{"id":577,"date":"2024-11-08T13:19:09","date_gmt":"2024-11-08T12:19:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/?p=577"},"modified":"2024-11-08T13:19:10","modified_gmt":"2024-11-08T12:19:10","slug":"disputationes-theologicae-arreter-limmigration-incontrolee-la-vraie-doctrine-catholiquedisputationes-theologicae","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/2024\/11\/08\/disputationes-theologicae-arreter-limmigration-incontrolee-la-vraie-doctrine-catholiquedisputationes-theologicae\/","title":{"rendered":"[Disputationes theologicae] Arr\u00eater l\u2019immigration incontr\u00f4l\u00e9e: la vraie doctrine catholique[Disputationes theologicae]"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Et que personne n\u2019invente de nouveaux p\u00e9ch\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>15 septembre 2024, Notre Dame de Sept Douleurs<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/image.over-blog.com\/GtfJ4r5S3gHlI1pgJJrGE9kD9EI=\/filters:no_upscale()\/image%2F1495572%2F20240924%2Fob_5f66e7_angel-unwares-angeli-inconsapevoli-1-6.jpg\" alt=\"\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le monument de l&rsquo;immigration sur la place Saint-Pierre<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>En r\u00e9ponse aux questions des lecteurs concernant les propos de Fran\u00e7ois qui consid\u00e8re que vouloir arr\u00eater l\u2019immigration serait un p\u00e9ch\u00e9 grave, nous proposons la lecture de deux contributions synth\u00e9tisant la doctrine de saint Thomas d\u2019Aquin sur le sujet. Au-del\u00e0 du facteur th\u00e9ologique, nous sommes aujourd\u2019hui confront\u00e9s \u00e0 la capitulation la plus \u00e9hont\u00e9e face \u00e0 une pens\u00e9e mondialiste et politiquement correcte. A cette capitulation s\u2019ajoute le scandale d\u2019inventer de nouveaux p\u00e9ch\u00e9s, alors que l\u2019occultation des p\u00e9ch\u00e9s de toujours a \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9e par des textes comme <em>Fiducia Supplicans<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Disputationes Theologicae<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"> 1 <a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html\">Immigration et ordre dans la charit\u00e9<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p><strong><em>L&rsquo; \u201c<\/em><em>accueil<\/em><em>\u201d<\/em><em> d\u00e9sordonn\u00e9 des migrants est la n\u00e9gation de l&rsquo;amour de Dieu<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>21 d\u00e9cembre 2016, <em>Saint Thomas Ap\u00f4tre<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/49\/55\/72\/20170118\/ob_793b5e_53d26d0e76a5cc9b66c86da1b6eeff5b.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Rapha\u00ebl, <em>Saint L\u00e9on le Grand, avec Saints Pierre et Paul, arr\u00eate les Huns<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u201cL&rsquo;obligation d&rsquo;accueillir\u201d l&rsquo;\u00e9tranger \u00e0 n&rsquo;importe quel prix m\u00eame contre le bien commun. Voil\u00e0 le nouveau dogme, non r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par Dieu, mais propag\u00e9 presque sans distinction par tous les centrales du pouvoir ma\u00e7onnique. Il est \u00e9vident qu&rsquo;un c\u0153ur chr\u00e9tien, s&rsquo;il le peut, pr\u00eate secours \u00e0 celui qui se trouve en grave difficult\u00e9, mais la \u201creligion de l&rsquo;homme\u201d &#8211; qui semble d\u00e9sormais avoir conquis la presque totalit\u00e9 des bastions catholiques &#8211; impose celui de l&rsquo;<em>accueil<\/em> comme un \u201cimp\u00e9ratif cat\u00e9gorique\u201d auquel on ne peut qu\u2019\u201cob\u00e9ir\u201d. Il n&rsquo;est presque pas licite de r\u00e9fl\u00e9chir aux circonstances et \u00e0 l&rsquo;opportunit\u00e9 de certaines actions pr\u00e9sent\u00e9es officiellement comme charitables, et cela sous peine d\u2019\u201cexcommunication m\u00e9diatique\u201d<em>. Nolite cogitare.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9sarroi en plus est aliment\u00e9 par les d\u00e9clarations de certaines autorit\u00e9s eccl\u00e9siastiques qui souvent propagent la confusion, en pr\u00eachant comme doctrine catholique des concepts qui semblent plut\u00f4t l\u2019aboutissement du pire mondialisme que la doctrine de J\u00e9sus-Christ.<\/p>\n\n\n\n<p>Le genre de l\u2019immigration actuelle soul\u00e8ve certes plusieurs questions qui portent sur diff\u00e9rents sujets, \u00e0 commencer par un discernement s\u00e9rieux concernant la nature de ces flux jusqu\u2019au devoir d\u2019aide envers nos fr\u00e8res, <em>in primis<\/em> les chr\u00e9tiens d\u2019Orient. La question de la n\u00e9cessit\u00e9 pour certaines r\u00e9alit\u00e9s pr\u00e9cises, d\u2019un possible soutien <em>in loco<\/em>, m\u00eame militaire, se pose ainsi que celle de l\u2019\u00e9valuation s\u00e9rieuse de la pr\u00e9sence parmi les immigr\u00e9s de plusieurs loups d\u00e9guis\u00e9s en agneaux.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019importance fondamentale de la notion de \u201csouverainet\u00e9\u201d face \u00e0 ce qui semble \u00eatre une vraie et propre \u201cimmigration de substitution\u201d ne doit pas non plus \u00eatre oubli\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces interrogations suscitent plusieurs perspectives d\u2019analyse. On peut traiter la question sous l\u2019angle de l\u2019invasion masqu\u00e9e (plus ou moins islamiste et plus ou moins violente). Cette perspective impose une analyse sur la lic\u00e9it\u00e9 du recours \u00e0 la force pour repousser la violence et implique m\u00eame la question de la guerre juste. Une autre perspective conduit \u00e0 consid\u00e9rer que la question ne doit \u00eatre envisag\u00e9e que sous l\u2019angle de ce qu\u2019on appelle aujourd\u2019hui avec emphase \u201caccueil\u201d et que l&rsquo;on voudrait \u00eatre une \u00e9manation de la charit\u00e9 chr\u00e9tienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous concentrerons l&rsquo;attention de cet article sur ce dernier point, sans exclure de traiter du juste recours \u00e0 la force dans une prochaine intervention. En effet, il para\u00eet urgent de faire d&rsquo;abord la clart\u00e9 sur un point parmi les plus expos\u00e9s \u00e0 la contrefa\u00e7on : l&rsquo;exercice (ordonn\u00e9) de la charit\u00e9 chr\u00e9tienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une br\u00e8ve suggestion de bon sens aux gouvernants, tir\u00e9e de la r\u00e9flexion scholastique, nous parcourrons rapidement certaines indications sur l&rsquo;exercice de la charit\u00e9 ordonn\u00e9e donn\u00e9es par Saint Thomas d&rsquo;Aquin dans la <em>Summa Theologiae,<\/em> particuli\u00e8rement dans la question 26 de la <em>Secunda Secundae<\/em>, pour chercher \u00e0 en tirer quelques conclusions, m\u00eame d&rsquo;ordre pratique. Quel est en effet l&rsquo;exercice de la vraie charit\u00e9 en mati\u00e8re d\u2019immigration ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La pr\u00e9sence d&rsquo;\u00e9trangers dans la patrie, une simple r\u00e9flexion \u00e0 la suite d&rsquo;Aristote<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avant d&rsquo;entrer dans le domaine de la vertu surnaturelle et particuli\u00e8rement de la charit\u00e9 ordonn\u00e9e il est utile de rappeler un bref passage du <em>De Regno<\/em>, qui a le m\u00e9rite d&rsquo;\u00e9claircir en peu de lignes la probl\u00e9matique au point de vue naturel. Au XIII\u00e8me si\u00e8cle, la question des \u00e9trangers, quoique non diff\u00e9rente dans la substance, se posait sous une autre forme et Saint Thomas dans l&rsquo;opuscule cit\u00e9, en conseillant les gouvernants, donne des indications au Roi sur la fa\u00e7on de se comporter par rapport \u00e0 la \u201cpr\u00e9sence d&rsquo;\u00e9trangers\u201d, personnifi\u00e9s principalement \u00e0 l\u2019\u00e9poque par les commer\u00e7ants. La question de fond \u00e9tant de savoir si la multitude d&rsquo;\u00e9trangers est un bien ou un mal pour la C<em>ivitas<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_edn1\"><strong>[i]<\/strong><\/a><\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ponse de l&rsquo;auteur se fonde, en suivant Aristote, sur la n\u00e9cessaire unit\u00e9 du corps social, \u00e0 l\u2019imitation du corps physique. On d\u00e9conseille donc vivement aux gouvernants de favoriser une pr\u00e9sence de marchands \u00e9trangers dans la ville pour un motif tr\u00e8s simple : leurs usages diff\u00e9rents, quoique l\u00e9gitimes dans leur patrie, d\u00e9stabilisent la soci\u00e9t\u00e9. Ils compromettent l&rsquo;unit\u00e9 de la <em>Civitas<\/em>, qui fonde sa propre unit\u00e9 et son propre bien-\u00eatre spirituel et temporel sur un patrimoine commun. Les \u00e9trangers ne partagent pas cet ensemble de traditions \u201cidentitaires\u201d qui sont le ciment de l&rsquo;\u00e9tat et qui contribuent \u00e0 donner une direction claire et partag\u00e9e par tous vers le bien commun que tous recherchent. Le citoyen de longue tradition partage avec ses concitoyens ce mode particulier de conna\u00eetre et d&rsquo;aimer sa propre <em>Civitas<\/em>, et cela s&rsquo;accomplit non pas d&rsquo;une fa\u00e7on artificielle, par des \u201cprojets d&rsquo;int\u00e9gration\u201d autant c\u00e9r\u00e9braux qu\u2019utopiques, mais d&rsquo;une fa\u00e7on tellement naturelle que ce patrimoine commun ne n\u00e9cessite aucune explication, tant il est enracin\u00e9 dans les c\u0153urs.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela ne signifie pas que pour des raisons par exemple commerciales un \u00e9tranger ne puisse pas traverser la ville ou m\u00eame y demeurer longtemps, jusqu&rsquo;\u00e0 en devenir un membre vital. Et m\u00eame, sa pr\u00e9sence peut dans une certaine mesure constituer un bien objectif et appr\u00e9ciable pour la <em>Civitas<\/em>, que l&rsquo;on pense aux Ma\u00eetres de C\u00f4me du Moyen-Age qui coupaient si bien la pierre qu&rsquo;ils ont rempli l\u2019Italie de chefs d\u2019\u0153uvre, en formant partout o\u00f9 ils allaient des petites communaut\u00e9s lombardes, qui par la suite se sont amalgam\u00e9es au tissu pr\u00e9existant. Mais le nombre doit \u00eatre contenu, parce que le bien de la soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re est sup\u00e9rieur au bien d&rsquo;un seul ou d&rsquo;un groupe de citoyens ou d&rsquo;un seul ou plusieurs \u00e9trangers.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, le vrai bien de chacun s&rsquo;articule avec le vrai bien commun et jamais il ne peut \u00eatre en opposition avec ce dernier. En suivant l&rsquo;analogie entre le bien du corps humain et le bien du corps social, il est clair que le maintien en sant\u00e9 de la personne enti\u00e8re est sup\u00e9rieur au bien d&rsquo;un seul membre. Dans certains cas il peut donc \u00eatre n\u00e9cessaire d\u2019amputer, \u00e0 plus forte raison dans le cas d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment \u00e9tranger qui n&rsquo;est pas encore organiquement uni \u00e0 la personne. En effet, l&rsquo;\u00e9tranger n&rsquo;est pas encore membre du corps social, et ne le devient que suite \u00e0 un long processus n\u00e9cessitant entre autres l&rsquo;acceptation des conditions pos\u00e9es par la <em>Civitas<\/em> qui choisit de l&rsquo;accueillir ou pas. Donc son bien est toujours soumis et doit toujours s&rsquo;articuler au bien de toute la ville. Sinon, tout comme il est licite de couper du corps social l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment nuisible, \u00e0 plus forte raison est licite le refus d&rsquo;un corps \u00e9tranger qui alt\u00e9rerait la paix et l\u2019ordre social.<\/p>\n\n\n\n<p>Du point de vue du bien commun naturel, la n\u00e9cessit\u00e9 de se pr\u00e9munir contre l&rsquo;arriv\u00e9e excessive d&rsquo;\u00e9trangers est un devoir du Prince et cela en raison de la nature m\u00eame de l\u2019homme. A cette consid\u00e9ration il faut ajouter que <em>ratione peccati<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire en consid\u00e9rant la nature humaine en tant que bless\u00e9e par le p\u00e9ch\u00e9 originel, une telle n\u00e9cessit\u00e9 se fait encore plus pressante. Et cela &#8211; m\u00eame en voulant rester au point de vue strictement naturel &#8211; est particuli\u00e8rement important lorsqu&rsquo;on parle d&rsquo;immigration d&rsquo;\u00e9trangers de religion musulmane, compte tenu du caract\u00e8re violemment agressif du Coran qui en est le fondement.<\/p>\n\n\n\n<p>En mettant de c\u00f4t\u00e9 les d\u00e9lires des id\u00e9ologues multiethniques et multiraciaux et de ceux qui les suivent, on reconna\u00eet g\u00e9n\u00e9ralement un certain fondement \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. Cependant, dans le milieu catholique surgit souvent l&rsquo;objection &#8211; non d\u00e9pourvue d&rsquo;une bonne dose d&rsquo;hypocrisie &#8211; que si un tel discours peut para\u00eetre raisonnable \u00e0 l&rsquo;intelligence dans l&rsquo;ordre naturel, il n&rsquo;est cependant pas admissible apr\u00e8s l\u2019av\u00e8nement de la charit\u00e9 chr\u00e9tienne, laquelle accepte tout, pardonne tout et\u2026accueille tout.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais dans la charit\u00e9 aussi (et surtout) il y a un ordre \u00e9tabli par Dieu, Cr\u00e9ateur et L\u00e9gislateur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Saint Thomas d&rsquo;Aquin en parlant de la charit\u00e9 souligne qu&rsquo;il est absolument n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00e9valuer quel est l&rsquo;ordre dans la charit\u00e9<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_edn2\">[ii]<\/a>. Dois-je aimer plus Dieu ou le prochain ? Dois-je aimer plus le prochain ou mon corps ? Dois-je aimer un proche plus qu&rsquo;un autre ou tous de mani\u00e8re identique ? Dois-je aimer celui qui m&rsquo;est plus proche (\u201cprochain\u201d veut dire proche\u2026) ou dois-je aimer aussi les plus lointains d&rsquo;une mani\u00e8re \u00e9gale et identique ? Dois-je aimer davantage la paix (religieuse aussi) dans ma patrie ou dois-je accueillir n&rsquo;importe quel \u00e9tranger qui la menace au nom de la charit\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 o\u00f9 il y a une multiplicit\u00e9, comme dans ce cas il y a une multiplicit\u00e9 d&rsquo;objets \u00e0 aimer, il faut un ordre et un ordre se fait par rapport \u00e0 un principe. Par exemple, un ensemble de fruits peut \u00eatre ordonn\u00e9 selon diff\u00e9rents principes, selon la couleur, selon le poids, selon le parfum ; pour faire de l&rsquo;ordre et savoir ce qu&rsquo;il faut mettre avant et mettre apr\u00e8s il faut un principe. Mais quel est dans la charit\u00e9 ce \u201cpoint ferme\u201d qui nous permet de mettre de l\u2019ordre ? \u00ab<em> L&rsquo;amour de la charit\u00e9 tend vers Dieu en tant qu&rsquo;il est source de b\u00e9atitude[&#8230;]. Et donc il est n\u00e9cessaire que dans les choses qui sont aim\u00e9es par la charit\u00e9 on s&rsquo;en tienne \u00e0 un certain ordre, en relation au principe premier d&rsquo;un tel amour, qui est Dieu <\/em>\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_edn3\">[iii]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La charit\u00e9 et son exercice s&rsquo;ordonnent donc seulement par rapport \u00e0 Dieu et non pas par rapport aux principes d\u2019un anthropocentrisme mielleux.<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement aujourd&rsquo;hui, une pens\u00e9e non catholique a avanc\u00e9 partout, au point que pour l&rsquo;homme moderne &#8211; qui marche au pas avec l&rsquo;eccl\u00e9siastique moderniste &#8211; il faut aimer le prochain sans \u00e9tablir un ordre quelconque et cela parfois m\u00eame&#8230;contre Dieu ou plus que Dieu. Ou sinon, lorsque le panth\u00e9isme a atteint des niveaux pathologiques, on arrive presque \u00e0 l&rsquo;affirmation explicite qui identifie le prochain avec Dieu presque m\u00e9taphysiquement. A partir de l\u00e0, aucun raisonnement &#8211; et aucun ordre dans la charit\u00e9 &#8211; n&rsquo;est plus possible. Des phrases fr\u00e9quentes comme par exemple \u00ab le pauvre est Dieu \u00bb, quoique prononc\u00e9es avec une intention rh\u00e9torique, alimentent &#8211; de fa\u00e7on non intentionnelle on voudrait l&rsquo;esp\u00e9rer &#8211; une telle confusion. Car s&rsquo;il est vrai que dans le visage du pauvre je dois voir l&#8217;empreinte de Dieu Cr\u00e9ateur et l&rsquo;action de Dieu R\u00e9dempteur, il est aussi vrai qu&rsquo;une cr\u00e9ature ne pourra jamais s&rsquo;identifier avec le Cr\u00e9ateur et l&rsquo;amour qu&rsquo;il faut porter \u00e0 n&rsquo;importe quelle cr\u00e9ature ne sera jamais aussi inconditionn\u00e9 que l&rsquo;amour qu&rsquo;il faut porter \u00e0 Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;objet de l&rsquo;acte de charit\u00e9 regarde donc principalement Dieu, secondairement les cr\u00e9atures, dans la mesure selon laquelle elles se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 Dieu. Cet ordre de la charit\u00e9 que nous recherchons donc &#8211; dit l&rsquo;Ang\u00e9lique<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_edn4\">[iv]<\/a> &#8211; se trouve dans les choses elles-m\u00eames, dans leur \u00eatre par rapport \u00e0 Dieu. C&rsquo;est un ordre objectif. Le prochain ne doit pas \u00eatre aim\u00e9 inconditionnellement comme s&rsquo;il \u00e9tait Dieu, la bont\u00e9 du prochain n&rsquo;est pas absolue, mais elle est \u00ab <em>participative<\/em> \u00bb, elle <em>participe<\/em> de la bont\u00e9 divine et d&rsquo;une fa\u00e7on diff\u00e9rente selon les cas. Il peut donc y avoir un \u201cplus\u201d et un \u201cmoins\u201d dans l&rsquo;\u00e9chelle, parce que la mesure est donn\u00e9e par la majeure ou mineure proximit\u00e9 \u00e0 Dieu de la chose \u00e0 aimer.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a en effet un prochain \u00e0 ha\u00efr par amour de Dieu, dit Notre Seigneur. \u00ab <em>Si quelqu&rsquo;un vient \u00e0 moi et ne hait pas son p\u00e8re et sa m\u00e8re et sa femme et ses enfants et ses fr\u00e8res et ses s\u0153urs et aussi sa propre vie il ne peut pas \u00eatre mon disciple <\/em>\u00bb (Lc 14, 26). De telles paroles ne sont pas dures si on a compris l&rsquo;ordre dans la charit\u00e9. Saint Thomas dit \u00ab<em> L&rsquo;amiti\u00e9 de la charit\u00e9 se fonde sur la communication de la b\u00e9atitude qui consiste essentiellement en Dieu comme dans son premier principe, d&rsquo;o\u00f9 elle d\u00e9coule sur tous les \u00eatres qui sont capables de b\u00e9atitude <\/em>\u00bb et il continue \u00ab<em> donc c\u2019est Dieu qu&rsquo;il faut aimer principalement et par-dessus tout en charit\u00e9 <\/em>[\u2026]<em> le prochain en tant qu&rsquo;il participe avec nous de cette b\u00e9atitude qui vient de Lui <\/em>\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_edn5\"><em><strong>[v]<\/strong><\/em><\/a>. Donc lorsque J\u00e9sus-Christ nous dit \u00ab <em>Si quelqu&rsquo;un ne hait pas son p\u00e8re et sa m\u00e8re&#8230;<\/em> \u00bb il est en train de nous expliquer que celui qui aime le prochain dans un ordre qui n&rsquo;est pas celui voulu par Dieu n&rsquo;est pas son disciple et qu&rsquo;il sera aussi n\u00e9cessaire de \u201cha\u00efr\u201d son propre fr\u00e8re dans la mesure o\u00f9 celui-ci \u00e9loigne Dieu de nous, de lui-m\u00eame et des autres. Si une personne m\u2019emp\u00eache d&rsquo;aimer Dieu ou emp\u00eache la diffusion de l&rsquo;amour de Dieu sur la soci\u00e9t\u00e9, je dois ha\u00efr cet aspect chez l&rsquo;autre. Cet aspect est \u00e0 combattre chez lui, doit au moins \u00eatre mis en mesure de ne pas nuire au bien voulu par Dieu, tout en continuant par exemple \u00e0 prier et \u00e0 agir pour la conversion de ce fr\u00e8re. Ce fr\u00e8re est \u201cha\u00ef\u201d dans la mesure o\u00f9 il est lointain et nous \u00e9loigne de Dieu, mais est aim\u00e9 dans la mesure o\u00f9 rien n&rsquo;est perdu et o\u00f9 il peut encore s&rsquo;approcher de Dieu, comme dirait Saint Thomas \u00ab en tant qu&rsquo;il est encore capable de b\u00e9atitude \u00bb. Et cette \u00ab capacit\u00e9 de b\u00e9atitude \u00bb fait loi dans l&rsquo;ordre selon la charit\u00e9 qui se fonde sur la mineure ou majeure participation \u00e0 l&rsquo;amour de Dieu. L&rsquo;ordre n&rsquo;est pas sentimentalo-passionnel, selon qui je croise &#8211; ou pire selon ce que la t\u00e9l\u00e9vision veut nous faire voir sur l&rsquo;\u00e9cran &#8211; mais il est objectif. Saint Thomas dit \u00ab <em>il ne faut pas aimer davantage celui qui est plus facile \u00e0 voir, mais celui qui se pr\u00e9sente \u00e0 nous comme \u00e0 aimer<\/em> \u00bb <a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_edn6\">[vi]<\/a>. C&rsquo;est-\u00e0-dire que, en suivant Saint Thomas, de la m\u00eame fa\u00e7on que je dois aimer davantage Dieu, m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;est pas visible, plut\u00f4t qu&rsquo;une personne que je croise dans la rue et qui est tr\u00e8s lointaine de Dieu, ainsi je dois aimer davantage une personne par rapport \u00e0 une autre parce que je sais qu&rsquo;elle est plus proche de Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque nous \u00e9coutons &#8211; et d&rsquo;ailleurs avec une fr\u00e9quence excessive &#8211; sur la bouche d&rsquo;\u00e9minents eccl\u00e9siastiques, des phrases comme celle-ci : \u00ab Est ce que j&rsquo;aime vraiment mon prochain, est ce que j&rsquo;aime vraiment l&rsquo;immigr\u00e9, m\u00eame s&rsquo;il est musulman ? \u00bb La r\u00e9ponse du chr\u00e9tien qui a la vraie charit\u00e9 et qui conna\u00eet la doctrine est : \u00ab Oui, mais je l&rsquo;aime par amour de Dieu et donc selon l&rsquo;ordre voulu par Dieu \u00bb. Ce qui signifie que j&rsquo;ordonne mon exercice de la charit\u00e9 envers lui selon l&rsquo;amour de Dieu. Et je dois aller jusqu&rsquo;au point de vouloir pour lui tout le bien possible, jusqu&rsquo;au bien supr\u00eame de sa conversion \u00e0 la vraie foi, pour qu&rsquo;il ne br\u00fble pas \u00e9ternellement en enfer et pour qu&rsquo;il participe en acte (et non pas seulement en puissance) de cette b\u00e9atitude qui est &#8211; comme on l&rsquo;a vu plus haut &#8211; le fondement de l&rsquo;ordre de la charit\u00e9. En effet, dans le v\u00e9ritable ordre de la charit\u00e9 je n&rsquo;aime pas mon prochain seulement parce qu&rsquo;il est mon semblable ou parce que j&rsquo;ai une sympathie pour les gens de couleur plut\u00f4t que pour les blancs, mais ce qui rend le prochain digne d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9 plus qu&rsquo;un autre est sa similitude avec Dieu<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_edn7\">[vii]<\/a>. En charit\u00e9, je peux &#8211; et je dois &#8211; aimer davantage un riche authentiquement vertueux plut\u00f4t qu&rsquo;un pauvre plein de malice, ainsi que m&rsquo;est davantage \u201cprochain\u201d un baptis\u00e9 ais\u00e9 plut\u00f4t qu&rsquo;un immigr\u00e9 musulman pauvre. Il y a un ordre objectif \u00e0 observer dans l&rsquo;amour surnaturel qui cependant n&rsquo;exclut pas, suivant les circonstances et s&rsquo;il s&rsquo;agit du bien objectif, la possibilit\u00e9 d&rsquo;aider mat\u00e9riellement m\u00eame ce pauvre-l\u00e0 quoique \u00e9loign\u00e9 de Dieu. <em>Donne \u00e0 manger aux affam\u00e9s, donne \u00e0 boire aux assoiff\u00e9s<\/em>, certes, mais selon un crit\u00e8re objectif, et non pas m\u00e9diatico-\u00e9motionnel et dict\u00e9 par les centrales du mondialisme ma\u00e7onnique qui cr\u00e9ent d&rsquo;abord la mis\u00e8re des peuples et ensuite la font \u201csoulager\u201d aux autres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;accueil sans discrimination ne t\u00e9moigne pas l&rsquo;amour de Dieu, mais l&rsquo;amour d\u00e9sordonn\u00e9 pour certaines r\u00e9alit\u00e9s terrestres<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous ajoutons que le d\u00e9sordre dans l&rsquo;accueil des peuples, dans l&rsquo;encouragement \u00e0 leurs d\u00e9placements d\u00e9sordonn\u00e9s, dans l&rsquo;alt\u00e9ration de la vie pacifique de certaines nations, dont certaines de tradition chr\u00e9tienne, n&rsquo;est pas un signe de charit\u00e9. Au contraire, c&rsquo;est peut-\u00eatre justement un des signes que l&rsquo;on ne marche pas dans l&rsquo;amour de Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Saint Thomas explique que l&rsquo;amour naturel se fonde sur la communication des biens naturels, et par un tel amour non seulement on aime Dieu plus que soi-m\u00eame, mais on aime chaque cr\u00e9ature selon ce qu&rsquo;elle est, selon la place que Dieu lui a assign\u00e9e. Un tel amour parvient \u00e0 chaque cr\u00e9ature, jusqu&rsquo;aux pierres elles-m\u00eames, parce que c&rsquo;est un amour qui aime l&rsquo;ensemble de la Cr\u00e9ation selon l&rsquo;ordre voulu par Dieu, et un tel amour privil\u00e9gie le bien de l&rsquo;ensemble \u00e0 son propre bien particulier. Et cela vaut encore plus dans l&rsquo;amour de charit\u00e9, selon lequel l&rsquo;homme doit aimer davantage Dieu, qui est le bien commun de toute chose, plut\u00f4t que lui-m\u00eame<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_edn8\">[viii]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En suivant donc le raisonnement de l&rsquo;Aquinate on aime chaque cr\u00e9ature &#8211; jusqu&rsquo;aux pierres &#8211; dans l&rsquo;ordre voulu par Dieu et donc on aime les peuples sur leurs terres et avec leurs caract\u00e9ristiques et leurs bonnes traditions, dans l&rsquo;ordre que Dieu a donn\u00e9 en les distinguant. Si on a compris le discours, pour qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un vrai amour, la partie doit aimer d&rsquo;abord le tout dans la disposition des parties et donc chercher son propre bien dans la mesure o\u00f9 un tel bien s&rsquo;int\u00e8gre dans le tout, dans la mesure o\u00f9 le bien de la partie concourt au bien du tout. C&rsquo;est la partie qui doit se \u201cconformer\u201d au bien commun lorsqu&rsquo;elle d\u00e9termine son propre bien et ce n&rsquo;est pas le bien commun qui doit \u00eatre \u201cremodel\u00e9\u201d en fonction de la partie<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_edn9\">[ix]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple, en ce qui concerne notre sujet, l&rsquo;immigr\u00e9 qui arrive et demande accueil ne peut pas \u00eatre vu seulement dans un rapport de bien du sujet particulier dans le besoin, ou dans une vision personnaliste de la relation entre moi qui accueille et lui qui me demande hospitalit\u00e9. Mais l\u2019opportunit\u00e9 de l&rsquo; \u201caccueil\u201d est \u00e0 \u00e9valuer selon une vision de bien commun et surtout de bien commun surnaturel. Les questions de foi sont donc fondamentales parce que &#8211; s&rsquo;il s&rsquo;agit de vraie charit\u00e9 &#8211; le premier bien \u00e0 \u00e9valuer sera celui de la foi, du bien commun de la foi d&rsquo;un peuple et du monde entier. Donc l&rsquo;appartenance \u00e0 une religion sera un crit\u00e8re important \u00e0 \u00e9valuer dans la perspective de la \u201ccharit\u00e9 de l&rsquo;accueil\u201d. Justement parce que le bien commun surnaturel, que la (vraie) charit\u00e9 a le devoir de sauvegarder, est en jeu.<\/p>\n\n\n\n<p>Non seulement donc la prudence naturelle et surnaturelle doit pousser les gouvernants \u00e0 limiter l&rsquo;acc\u00e8s de celui qui attaque ou affaiblit le bien de la foi, mais dans une vraie perspective de bien commun surnaturel il pourrait \u00eatre aussi n\u00e9cessaire, dans certaines circonstances, de refuser compl\u00e8tement l&rsquo;acc\u00e8s de certains \u00e9trangers. On pourrait m\u00eame ajouter qu&rsquo;il faudrait \u00e9valuer attentivement l&rsquo;opportunit\u00e9 d&rsquo;accueillir des hommes chr\u00e9tiens en bonne sant\u00e9 qui fuient, surtout s&rsquo;ils sont en train de fuir une guerre, alors qu&rsquo;ils auraient au contraire le devoir de combattre pour le bien commun de leur patrie ou de la foi. Si c&rsquo;est le bien commun de la foi et de la charit\u00e9 que nous cherchons &#8211; tout en pouvant accueillir temporairement des femmes et des enfants &#8211; nous devrions aussi, dans certains cas, stimuler les hommes chr\u00e9tiens en bonne sant\u00e9 et aptes aux armes \u00e0 rester dans les terres chr\u00e9tiennes pour les d\u00e9fendre et pour \u00e9viter le r\u00e9tr\u00e9cissement des confins de la Chr\u00e9tient\u00e9 (ou de ce qu&rsquo;il en reste). C&rsquo;est cela aussi la charit\u00e9, et de courageux \u00c9v\u00eaques syriens l&rsquo;ont affirm\u00e9 r\u00e9cemment \u00e0 haute voix.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux musulmans, m\u00eame en voulant admettre sans le conc\u00e9der, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une immigration de n\u00e9cessit\u00e9, et non pas un processus ma\u00e7onnique de substitution des peuples, il est plus que licite de freiner les arriv\u00e9es, parce qu&rsquo;en tant que disciples du Coran il est raisonnable de pr\u00e9sumer qu&rsquo;ils en veulent l&rsquo;application, sous peine de ne plus \u00eatre musulmans. Il est impossible de ne pas comprendre comment leur arriv\u00e9e massive pourrait ne pas nuire gravement au bien surnaturel de la foi et de l\u2019\u00c9glise elle-m\u00eame, \u00e0 plus forte raison si on renonce &#8211; par absence de charit\u00e9 &#8211; m\u00eame \u00e0 essayer de les convertir \u00e0 la vraie foi. On ne comprend pas non plus comment un pr\u00e9lat catholique &#8211; qui devrait bien savoir ce qu&rsquo;est la charit\u00e9 &#8211; pourrait pr\u00eacher l&rsquo;accueil des migrants \u00e0 tout prix tout en se refusant \u00e0 faire une quelconque distinction, presque comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un dogme r\u00e9v\u00e9l\u00e9. Et cela est encore plus incompr\u00e9hensible car il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019avoir la foi et la charit\u00e9 pour saisir combien l\u2019immigration islamique est dangereuse. Le Cardinal Biffi, s&rsquo;adressant aux gouvernants la\u00efcs disait \u00e0 ce propos : \u00ab <em>Cela ne revient pas aux hommes d\u2019\u00c9glise, mais plut\u00f4t aux \u00e9tats occidentaux modernes de bien regarder le pour et le contre \u00e0 ce sujet <\/em>\u00bb<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_edn10\">[x]<\/a>. Il en r\u00e9sulte qu\u2019un homme d\u2019\u00c9glise a donc \u00e0 double titre le devoir d&rsquo;inciter les gouvernants \u00e0 limiter l&rsquo;immigration islamique : en raison de la loi naturelle et en raison de la vraie charit\u00e9 du Christ.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Don Stefano Carusi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_ednref1\">[i]<\/a> Saint Thomas d\u2019Aquin, <em>De Regno<\/em>, lib. 2, cap. 3: \u201c<em>Nam civitas quae ad sui sustentationem mercationum multitudine indiget, necesse est ut continuum extraneorum convictum patiatur. Extraneorum autem conversatio corrumpit plurimum civium mores, secundum Aristotelis doctrinam in sua politica, quia necesse est evenire ut homines extranei aliis legibus et consuetudinibus enutriti, in multis aliter agant quam sint civium mores, et sic, dum cives exemplo ad agenda similia provocantur, civilis conversatio perturbatur. Rursus: si cives ipsi mercationibus fuerint dediti, pandetur pluribus vitiis aditus<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_ednref2\">[ii]<\/a> S. Thomas d\u2019Aquin, <em>S. Th.<\/em>, IIa IIae, q. 26, pr. \u201c<em>Deinde considerandum est de ordine caritatis. Et circa hoc quaeruntur tredecim<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_ednref3\">[iii]<\/a><em> Ibidem<\/em>, a. 1, c. : \u201c<em>Respondeo dicendum quod, sicut philosophus dicit, in V Metaphys., prius et posterius dicitur secundum relationem ad aliquod principium. Ordo autem includit in se aliquem modum prioris et posterioris. Unde oportet quod ubicumque est aliquod principium, sit etiam aliquis ordo. Dictum autem est supra quod dilectio caritatis tendit in Deum sicut in principium beatitudinis, in cuius communicatione amicitia caritatis fundatur. Et ideo oportet quod in his quae ex caritate diliguntur attendatur aliquis ordo, secundum relationem ad primum principium huius dilectionis, quod est Deus<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_ednref4\">[iv]<\/a> S. Thomas d\u2019Aquin, <em>S. Th.<\/em>, q. 26, a. 1, ad 2. Cfr. anche q. 26, a. 2, ad 3: \u201c<em>Sed tamen non aequaliter habet proximus bonitatem Dei sicut habet ipsam Deus, nam Deus habet ipsam essentialiter, proximus autem participative<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_ednref5\">[v]<\/a><em> Ibidem<\/em>, q. 26, a. 2, c: \u201c<em>Amicitia autem caritatis fundatur super communicatione beatitudinis, quae consistit essentialiter in Deo sicut in primo principio, a quo derivatur in omnes qui sunt beatitudinis capaces. <\/em><em>Et ideo principaliter et maxime Deus est ex caritate diligendus, ipse enim diligitur sicut beatitudinis causa; proximus autem sicut beatitudinem simul nobiscum ab eo participans<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_ednref6\">[vi]<\/a><em> Ibidem<\/em>, q. 26, a. 2, ad 1: \u201c<em>non ergo oportet quod illud quod est magis visibile sit magis diligibile, sed quod prius occurrat nobis ad diligendum<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_ednref7\">[vii]<\/a><em> Ibidem<\/em>, q. 26, a.2, ad 2 : \u201c<em>Ad secundum dicendum quod similitudo quam habemus ad Deum est prior et causa similitudinis quam habemus ad proximum, ex hoc enim quod participamus a Deo id quod ab ipso etiam proximus habet similes proximo efficimur<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_ednref8\">[viii]<\/a><em> Ibidem<\/em>, q. 26, a.3, c. : \u201c<em>Unde multo magis hoc verificatur in amicitia caritatis, quae fundatur super communicatione donorum gratiae. Et ideo ex caritate magis homo debet diligere Deum, qui est bonum commune omnium, quam seipsum, quia beatitudo est in Deo sicut in communi et fontali omnium principio qui beatitudinem partecipare possunt<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_ednref9\">[ix]<\/a><em> Ibidem<\/em>, q. 26, a.3, ad 2.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html#_ednref10\">[x]<\/a> G. Biffi, Intervento dell&rsquo;arcivescovo di Bologna al Seminario della Fondazione Migrantes, 30 septembre 2000 (<a href=\"http:\/\/chiesa.espresso.repubblica.it\/articolo\/7283\">http:\/\/chiesa.espresso.repubblica.it\/articolo\/7283<\/a>) : \u00ab<em>Non sono dunque gli uomini di Chiesa, ma gli stati occidentali moderni a dover far bene i loro conti a questo riguardo<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2 <a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html\">Est-il immoral d\u2019aider les \u00e9trangers plus que ses compatriotes?<\/a><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Saint Thomas d\u2019Aquin sur le devoir d\u2019aider ceux qui nous sont proches<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>30 avril 2017, <em>Sainte Catherine de Sienne<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/49\/55\/72\/20170526\/ob_0b3790_edmund-blair-leighton-the-charity3.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Sainte Elisabeth de Hongrie aide ses compatriotes<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019article publi\u00e9 ces derniers mois (<a href=\"http:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html\"><em>Immigration et ordre dans la charit\u00e9<\/em><\/a><a href=\"http:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/01\/immigration-et-ordre-dans-la-charite.html\"><em>, l<strong>\u2019\u201c<\/strong><strong>accueil\u201d d\u00e9sordonn\u00e9<\/strong><strong>des migrants est la n\u00e9gation de l&rsquo;amour de Dieu<\/strong><\/em><\/a>) nous avons abord\u00e9 la question de l\u2019ordre dans l&rsquo;exercice de la charit\u00e9, nous r\u00e9f\u00e9rant particuli\u00e8rement au probl\u00e8me de l\u2019immigration, y compris de l\u2019immigration islamique, surtout par rapport au bien commun de la soci\u00e9t\u00e9 naturelle et surnaturelle. Cet article, en \u00e9troite relation avec le pr\u00e9c\u00e8dent, dont il est un d\u00e9veloppement, veut offrir des commentaires des passages de Saint Thomas qui d\u00e9crivent l\u2019exercice de la charit\u00e9 surtout par rapport au probl\u00e8me de savoir s\u2019il est juste ou non de s\u2019occuper d\u2019abord de ses propres compatriotes plut\u00f4t que des \u00e9trangers. Y a-t-il mati\u00e8re \u00e0 p\u00e9cher et m\u00eame \u00e0 p\u00e9cher de mani\u00e8re grave lorsqu\u2019un \u00e9tranger est trait\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019un membre de notre famille, de notre nation ou m\u00eame qu\u2019un compagnon d\u2019armes ? Nous verrons la r\u00e9ponse de Saint Thomas d\u2019Aquin en restant dans le sillage de la question 26 de la <em>Secunda Secundae<\/em> de <em>la Summa Theologiae<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Saint Thomas aborde le probl\u00e8me par un argument tir\u00e9 de Saint Augustin et qui contient d\u00e9j\u00e0 <em>in nuce <\/em>la r\u00e9ponse qu\u2019il d\u00e9veloppera par la suite. En effet, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 il semblerait qu\u2019il faille aider tous les hommes de mani\u00e8re \u00e9gale, mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, il n\u2019est pas possible d\u2019aider tout le monde et il faut tenir compte du fait que nous sommes unis \u00e0 certains par des circonstances de temps et de lieu, ou pour d&rsquo;autres motifs, presque comme si \u201cle sort\u201d nous les avait confi\u00e9s, dit l\u2019Ev\u00eaque d\u2019Hippone<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftn1\">[1]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9 en effet, il est vrai que la raison d\u2019un tel amour envers les hommes \u00e9tant Dieu, elle a une \u00e9gale nature pour tous et il est aussi vrai que le bien que nous d\u00e9sirons pour chaque homme est le bien supr\u00eame de la vie \u00e9ternelle dont la nature est la m\u00eame pour tous. Mais il n\u2019en d\u00e9coule pas le devoir pour chacun d\u2019entre nous d\u2019aimer \u00e9galement tout le monde, parce que l\u2019exercice de la charit\u00e9 est \u00e0 ordonner aussi en relation \u00e0 la situation sp\u00e9cifique et concr\u00e8te de chacun. Nous devons donc avoir envers tous sans distinction, l\u2019amour que Saint Thomas appelle \u201camour de bienveillance\u201d, qui, litt\u00e9ralement veut dire vouloir le bien pour tous les hommes. Cependant ne pouvant pas <em>faire<\/em> du bien \u00e0 tous, nous devrons \u00eatre in\u00e9gaux dans l\u2019 \u201camour de bienfaisance\u201d (mot \u00e0 prendre dans le sens le plus large du terme <em>bene facere<\/em>)<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftn2\">[2]<\/a>. C\u2019est-\u00e0-dire que, sans exclure positivement personne de notre amour de <em>bienveillance<\/em>, selon lequel nous d\u00e9sirons pour chacun le bien supr\u00eame et \u00e9ternel, nous devons aimer de mani\u00e8re diff\u00e9renci\u00e9e le prochain quant \u00e0 la <em>bienfaisance<\/em>. Cet amour de bienfaisance aura une intensit\u00e9 diff\u00e9rente selon que le prochain sera plus ou moins li\u00e9 \u00e0 nous selon diverses circonstances.<\/p>\n\n\n\n<p>Saint Thomas dit donc avec clart\u00e9 que p\u00e8che bien plus gravement celui qui refuse son amour \u00e0 une personne qui lui est objectivement plus proche et qu\u2019il devrait aimer que celui qui refuse son amour \u00e0 une personne lointaine. Et pour appuyer et expliquer une telle assertion il cite les paroles du L\u00e9vitique : \u201c<em>quiconque maudira son p\u00e8re et sa m\u00e8re qu\u2019il soit mis \u00e0 mort<\/em>\u201d<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftn3\">[3]<\/a>. Peine de mort qui n\u2019est pas pr\u00e9vue pour celui qui maudit un autre que son p\u00e8re et sa m\u00e8re. Il est bien plus grave pour un fils d\u2019\u00e9prouver de la haine pour ses propres parents, que d\u2019\u00e9prouver de la haine pour une personne quelconque. Il s\u2019en suit \u00e9videmment que nous devons aimer d\u2019avantage certains de nos proches plut\u00f4t que d\u2019autres, en raison du lien objectif et in\u00e9gal qui nous unit \u00e0 eux, lien qui ne peut pas \u00eatre \u00e9tabli ni par notre choix ni par l\u2019\u00e9galitarisme \u00e0 la mode.<\/p>\n\n\n\n<p>Saint Thomas sp\u00e9cifie donc que, s\u2019il est vrai que par rapport \u00e0 la nature du bien surnaturel que nous voulons pour tous il n\u2019y a pas de diff\u00e9rence, pour tous en effet nous devons vouloir la b\u00e9atitude \u00e9ternelle, il est aussi vrai qu\u2019il y a une intensit\u00e9 diff\u00e9rente dans l\u2019amour de charit\u00e9 et dans la bienfaisance que nous devons prodiguer au prochain, cette diff\u00e9rente intensit\u00e9 nait de la plus ou moins grande proximit\u00e9 de la personne \u00e0 aimer. Saint Paul dit que si quelqu\u2019un ne prend pas soin des personnes de sa propre famille il est pire que l\u2019infid\u00e8le (1 Tim 5,8). La dilection interne de la charit\u00e9, avec ce qu\u2019elle comporte d&rsquo;ext\u00e9rieur, doit s\u2019exercer d\u2019abord envers celui qui nous est plus proche<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftn4\">[4]<\/a>. Chacun de nous doit \u201cproportionner\u201d l\u2019amour de charit\u00e9 \u00e0 ce qu\u2019il est, \u00e0 la situation dans laquelle la Providence l\u2019a mis, \u00e0 la famille dans laquelle Dieu l\u2019a fait na\u00eetre, \u00e0 la patrie dans laquelle il a grandi. D\u2019o\u00f9 le devoir primaire d\u2019aimer de charit\u00e9 plus intense ceux qui nous sont plus proches; si \u00e0 tous nous devons l\u2019amour de charit\u00e9 de mani\u00e8re indistincte, \u00e0 certains, en raison d\u2019un autre amour d\u2019amiti\u00e9 (au sens le plus large du terme) qui nous lie \u00e0 eux, nous devons un amour de charit\u00e9 plus grand<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftn5\">[5]<\/a>. Et c\u2019est ainsi que l\u2019ordre m\u00eame de la charit\u00e9 nous \u201ccommande\u201d d\u2019aimer davantage d\u2019abord nos consanguins, ensuite ceux auxquels nous sommes li\u00e9s pour d\u2019autres raisons et Saint Thomas cite, tout de suite apr\u00e8s les membres de la famille, les concitoyens<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftn6\">[6]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait dire que sur les proches, sur les membres de la famille, sur les concitoyens nous avons d\u2019une certaine fa\u00e7on un \u201cmandat divin d\u2019amour\u201d, presqu\u2019une responsabilit\u00e9 sur eux, qui nous vient de l\u2019ordre voulu par Dieu Cr\u00e9ateur, sur lequel l\u2019ordre surnaturel se greffe.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201c<em>Nous devons avoir une plus grande charit\u00e9 pour ceux qui nous sont unis par le sang, soit parce que l\u2019amour que nous leur portons est plus intense, soit parce que nous les aimons sous un plus grand nombre de rapports<\/em>\u201d<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftn7\">[7]<\/a>, Saint Thomas est en train de nous expliquer que selon le type de lien qui nous unit nous sommes tenus \u00e0 une dilection particuli\u00e8re et ordonn\u00e9e envers certains avant d\u2019autres. Par exemple, en ce qui regarde notre origine naturelle nous devons aimer principalement les consanguins, en ce qui regarde les relations sociales nous devons aimer principalement nos concitoyens et en ce qui regarde la guerre notre dilection doit aller d\u2019abord vers nos compagnons d\u2019armes<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftn8\">[8]<\/a>. Par exemple, dans la distribution des ressources famili\u00e8res, dit le Saint Docteur en commentant Saint Ambroise, un p\u00e8re est tenu de nourrir ses propres enfants naturels plut\u00f4t que d\u2019\u00e9ventuels fils spirituels<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftn9\">[9]<\/a>. C\u2019est l\u2019ordre des choses, que l\u2019ordre surnaturel ne va pas bouleverser mais perfectionner. De fa\u00e7on analogue donc on doit dire du devoir des citoyens et des gouvernants, lesquels <em>in primis<\/em> doivent s\u2019occuper des citoyens de leur propre <em>Civitas<\/em> avant de s\u2019occuper de ceux des autres villes. Et un tel amour de charit\u00e9 doit s\u2019adresser plus intens\u00e9ment aux concitoyens justement par rapport aux choses qui regardent la vie civile, dit Saint Thomas, c\u2019est-\u00e0-dire que le soutien d\u00e9rivant de l\u2019intervention publique, par exemple, doit respecter cette plus grande intensit\u00e9 qui comporte in\u00e9galit\u00e9 d\u2019amour et de traitement entre les compatriotes et les \u00e9trangers. Ainsi seulement l\u2019intervention civique pourra \u00eatre vraiment juste et surtout vraiment charitable.<\/p>\n\n\n\n<p>A la lumi\u00e8re de l\u2019enseignement de Saint Thomas d\u2019Aquin, affirmer que les \u00e9trangers doivent \u00eatre aim\u00e9s et aid\u00e9s de mani\u00e8re \u00e9gale par rapport aux concitoyens ne para\u00eet pas conforme \u00e0 la doctrine catholique sur la charit\u00e9. Elever \u00e0 la dignit\u00e9 de principe le devoir de traiter de mani\u00e8re \u00e9galitaire, tant dans le milieu familial que dans celui de la <em>Civitas<\/em>, ses propres enfants comme les enfants des autres, ses propres concitoyens comme les \u00e9trangers, les fils de l\u2019Eglise comme les infid\u00e8les musulmans, non seulement n\u2019est pas conforme au droit naturel mais apparait aussi en contradiction avec la Divine R\u00e9v\u00e9lation et la Tradition catholique qui nous enseignent la charit\u00e9 ordonn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Don Stefano Carusi<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>P.S.: <em>Saint Thomas offre une derni\u00e8re consid\u00e9ration dans la question 26 sur la charit\u00e9, cit\u00e9e plus haut, \u00e0 propos de la bienfaisance trop facile et du rapport entre bienfaiteur et b\u00e9n\u00e9ficiaire<\/em><em>:<\/em> \u201cnous aimons d\u2019avantage les choses que nous obtenons au prix d\u2019un effort, celles par contre qui nous arrivent facilement, d\u2019une certaine fa\u00e7on nous les m\u00e9prisons\u201d<a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftn10\">[10]<\/a>. <em>On pourrait en tirer un dernier avertissement indirect de l\u2019Aquinate en mati\u00e8re de charit\u00e9 ordonn\u00e9e: les aides excessives, compl\u00e8tement gratuites et de plus souvent souverainement injustes, parce que donn\u00e9s en enlevant ce qui est d\u00fb \u00e0 ses propres enfants ou \u00e0 ses propres concitoyens au b\u00e9n\u00e9fice de ceux qui sont loin ou des \u00e9trangers, parfois m\u00eame ouvertement hostiles \u00e0 la nation qui les accueille, peuvent engendrer aussi le m\u00e9pris de celui qui re\u00e7oit les b\u00e9n\u00e9fices et se retourner gravement contre les soci\u00e9t\u00e9s qui ont reni\u00e9 non seulement la justice, mais aussi l\u2019ordre qui nous est offert par la foi et la charit\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftnref1\">[1]<\/a> Saint Thomas d\u2019Aquin, <em>S. Th.<\/em>, IIa IIae, q. 26, a. 6, arg. 1: \u201c<em>Dicit enim Augustinus, in I de Doct. Christ., omnes homines aeque diligendi sunt. Sed cum omnibus prodesse non possis, his potissimum consulendum est qui pro locorum et temporum vel quarumlibet rerum opportunitatibus, constrictius tibi quasi quadam sorte iunguntur<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftnref2\">[2]<\/a> <em>Ibidem<\/em>, ad 1: \u201c<em>Ad primum ergo dicendum quod dilectio potest esse inaequalis dupliciter. Uno modo, ex parte eius boni quod amico optamus. Et quantum ad hoc, omnes homines aeque diligimus ex caritate, quia omnibus optamus bonum idem in genere, scilicet beatitudinem aeternam. Alio modo dicitur maior dilectio propter intensiorem actum dilectionis. Et sic non oportet omnes aeque diligere. Vel aliter dicendum quod dilectio inaequaliter potest ad aliquos haberi dupliciter. Uno modo, ex eo quod quidam diliguntur et alii non diliguntur. Et hanc inaequalitatem oportet servare in beneficentia, quia non possumus omnibus prodesse, sed in benevolentia dilectionis talis inaequalitas haberi non debet. <\/em><em>Alia vero est inaequalitas dilectionis ex hoc quod quidam plus aliis diliguntur. Augustinus ergo non intendit hanc excludere inaequalitatem, sed primam, ut patet ex his quae de beneficentia dicit<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftnref3\">[3]<\/a> <em>Ibidem<\/em>, s.c.: \u201c<em>Sed contra est quod tanto unusquisque magis debet diligi, quanto gravius peccat qui contra eius dilectionem operatur. <\/em><em>Sed gravius peccat qui agit contra dilectionem aliquorum proximorum quam qui agit contra dilectionem aliorum, unde Levit. XX praecipitur quod qui maledixerit patri aut matri, morte moriatur, quod non praecipitur de his qui alios homines maledicunt. Ergo quosdam proximorum magis debemus diligere quam alios<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftnref4\">[4]<\/a> <em>Ibidem<\/em>, a. 7, s.c.: \u201c<em>Sed contra est quod dicitur I ad Tim. V, si quis suorum, et maxime domesticorum curam non habet, fidem negavit et est infideli deterior. Sed interior caritatis affectio debet respondere exteriori effectui. Ergo caritas magis debet haberi ad propinquiores quam ad meliores<\/em>\u201d. <em>Ibidem<\/em>, <em>corpus<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftnref5\">[5]<\/a> <em>Ibidem<\/em>, <em>corpus<\/em>: \u201c<em>Sed intensio dilectionis est attendenda per comparationem ad ipsum hominem qui diligit. Et secundum hoc illos qui sunt sibi propinquiores intensiori affectu diligit homo ad illud bonum ad quod eos diligit, quam meliores ad maius bonum. Est etiam ibi et alia differentia attendenda. Nam aliqui proximi sunt propinqui nobis secundum naturalem originem, a qua discedere non possunt, quia secundum eam sunt id quod sunt<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftnref6\">[6]<\/a> <em>Ibidem<\/em>, <em>corpus<\/em>: \u201c<em>Et sic hoc ipsum quod est diligere aliquem quia consanguineus vel quia coniunctus est vel concivis, vel propter quodcumque huiusmodi aliud licitum ordinabile in finem caritatis, potest a caritate imperari. Et ita ex caritate eliciente cum imperante pluribus modis diligimus magis nobis coniunctos<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftnref7\">[7]<\/a> <em>Ibidem<\/em>, a. 8, <em>corpus<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftnref8\">[8]<\/a> <em>Ibidem<\/em>: \u201c<em>Sic igitur dicendum est quod amicitia consanguineorum fundatur in coniunctione naturalis originis; amicitia autem concivium in communicatione civili; et amicitia commilitantium in communicatione bellica. <\/em><em>Et ideo in his quae pertinent ad naturam plus debemus diligere consanguineos; in his autem quae pertinent ad civilem conversationem plus debemus diligere concives; et in bellicis plus commilitones<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftnref9\">[9]<\/a> <em>Ibidem<\/em>, ad 2.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/disputationes.over-blog.com\/2017\/05\/est-il-immoral-d-aider-les-etrangers-plus-que-ses-compatriotes.html#_ftnref10\">[10]<\/a> <em>Ibidem<\/em>, a. 12, <em>corpus<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Et que personne n\u2019invente de nouveaux p\u00e9ch\u00e9s 15 septembre 2024, Notre Dame de Sept Douleurs En r\u00e9ponse aux questions des lecteurs concernant les propos de Fran\u00e7ois qui consid\u00e8re que vouloir arr\u00eater l\u2019immigration serait un p\u00e9ch\u00e9 grave, nous proposons la lecture de deux contributions synth\u00e9tisant la doctrine de saint Thomas d\u2019Aquin sur le sujet. Au-del\u00e0 du &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/2024\/11\/08\/disputationes-theologicae-arreter-limmigration-incontrolee-la-vraie-doctrine-catholiquedisputationes-theologicae\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">[Disputationes theologicae] Arr\u00eater l\u2019immigration incontr\u00f4l\u00e9e: la vraie doctrine catholique[Disputationes theologicae]<\/span> Lire la suite\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-577","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-disputationes-theologicae"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/577","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=577"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/577\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":578,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/577\/revisions\/578"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=577"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=577"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=577"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}