquo;Inde, d&rsquo;Arm\u00e9nie et de Syrie, qui, apr\u00e8s les difficult\u00e9s du long voyage, trouvaient un accueil chaleureux dans l\u2019Urbe.<\/p>\n\n\n\n<p>Les confr\u00e9ries tenaient alors le r\u00f4le d\u00e9volu aujourd\u2019hui \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019\u00c9tat-Providence&nbsp;\u00bb. Elles remplissaient efficacement leur mission, puisque la capitale de l&rsquo;\u00c9tat pontifical se targuait d&rsquo;avoir un h\u00f4pital pour 9363 habitants, alors que Londres en avait un pour 40737<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote27sym\"><sup>27<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Archiconfr\u00e9rie des Douze Ap\u00f4tres, ch\u00e8re \u00e0 Saint Ignace de Loyola, ouvrit, \u00e0 la demande du cardinal Barberini, une pharmacie qui distribuait des m\u00e9dicaments \u00e0 ceux qui pr\u00e9sentaient un certificat du cur\u00e9 attestant de leur pauvret\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00c9tat ne d\u00e9daignait pas de c\u00e9der une parcelle de souverainet\u00e9, en laissant les administrateurs de la confr\u00e9rie de Sainte-Elisabeth, charg\u00e9e de la gestion du grand h\u00f4pital de Saint-Sixte percevoir la gabelle sur le bois et l\u2019imp\u00f4t sur les cartes \u00e0 jouer. Pour subvenir aux d\u00e9penses de la structure, un boiteux parcourait la ville en s&rsquo;appuyant sur un aveugle, tous deux demandant l&rsquo;aum\u00f4ne et, apr\u00e8s avoir re\u00e7u l&rsquo;offrande, dans une Rome catholique mais pas moralement obtuse, le donateur se voyait remettre du tabac \u00e0 priser sur une coupelle d\u2019argent<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote28sym\"><sup>28<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les prisonniers \u00e9taient pris en charge par l&rsquo;Archiconfr\u00e9rie de Saint J\u00e9r\u00f4me de la Charit\u00e9. Les statuts stipulaient que \u00ab&nbsp;pour le soin de tous les prisonniers, la Confr\u00e9rie paierait un m\u00e9decin, un chirurgien et un barbier pour les soigner et les aider dans leurs maladies naturelles&nbsp;\u00bb ; il \u00e9tait du devoir des confr\u00e8res de surveiller la qualit\u00e9 de la nourriture et la quantit\u00e9 de viande donn\u00e9e aux prisonniers. Un pr\u00e9lat \u00e9tait d\u00e9sign\u00e9 pour les visiter et apporter les confidences de la famille sans l\u2019intervention des juges<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote29sym\"><sup>29<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La confr\u00e9rie des <em>Sacconi Rossi<\/em> \u00e9tait charg\u00e9e de r\u00e9cup\u00e9rer les morts noy\u00e9s dans le Tibre et de les enterrer \u00e0 ses frais, en partageant cette \u0153uvre pieuse avec les fr\u00e8res de <em>Santa Maria ad Orazione e Morte<\/em> ; \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une crue du fleuve, les confr\u00e8res vinrent jusqu&rsquo;\u00e0 Ostie pour recueillir les corps emport\u00e9s par le courant et les pr\u00e9server de l&rsquo;outrage des animaux. Mais, les besoins n&rsquo;\u00e9tant pas seulement d&rsquo;ordre naturel, la Confr\u00e9rie secourait aussi les \u00e2mes de ceux qu&rsquo;elle avait trouv\u00e9s sans vie, en faisant c\u00e9l\u00e9brer des messes en suffrage pour ces malheureux inconnus.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019unification de l\u2019Italie sonna le glas des confr\u00e9ries. Le 18 f\u00e9vrier 1890, un parlementaire d\u00e9clara : \u00ab&nbsp;Je ne perdrai pas beaucoup de temps au sujet des confr\u00e9ries et autres institutions semblables. On ne peut reconna\u00eetre un caract\u00e8re d&rsquo;utilit\u00e9 publique \u00e0 des organismes qui, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, ont pour objet de r\u00e9aliser le spectacle des fonctions religieuses, causes et effets du fanatisme et de l&rsquo;ignorance, de r\u00e9gler le droit de pr\u00e9s\u00e9ance dans les processions, de d\u00e9fendre les pr\u00e9rogatives d&rsquo;une image contre une autre, de fixer le mode et l&rsquo;heure des offices, de r\u00e9gler les sonneries de cloches, les tirs de p\u00e9tards, etc. Les inconv\u00e9nients moraux, politiques et sociaux auxquels elles donnent lieu dans l&rsquo;exercice de leur action sont continuels et graves. Elles sont en un mot plus nuisibles qu&rsquo;utiles \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote30sym\"><sup>30<\/sup><\/a>. La loi de suppression fut approuv\u00e9e le 20 juillet 1890, condamnant 11707 confr\u00e9ries<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote31sym\"><sup>31<\/sup><\/a>. L&rsquo;\u00c9tat effa\u00e7ait l\u2019empreinte catholique de l&rsquo;assistance publique, s\u2019emparait des h\u00f4pitaux, des \u00e9glises et du mobilier, et dispersait un patrimoine artistique et historique d&rsquo;une importance ind\u00e9niable. Luigi Huetter, historien et chantre de la Rome condamn\u00e9e \u00e0 dispara\u00eetre, \u00e9crit \u00e0 propos de la suppression de ces anciennes confr\u00e9ries : \u00ab&nbsp;elles avaient eu une habilet\u00e9 et une beaut\u00e9 indiscutables. Devant la loi, elles avaient souvent interpr\u00e9t\u00e9 le bon sens populaire. Contre le blasph\u00e8me et le crime, elles signifiaient la pri\u00e8re, la foi, le sacrifice. Dans le choc des factions, au milieu des puissants oppresseurs, elles retenaient toutes les classes sociales sous une banni\u00e8re identique devant l&rsquo;autel commun. Les pratiques ext\u00e9rieures elles-m\u00eames paraissaient en accord avec cette \u00e9poque. Ces p\u00e9nitents encapuchonn\u00e9s chantant des litanies \u00e0 la lueur des torches impressionnaient les \u00e2mes simples. Tout le monde pliait le genou devant les fr\u00e8res inconnus. Ces arcanes religieux o\u00f9 le deuil et la mort tenaient une si grande place laissaient un peu de douceur dans les esprits et permettaient d\u2019entrevoir un voyage d&rsquo;esp\u00e9rance. Mais la mentalit\u00e9 lib\u00e9rale professait que l&rsquo;\u00e9volution des temps exigeait la disparition des confr\u00e9ries, qu\u2019elles soient bonnes ou mauvaises&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote32sym\"><sup>32<\/sup><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La fin de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00c9tat par corps interm\u00e9diaires\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ha\u00efs et calomni\u00e9s autant que son dernier Pape-Roi, les \u00c9tats de l\u2019Eglise form\u00e9s au cours des si\u00e8cles sur les ruines fumantes de Rome, s\u2019\u00e9tendant du P\u00f4 au Liri, avaient donn\u00e9 \u00e0 la Ville \u00c9ternelle la grandeur de ses basiliques et l\u2019intimit\u00e9 de ses quartiers.Dans la partie du \u00ab\u00a0Bel Paese\u00a0\u00bb qu\u2019ils administraient, les \u00c9tats Pontificaux avaient permis l\u2019\u00e9mergence d\u2019un paysage agraire et d\u2019un r\u00e9seau de villes in\u00e9gal\u00e9. Arriv\u00e9s \u00e0 leur cr\u00e9puscule, ils avaient transmis \u00e0 l\u2019Italie nouvelle les traditions communales et la soci\u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e par corps interm\u00e9diaires qui avaient fascin\u00e9 les voyageurs du Grand Tour par leur harmonie et qu\u2019une administration centralisatrice s\u2019appr\u00eatait \u00e0 balayer.<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;entr\u00e9e des <em>Bersaglieri<\/em>, on sait que Rome resta immobile, \u00e9tonn\u00e9e, incr\u00e9dule. Au bout de quelques jours, les nouveaux barbares, les \u00ab\u00a0<em>buzzurri<\/em>\u00ab\u00a0, comme le peuple romain appelait les lib\u00e9raux qui venaient d&rsquo;arriver, se mirent \u00e0 marteler les blasons pontificaux, \u00e0 \u00e9ventrer le centre historique, \u00e0 d\u00e9molir \u00e9glises et palais, \u00e0 couvrir l&rsquo;ancien temple de l&rsquo;<em>Aracoeli<\/em> de la masse blanche du <em>Vittoriano<\/em>, de sorte que la toile de fond de la <em>Via del Corso<\/em> ne f\u00fbt pas un \u00e9difice chr\u00e9tien. Sur les ruines de la Rome des C\u00e9sars et sur le tissu urbain de la Rome papale, on imaginait la construction de la \u00ab\u00a0troisi\u00e8me Rome\u00a0\u00bb, selon les aspirations de Mazzini, et pour \u00e9difier laquelle il fallait d\u2019abord produire d&rsquo;abondantes ruines.<\/p>\n\n\n\n<p>La destruction de l&rsquo;ancienne conception de la souverainet\u00e9 n&rsquo;\u00e9pargna aucun aspect de la vie en commun. Autrefois, dans les \u00c9tats pontificaux, l&rsquo;imp\u00e9ratif \u00e9tait la construction de la <em>Civitas Christiana<\/em>, dans le respect des pr\u00e9existences et des droits acquis; d\u00e9sormais, le seul credo \u00e9tait l&rsquo;idol\u00e2trie de l&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p>Au nom du soi-disant bien public, les pouvoirs des gouvernants s\u2019\u00e9tendirent de mani\u00e8re d\u00e9mesur\u00e9e. Les parlementaires s&rsquo;arrog\u00e8rent le droit de supprimer les ordres religieux et les confr\u00e9ries, de leur refuser le droit de poss\u00e9der. Les caisses du gouvernement italien, qui s&rsquo;amenuisaient, furent combl\u00e9s par le vol des biens de l&rsquo;\u00c9glise et des pauvres. M\u00eame les tableaux de la Renaissance et les toiles des grands ma\u00eetres, arrach\u00e9s \u00e0 leur lieu d&rsquo;origine, prirent le chemin du march\u00e9 des antiquaires, pour ne plus t\u00e9moigner dans tous les coins du pays de ce lien s\u00e9culaire entre religion catholique et m\u00e9c\u00e9nat artistique, entre autonomie locale et prosp\u00e9rit\u00e9 pass\u00e9e. Le peuple devait changer ses coutumes et ses traditions par d\u00e9cret royal : plus de processions ni de f\u00eates populaires, mais uniquement des c\u00e9l\u00e9brations de h\u00e9ros improbables du <em>Risorgimento<\/em>. C&rsquo;est ainsi que s&rsquo;imposait \u00ab&nbsp;l\u2019\u00c9tat nouveau&nbsp;\u00bb, celui que les despotes gouvernent le mieux parce qu&rsquo;il est d\u00e9sorient\u00e9 et sans racines.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Don Stefano Carusi<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote1anc\">1<\/a> M. Caffiero, <em>L\u2019erba dei poveri. Comunit\u00e0 rurale e soppressione degli usi collettivi nel Lazio (secoli XVIII-XIX)<\/em>, Roma 1982, pp. 19 e ss. Le texte est remarquable pour le travail de recherche effectu\u00e9 et pour quelques observations int\u00e9ressantes sur l&rsquo;histoire \u00e9conomique et sociale, en tenant compte du fait que l&rsquo;orientation de l&rsquo;auteur est tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de la n\u00f4tre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote2anc\">2<\/a> J. C. Maire Vigueur, <em>Comuni e Signorie in Umbria Marche e Lazio<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 332.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote3anc\">3<\/a> A.A. Bittarelli, <em>L&rsquo;economia integrata silvo-pastorale-boschivo-laniera negli usi civici del 1353 e negli statuti del 1654 a Bolognola<\/em>, in \u00ab\u00a0<em>Atti e memorie della deputazione di storia patria per le Marche<\/em>\u00ab\u00a0, ser.VIII, IX, 1975 pp. 315 e ss.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote4anc\">4<\/a> J. C. Maire Vigueur, <em>Comuni e Signorie in Umbria Marche e Lazio<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 332-333.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote5anc\">5<\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 333.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote6anc\">6<\/a> <em>Ibid.<\/em>, pp. 334, 335.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote7anc\">7<\/a> M. Caffiero, <em>op. cit.<\/em>, p. 19-20.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote8anc\">8<\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 20-21.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote9anc\">9<\/a> M. S. Corciulo, <em>Il dibattito parlamentare sulla legge 24 giugno 1888<\/em>, in P. Falaschi (ed.) <em>Usi civici e propriet\u00e0 collettive nel centenario della legge 24 giugno 1888, Atti del convegno in onore di Giovanni Zucconi (1845-1894)<\/em>, Camerino 1991, p. 95.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote10anc\">10<\/a> Depuis 1776, dans le Grand-Duch\u00e9 de Toscane, la l\u00e9gislation de L\u00e9opold avait initi\u00e9 une forte r\u00e9duction des usages civiques qui s&rsquo;est poursuivie au si\u00e8cle suivant. Cf. L. Acrosso-G. Rizzi, <em>Codice degli usi civici<\/em>, Rome 1956, pp. 533 et ss.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote11anc\">11<\/a>B. Odescalchi, in ASRm (Archivio di Stato Sez. di Roma), Congregazione economica, 68\/3 cit\u00e9 dans U. Petronio, <em>Qualche spunto sulla questione demaniale in Italia prima della legge Zucconi<\/em>, in P. Falaschi (ed.) <em>Usi civici e propriet\u00e0 collettive nel centenario della legge 24 giugno 1888, Atti del convegno in onore di Giovanni Zucconi (1845-1894)<\/em>, cit. p. 68.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote12anc\">12<\/a>U. Petronio , <em>op. cit.<\/em>, p. 68.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote13anc\">13<\/a> Cf. L. Acrosso-G. Rizzi, <em>op. cit.<\/em>, p. 496 et ss. Le texte peut \u00e9galement \u00eatre consult\u00e9 pour la l\u00e9gislation de la R\u00e9publique romaine sur les \u00ab\u00a0communaux\u00a0\u00bb (<em>usi civici<\/em>), en particulier le d\u00e9cret du 3 f\u00e9vrier 1849 ; la Notification de Pie IX, plus prudente, est dat\u00e9e du 29 d\u00e9cembre 1849.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote14anc\">14<\/a> Pour une analyse de la position de Bernardino Grimaldi, partisan convaincu de l&rsquo;abolition des usages civiques et ministre de l&rsquo;agriculture du gouvernement Depretis, voir P. Grossi, <em>Un altro modo di possedere. <\/em><em>L&#8217;emersione di forme alternative di propriet\u00e0 alla coscienza giuridica post-unitaria<\/em>, Milan 1977, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote15anc\">15<\/a>M. S. Corciulo, <em>op. cit.<\/em>, p. 87.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote16anc\">16<\/a> P. Falaschi (ed.), <em>Usi civici e propriet\u00e0 collettive nel centenario della legge 24 giugno 1888, Atti del convegno in onore di Giovanni Zucconi (1845-1894)<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, <em>passim<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote17anc\">17<\/a> M. Caffiero, <em>L&rsquo;erba dei poveri<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 113, note 50.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote18anc\">18<\/a> Sur la situation des paysans dans le Latium apr\u00e8s l&rsquo;Unit\u00e9, cf. A. Caracciolo, <em>Il movimento contadino nel Lazio (1870-1922)<\/em>, Roma 1952 ; G. Pescosolido, <em>Usi civici e propriet\u00e0 collettive nel Lazio dalla Rivoluzione Francese alla legislazione dello stato italiano<\/em>, in \u00ab\u00a0<em>Nuovi Annali della Facolt\u00e0 di Magistero dell&rsquo;Universit\u00e0 di Messina<\/em>\u00ab\u00a0, 5 (1987).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote19anc\">19<\/a> M. S. Corciulo, <em>op. cit.<\/em>, p. 93.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote20anc\">20<\/a> Atti parlamentari, Camera dei Deputati, Legisl. XVI, II sessione, 1886 &#8211; 87 citati in M. S. Corciulo, <em>Il dibattito parlamentare sulla legge del 24 giugno 1888,<\/em> cit., pp. 93, 94.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote21anc\">21<\/a> <em>Statuti della Ven. Arciconfraternita del Gonfalone<\/em>, tipografia poliglotta della S.C. di Propaganda Fide, Roma l888 ; cf. aussi E. Dupr\u00e9 Theseider, <em>Roma dal comune di popolo alla signoria pontificia, (1252-1377)<\/em>, Istituto di studi romani, storia di Roma XI, Bologna 1952.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote22anc\">22<\/a> Les Bergamasques \u00e9taient r\u00e9unis dans la Confraternit\u00e9 des saints Barth\u00e9lemy et Alexandre.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote23anc\">23<\/a> M. Maroni Lumbroso, A. Martini, <em>Le confraternite romane nelle loro chiese<\/em>, Roma 1963.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote24anc\">24<\/a> <em>Ibid.<\/em>, pp. 74-75.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote25anc\">25<\/a> M\u00e9diateurs dans le commerce des produits arrivant \u00e0 Rome par voie fluviale, il convient de mentionner l&rsquo;importance \u00e9conomique des ports de Ripetta et de Ripa Grande sur le Tibre, qui ont tous deux disparu entre la fin du XIXe si\u00e8cle et le d\u00e9but du si\u00e8cle suivant.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote26anc\">26<\/a> <em>Cenni storici sulla Ven. Arciconfraternita della SS Trinit\u00e0 de&rsquo; Pellegrini e Convalescenti di Roma<\/em>, Roma tipografia F. Caputi, 1917 ; M. Maroni Lumbroso, A. Martini, <em>op. cit.<\/em>, p. 427.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote27anc\">27<\/a> V. Faraoni, A. Mencucci, <em>Vita del venerabile Pio IX<\/em>, Roma 1952.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote28anc\">28<\/a> , M. Maroni Lumbroso, A. Martini, <em>op. cit.<\/em>, pp.143,144.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote29anc\">29<\/a> <em>Ibid.<\/em>, pp. 149-154.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote30anc\">30<\/a> L. Huetter, <em>Le Confraternite. Misteri e riti religiosi delle pie associazioni laiche di Roma dalle origini a oggi<\/em> (r\u00e9imprim\u00e9 par D. Paradisi) ), Roma 1994, pp.34-35.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote31anc\">31<\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 34.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#sdfootnote32anc\">32<\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 36.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/twitter.com\/share\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><br><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2023\/05\/les-etats-pontificaux-et-les-corps-intermediaires-troisieme-et-derniere-partie.html#anchorComment\"><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00ab\u00a0Communaux\u00a0\u00bb, les Communaut\u00e9s agraires, les Confr\u00e9ries Dans le panorama multiforme offert par l&rsquo;\u00c9tat pontifical, la r\u00e9partition de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re pr\u00e9sente de nombreux aspects communs avec les administrations contemporaines de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime, mais, compte tenu des particularit\u00e9s du territoire, elle pr\u00e9sente dans certains cas des \u00e9volutions singuli\u00e8res. 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