{"id":580,"date":"2024-11-08T13:22:42","date_gmt":"2024-11-08T12:22:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/?p=580"},"modified":"2024-11-08T13:23:44","modified_gmt":"2024-11-08T12:23:44","slug":"res-novae-user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/2024\/11\/08\/res-novae-user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/","title":{"rendered":"[Res Novae] User d\u2019arguments justes pour d\u00e9fendre la messe traditionnelle"},"content":{"rendered":"\n<p>Par l&rsquo;abb\u00e9 Claude Barthe<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/\">Ceux qui se consacrent<\/a> \u00e0 la d\u00e9fense des choses traditionnelles (liturgie, cat\u00e9chisme, r\u00e9sistance \u00e0 des doctrines d\u00e9l\u00e9t\u00e8res) h\u00e9sitent souvent \u00e0 dire qu\u2019on se trouve pr\u00e9sentement en face d\u2019une situation eccl\u00e9siale atypique. Sp\u00e9cialement pour la liturgie. M\u00eame s\u2019ils affirment que ce n\u2019est pas pour des raisons de sensibilit\u00e9 mais de foi qu\u2019ils c\u00e9l\u00e8brent l\u2019ancienne, ils pensent qu\u2019ils peuvent efficacement d\u00e9fendre leur prise de position en face des tenants de la liturgie nouvelle comme un l\u00e9gitime libre choix. Il est vrai que des argumentations de ce type peuvent fonctionner assez bien aupr\u00e8s de l\u2019opinion catholique en g\u00e9n\u00e9ral, pour laquelle le lib\u00e9ralisme est devenu un horizon ind\u00e9passable\u00a0; mais qu\u2019il soit permis de profiter tactiquement de cet \u00e9tat d\u2019esprit ne veut pas dire qu\u2019on doive le justifier.<\/p>\n\n\n\n<p>Il leur arrive m\u00eame paradoxalement de gauchir la doctrine traditionnelle pour la d\u00e9fendre. Nous pensons \u00e0 la r\u00e9duction \u00e0 l\u2019extr\u00eame de la doctrine de l\u2019ob\u00e9issance due aux autorit\u00e9s eccl\u00e9siastiques et \u00e0 leurs enseignements. Puisqu\u2019en bien des points, actuellement, la soumission aux autorit\u00e9s est intenable en conscience, ils en viennent pratiquement \u00e0 affirmer que le libre examen \u00e9tait la doctrine commune de l\u2019\u00c9glise, chacun d\u00e9cidant de ce qui est catholique au nom de la \u00ab&nbsp;tradition&nbsp;\u00bb dont chacun est finalement le d\u00e9positaire. Ou bien encore ils proc\u00e8dent \u00e0 l\u2019\u00e9vidage de la doctrine de l\u2019infaillibilit\u00e9 romaine en assurant que le Premier Si\u00e8ge a fr\u00e9quemment \u00e9mis des doctrines h\u00e9t\u00e9rodoxes. Autrement dit l\u2019anormal de ce qui advient pr\u00e9sentement est report\u00e9 sur l\u2019\u00c9glise de toujours<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftn1\">[1]<\/a>. Et les antimodernes deviennent des modernes.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne voulons traiter ici que d\u2019arguments concernant la d\u00e9fense de la messe traditionnelle. Sp\u00e9cialement, nous voudrions en consid\u00e9rer deux souvent utilis\u00e9s pour justifier la libre option en faveur du missel traditionnel&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>L\u2019invocation de la bulle <em>Quo primum <\/em>de 1570, en ce qu\u2019elle porte que le missel qu\u2019elle promulgue pourra \u00eatre utilis\u00e9 \u00ab&nbsp;\u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/li>\n\n\n\n<li>Et la mise en avant du fait que l\u2019\u00c9glise a toujours reconnu la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019une diversit\u00e9 de rites.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Ils ont dans leur principe toute leur pertinence, mais \u00e0 condition d\u2019\u00e9viter d\u2019en user comme si les circonstances qui commandent leur emploi habituel \u00e9taient celles d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00ab&nbsp;<strong>Ce missel [le missel tridentin] pourra \u00eatre suivi [\u2026] \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9<\/strong><strong>&nbsp;\u00bb (bulle <em>Quo primum<\/em>)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Il faut replacer la prescription de saint Pie V dans son contexte. Ses deux bulles concernant le br\u00e9viaire et le missel prises en application des volont\u00e9s du Concile de Trente, visaient \u00e0 \u00e9tablir la pr\u00e9\u00e9minence des livres de la Curie romaine sur tous les usages particuliers du monde latin, lesquels pouvaient cependant subsister s\u2019ils pouvaient prouver une anciennet\u00e9 de 200 ans. \u00ab&nbsp;\u00c0 perp\u00e9tuit\u00e9&nbsp;\u00bb, tout clerc romain devait utiliser le missel et le br\u00e9viaire romain promulgu\u00e9 par le pape. Ou, s\u2019il se trouvait dans \u00c9glise locale au sein de laquelle, depuis deux cents ans au moins et de mani\u00e8re continue, un missel ou un br\u00e9viaire particuliers avait \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s, il pouvait cependant \u00ab&nbsp;\u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9&nbsp;\u00bb utiliser le livre romain (avec cette pr\u00e9cision, pour l\u2019Office, s\u2019il devait \u00eatre psalmodi\u00e9 au ch\u0153ur, qu\u2019il fallait \u00e9videmment qu\u2019une r\u00e8gle commune soit fix\u00e9e par l\u2019\u00e9v\u00eaque et les chanoines).<\/p>\n\n\n\n<p>De fait, la plupart des dioc\u00e8ses et des congr\u00e9gations du monde latin pouvait \u00e9tablir que leurs livres propres, notamment dans les cath\u00e9drales et coll\u00e9giales, remontaient au-del\u00e0 du XIV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Cependant, \u00e9v\u00eaques et chapitres pr\u00e9f\u00e9r\u00e8rent pour la plupart s\u2019aligner sur le br\u00e9viaire et le missel, et ce en partie pour des raisons d\u2019\u00e9conomie et de commodit\u00e9 de librairie, car il \u00e9tait difficile et on\u00e9reux de faire \u00e9diter des livres dioc\u00e9sains. On adopta donc g\u00e9n\u00e9ralement les livres romains y compris dans un premier temps en France (ce n\u2019est que dans le dernier tiers du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle qu\u2019on invoqua le droit \u00e0 des livres dioc\u00e9sains particuliers, qualifi\u00e9s plus tard de \u00ab&nbsp;n\u00e9o-gallicans&nbsp;\u00bb, \u00e0 commencer par le br\u00e9viaire de Vienne en 1678).<\/p>\n\n\n\n<p>Pouvait-on d\u2019ailleurs, en dehors du rite wisigothique ou mozarabe, conserv\u00e9 en quelques lieux d\u2019Espagne, parler v\u00e9ritablement, \u00e0 propos des \u00e9glises dioc\u00e9saines ou religieuses qui conserv\u00e8rent leurs usages, de rites latins non romains&nbsp;? Seul le rite ambrosien, bien que tr\u00e8s proche du romain, avait des particularit\u00e9s suffisamment importantes pour \u00eatre qualifi\u00e9 de rite sp\u00e9cifique. Ce n\u2019\u00e9tait pas le cas des rites lyonnais<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftn2\">[2]<\/a>, chartreux, dominicain, pr\u00e9montr\u00e9. Pas plus que les usages de beaucoup de cath\u00e9drales, de sanctuaires, d\u2019Ordres religieux qui avaient un certain nombre de messes, de pr\u00e9faces, d\u2019hymnes, de s\u00e9quences propres.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux textes de saint Pie V portaient donc&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>La Bulle <em>Quod a nobis<\/em>, du 7 juillet 1568, pour la publication du br\u00e9viaire romain&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sauf la susdite institution ou coutume d\u00e9passant deux cents ans [\u2026], tous ceux qui doivent dire et psalmodier les Heures canoniques, selon la coutume et le rite de l\u2019\u00c9glise romaine [\u2026] seront d\u00e9sormais absolument tenus \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 de dire et de psalmodier les Heures de jour et de nuit, selon les prescriptions et l\u2019ordonnance de ce Br\u00e9viaire romain.&nbsp;\u00bb<\/li>\n\n\n\n<li>La Bulle <em>Quo Primum, <\/em>du 14 juillet 1570, pour la publication du missel romain&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous conc\u00e9dons et accordons que ce m\u00eame missel pourra \u00eatre suivi en totalit\u00e9 dans la messe chant\u00e9e ou lue, dans quelque \u00e9glise que ce soit, sans aucun scrupule de conscience et sans encourir aucune punition, condamnation ou censure, et qu\u2019on pourra valablement l\u2019utiliser librement et licitement, et cela \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Mais si la supr\u00e9matie de l\u2019usage du br\u00e9viaire et du missel romain \u00e9tait \u00e9tablie \u00ab&nbsp;\u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9&nbsp;\u00bb, et malgr\u00e9 la clause par laquelle le pape stipulait \u00ab&nbsp;que jamais rien ne soit ajout\u00e9, retranch\u00e9 ou modifi\u00e9&nbsp;\u00bb au missel qu\u2019il venait d\u2019\u00e9diter, Rome s\u2019est toujours reconnue libre de r\u00e9viser les livres qu\u2019elle donnait ainsi \u00e0 tous les pr\u00eatres latins, s\u2019agissant toujours de modifications modestes. Malgr\u00e9 les modifications, br\u00e9viaire et missel \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme restant en substance les \u00e9ditions tridentines de saint Pie V, comme les bulles <em>Quod a nobis<\/em> et <em>Quo primum <\/em>toujours imprim\u00e9es en pr\u00e9face l\u2019attestaient. On ne cessa d\u2019imprimer le texte de la bulle <em>Quo primum <\/em>en t\u00eate du missel qu\u2019en 1965, dans le premier missel de la r\u00e9forme de Paul VI.<\/p>\n\n\n\n<p>Les successeurs imm\u00e9diats de Pie V, Cl\u00e9ment VIII, pape en 1592, et Urbain&nbsp;VIII, pape en 1623, apport\u00e8rent donc des r\u00e9visions (latin de la Vulgate pour \u00e9p\u00eetres et \u00e9vangiles, offices nouveaux). Outre les f\u00eates de nouveaux saints, il y eut aussi \u00e0 diverses reprises des adjonctions de messes et de pr\u00e9faces nouvelles (\u00e0 savoir la pr\u00e9face des d\u00e9funts, celle de saint Joseph, celle du Sacr\u00e9-C\u0153ur, celle du Christ-Roi et, sous Pie&nbsp;XII, celle de la Messe chrismale, le jeudi saint). Il faut aussi savoir qu\u2019une importante cr\u00e9ation latine liturgique (messes, proses, hymnes) continua \u00e0 exister jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution et s\u2019ins\u00e9rait sans probl\u00e8me dans des liturgies locales. Le cardinal de B\u00e9rulle composa ainsi un Office de J\u00e9sus pour le 28 janvier, jour de la f\u00eate fix\u00e9e par lui pour la Congr\u00e9gation de l\u2019Oratoire de J\u00e9sus, et pour l\u2019octave de cette f\u00eate, sans que personne trouv\u00e2t \u00e0 y redire. Il faudra attendre le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle pour que les ajouts et modifications liturgiques rel\u00e8vent exclusivement de Rome.<\/p>\n\n\n\n<p>Les plus importantes modifications du br\u00e9viaire et du missel eurent lieu au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle&nbsp;: saint Pie X bouleversa la distribution des psaumes pour retrouver la r\u00e9citation des 150 psaumes par semaine et assura plus fortement la primaut\u00e9 du temporal sur le sanctoral (ce qui touchait aussi au missel)&nbsp;; et Pie XII r\u00e9forma la Semaine Sainte en all\u00e9geant les c\u00e9r\u00e9monies et en r\u00e9tablissant la \u00ab&nbsp;v\u00e9rit\u00e9 des heures&nbsp;\u00bb (messe du jeudi saint le soir, c\u00e9r\u00e9monie du vendredi saint l\u2019apr\u00e8s-midi et c\u00e9r\u00e9monie de la vigile pascale dans la nuit du samedi au dimanche, au lieu de c\u00e9l\u00e9brations respectivement le jeudi matin, le vendredi matin, le samedi matin) rendue possible gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019assouplissement de la discipline du je\u00fbne eucharistique. Pour ces deux r\u00e9formes de Pie X et de Pie XII, on a certes pu regretter la disparition de quelques v\u00e9n\u00e9rables textes ou usages, mais jamais personne ne contesta que, sur le fond et la forme, le br\u00e9viaire et le missel fussent rest\u00e9s des livres tridentins.<\/p>\n\n\n\n<p>La concession \u00ab&nbsp;\u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9&nbsp;\u00bb des livres de 1568 et 1570 n\u2019a donc pas emp\u00each\u00e9 des variations, dont certaines furent importantes, sans \u00eatre des bouleversements. La justification du non-usage de la messe nouvelle ne peut donc qu\u2019\u00eatre une justification de fond soulignant qu\u2019elle constitue un bouleversement&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une justification th\u00e9ologique faisant valoir que la nouvelle messe affaiblit l\u2019expression du sacrifice eucharistique et sp\u00e9cialement l\u2019expression de la doctrine de la messe comme sacrifice propitiatoire.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>C\u2019est aussi, en r\u00e9alit\u00e9, le motif pour lequel Joseph Ratzinger a l\u00e9galis\u00e9 la subsistance de l\u2019ancienne liturgie sanctionn\u00e9e par les textes de 1984 (<em>Quattuor abhinc annos<\/em>), 1988 (<em>Ecclesia Dei adflicta<\/em>)et 2007 (<em>Summorum Pontificum<\/em>). Sans s\u2019expliquer jusqu\u2019au bout, il a en effet critiqu\u00e9 le mode violent et radical de la transformation op\u00e9r\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;On d\u00e9molit le vieil \u00e9difice pour en construire un autre, certes en utilisant largement le mat\u00e9riau et les plans de l\u2019ancienne construction&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftn3\">[3]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une justification juridique expliquant que le nouvel <em>Ordo Miss<\/em><em>\u00e6<\/em>n\u2019est pas une <em>lex orandi <\/em>\u00e0 strictement parler, une <em>loi <\/em>proprement dite<em>, <\/em>tout simplement parce que calquant, toutes choses \u00e9gales le <em>pastoral <\/em>du concile Vatican&nbsp;II, ce nouvel <em>Ordo <\/em>tr\u00e8s fluide et aussi peu ritualis\u00e9 que possible ne se reconna\u00eet \u00e0 lui-m\u00eame qu\u2019une autorit\u00e9 relative (ce qui est en soi un probl\u00e8me de fond). En effet, il comporte une infinit\u00e9 de variantes et de choix possibles dans ses rites et ses formules, y compris pour les plus importantes, comme la pri\u00e8re eucharistique.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Essentiellement, on est en pr\u00e9sence d\u2019une autre messe, diff\u00e9rente de la messe romaine traditionnelle sur des points importants. Cette pr\u00e9cision donn\u00e9e, v\u00e9ritablement fondamentale, on peut donc parfaitement se pr\u00e9valoir, mais dans un tout autre contexte que celui de 1570 et en faisant une utilisation que <em>Quo primum <\/em>n\u2019avait \u00e9videmment pas pr\u00e9vue, de la possibilit\u00e9 d\u2019user \u00ab&nbsp;\u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9&nbsp;\u00bb du missel romain traditionnel (sauf usage de missels traditionnels d\u2019autres rites ou d\u2019autres usages latins, missel ambrosien traditionnel, lyonnais traditionnel, mozarabe traditionnel, dominicain traditionnel, etc.<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftn4\">[4]<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p>Il est hautement probable que <em>Summorum Pontificum, <\/em>en 2007, en qualifiant d\u2019<em>usus antiquior <\/em>la liturgie ancienne,fasse r\u00e9f\u00e9rence implicite \u00e0 la r\u00e8gle fix\u00e9e par la bulle <em>Quo primum <\/em>qui autorisait la survivance des usages pouvant prouver deux cents ans d\u2019existence. Sauf qu\u2019il ne s\u2019agissait pas l\u00e0 d\u2019une survivance pour une \u00c9glise particuli\u00e8re ou un ensemble d\u2019\u00c9glises particuli\u00e8res, mais virtuellement pour toute l\u2019\u00c9glise romaine. Ainsi, c\u2019est le missel promulgu\u00e9 par <em>Quo primum <\/em>qui profitait \u00e0 son tour lui-m\u00eame de l\u2019exception d\u2019antiquit\u00e9 pr\u00e9vue par cette bulle\u2026<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019<\/strong><strong>\u00c9<\/strong><strong>glise a toujours reconnu la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019une diversit\u00e9 de rites<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Cet argument, finalement proche du pr\u00e9c\u00e9dent, se fonde sur le fait qu\u2019il a toujours exist\u00e9 une diversit\u00e9 de rites tous reconnus comme catholiques, m\u00eame s\u2019ils n\u2019ont pas la normativit\u00e9 du rite de l\u2019\u00c9glise de Rome, pure de toute erreur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le raisonnement consiste \u00e0 dire que, de m\u00eame que le rite romain a toujours coexist\u00e9 avec des rites distincts, orientaux, ou latins (mozarabe, ambrosien), et que d\u2019ailleurs, apr\u00e8s la promulgation du missel de 1570, des \u00c9glises ont conserv\u00e9 des missels si elles pouvaient prouver qu\u2019ils avaient plus de deux cents d\u2019usage, de m\u00eame le missel de Paul VI peut coexister avec le missel tridentin.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette coexistence d\u2019un m\u00eame rite dans son \u00e9tat ant\u00e9rieur et dans son \u00e9tat post\u00e9rieur est sans exemple dans l\u2019histoire. \u00c0 moins que l\u2019on convienne que la liturgie de la r\u00e9forme de Paul&nbsp;VI est un nouveau rite, ou autre chose qu\u2019un rite. En effet, toute r\u00e9forme d\u2019un rite fait normalement que le nouvel \u00e9tat s\u2019impose \u00e0 la place de l\u2019ancien si le nouvel \u00e9tat est donn\u00e9 comme obligatoire<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftn5\">[5]<\/a>. Ainsi, dans le rite romain et dans le droit canonique moderne, depuis les \u00e9ditions tridentines, les livres utilis\u00e9s pour le culte doivent \u00eatre conformes \u00e0 ceux imprim\u00e9s par la Congr\u00e9gation comp\u00e9tente et promulgu\u00e9s par d\u00e9cret. On parle d\u2019\u00e9ditions <em>typiques<\/em>, qui sont comme des \u00e9talons, une nouvelle \u00e9dition typique rempla\u00e7ant purement et simplement l\u2019\u00e9dition typique pr\u00e9c\u00e9dente. Dans la liturgie traditionnelle, la derni\u00e8re \u00e9dition typique du br\u00e9viaire est du 4 f\u00e9vrier 1961, celle du missel du 23 juin 1962, celle du rituel de 1952, celle du c\u00e9r\u00e9monial des \u00e9v\u00eaques de 1886, celle du pontifical de 1961 et 1962 selon les volumes.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme d\u2019une \u00e9dition <em>typique <\/em>\u00e0 la suivante les modifications \u00e9taient minimes (sauf celles du br\u00e9viaire de 1911 et de la Semaine Sainte de 1951-1955, dont on a parl\u00e9 plus haut, et dont il faut convenir que l\u2019ampleur a pr\u00e9par\u00e9 de fait les esprits \u00e0 une bien plus ample r\u00e9forme), elles s\u2019imposaient sans difficult\u00e9&nbsp;: personne n\u2019e\u00fbt imagin\u00e9 refuser de f\u00eater le Christ-Roi au dernier dimanche d\u2019octobre apr\u00e8s l\u2019instauration par Pie&nbsp;XI de cette nouvelle f\u00eate du Seigneur. Et il ne serait vraiment jamais venu \u00e0 l\u2019id\u00e9e de personne de consid\u00e9rer un missel romain \u00e9dit\u00e9 sous L\u00e9on XIII comme un missel distinct de ceux \u00e9dit\u00e9s sous Pie XI ou Pie XII.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour apporter quelques nuances, on peut dire cependant qu\u2019une sorte de traditionalisme \u00e9clectique peut avoir son int\u00e9r\u00eat pour retrouver les&nbsp; immenses pans d\u2019usages locaux, de pi\u00e8ces, de textes, d\u2019interpr\u00e9tations que la romanisation tridentine et surtout les restaurations d\u2019apr\u00e8s la R\u00e9volution fran\u00e7aise ont fait tomber dans l\u2019oubli. La reconstruction du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle s\u2019est en effet faite uniquement autour des livres romano-solesmiens. Il est assur\u00e9ment excellent de faire revivre tout ce tr\u00e9sor de pi\u00e8ces, d\u2019usages et de r\u00e9pertoires musicaux traditionnels de cath\u00e9drales et d\u2019abbatiales. Ainsi, le musicien hongrois Laszlo Dobszay (1935-2011), critique virulent de la nouvelle liturgie<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftn6\">[6]<\/a>, a \u0153uvr\u00e9 avec le Capitulum Laicorum Sancti Michaelis Archangeli (CLSMA) \u00e0 la r\u00e9cup\u00e9ration de tr\u00e9sors oubli\u00e9s de la liturgie latine hongroise. C\u2019est dans ce cadre que peut \u00e9ventuellement avoir lieu, en certains lieux, la remise en valeur prudente de la Semaine Sainte d\u2019avant la r\u00e9forme de 51-55.<\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas, jusqu\u2019\u00e0 la situation liturgique pr\u00e9sente, le nouveau, fort modeste encore une fois et dans la parfaite continuit\u00e9 de l\u2019ancien, rempla\u00e7ait la part d\u2019ancien qu\u2019il modifiait. Ici encore, pour justifier de mani\u00e8re parfaitement coh\u00e9rente la possibilit\u00e9 de choisir le missel ant\u00e9rieur au Concile, il faut donc le faire sur le fond&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Th\u00e9ologiquement, en constatant que le nouvel <em>Ordo Miss\u00e6, <\/em>\u00ab&nbsp;si l\u2019on consid\u00e8re les \u00e9l\u00e9ments nouveaux, susceptibles d\u2019appr\u00e9ciations fort diverses, qui y paraissent sous-entendus ou impliqu\u00e9s, s\u2019\u00e9loigne de fa\u00e7on impressionnante, dans l\u2019ensemble comme dans le d\u00e9tail, de la th\u00e9ologie catholique de la sainte messe telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e \u00e0 la XX<sup>e<\/sup> session du Concile de Trente&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftn7\">[7]<\/a>. Ou au moins en constatant avec Joseph Ratzinger que \u00ab&nbsp;le vieil \u00e9difice&nbsp;\u00bb a \u00e9t\u00e9 d\u00e9moli \u00ab&nbsp;pour en construire un autre&nbsp;\u00bb<a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftn8\">[8]<\/a>.<\/li>\n\n\n\n<li>Juridiquement, en exposant que Nouvel <em>Ordo Miss<\/em><em>\u00e6<\/em>ne se veut pas davantage pr\u00e9cision intangible de la <em>lex orandi <\/em>que Vatican&nbsp;II ne se pr\u00e9sente comme explicitation indiscutable du dogme.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>On peut donc bien invoquer l\u2019existence traditionnelle de coexistence de divers rites dans l\u2019\u00c9glise, avec cette pr\u00e9cision que dans le cas pr\u00e9sent on est en pr\u00e9sence d\u2019une liturgie nouvelle qui entend prendre la suite de la liturgie ancienne en amoindrissant l\u2019expression de points doctrinaux substantiels dans les rites et les textes. Ce qui signifie que la r\u00e9forme de Paul&nbsp;VI a cr\u00e9\u00e9 une situation liturgique atypique, dans la mesure o\u00f9 le progr\u00e8s qu\u2019elle voulait accomplir a tout au contraire fait subir une sorte d\u2019involution \u00e0 la <em>lex orandi, <\/em>la nouvelle expression cultuelle du sacrifice eucharistique \u00e9tant en r\u00e9gression par rapport \u00e0 celle que Trente avait consacr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Abb\u00e9 Claude Barthe<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftnref1\">[1]<\/a> Par exemple, le P. Jeffrey Kirby, dans un article intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;The Rise of the Ultramontanists&nbsp;\u00bb, &nbsp;\u00ab&nbsp;La mont\u00e9e des ultramontains&nbsp;\u00bb, publi\u00e9 dans <em>The Catholic Thing <\/em>du 14 avril 2024, reprend paradoxalement \u00e0 son compte les propos des lib\u00e9raux anti-infaillibilistes, qui caricaturaient l\u2019ultramontanisme en pr\u00e9tendant qu\u2019il affirmait que tout ce que dit un pape est vrai, et allaient jusqu\u2019\u00e0 dire que le d\u00e9cret <em>Pastor \u00c6ternus <\/em>avait en r\u00e9alit\u00e9 limit\u00e9 la port\u00e9e de l\u2019infaillibilit\u00e9 du pape.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftnref2\">[2]<\/a> Les usages lyonnais jusqu\u2019au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, comme en d\u2019autres \u00c9glises de France, pouvaient repr\u00e9senter non pas un rite latin non romain comme le rite mozarabe, mais un reliquat de l\u2019\u00e9tat historique de la liturgie romaine \u00e0 l\u2019\u00e9poque carolingienne o\u00f9 elle avait int\u00e9gr\u00e9 des sp\u00e9cificit\u00e9s de la liturgie gallicane qu\u2019elle venait remplacer. Les usages lyonnais disparurent largement du fait de l\u2019adoption \u00e0 Lyon de livres \u00ab&nbsp;n\u00e9o-gallicans&nbsp;\u00bb au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Mais au moment o\u00f9 ces derniers furent \u00e9cart\u00e9s par les livres romains au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, une r\u00e9action particulariste se manifesta \u00e0 Lyon et le cardinal de Bonald, archev\u00eaque de 1839 \u00e0 1870, bien que tr\u00e8s ultramontain, obtint que fussent conserv\u00e9s un certain nombre d\u2019usages propres pour la messe (pri\u00e8res de la confession, proses assez nombreuses, pri\u00e8res d\u2019offertoire propres, particuli\u00e8re solennit\u00e9 de la messe pontificale, conc\u00e9l\u00e9bration pontificale du Jeudi Saint de l\u2019archev\u00eaque avec six chanoines pr\u00eatres, <em>Venite populi<\/em> comme chant de fraction<em>, <\/em>etc.). Ces usages lyonnais donnent d\u2019ailleurs une id\u00e9e de ce que pouvaient \u00eatre les riches coutumes particuli\u00e8res des cath\u00e9drales sous l\u2019Ancien R\u00e9gime.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftnref3\">[3]<\/a> Joseph Ratzinger, <em>Ma Vie. Souvenirs <\/em>1927-1977, Fayard, 2005, p. 134.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftnref4\">[4]<\/a> Sachant que tous ces missels ont \u00e9t\u00e9, soit purement et simplement remplac\u00e9s par le missel de Paul VI, soit ont connu une r\u00e9forme profonde dans l\u2019esprit de celle appliqu\u00e9e au missel romain. Les r\u00e9formateurs montiniens ont ainsi r\u00e9form\u00e9 le missel mozarabe, utilis\u00e9 dans quelques chapelles d\u2019Espagne. Il faut dire que, dans ce rite conserv\u00e9 dans une partie de la p\u00e9ninsule hispanique qui s\u2019\u00e9tait trouv\u00e9es isol\u00e9e des \u00c9glises franques par la conqu\u00eate musulmane, et qui de ce fait n\u2019avait pas adopt\u00e9 le rite romain \u00e0 l\u2019\u00e9poque carolingienne, on trouvait un ensemble de pri\u00e8res \u00e9quivalant \u00e0 celles de l\u2019offertoire romain qui portait un nom \u00e0 faire fr\u00e9mir nos experts-r\u00e9formateurs, celui de. <em>Sacrificium<\/em>, Ce rite mozarabe r\u00e9form\u00e9 apr\u00e8s Vatican II ayant par la suite connu une sorte de \u00ab&nbsp;r\u00e9forme de la r\u00e9forme&nbsp;\u00bb. Les c\u00e9l\u00e9brations mozarabes actuelles suivent ce missel-l\u00e0 et non le missel mozarabe \u00e9dit\u00e9 par le cardinal Cisneros en 1500.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftnref5\">[5]<\/a> Ce qui n\u2019est pas toujours le cas. Le <em>Psalterium pianum, <\/em>dit encore \u00ab&nbsp;version des psaumes du cardinal&nbsp;Bea&nbsp;\u00bb, que le motu proprio <em>In quotidianis precibus <\/em>du 24 mars 1945 permettait, sans y obliger, d\u2019utiliser pour la r\u00e9citation priv\u00e9e ou la psalmodie au ch\u0153ur de l\u2019Office. Cette nouvelle version, depuis <em>de facto <\/em>abandonn\u00e9e, adoptait un latin de style classique, certes de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9, mais plus cic\u00e9ronien ou virgilien que conforme \u00e0 la langue eccl\u00e9siastique de l\u2019Antiquit\u00e9 tardive. On pouvait l\u2019utiliser ou non. Parmi les \u00ab&nbsp;traditionalistes&nbsp;\u00bb qui pr\u00e9f\u00e9raient la version ancienne, le P. Congar.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftnref6\">[6]<\/a> <em>The Bugnini-Liturgy and the Reform of the Reform<\/em> [La liturgie de Bugnini et la r\u00e9forme de la r\u00e9forme] \u2013 publi\u00e9 en 2003 par la Church Music Association of America.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftnref7\">[7]<\/a>&nbsp;Supplique des cardinaux Ottaviani et Bacci du 5 juin 1969, pr\u00e9sentant le <em>Bref Examen critique du nouvel<\/em> Ordo Miss\u00e6<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.resnovae.fr\/user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/#_ftnref8\">[8]<\/a> Joseph Ratzinger, <em>Ma Vie, <\/em>d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par l&rsquo;abb\u00e9 Claude Barthe Ceux qui se consacrent \u00e0 la d\u00e9fense des choses traditionnelles (liturgie, cat\u00e9chisme, r\u00e9sistance \u00e0 des doctrines d\u00e9l\u00e9t\u00e8res) h\u00e9sitent souvent \u00e0 dire qu\u2019on se trouve pr\u00e9sentement en face d\u2019une situation eccl\u00e9siale atypique. Sp\u00e9cialement pour la liturgie. M\u00eame s\u2019ils affirment que ce n\u2019est pas pour des raisons de sensibilit\u00e9 mais de foi qu\u2019ils &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/2024\/11\/08\/res-novae-user-darguments-justes-pour-defendre-la-messe-traditionnelle\/\"> <span class=\"screen-reader-text\">[Res Novae] User d\u2019arguments justes pour d\u00e9fendre la messe traditionnelle<\/span> Lire la suite\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-580","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-res-novae"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/580","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=580"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/580\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":582,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/580\/revisions\/582"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=580"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=580"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=580"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}