{"id":666,"date":"2025-11-14T08:50:31","date_gmt":"2025-11-14T07:50:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/?p=666"},"modified":"2025-11-14T08:52:40","modified_gmt":"2025-11-14T07:52:40","slug":"attaques-contre-la-sainte-vierge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/2025\/11\/14\/attaques-contre-la-sainte-vierge\/","title":{"rendered":""},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Attaques contre la Sainte Vierge<\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">*<mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0);color:#cf2e2e\" class=\"has-inline-color\"> le terme Marie Co-r\u00e9demptrice serait \u00ab\u00a0inopportun\u00a0\u00bb<\/mark><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">[La croix]                                                                                             <a href=\"https:\/\/tribunechretienne.com\/le-vatican-met-fin-a-la-confusion-marie-nest-pas-co-redemptrice-mais-mere-du-peuple-fidele\/\">Le Vatican met fin \u00e0 la confusion : Marie n\u2019est pas \u00ab co-r\u00e9demptrice \u00bb mais M\u00e8re du Peuple fid\u00e8le<\/a><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/tribunechretienne.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/MP.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/tribunechretienne.com\/wp-content\/uploads\/elementor\/thumbs\/MP-re7k8ufpkzbvtfz9pco6v45aw39t7n58xk9924ka2w.jpg\" alt=\"DR\" title=\"MP\"\/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">DR<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Mater Populi fidelis, approuv\u00e9e par le pape L\u00e9on XIV clarifie la place de la Vierge dans l\u2019\u0153uvre du salut et rejette l\u2019usage du titre de \u00ab Co-r\u00e9demptrice \u00bb ( int\u00e9gralit\u00e9 du texte en fran\u00e7ais)<\/p>\n\n\n\n<p>Paru ce 4 novembre 2025, le document&nbsp;<em>Mater Populi fidelis<\/em>&nbsp;(\u00ab M\u00e8re du Peuple fid\u00e8le \u00bb), sign\u00e9 par le cardinal V\u00edctor Manuel Fern\u00e1ndez et approuv\u00e9 par le pape L\u00e9on XIV, marque une \u00e9tape importante dans la r\u00e9flexion doctrinale sur la d\u00e9votion mariale. Le texte, long et structur\u00e9, r\u00e9pond aux d\u00e9bats suscit\u00e9s ces derni\u00e8res d\u00e9cennies autour de certains titres attribu\u00e9s \u00e0 la Vierge Marie, notamment&nbsp;<em>Co-r\u00e9demptrice<\/em>,&nbsp;<em>M\u00e9diatrice<\/em>&nbsp;ou&nbsp;<em>M\u00e9diatrice de toutes gr\u00e2ces<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019embl\u00e9e, la Note affirme sa volont\u00e9 de&nbsp;<em>\u00ab pr\u00e9server l\u2019\u00e9quilibre n\u00e9cessaire entre l\u2019unique m\u00e9diation du Christ et la coop\u00e9ration de Marie \u00e0 l\u2019\u0153uvre du salut \u00bb.<\/em>&nbsp;L\u2019objectif n\u2019est pas de restreindre la d\u00e9votion mariale, mais de&nbsp;<em>\u00ab l\u2019accompagner et la soutenir \u00bb,<\/em>&nbsp;dans la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la foi catholique et avec une sensibilit\u00e9 \u0153cum\u00e9nique.L\u2019un des passages les plus forts de la Note est celui qui cite le pape Fran\u00e7ois :&nbsp;<em><strong>\u00ab La Vierge n\u2019a jamais voulu obtenir aucun titre de J\u00e9sus [\u2026]. Elle n\u2019a pas demand\u00e9 d\u2019\u00eatre elle-m\u00eame une quasi-r\u00e9demptrice ou une co-r\u00e9demptrice : non. Il n\u2019y a qu\u2019un seul R\u00e9dempteur, et ce titre ne se d\u00e9double pas. \u00bb<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Reprenant cet enseignement, le Dicast\u00e8re pr\u00e9cise :&nbsp;<em>\u00ab L\u2019utilisation du titre de Co-r\u00e9demptrice pour d\u00e9finir la coop\u00e9ration de Marie est toujours inopportune. Ce titre risque d\u2019obscurcir l\u2019unique m\u00e9diation salvifique du Christ. \u00bb&nbsp;<\/em>Le document rappelle que la r\u00e9demption&nbsp;<em>\u00ab est parfaite et n\u2019a besoin d\u2019aucun ajout \u00bb.<\/em>&nbsp;Marie y est honor\u00e9e comme la premi\u00e8re et la plus grande collaboratrice du salut, mais toujours&nbsp;<em>\u00ab dans la subordination totale au Christ \u00bb.&nbsp;<\/em>Toute expression ambigu\u00eb est donc \u00e0 \u00e9viter, surtout lorsqu\u2019elle pourrait sugg\u00e9rer que la Vierge \u00ab compl\u00e8te \u00bb l\u2019action du Sauveur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le c\u0153ur de la Note se concentre sur la maternit\u00e9 spirituelle de Marie. Celle-ci, explique le texte, d\u00e9coule de son&nbsp;<em>\u00ab oui \u00bb<\/em>&nbsp;\u00e0 l\u2019Annonciation et se manifeste&nbsp;<em>\u00ab de l\u2019Incarnation \u00e0 la Croix et \u00e0 la R\u00e9surrection \u00bb.<\/em>&nbsp;<em>\u00ab Marie est la M\u00e8re croyante devenue M\u00e8re de tous les croyants \u00bb<\/em>, \u00e9crit le Dicast\u00e8re.<em>&nbsp;\u00ab Elle marche au milieu de son peuple, mue par une tendresse d\u00e9licate, et prend sur elle ses angoisses et ses vicissitudes. \u00bb<\/em>&nbsp;Le pape L\u00e9on XIV, en approuvant le document le 7 octobre 2025, a voulu r\u00e9affirmer que la pi\u00e9t\u00e9 populaire envers la Vierge&nbsp;<em>\u00ab ne s\u2019\u00e9loigne pas du Christ ni de l\u2019\u00c9vangile \u00bb<\/em>, mais qu\u2019elle en est une expression vivante : \u00ab Sur le visage maternel de Marie, le Peuple de Dieu reconna\u00eet le myst\u00e8re de la Croix et la lumi\u00e8re de P\u00e2ques. \u00bb Ainsi,&nbsp;<em>Mater Populi fidelis<\/em>&nbsp;ne corrige pas la foi du peuple, elle la purifie et l\u2019oriente.&nbsp;<em>\u00ab La d\u00e9votion mariale, suscit\u00e9e par la maternit\u00e9 de Marie, est un tr\u00e9sor de l\u2019\u00c9glise \u00bb<\/em>, affirme le texte, qui salue la pi\u00e9t\u00e9 des simples :&nbsp;<em>\u00ab Les pauvres trouvent la tendresse et l\u2019amour de Dieu dans le visage de Marie. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La Note met \u00e9galement en garde contre l\u2019usage id\u00e9ologique de la figure de Marie :&nbsp;<em><strong>\u00ab Les pasteurs doivent \u00e9viter toute instrumentalisation politique de cette proximit\u00e9 de la M\u00e8re. \u00bb<\/strong><\/em>&nbsp;Elle invite \u00e0 comprendre que Marie agit toujours<em>&nbsp;\u00ab avec l\u2019\u00c9glise, dans l\u2019\u00c9glise et pour l\u2019\u00c9glise \u00bb<\/em>. Sa m\u00e9diation n\u2019est pas une action parall\u00e8le, mais&nbsp;<em>\u00ab une coop\u00e9ration particip\u00e9e \u00bb<\/em>&nbsp;: elle dispose les croyants \u00e0 recevoir la gr\u00e2ce du Christ, sans jamais \u00eatre source de celle-ci. Enfin, la conclusion du texte est un hymne \u00e0 la foi populaire : \u00ab<em>&nbsp;Le Peuple fid\u00e8le ne s\u2019\u00e9loigne pas du Christ ni de l\u2019\u00c9vangile lorsqu\u2019il s\u2019approche d\u2019elle, mais il sait lire en cette image maternelle tous les myst\u00e8res de l\u2019\u00c9vangile. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Par cette Note, le Saint-Si\u00e8ge ne cherche pas \u00e0 restreindre la d\u00e9votion \u00e0 la Vierge Marie, mais \u00e0 lui rendre sa justesse th\u00e9ologique et spirituelle.&nbsp;<em>Mater Populi fidelis<\/em>&nbsp;s\u2019inscrit dans la continuit\u00e9 du magist\u00e8re, rappelant que toute pri\u00e8re adress\u00e9e \u00e0 Marie trouve son centre dans le Christ. La Vierge n\u2019est pas mise en concurrence avec le R\u00e9dempteur, elle en refl\u00e8te la lumi\u00e8re et en transmet la gr\u00e2ce.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un contexte eccl\u00e9sial o\u00f9 certaines expressions de pi\u00e9t\u00e9 populaire peuvent parfois glisser vers l\u2019exc\u00e8s ou la confusion, le document rappelle que la grandeur de Marie r\u00e9side pr\u00e9cis\u00e9ment dans son humilit\u00e9, dans ce \u00ab oui \u00bb silencieux qui ouvre \u00e0 l\u2019action de Dieu. Loin d\u2019un discours de rupture, la Note propose une herm\u00e9neutique de continuit\u00e9 : elle relit la tradition mariale \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019\u00c9vangile, en soulignant l\u2019unit\u00e9 du dessein divin et la coh\u00e9rence de la foi catholique.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, en soulignant que Marie \u00ab marche au milieu de son peuple \u00bb, le texte r\u00e9affirme la dimension pastorale de la d\u00e9votion mariale. Ce visage maternel de l\u2019\u00c9glise, proche des simples et des souffrants, demeure une source d\u2019esp\u00e9rance et de consolation. La th\u00e9ologie, en clarifiant les mots, ne retire rien \u00e0 cette proximit\u00e9 du c\u0153ur : elle permet au contraire \u00e0 la foi populaire de respirer plus librement, orient\u00e9e tout enti\u00e8re vers le Christ, unique Sauveur du monde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Int\u00e9gralit\u00e9 du texte&nbsp;<em>Mater Populi fidelis<\/em>&nbsp;: Note doctrinale sur certains titres mariaux qui se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 la coop\u00e9ration de Marie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Cette&nbsp;<em>Note&nbsp;<\/em>r\u00e9pond \u00e0 de nombreuses questions et propositions parvenues au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies au Saint-Si\u00e8ge \u2013 en particulier \u00e0 ce Dicast\u00e8re \u2013 sur des questions li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9votion mariale et \u00e0 certains titres mariaux. Ce sont des questions qui ont pr\u00e9occup\u00e9 les derniers Pontifes et qui ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9es \u00e0 plusieurs reprises au cours des trente derni\u00e8res ann\u00e9es dans les diff\u00e9rentes instances du Dicast\u00e8re, tels que les Congr\u00e8s, les Assembl\u00e9es ordinaires, etc. Cela a permis \u00e0 ce Dicast\u00e8re de disposer d\u2019un mat\u00e9riel abondant et riche, fondement de cette r\u00e9flexion.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout en clarifiant le sens selon lequel certains titres et expressions qui se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 Marie sont acceptables ou non, ce texte se propose \u00e9galement d\u2019approfondir les justes fondements de la d\u00e9votion mariale, en pr\u00e9cisant la place de Marie dans sa relation avec les croyants, \u00e0 la lumi\u00e8re du myst\u00e8re du Christ, unique M\u00e9diateur et R\u00e9dempteur. Cela implique une profonde fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l\u2019identit\u00e9 catholique et, en m\u00eame temps, un effort \u0153cum\u00e9nique particulier.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019axe qui traverse toutes ces pages est&nbsp;<em>la maternit\u00e9 de Marie \u00e0 l\u2019\u00e9gard des croyants<\/em>, une question qui revient \u00e0 plusieurs reprises, avec des affirmations sans cesse reprises, en les enrichissant et en les compl\u00e9tant, telle une spirale, de consid\u00e9rations nouvelles.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9votion mariale, suscit\u00e9e par la maternit\u00e9 de Marie, est ici pr\u00e9sent\u00e9e comme un tr\u00e9sor de l\u2019\u00c9glise. Il ne s\u2019agit pas de corriger, mais bien de valoriser, d\u2019admirer et d\u2019encourager la pi\u00e9t\u00e9 du peuple de Dieu fid\u00e8le qui, en Marie, trouve refuge, force, tendresse et esp\u00e9rance parce qu\u2019elle est une expression mystagogique et symbolique d\u2019une attitude \u00e9vang\u00e9lique de confiance dans le Seigneur que l\u2019Esprit-Saint lui-m\u00eame inspire librement aux croyants. En effet, les pauvres trouvent \u00ab la tendresse et l\u2019amour de Dieu dans le visage de Marie. En elle, ils voient se refl\u00e9ter le message essentiel de l\u2019\u00c9vangile \u00bb[1].<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps, il existe des groupes de r\u00e9flexion mariale, des publications, de nouvelles d\u00e9votions ainsi que des demandes de dogmes mariaux qui ne pr\u00e9sentent pas les m\u00eames caract\u00e9ristiques de d\u00e9votion populaire, mais qui, en d\u00e9finitive, proposent un certain d\u00e9veloppement dogmatique et s\u2019expriment fortement \u00e0 travers les r\u00e9seaux sociaux, soulevant souvent des doutes chez des fid\u00e8les plus simples. Il s\u2019agit parfois de r\u00e9interpr\u00e9tations d\u2019expressions utilis\u00e9es par le pass\u00e9 avec des significations diverses. Le pr\u00e9sent document tient compte de ces propositions afin d\u2019indiquer en quelle mesure certaines r\u00e9pondent \u00e0 une d\u00e9votion mariale authentique et inspir\u00e9e par l\u2019\u00c9vangile, ou en dans quelle mesure d\u2019autres doivent \u00eatre \u00e9vit\u00e9es parce qu\u2019elles ne favorisent pas une contemplation ad\u00e9quate de l\u2019harmonie du message chr\u00e9tien dans son ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autre part, divers passages de cette&nbsp;<em>Note&nbsp;<\/em>offrentun large d\u00e9veloppement biblique qui aide \u00e0 montrer comment l\u2019authentique d\u00e9votion mariale n\u2019appara\u00eet pas seulement dans la riche Tradition de l\u2019\u00c9glise mais d\u00e9j\u00e0 dans la Sainte \u00c9criture. Cette empreinte biblique exceptionnelle est accompagn\u00e9e de textes des P\u00e8res, des Docteurs de l\u2019\u00c9glise et des derniers Pontifes. De cette fa\u00e7on, plut\u00f4t que de proposer des limites, la&nbsp;<em>Note&nbsp;<\/em>cherche \u00e0 accompagner et \u00e0 soutenir l\u2019amour envers Marie et la confiance en sa maternelle intercession.<\/p>\n\n\n\n<p><em>V\u00edctor Card. Fern\u00e1ndez<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Pr\u00e9fet<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[1] Conseil \u00c9piscopal Latino-am\u00e9ricain,&nbsp;<em>V<sup>e<\/sup>&nbsp;Conf\u00e9rence G\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00c9piscopat d\u2019Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes&nbsp;<\/em>(Aparecida, 13-31 mai 2007), n. 265. Cit\u00e9 au n. 78 de la<em>&nbsp;Note<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><em>Introduction<\/em><\/h1>\n\n\n\n<p>1. [<em>Mater populi fidelis<\/em>] LaM\u00e8re du Peuple fid\u00e8le[1] est contempl\u00e9e avec affection et admiration par les chr\u00e9tiens, parce que, si la gr\u00e2ce nous rend semblables au Christ, Marie est l\u2019expression la plus parfaite de son action qui transforme notre humanit\u00e9. Elle est la manifestation f\u00e9minine de tout ce que la gr\u00e2ce du Christ peut op\u00e9rer dans un \u00eatre humain. Face \u00e0 une telle beaut\u00e9, pouss\u00e9s par l\u2019amour, de nombreux fid\u00e8les ont toujours cherch\u00e9 \u00e0 se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la M\u00e8re avec les paroles les plus belles et ont exalt\u00e9 la place particuli\u00e8re qu\u2019elle occupe avec le Christ.<\/p>\n\n\n\n<p>2. Ce Dicast\u00e8re a r\u00e9cemment publi\u00e9 les&nbsp;<em>Normes proc\u00e9durales pour le discernement de ph\u00e9nom\u00e8nes surnaturels pr\u00e9sum\u00e9s<\/em>[2]. En relation avec ces ph\u00e9nom\u00e8nes, il est fr\u00e9quent que certains titres[3] et expressions qui se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 la Vierge Marie soient utilis\u00e9s. Ces titres, dont certains apparaissent d\u00e9j\u00e0 chez les Saints P\u00e8res, ne sont pas toujours utilis\u00e9s avec pr\u00e9cision ; parfois, leur sens est modifi\u00e9 ou ils sont mal interpr\u00e9t\u00e9s. Outre les probl\u00e8mes terminologiques, certains titres pr\u00e9sentent d\u2019importantes difficult\u00e9s de contenu, parce qu\u2019il y a souvent une compr\u00e9hension erron\u00e9e de la figure de Marie avec de graves r\u00e9percussions au niveau christologique[4], eccl\u00e9siologique[5] et anthropologique[6].<\/p>\n\n\n\n<p>3. Le principal probl\u00e8me dans l\u2019interpr\u00e9tation de ces titres appliqu\u00e9s \u00e0 la Vierge Marie est de comprendre comment Marie est associ\u00e9e \u00e0 l\u2019\u0153uvre r\u00e9demptrice du Christ, c\u2019est-\u00e0-dire : \u00ab Quelle est la signification de la coop\u00e9ration unique de Marie au plan du salut ? \u00bb[7]. Sans vouloir \u00e9puiser la r\u00e9flexion ou \u00eatre exhaustif, le pr\u00e9sent document cherche \u00e0 pr\u00e9server l\u2019\u00e9quilibre n\u00e9cessaire qui doit s\u2019\u00e9tablir, dans les myst\u00e8res chr\u00e9tiens, entre l\u2019unique m\u00e9diation du Christ et la coop\u00e9ration de Marie \u00e0 l\u2019\u0153uvre du salut, et il entend montrer aussi comment celle-ci s\u2019exprime dans divers titres mariaux.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><em>La coop\u00e9ration de Marie \u00e0 l\u2019\u0153uvre du salut<\/em><\/h1>\n\n\n\n<p>4. Traditionnellement, la coop\u00e9ration de Marie \u00e0 l\u2019\u0153uvre du salut a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9e selon une double perspective : \u00e0 partir de sa participation \u00e0 la R\u00e9demption&nbsp;<em>objective,&nbsp;<\/em>accomplie par le Christ au cours de sa vie et particuli\u00e8rement dans la P\u00e2ques, et \u00e0 partir de l\u2019influence qu\u2019elle a&nbsp;<em>actuellement&nbsp;<\/em>sur ceux qui ont \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9s. En r\u00e9alit\u00e9, ces perspectives sont li\u00e9es entre elles et ne peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es isol\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p>5. La participation de Marie \u00e0 l\u2019\u0153uvre salvifique du Christ est attest\u00e9e dans les \u00c9critures qui pr\u00e9sentent l\u2019\u00e9v\u00e9nement salvifique accompli en J\u00e9sus-Christ comme une&nbsp;<em>promesse,<\/em>&nbsp;dans les \u00e9crits v\u00e9t\u00e9rotestamentaires, et comme une&nbsp;<em>r\u00e9alisation,<\/em>&nbsp;dans le Nouveau Testament. Ainsi, Marie appara\u00eet-elle d\u00e9j\u00e0 en&nbsp;<em>Gn<\/em>&nbsp;3, 15, parce qu\u2019elle est la Femme qui participe \u00e0 la victoire d\u00e9finitive contre le serpent. C\u2019est pourquoi, il n\u2019est pas surprenant que J\u00e9sus s\u2019adresse \u00e0 Marie avec l\u2019appellation de \u00ab Femme \u00bb au du Calvaire, (<em>Jn&nbsp;<\/em>19, 26). \u00c0 Cana aussi, J\u00e9sus l\u2019appelle \u00ab Femme \u00bb (<em>Jn<\/em>&nbsp;2, 4), renvoyant \u00e0 Marie et \u00e0 son r\u00f4le, pr\u00e8s de Lui, \u00e0 \u201cl\u2019Heure\u201d de la Croix.<\/p>\n\n\n\n<p>6. L\u00e0, \u00e0 cette \u201cHeure\u201d, se manifeste la collaboration de Marie qui prononce \u00e0 nouveau le \u201coui\u201d de l\u2019Annonciation et, dans ce moment sacr\u00e9, l\u2019\u00c9vangile passe du mot \u00ab Femme \u00bb sur les l\u00e8vres de J\u00e9sus&nbsp;<em>(Jn<\/em>&nbsp;19, 26) \u00e0 la pr\u00e9sentation de Marie comme \u00ab M\u00e8re \u00bb (<em>Jn<\/em>&nbsp;19, 27). Lorsque l\u2019\u00c9vangile explique qu\u2019en r\u00e9ponse le disciple, qui nous repr\u00e9sente tous, la re\u00e7ut, il utilise un verbe (<em>lamban\u014d<\/em>) qui, dans l\u2019\u00c9vangile, prend le sens d\u2019\u201caccueillir\u201d dans la foi (cf.&nbsp;<em>Jn<\/em>&nbsp;1, 11-12 ; 5, 43 et 13, 20). C\u2019est aussi le verbe utilis\u00e9 par le quatri\u00e8me \u00c9vangile pour exprimer que la Lumi\u00e8re est venue chez les siens et qu\u2019ils ne l\u2019ont pas \u00ab accueillie \u00bb (<em>Jn<\/em>&nbsp;1, 11). Cela veut dire que le disciple, qui tenait notre place pr\u00e8s de Marie, l\u2019a accueillie comme une m\u00e8re dans la foi. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s nous avoir donn\u00e9 Marie comme m\u00e8re que J\u00e9sus reconna\u00eetra que \u00ab tout est accompli \u00bb (<em>Jn<\/em>&nbsp;19, 28). Cette allusion solennelle \u00e0 l\u2019accomplissement emp\u00eache d\u2019interpr\u00e9ter l\u2019\u00e9pisode de mani\u00e8re superficielle. La maternit\u00e9 de Marie \u00e0 notre \u00e9gard fait partie de l\u2019accomplissement du dessein divin qui se r\u00e9alise dans la P\u00e2que du Christ. En un sens semblable, l\u2019<em>Apocalypse<\/em>&nbsp;pr\u00e9sente la \u00ab Femme \u00bb (<em>Ap<\/em>&nbsp;12, 1) comme la m\u00e8re du Messie (cf.&nbsp;<em>Ap&nbsp;<\/em>12, 5) et comme la m\u00e8re du \u00ab reste de ses enfants \u00bb (<em>Ap<\/em>&nbsp;12, 17).<\/p>\n\n\n\n<p>7. Il faut se rappeler que Marie de Nazareth peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme le \u00ab t\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9 \u00bb[8] des \u00e9v\u00e9nements de l\u2019enfance de J\u00e9sus[9] qui apparaissent dans les \u00c9vangiles (cf.<em>&nbsp;Lc<\/em>&nbsp;1-2;&nbsp;<em>Mt<\/em>&nbsp;1-2). Dans le prologue de son \u00c9vangile, Luc met en garde ses lecteurs : \u00ab Puisque beaucoup ont entrepris de composer un r\u00e9cit des \u00e9v\u00e9nements qui se sont accomplis parmi nous,d\u2019apr\u00e8s ce que nous ont transmis ceux qui furent d\u00e8s le d\u00e9but t\u00e9moins oculaires [\u2026] j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9, moi aussi, [\u2026] de tout examiner avec diligence d\u00e8s le commencement \u00bb (<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 1-3). Parmi ces t\u00e9moins oculaires, se distingue Marie, protagoniste directe de la conception, de la naissance et de l\u2019enfance du Seigneur J\u00e9sus. On peut dire la m\u00eame chose des r\u00e9cits de la Passion, puisque \u00ab pr\u00e8s de la croix de J\u00e9sus \u00bb se tenait \u00ab sa m\u00e8re \u00bb (<em>Jn<\/em>&nbsp;19, 25), et de l\u2019attente de la Pentec\u00f4te, quand les ap\u00f4tres \u00e9taient \u00ab assidus \u00e0 la pri\u00e8re avec quelques femmes, dont Marie m\u00e8re de J\u00e9sus \u00bb (<em>Ac<\/em>&nbsp;1, 14).<\/p>\n\n\n\n<p>8. Dans l\u2019\u00c9vangile de Luc, Marie est la nouvelle Fille de Sion qui re\u00e7oit et transmet la&nbsp;<em>joie<\/em>&nbsp;du salut. Luc reprend les promesses proph\u00e9tiques qui annon\u00e7aient la joie messianique (cf.&nbsp;<em>So<\/em>&nbsp;3, 14-17 ;&nbsp;<em>Za<\/em>&nbsp;9, 9). En elle s\u2019accomplissent les promesses qui firent tressaillir de joie Jean-Baptiste (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 41). \u00c9lisabeth se pr\u00e9sente comme indigne de recevoir la visite de Marie : \u00ab Comment m\u2019est-il donn\u00e9 que vienne \u00e0 moi la&nbsp;<em>m\u00e8re<\/em>&nbsp;de mon Seigneur ? \u00bb (<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 43). \u00c9lisabeth ne dit pas : \u201cQui suis-je pour que mon Seigneur me visite ?\u201d Elle se r\u00e9f\u00e8re directement&nbsp;<em>\u00e0 la m\u00e8re<\/em>, ce qui nous fait voir le lien indissoluble entre la mission du Christ et celle de Marie. \u00c9lisabeth parle remplie de l\u2019Esprit Saint (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 41), afin que son attitude envers Marie soit pr\u00e9sent\u00e9e comme un mod\u00e8le de foi. Pouss\u00e9e par l\u2019Esprit, elle prononce les paroles suivantes : \u00ab B\u00e9nie es-tu entre les femmes, et b\u00e9ni le fruit de ton sein ! \u00bb (<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 42). Il est frappant de constater que, sous l\u2019action de l\u2019Esprit, il ne lui suffit pas de d\u00e9clarer J\u00e9sus \u201cb\u00e9ni\u201d, mais qu\u2019elle d\u00e9clare \u201cb\u00e9nie\u201d aussi la m\u00e8re. Elle les contemple intimement unis dans ce moment de joie messianique. Marie appara\u00eet ici comme la femme \u201cheureuse\u201d par excellence : \u00ab Bienheureuse celle qui a cru \u00bb (<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 45) ; \u00ab Mon esprit tr\u00e9saille de joie \u00bb (<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 47) ; \u00ab toutes les g\u00e9n\u00e9rations me diront bienheureuse \u00bb (<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 48). Cela devient encore plus important si l\u2019on remarque que, dans l\u2019\u00c9vangile de Luc, ce bonheur n\u2019appara\u00eet pas comme un \u00e9tat d\u2019esprit, mais comme l\u2019accomplissement des promesses messianiques chez les petits (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;6, 20-22), qui re\u00e7oivent une grande r\u00e9compense dans le ciel (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;6, 23).<\/p>\n\n\n\n<p>9. Dans les premiers si\u00e8cles du christianisme, les Saints P\u00e8res s\u2019int\u00e9ress\u00e8rent principalement \u00e0 la maternit\u00e9 divine de Marie (<em>Theotokos<\/em>), \u00e0 sa virginit\u00e9 perp\u00e9tuelle (<em>Aeiparthenos<\/em>), \u00e0 sa saintet\u00e9 parfaite, exempte de p\u00e9ch\u00e9 tout au long de sa vie (<em>Panagia<\/em>), et \u00e0 son r\u00f4le de nouvelle \u00c8ve[10], en concentrant sur le myst\u00e8re de l\u2019Incarnation la r\u00e9flexion sur l\u2019association de Marie \u00e0 la R\u00e9demption du Christ. Le \u201coui\u201d de Marie devant le salut de l\u2019archange Gabriel afin que le Verbe de Dieu prenne chair en son sein (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 26-27), donne \u00e0 l\u2019\u00eatre humain la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre divinis\u00e9. Saint Augustin d\u00e9clare donc la Vierge \u201ccoop\u00e9ratrice\u201d de la R\u00e9demption, insistant \u00e0 la fois sur l\u2019action de Marie avec le Christ et sur sa subordination \u00e0 Lui, car Marie coop\u00e8re avec le Christ afin que \u00ab les fid\u00e8les naissent dans l\u2019\u00c9glise \u00bb[11] et, pour cette raison, nous pouvons l\u2019appeler&nbsp;<em>M\u00e8re du Peuple fid\u00e8le<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>10. Au cours du premier mill\u00e9naire, la r\u00e9flexion sur la Vierge Marie dans l\u2019\u00c9glise renvoie \u00e0 la liturgie. La grande et riche diversit\u00e9 des traditions liturgiques de l\u2019Orient chr\u00e9tien voulait \u00eatre un \u00e9cho fid\u00e8le des Saintes \u00c9critures, des Conciles et des P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise. La&nbsp;<em>lex orandi<\/em>, qui devint&nbsp;<em>lex credendi<\/em>, configure la mariologie orientale d\u2019apr\u00e8s l\u2019hymnographie, l\u2019iconographie et la pi\u00e9t\u00e9 populaire[12]. Par exemple, \u00e0 partir du V<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle furent \u00e9tablies en Orient les f\u00eates mariales qui, par la suite, au VII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, pass\u00e8rent en Occident. La participation de la M\u00e8re de Dieu \u00e0 l\u2019\u0153uvre du salut est mentionn\u00e9e non seulement dans toutes les anaphores et liturgies eucharistiques des \u00c9glises orientales, mais aussi et surtout dans les textes hymnographiques utilis\u00e9s aux heures canoniales, pr\u00e9sents dans les diff\u00e9rentes traditions liturgiques de l\u2019Orient chr\u00e9tien. L\u2019<em>hymnographie<\/em>&nbsp;abonde en compositions d\u00e9di\u00e9es \u00e0 Marie et riches d\u2019all\u00e9gories bibliques[13] dans lesquelles on invoque l\u2019intercession de la M\u00e8re de Dieu et qui permirent d\u2019approfondir le myst\u00e8re fondamental de l\u2019Incarnation et sa signification pour la R\u00e9demption dans le Christ, gr\u00e2ce \u00e0 un langage riche de symbolisme po\u00e9tique capable d\u2019exprimer l\u2019\u00e9merveillement et la stup\u00e9faction de ceux qui, \u00e9tant de la m\u00eame lign\u00e9e que Marie, contemplent les prodiges que le Tout-Puissant a r\u00e9alis\u00e9s en elle[14].<\/p>\n\n\n\n<p>11. L\u2019enseignement des premiers conciles \u0153cum\u00e9niques commence \u00e0 dessiner le dogme de Marie, M\u00e8re de Dieu, proclam\u00e9 ensuite au Concile d\u2019\u00c9ph\u00e8se. L\u2019Orient chr\u00e9tien a toujours d\u00e9fendu doctrinalement les dogmes d\u00e9finis par ces premiers conciles, au moins dans les \u00c9glises qui ont accept\u00e9 les Conciles d\u2019\u00c9ph\u00e8se et de Chalc\u00e9doine. En m\u00eame temps, elle a accueilli, dans ses traditions liturgiques, hymnographiques et iconographiques, les r\u00e9cits et l\u00e9gendes mariales populaires relatifs aux r\u00e9cits de l\u2019enfance et de la mort de J\u00e9sus. Ces narrations cherchent \u00e0 nourrir la pi\u00e9t\u00e9 du Peuple de Dieu, en donnant voix au lyrisme des images po\u00e9tiques, qui n\u2019ont d\u2019autre objectif que de susciter l\u2019\u00e9merveillement. Cette v\u00e9n\u00e9ration de la M\u00e8re de Dieu se manifeste aussi \u00e0 travers l\u2019<em>iconographie<\/em>&nbsp;qui offre une image visuelle de Marie et du Verbe incarn\u00e9. Il reste significatif que les iconographies traditionnelles de ces \u00c9glises li\u00e9es aux conciles d\u2019\u00c9ph\u00e8se et de Chalc\u00e9doine repr\u00e9sentent majoritairement Marie comme \u201cTheotokos\u201d[15] et furent r\u00e9alis\u00e9es pour&nbsp;<em>contempler<\/em>&nbsp;en elles la Vierge-M\u00e8re qui pr\u00e9sente au monde et \u00e9treint son Fils, l\u2019enfant J\u00e9sus, tandis qu\u2019elle interc\u00e8de pour l\u2019humanit\u00e9 aupr\u00e8s de Lui. Ainsi, l\u2019iconographie mariale orientale, en tant que&nbsp;<em>k\u00e9rygme<\/em>&nbsp;et rappel visuel en couleurs de la th\u00e9ologie des premiers conciles et des Saints P\u00e8res, veut \u00eatre une traduction visuelle des titres sp\u00e9cifiques qui s\u2019appliquent \u00e0 la Vierge[16]. C\u2019est pourquoi les ic\u00f4nes doivent \u00eatre \u201clues\u201d \u00e0 partir de la liturgie et des hymnes. Marie n\u2019est pas l\u2019objet d\u2019un culte plac\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du Christ, mais elle est ins\u00e9r\u00e9e dans le myst\u00e8re du Christ \u00e0 travers l\u2019Incarnation[17]. Elle est l\u2019ic\u00f4ne en qui se v\u00e9n\u00e8re le Christ lui-m\u00eame. Elle est la&nbsp;<em>Theotokos<\/em>, la Vierge M\u00e8re qui pr\u00e9sente son fils J\u00e9sus, le Christ, et elle est, en m\u00eame temps, l\u2019<em>Odigitria<\/em>&nbsp;qui montre, en le d\u00e9signant de sa main, le seul Chemin qui est le Christ.<\/p>\n\n\n\n<p>12. \u00c0 partir du XII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, la th\u00e9ologie occidentale[18] s\u2019est tourn\u00e9e vers la relation qui unit la Vierge M\u00e8re au myst\u00e8re de la R\u00e9demption cruelle du Calvaire, et associe l\u2019image de l\u2019\u00e9p\u00e9e de Sim\u00e9on \u00e0 la Croix du Christ. La pr\u00e9sence de Marie au pied de la Croix est comprise comme un signe de force chr\u00e9tienne, pleine d\u2019amour maternel. Saint Bernard, dans un commentaire sur la pr\u00e9sentation de J\u00e9sus au Temple, parle de la coop\u00e9ration de Notre Dame au sacrifice r\u00e9dempteur [19]. Arnaud, ami de saint Bernard et abb\u00e9 b\u00e9n\u00e9dictin de Bonneval (mort apr\u00e8s 1159), consid\u00e8re pour la premi\u00e8re fois la coop\u00e9ration de Marie au sacrifice du Calvaire, unie \u00e0 son Fils J\u00e9sus-Christ[20].<\/p>\n\n\n\n<p>13. La coop\u00e9ration de la M\u00e8re et du Fils \u00e0 l\u2019\u0153uvre du salut a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e par le Magist\u00e8re de l\u2019\u00c9glise[21]. Comme le dit le Concile Vatican II, \u00ab les Saints P\u00e8res consid\u00e8rent Marie non pas simplement comme un instrument passif aux mains de Dieu, mais comme apportant au salut des hommes la coop\u00e9ration de sa libre foi et de son ob\u00e9issance \u00bb[22]. Cette association de la Vierge est pr\u00e9sente \u00e0 la fois dans la vie terrestre de J\u00e9sus-Christ (conception, naissance, mort et R\u00e9surrection) et dans le temps de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n\n\n\n<p>14. Le dogme de l\u2019Immacul\u00e9e Conception met l\u2019accent sur la primaut\u00e9 et l\u2019unicit\u00e9 du Christ dans la R\u00e9demption, parce que m\u00eame la premi\u00e8re rachet\u00e9e est rachet\u00e9e par le Christ et transform\u00e9e par l\u2019Esprit, avant toute possibilit\u00e9 d\u2019une action propre[23]. C\u2019est \u00e0 partir de cette condition particuli\u00e8re de \u201cpremi\u00e8re rachet\u00e9e\u201d par le Christ, de \u201cpremi\u00e8re transform\u00e9e\u201d par l\u2019Esprit-Saint, que Marie peut coop\u00e9rer plus intens\u00e9ment et plus profond\u00e9ment avec le Christ et avec l\u2019Esprit, en devenant un prototype[24], un mod\u00e8le et un exemple de ce que Dieu veut accomplir en chaque personne rachet\u00e9e[25].<\/p>\n\n\n\n<p>15. La collaboration de Marie \u00e0 l\u2019\u0153uvre du salut a une structure trinitaire, parce qu\u2019elle est le fruit d\u2019une initiative du P\u00e8re, qui a vu la&nbsp;<em>petitesse<\/em>&nbsp;de sa Servante (cf.&nbsp;<em>Lc&nbsp;<\/em>1, 48) ; elle jaillit de la&nbsp;<em>ken\u014dsis&nbsp;<\/em>du Fils, qui s\u2019est humili\u00e9 en prenant la forme d\u2019un Serviteur (cf.&nbsp;<em>Ph<\/em>&nbsp;2, 7-8) et elle est l\u2019effet de la gr\u00e2ce de l\u2019Esprit-Saint (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 28.30), qui a dispos\u00e9 le c\u0153ur de la jeune femme de Nazareth de telle fa\u00e7on qu\u2019elle r\u00e9ponde \u00e0 l\u2019Annonciation et tout au long de sa vie de communion avec son Fils. Saint Paul VI enseignait que \u00ab dans la Vierge, tout se rapporte au Christ et tout d\u00e9pend de lui : c\u2019est pour lui que Dieu le P\u00e8re, de toute \u00e9ternit\u00e9, l\u2019a choisie comme M\u00e8re toute sainte et l\u2019a par\u00e9e de dons de l\u2019Esprit \u00e0 nul autre consentis \u00bb[26]. Le oui de Marie n\u2019est pas une simple condition pr\u00e9alable \u00e0 quelque chose qui aurait pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 sans son consentement ni sa collaboration. Sa maternit\u00e9 n\u2019est pas simplement biologique et passive[27], mais elle est une maternit\u00e9 \u00ab pleinement&nbsp;<em>active&nbsp;<\/em>\u00bb[28] qui s\u2019unit au myst\u00e8re salvifique du Christ comme instrument aim\u00e9 par le P\u00e8re dans son dessein de salut. Elle \u00ab est la garantie qu\u2019Il est vraiment homme, en tant que \u201cn\u00e9 d\u2019une femme\u201d (<em>Ga<\/em>&nbsp;4, 4), mais elle est aussi, depuis la proclamation du dogme de Nic\u00e9e, la&nbsp;<em>Theotokos<\/em>, celle qui enfante Dieu \u00bb[29].<\/p>\n\n\n\n<p><em>Titres faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la coop\u00e9ration de Marie au salut<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>16. Parmi les titres sous lesquels Marie a \u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9e (M\u00e8re de la Mis\u00e9ricorde, Esp\u00e9rance des pauvres, Aide des chr\u00e9tiens, Secours, Avocate, etc.), certains se r\u00e9f\u00e8rent davantage \u00e0 sa collaboration \u00e0 l\u2019\u0153uvre r\u00e9demptrice du Christ, comme par exemple Co-r\u00e9demptrice et M\u00e9diatrice.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Co-r\u00e9demptrice<\/h2>\n\n\n\n<p>17. Le titre de&nbsp;<em>Co-r\u00e9demptrice<\/em>&nbsp;appara\u00eet au XV<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle comme une correction \u00e0 l\u2019invocation de&nbsp;<em>R\u00e9demptrice<\/em>&nbsp;(comme abr\u00e9viation de M\u00e8re du R\u00e9dempteur) que Marie recevait depuis le X<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Saint Bernard attribue \u00e0 Marie un r\u00f4le au pied de la Croix qui donne naissance au titre de&nbsp;<em>Co-r\u00e9demptrice<\/em>, qui appara\u00eet pour la premi\u00e8re fois dans un hymne anonyme du XV<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle \u00e0 Salzbourg[30]. Bien que le nom de&nbsp;<em>R\u00e9demptrice&nbsp;<\/em>ait \u00e9t\u00e9 maintenu aux XVI<sup>e<\/sup>&nbsp;et XVII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cles, il disparut compl\u00e8tement au XVIII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle pour \u00eatre remplac\u00e9 par&nbsp;<em>Co-r\u00e9demptrice.<\/em>&nbsp;La recherche th\u00e9ologique sur la coop\u00e9ration de Marie \u00e0 la R\u00e9demption, au cours de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, a conduit \u00e0 approfondir le contenu du titre de&nbsp;<em>Co-r\u00e9demptrice<\/em>[31].<\/p>\n\n\n\n<p>18. Certains Pontifes ont utilis\u00e9 ce titre sans trop s\u2019attarder \u00e0 l\u2019expliquer[32]. D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, ils l\u2019ont pr\u00e9sent\u00e9 de deux mani\u00e8res pr\u00e9cises: par rapport \u00e0 la maternit\u00e9 divine, dans la mesure o\u00f9 Marie, en tant que m\u00e8re, a rendu possible la R\u00e9demption accomplie dans le Christ[33], ou en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son union avec le Christ pr\u00e8s de la Croix r\u00e9demptrice[34]. Le Concile Vatican II a \u00e9vit\u00e9 d\u2019utiliser le titre de Co-r\u00e9demptrice pour des raisons dogmatiques, pastorales et \u0153cum\u00e9niques. Saint Jean Paul II l\u2019a utilis\u00e9 \u00e0 sept reprises au moins, en le rapportant en particulier \u00e0 la valeur salvifique de nos souffrances offertes avec celles du Christ \u00e0 qui Marie est unie avant tout sur la Croix[35].<\/p>\n\n\n\n<p>19. Lors de la&nbsp;<em>Feria<\/em>&nbsp;IV du 21 f\u00e9vrier 1996, le Pr\u00e9fet de ce qu\u2019on appelait alors la Congr\u00e9gation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Joseph Ratzinger, en r\u00e9ponse \u00e0 la question de savoir si la demande du mouvement&nbsp;<em>Vox Populi Mariae Mediatrici&nbsp;<\/em>d\u2019une d\u00e9finition du dogme de Marie comme co-r\u00e9demptrice ou m\u00e9diatrice de toutes gr\u00e2ces \u00e9tait acceptable, a r\u00e9pondu dans son&nbsp;<em>votum<\/em>&nbsp;personnel : \u00ab N\u00e9gatif. La signification pr\u00e9cise des titres n\u2019est pas claire et la doctrine qu\u2019ils contiennent n\u2019est pas m\u00fbre. Une doctrine d\u00e9finie de foi divine appartient au d\u00e9p\u00f4t de la foi, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation divine v\u00e9hicul\u00e9e dans l\u2019\u00c9criture et dans la tradition apostolique. Or, on ne voit pas clairement comment la doctrine exprim\u00e9e dans les titres est pr\u00e9sente dans l\u2019\u00c9criture et dans la tradition apostolique \u00bb[36]. Plus tard, en 2002, il s\u2019est exprim\u00e9 publiquement contre l\u2019utilisation de ce titre : \u00ab La formule \u201cCo-r\u00e9demptrice\u201d est trop \u00e9loign\u00e9e du langage de l\u2019\u00c9criture et de la patristique et provoque ainsi des malentendus\u2026 Tout proc\u00e8de de Lui, comme le disent surtout les Lettres aux \u00c9ph\u00e9siens et aux Colossiens. Marie est ce qu\u2019elle est gr\u00e2ce \u00e0 Lui. Le mot \u201cco-r\u00e9demptrice\u201d \u00e9clipserait cette origine \u00bb. Le Cardinal Ratzinger ne niait pas qu\u2019il y aurait de bonnes intentions et des aspects valables dans la proposition d\u2019utiliser ce titre, mais il soutenait qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un \u00ab terme erron\u00e9 \u00bb[37].<\/p>\n\n\n\n<p>20. Le Cardinal de l\u2019\u00e9poque mentionnait les Lettres aux \u00c9ph\u00e9siens et aux Colossiens, o\u00f9 le vocabulaire utilis\u00e9 et le dynamisme th\u00e9ologique des hymnes pr\u00e9sentent de telle mani\u00e8re la centralit\u00e9 r\u00e9demptrice unique et la fontalit\u00e9 du Fils incarn\u00e9 que la possibilit\u00e9 d\u2019y ajouter d\u2019autres m\u00e9diations est exclue, parce que \u00ab toutes sortes de b\u00e9n\u00e9dictions spirituelles \u00bb nous sont donn\u00e9es \u00ab dans le Christ \u00bb (<em>Ep&nbsp;<\/em>1, 3) ; parceque nous sommes&nbsp;<em>pour Lui&nbsp;<\/em>des fils adoptifs (cf.&nbsp;<em>Ep<\/em>&nbsp;1, 5) et&nbsp;<em>en Lui&nbsp;<\/em>nous avons \u00e9t\u00e9 combl\u00e9s de gr\u00e2ce (cf.&nbsp;<em>Ep<\/em>&nbsp;1, 6), \u00ab En Lui nous trouvons la r\u00e9demption, par son sang \u00bb (<em>Ep&nbsp;<\/em>1, 7) et\u00ab&nbsp;<em>Il<\/em>&nbsp;nous a prodigu\u00e9s \u00bb (<em>Ep&nbsp;<\/em>1, 8) sa grace.&nbsp;<em>En<\/em>&nbsp;<em>Lui,&nbsp;<\/em>\u00ab nous avons \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 part \u00bb (<em>Ep&nbsp;<\/em>1, 11) et nous avons \u00e9t\u00e9 pr\u00e9destin\u00e9s. Et Dieu a voulu&nbsp;<em>\u00ab<\/em>&nbsp;faire habiter en Lui toute la Pl\u00e9nitude \u00bb (<em>Col<\/em>&nbsp;1, 19) et, \u00ab par Lui, r\u00e9concilier tous les \u00eatres pour Lui \u00bb (<em>Col&nbsp;<\/em>1, 20). Une telle louange sur la place unique du Christ nous invite \u00e0 mettre chaque cr\u00e9ature en situation clairement r\u00e9ceptive, et \u00e0 une prudence religieuse et d\u00e9licate lorsque nous envisageons toute forme de coop\u00e9ration possible dans le domaine de la R\u00e9demption.<\/p>\n\n\n\n<p>21. Le Pape Fran\u00e7ois a clairement exprim\u00e9 sa position au moins trois fois contre l\u2019utilisation du titre de&nbsp;<em>Co-r\u00e9demptrice<\/em>, all\u00e9guant que Marie&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;<\/em>n\u2019a jamais voulu prendre pour elle quelque chose de son Fils. Elle ne s\u2019est jamais pr\u00e9sent\u00e9e comme co-r\u00e9demptrice<em>. Non, disciple<\/em>&nbsp;\u00bb[38]<em>.&nbsp;<\/em>L\u2019\u0153uvre r\u00e9demptrice a \u00e9t\u00e9 parfaite et n\u2019a besoin d\u2019aucun ajout. C\u2019est pourquoi \u00ab la Vierge n\u2019a voulu obtenir aucun titre de J\u00e9sus [\u2026]. Elle n\u2019a pas demand\u00e9 d\u2019\u00eatre elle-m\u00eame une quasi-r\u00e9demptrice ou une co-r\u00e9demptrice: non. Il n\u2019y a qu\u2019un seul R\u00e9dempteur et ce titre ne se d\u00e9double pas \u00bb[39]. Le Christ \u00ab est l\u2019unique R\u00e9dempteur : il n\u2019y a pas de co-r\u00e9dempteurs avec le Christ \u00bb[40]. Parce que \u00ab le sacrifice de la Croix, offert avec un c\u0153ur aimant et ob\u00e9issant, pr\u00e9sente une satisfaction surabondante et infinie \u00bb[41]. Bien que nous puissions prolonger ses effets dans le monde (cf.&nbsp;<em>Col&nbsp;<\/em>1 :24), ni l\u2019\u00c9glise ni Marie ne peuvent remplacer, ni perfectionner, l\u2019\u0153uvre r\u00e9demptrice du Fils de Dieu incarn\u00e9, qui a \u00e9t\u00e9 parfaite et n\u2019a pas besoin d\u2019ajouts.<\/p>\n\n\n\n<p><em>22. Compte tenu de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019expliquer le r\u00f4le subordonn\u00e9 de Marie au Christ dans l\u2019\u0153uvre de la R\u00e9demption, l\u2019utilisation du titre de Co-r\u00e9demptrice pour d\u00e9finir la coop\u00e9ration de Marie est toujours inopportune. Ce titre risque d\u2019obscurcir l\u2019unique m\u00e9diation salvifique du Christ et peut donc g\u00e9n\u00e9rer une confusion et un d\u00e9s\u00e9quilibre dans l\u2019harmonie des v\u00e9rit\u00e9s de la foi chr\u00e9tienne, parce qu\u2019<\/em>\u00ab il n\u2019y a de salut en personne d\u2019autre \u00bb, car \u00ab il n\u2019y a pas sous le ciel d\u2019autre nom donn\u00e9 aux hommes par lequel nous devions \u00eatre sauv\u00e9s \u00bb (<em>Ac<\/em>&nbsp;4, 12). Lorsqu\u2019une expression n\u00e9cessite des explications nombreuses et constantes, afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019elle ne s\u2019\u00e9carte d\u2019un sens correct, elle ne rend pas service \u00e0 la foi du Peuple de Dieu et devient&nbsp;<em>g\u00e8nante<\/em>. Dans ce cas, elle n\u2019aide pas \u00e0 exhalter Marie comme la premi\u00e8re et la plus grande collaboratrice dans l\u2019\u0153uvre de la R\u00e9demption et de la gr\u00e2ce, parce que le danger d\u2019obscurcir la place exclusive de J\u00e9sus-Christ, Fils de Dieu fait homme pour notre salut, le seul capable d\u2019offrir au P\u00e8re un sacrifice d\u2019une valeur infinie, ne serait pas un v\u00e9ritable honneur pour la M\u00e8re. En effet, en tant que \u00ab servante du Seigneur \u00bb (<em>Lc&nbsp;<\/em>1, 38), elle nous indique le Christ et nous demande : \u00ab Tout ce qu\u2019Il vous dira, faites-le \u00bb (<em>Jn<\/em>&nbsp;2, 5).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9diatrice<\/h2>\n\n\n\n<p>23. Le concept de m\u00e9diation est utilis\u00e9 dans la patristique orientale \u00e0 partir du VI<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Au cours des si\u00e8cles suivants, saint Andr\u00e9 de Cr\u00e8te[42], saint Germain de Constantinople[43] et saint Jean Damasc\u00e8ne[44] utilisent ce titre avec des significations diff\u00e9rentes. En Occident, son utilisation est devenue plus fr\u00e9quente \u00e0 partir du XII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, bien que ce ne soit qu\u2019au XVII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 \u00e9nonc\u00e9 comme une th\u00e8se doctrinale. En 1921, le Cardinal Mercier, Archev\u00eaque de Malines, avec la collaboration scientifique de l\u2019Universit\u00e9 Catholique de Louvain et le soutien des \u00e9v\u00eaques, du clerg\u00e9 et du peuple belge, demanda au Pape Beno\u00eet XV la d\u00e9finition dogmatique de la m\u00e9diation universelle de Marie, mais le Pape ne fut pas d\u2019accord. Il n\u2019approuva qu\u2019une f\u00eate, avec sa messe propre et l\u2019office de Marie M\u00e9diatrice[45]. \u00c0 partir de ce moment-l\u00e0 et jusqu\u2019en 1950, des recherches th\u00e9ologiques ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es sur la question qui devaient aboutir \u00e0 la phase pr\u00e9paratoire du Concile Vatican II. Le Concile n\u2019est pas entr\u00e9 dans des d\u00e9clarations dogmatiques[46] mais a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 pr\u00e9senter une vaste synth\u00e8se \u00ab de la doctrine catholique sur la place qu\u2019occupe la Tr\u00e8s Sainte Vierge Marie dans le myst\u00e8re du Christ et de l\u2019\u00c9glise \u00bb[47].<\/p>\n\n\n\n<p>24. La phrase biblique qui se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la m\u00e9diation exclusive du Christ est d\u00e9cisive. Le Christ est l\u2019unique M\u00e9diateur, \u00ab car Dieu est unique, unique aussi le m\u00e9diateur entre Dieu et les hommes, le Christ J\u00e9sus, homme lui-m\u00eame, qui s\u2019est livr\u00e9 en ran\u00e7on pour tous \u00bb (<em>1 Tm<\/em>&nbsp;2, 5-6). L\u2019\u00c9glise a expliqu\u00e9 cette place unique du Christ, parce que, \u00e9tant le Fils \u00e9ternel et infini, l\u2019humanit\u00e9 qu\u2019Il a assum\u00e9e Lui est hypostatiquement unie. Ce lieu est exclusif de cette Humanit\u00e9, et les cons\u00e9quences qui en d\u00e9coulent ne peuvent s\u2019appliquer qu\u2019au Christ. En ce sens pr\u00e9cis, le r\u00f4le du Verbe incarn\u00e9 est exclusif et unique. Face \u00e0 une telle clart\u00e9 dans la Parole r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, une prudence particuli\u00e8re s\u2019impose dans l\u2019application de l\u2019expression \u201cM\u00e9diatrice\u201d \u00e0 Marie. Face \u00e0 une tendance \u00e0 \u00e9largir le champ de la coop\u00e9ration de Marie sur la base de ce terme, il convient d\u2019en pr\u00e9ciser \u00e0 la fois la port\u00e9e pr\u00e9cieuse et les limites.<\/p>\n\n\n\n<p>25. D\u2019une part, nous ne pouvons pas ignorer le fait qu\u2019existe un usage commun du terme \u201cm\u00e9diation\u201d dans les domaines les plus vari\u00e9s de la vie sociale, o\u00f9 il s\u2019entend simplement comme coop\u00e9ration, aide, intercession. Par cons\u00e9quent, il est in\u00e9vitable qu\u2019il soit appliqu\u00e9 \u00e0 Marie dans un sens subordonn\u00e9, et en aucune fa\u00e7on il n\u2019a pour but d\u2019ajouter une efficacit\u00e9 ou une puissance \u00e0 l\u2019unique m\u00e9diation de J\u00e9sus-Christ, vrai Dieu et vrai homme.<\/p>\n\n\n\n<p>26. D\u2019autre part, il est \u00e9vident qu\u2019il y a eu une forme de m\u00e9diation r\u00e9elle de Marie pour rendre possible l\u2019Incarnation du Fils de Dieu dans notre humanit\u00e9, car il \u00e9tait exig\u00e9 que le R\u00e9dempteur f\u00fbt \u00ab n\u00e9 d\u2019une femme \u00bb (<em>Ga&nbsp;<\/em>4, 4). Le r\u00e9cit de l\u2019Annonciation montre qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une m\u00e9diation purement biologique, puisqu\u2019il met en \u00e9vidence la pr\u00e9sence active de Marie qui interroge (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 29.34) et accepte avec fermet\u00e9 : \u00ab&nbsp;<em>Qu\u2019il m\u2019advienne selon ta parole<\/em>&nbsp;\u00bb (<em>Lc&nbsp;<\/em>1, 38). Cette r\u00e9ponse de Marie a ouvert les portes de la R\u00e9demption que toute l\u2019humanit\u00e9 esp\u00e9rait et que des saints ont d\u00e9crite dans un dramatisme po\u00e9tique[48]. Lors des noces de Cana, Marie joue \u00e9galement un r\u00f4le m\u00e9diateur lorsqu\u2019elle pr\u00e9sente \u00e0 J\u00e9sus la n\u00e9cessit\u00e9 des fianc\u00e9s (cf.&nbsp;<em>Jn&nbsp;<\/em>2, 3) et demande aux serviteurs de suivre les instructions de J\u00e9sus (cf.&nbsp;<em>Jn<\/em>&nbsp;2, 5).<\/p>\n\n\n\n<p>27. La terminologie de la&nbsp;<em>m\u00e9diation<\/em>&nbsp;au Concile Vatican II se rapporte surtout au Christ et, parfois, aussi \u00e0 Marie mais de mani\u00e8re clairement subordonn\u00e9e[49]. En fait, il pr\u00e9f\u00e9ra utiliser une autre terminologie ax\u00e9e sur la coop\u00e9ration[50] ou sur l\u2019aide maternelle[51].&nbsp;<em>L\u2019enseignement du Concile formule clairement la perspective de l\u2019intercession maternelle de Marie, avec des expressions telles que \u00ab<\/em>&nbsp;intercession multiple \u00bb et \u00ab protection maternelle \u00bb[52]. Ces deux aspects constituent ensemble la sp\u00e9cificit\u00e9 de la coop\u00e9ration de Marie \u00e0 l\u2019action du Christ par l\u2019Esprit. On ne peut parler au sens strict d\u2019une m\u00e9diation de la gr\u00e2ce autre que celle du Fils de Dieu incarn\u00e9[53]. C\u2019est pourquoi il est n\u00e9cessaire de se rappeler toujours, et de ne pas obscurcir, la conviction chr\u00e9tienne qu\u2019\u00ab il faut en effet&nbsp;<em>croire fermement<\/em>, comme un \u00e9l\u00e9ment permanent de la foi de l\u2019\u00c9glise, la v\u00e9rit\u00e9 sur J\u00e9sus<em>\u2013<\/em>Christ, Fils de Dieu, Seigneur et unique Sauveur, qui par son incarnation, sa mort et sa r\u00e9surrection a accompli l\u2019histoire du salut, dont il est la pl\u00e9nitude et le centre \u00bb[54].<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Marie dans l\u2019unique m\u00e9diation du Christ<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>28. En m\u00eame temps, nous devons nous rappeler que l\u2019unicit\u00e9 de la m\u00e9diation du Christ est \u201cinclusive\u201d, c\u2019est-\u00e0-dire que le Christ rend possibles diverses formes de participation \u00e0 l\u2019accomplissement de son dessein salvifique de sorte que, en communion avec Lui, nous pouvons tous \u00eatre, d\u2019une certaine mani\u00e8re, des coop\u00e9rateurs de Dieu, \u201cm\u00e9diateurs\u201d les uns pour les autres (cf.&nbsp;<em>1<\/em>&nbsp;<em>Co<\/em>&nbsp;3, 9). C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment parce que le Christ a une puissance infiniment supr\u00eame qu\u2019Il peut promouvoir ses fr\u00e8res et s\u0153urs pour les rendre capables de coop\u00e9rer vraiment \u00e0 la r\u00e9alisation de ses desseins. Le Concile Vatican II a affirm\u00e9 que \u00ab l\u2019unique m\u00e9diation du R\u00e9dempteur n\u2019exclut pas, mais suscite au contraire une coop\u00e9ration vari\u00e9e de la part des cr\u00e9atures, en d\u00e9pendance de l\u2019unique source \u00bb[55]. C\u2019est pourquoi \u00ab il faut \u00e9lucider le contenu de cette m\u00e9diation particip\u00e9e, qui doit rester guid\u00e9e par le principe de l\u2019unique m\u00e9diation du Christ \u00bb[56]. Il est vrai que l\u2019\u00c9glise prolonge dans le temps et communique partout les effets de l\u2019\u00e9v\u00e9nement pascal du Christ[57] et que Marie a une place unique dans le c\u0153ur de l\u2019\u00c9glise m\u00e8re[58].<\/p>\n\n\n\n<p>29. La participation de Marie \u00e0 l\u2019\u0153uvre du Christ est \u00e9vidente si l\u2019on part de cette conviction que le Seigneur ressuscit\u00e9 promeut, transforme et rend les croyants capables de collaborer avec Lui \u00e0 son \u0153uvre. Ce n\u2019est pas \u00e0 cause d\u2019une faiblesse, d\u2019une incapacit\u00e9 ou d\u2019un besoin du Christ, mais pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 cause de sa puissance glorieuse, qu\u2019Il est capable de nous prendre, g\u00e9n\u00e9reusement et gratuitement, comme collaborateurs pour son \u0153uvre. Ce qu\u2019il faut souligner dans ce cas, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ceci : lorsqu\u2019Il nous permet de l\u2019accompagner et, sous l\u2019impulsion de sa gr\u00e2ce, nous donnons le meilleur de nous-m\u00eames, c\u2019est sa propre puissance et sa mis\u00e9ricorde qui sont finalement glorifi\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>F\u00e9conds dans le Christ glorieux<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>30. Le texte suivant est particuli\u00e8rement \u00e9clairant : \u00ab Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les oeuvres que je fais; et il en fera m\u00eame de plus grandes, parce que je vais vers le P\u00e8re \u00bb (<em>Jn<\/em>&nbsp;14, 12). Les croyants, unis au Christ ressuscit\u00e9, qui est retourn\u00e9 dans le sein du P\u00e8re, peuvent accomplir des \u0153uvres qui d\u00e9passent les prodiges de J\u00e9sus terrestre, mais toujours gr\u00e2ce \u00e0 leur union par la foi avec le Christ glorieux. C\u2019est ce qui s\u2019est manifest\u00e9, par exemple, dans la merveilleuse expansion de l\u2019\u00c9glise primitive, parce que le Ressuscit\u00e9 a fait participer son \u00c9glise \u00e0 son \u0153uvre (cf.&nbsp;<em>Mc<\/em>&nbsp;16, 15). De cette fa\u00e7on, sa gloire n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 diminu\u00e9e mais s\u2019est manifest\u00e9e plus encore, se r\u00e9v\u00e9lant comme une puissance capable de transformer les croyants en les rendant f\u00e9conds avec Lui.<\/p>\n\n\n\n<p>31. Chez les P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise, cette id\u00e9e a trouv\u00e9 une expression particuli\u00e8re dans le commentaire de&nbsp;<em>Jn&nbsp;<\/em>7, 37-39, parce que certains ont interpr\u00e9t\u00e9 la promesse de \u201cfleuves d\u2019eau vive\u201d comme se r\u00e9f\u00e9rant aux croyants. C\u2019est-\u00e0-dire que les croyants eux-m\u00eames, transform\u00e9s par la gr\u00e2ce du Christ, deviennent des sources pour les autres. Orig\u00e8ne expliquait que le Seigneur accomplit ce qu\u2019Il a annonc\u00e9 en&nbsp;<em>Jn<\/em>&nbsp;7, 38 parce qu\u2019Il fait jaillir de nous des fleuves d\u2019eau : \u00ab L\u2019\u00e2me de l\u2019\u00eatre humain, qui est \u00e0 l\u2019image de Dieu, est capable de contenir en elle-m\u00eame et de faire jaillir d\u2019elle-m\u00eame des puits, des fontaines et des fleuves \u00bb[59]. Saint Ambroise recommandait de boire au c\u00f4t\u00e9 ouvert du Christ \u00ab afin qu\u2019abonde en toi la fontaine d\u2019eau qui jaillit vers la vie \u00e9ternelle \u00bb[60]. Saint Thomas d\u2019Aquin l\u2019a exprim\u00e9 en affirmant que si un croyant \u00ab se h\u00e2te de communiquer aux autres les divers dons de la gr\u00e2ce qu\u2019il a re\u00e7ue de Dieu, de l\u2019eau vive coule de son sein \u00bb[61].<\/p>\n\n\n\n<p>32. S\u2019il en est ainsi pour tout croyant, dont la collaboration avec le Christ devient toujours plus f\u00e9conde \u00e0 mesure qu\u2019il se laisse transformer par la gr\u00e2ce, \u00e0 plus forte raison doit-on l\u2019affirmer de Marie, d\u2019une mani\u00e8re unique et supr\u00eame. Car elle est la \u00ab combl\u00e9e de gr\u00e2ce \u00bb (<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 28) qui, sans faire obstacle \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Dieu, a dit : \u00ab Je suis la servante du Seigneur ; qu\u2019il m\u2019advienne selon ta parole \u00bb (<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 38). Elle est la M\u00e8re qui a donn\u00e9 au monde l\u2019Auteur de la R\u00e9demption et de la gr\u00e2ce, qui s\u2019est tenue ferme pr\u00e8s de la Croix (cf.&nbsp;<em>Jn<\/em>&nbsp;19, 25), en souffrant avec le Fils, en offrant la douleur de son c\u0153ur maternel transperc\u00e9 par l\u2019\u00e9p\u00e9e (cf.&nbsp;<em>Lc&nbsp;<\/em>2, 35). Elle a \u00e9t\u00e9 unie au Christ, de l\u2019Incarnation \u00e0 la Croix et \u00e0 la R\u00e9surrection, d\u2019une mani\u00e8re exclusive et sup\u00e9rieure \u00e0 tout ce qui peut arriver \u00e0 tout croyant.<\/p>\n\n\n\n<p>33. Tout cela n\u2019a pas eu lieu \u00e0 cause de ses propres m\u00e9rites, mais parce que les m\u00e9rites du Christ sur la Croix lui ont \u00e9t\u00e9 pleinement appliqu\u00e9s de mani\u00e8re sp\u00e9ciale et anticip\u00e9e, pour la gloire de l\u2019unique Seigneur et Sauveur[62]. Elle est, en somme, un chant \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 de la gr\u00e2ce de Dieu, de sorte que toute reconnaissance de sa beaut\u00e9 renvoie imm\u00e9diatement \u00e0 la glorification de la source originelle de tout bien : la Trinit\u00e9. L\u2019incomparable grandeur de Marie tient \u00e0 ce qu\u2019elle a re\u00e7u, et \u00e0 sa disponibilit\u00e9 confiante \u00e0 se laisser envahir par l\u2019Esprit. Quand nous nous effor\u00e7ons de lui attribuer des fonctions actives parall\u00e8les \u00e0 celles du Christ, nous nous \u00e9loignons de cette beaut\u00e9 incomparable qui lui est propre. L\u2019expression \u201cm\u00e9diation particip\u00e9e\u201d peut exprimer un sens pr\u00e9cis et pr\u00e9cieux de la place de Marie, mais comprise de mani\u00e8re inad\u00e9quate, elle pourrait facilement l\u2019obscurcir et m\u00eame la contredire. La m\u00e9diation du Christ, qui \u00e0 certains \u00e9gards peut \u00eatre \u201cinclusive\u201d ou particip\u00e9e, est, \u00e0 d\u2019autres \u00e9gards, exclusive et incommunicable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e8re des croyants<\/h2>\n\n\n\n<p>34. Dans le cas de Marie, cette m\u00e9diation s\u2019effectue de mani\u00e8re&nbsp;<em>maternelle<\/em>[63], comme elle l\u2019a fait \u00e0 Cana[64] et ratifi\u00e9 sous la Croix[65]. C\u2019est ainsi que le Pape Fran\u00e7ois expliquait : \u00ab Elle est M\u00e8re. C\u2019est le titre qu\u2019elle a re\u00e7u de J\u00e9sus, pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0, au moment de la Croix (cf. Jn 19, 26-27). Tes enfants, tu es M\u00e8re.<em>&nbsp;[\u2026]&nbsp;<\/em>elle a re\u00e7u le don d\u2019\u00eatre sa M\u00e8re et le devoir de nous accompagner comme une M\u00e8re, d\u2019\u00eatre notre M\u00e8re \u00bb[66].<\/p>\n\n\n\n<p>35. Le titre de&nbsp;<em>M\u00e8re<\/em>&nbsp;trouve ses racines dans l\u2019\u00c9criture Sainte et chez les Saints P\u00e8res ; il est propos\u00e9 par le Magist\u00e8re et la formulation de son contenu a \u00e9volu\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019expos\u00e9 du Concile Vatican II[67] avec l\u2019expression \u201c<em>maternit\u00e9 spirituelle<\/em>\u201d dans l\u2019encyclique&nbsp;<em>Redemptoris Mater<\/em>[68]. Cette maternit\u00e9 spirituelle de Marie d\u00e9coule de la maternit\u00e9 physique du Fils de Dieu. En enfantant physiquement le Christ, \u00e0 partir de son acceptation libre et croyante de cette mission, la Vierge enfantait dans la foi tous les chr\u00e9tiens qui sont membres du Corps mystique du Christ, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle enfantait le&nbsp;<em>Christ total<\/em>, t\u00eate et membres[69].<\/p>\n\n\n\n<p>36. La participation de la Vierge Marie, en tant que M\u00e8re, \u00e0 la vie de son Fils, de l\u2019Incarnation \u00e0 la Croix et \u00e0 la R\u00e9surrection, donne un caract\u00e8re unique et singulier \u00e0 sa coop\u00e9ration \u00e0 l\u2019\u0153uvre r\u00e9demptrice du Christ, en particulier pour l\u2019\u00c9glise \u00ab lorsqu\u2019elle consid\u00e8re la maternit\u00e9 spirituelle de Marie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de tous les membres du Corps mystique ; invocation confiante, lorsqu\u2019elle fait l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019intercession de son Avocate et Auxiliatrice \u00bb[70]. C\u2019est cet aspect maternel qui caract\u00e9rise la relation de la Vierge avec le Christ et sa collaboration \u00e0 tous les moments de l\u2019\u0153uvre du salut. Dans sa mission de M\u00e8re, Marie a une relation singuli\u00e8re avec le R\u00e9dempteur et aussi avec ceux qui ont \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9s dont elle est la premi\u00e8re. \u00ab Marie est le&nbsp;<em>typos&nbsp;<\/em>(mod\u00e8le) de l\u2019\u00c9glise et de la nouvelle naissance qui s\u2019op\u00e8re en elle \u00bb, mais plus encore, elle est le symbole et \u00ab la synth\u00e8se de cette m\u00eame \u00c9glise \u00bb[71]. C\u2019est une maternit\u00e9 qui na\u00eet du don total de soi et de l\u2019appel \u00e0 devenir servante du myst\u00e8re[72]. Dans cette&nbsp;<em>maternit\u00e9<\/em>&nbsp;de Marie est synth\u00e9tis\u00e9 tout ce que nous pouvons dire de la maternit\u00e9 selon la gr\u00e2ce et de la place actuelle de Marie dans toute l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n\n\n\n<p>37. La maternit\u00e9 spirituelle de Marie pr\u00e9sente certaines caract\u00e9ristiques :<\/p>\n\n\n\n<p>a) Elle trouve son fondement dans le fait d\u2019\u00eatre la M\u00e8re de Dieu et se prolonge dans la&nbsp;<em>maternit\u00e9&nbsp;<\/em>\u00e0 l\u2019\u00e9gard des disciples du Christ[73] et m\u00eame de tous les \u00eatres humains[74]. En ce sens, la coop\u00e9ration de Marie est unique et distincte de la coop\u00e9ration \u00ab des autres cr\u00e9atures \u00bb[75]. Son intercession a une caract\u00e9ristique qui n\u2019est pas celle d\u2019une m\u00e9diation sacerdotale, comme celle du Christ, mais qui se situe dans l\u2019ordre et l\u2019analogie de la maternit\u00e9[76]. En associant l\u2019intercession de Marie \u00e0 son \u0153uvre, les dons qui nous viennent du Seigneur nous sont pr\u00e9sent\u00e9s sous un aspect maternel, remplis de la tendresse et de la proximit\u00e9 de la M\u00e8re[77] que J\u00e9sus a voulu partager avec nous (cf.&nbsp;<em>Jn&nbsp;<\/em>19, 27).<\/p>\n\n\n\n<p>b) La coop\u00e9ration maternelle de Marie est&nbsp;<em>dans<\/em>&nbsp;le Christ, et donc&nbsp;<em>particip\u00e9e,&nbsp;<\/em>c\u2019est-\u00e0-dire selon\u00ab une participation \u00e0 l\u2019unique source \u00bb[78] qui est la m\u00e9diation du Christ Lui-m\u00eame. Marie entre de mani\u00e8re toute personnelle dans l\u2019unique m\u00e9diation du Christ[79]. Le r\u00f4le maternel de Marie \u00ab n\u2019offusque et ne diminue en rien cette unique m\u00e9diation du Christ : il en manifeste au contraire la vertu. Car toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge sur les hommes \u00bb jaillit de la \u00ab surabondance des m\u00e9rites du Christ ; elle s\u2019appuie sur sa m\u00e9diation, dont elle d\u00e9pend en tout et d\u2019o\u00f9 elle tire toute sa vertu \u00bb<sup>[80]<\/sup>. Dans sa maternit\u00e9, Marie<em>&nbsp;n\u2019est pas un obstacle entre les \u00eatres humains et le Christ<\/em>&nbsp;; au contraire, son r\u00f4le maternel est indissolublement li\u00e9 \u00e0 celui du Christ et orient\u00e9 vers Lui. Ainsi comprise, la maternit\u00e9 de Marie n\u2019a pas pour but d\u2019affaiblir l\u2019unique adoration qui n\u2019est due qu\u2019au Christ, mais de la stimuler[81]. C\u2019est pourquoi il faut \u00e9viter les titres et les expressions qui se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 Marie et qui la pr\u00e9sentent comme une sorte de \u201cparatonnerre\u201d devant la justice du Seigneur, comme si Marie \u00e9tait une alternative n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019insuffisante mis\u00e9ricorde de Dieu. Le Concile Vatican II a r\u00e9affirm\u00e9 que le culte rendu \u00e0 Marie devait \u00eatre \u00ab un culte orient\u00e9 vers le centre christologique de la foi chr\u00e9tienne, de sorte que, \u201c\u00e0 travers l\u2019honneur rendu \u00e0 sa M\u00e8re, le Fils [\u2026] soit connu, aim\u00e9, glorifi\u00e9\u201d \u00bb[82]. En somme, la maternit\u00e9 de Marie est&nbsp;<em>subordonn\u00e9e<\/em>[83] \u00e0 l\u2019\u00e9lection de la part du P\u00e8re, \u00e0 l\u2019\u0153uvre du Christ et \u00e0 l\u2019action de l\u2019Esprit Saint.<\/p>\n\n\n\n<p>c) L\u2019\u00c9glise n\u2019est pas seulement un point de r\u00e9f\u00e9rence pour la maternit\u00e9 spirituelle de Marie, mais elle est aussi, pr\u00e9cis\u00e9ment dans sa dimension sacramentelle, le lieu o\u00f9 se d\u00e9veloppe toujours sa fonction maternelle[84]. Marie agit avec l\u2019\u00c9glise, dans l\u2019\u00c9glise et pour l\u2019\u00c9glise. L\u2019exercice de sa maternit\u00e9 se trouve dans la communion eccl\u00e9siale, et non en dehors d\u2019elle ; elle conduit \u00e0 l\u2019\u00c9glise et l\u2019accompagne. L\u2019\u00c9glise apprend de Marie sa propre maternit\u00e9[85]: dans l\u2019accueil de la Parole de Dieu qui \u00e9vang\u00e9lise, convertit et annonce le Christ, dans le don de la vie sacramentelle du Bapt\u00eame et de l\u2019Eucharistie, et dans l\u2019\u00e9ducation et la formation maternelles qui aident les enfants de Dieu \u00e0 na\u00eetre et \u00e0 grandir[86]. On peut dire que \u00ab la f\u00e9condit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise est la m\u00eame que celle de Marie; elle se r\u00e9alise dans l\u2019existence de ses membres dans la mesure o\u00f9 ils revivent \u201cen petit\u201d ce qu\u2019a v\u00e9cu la M\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils aiment selon l\u2019amour de J\u00e9sus \u00bb[87]. En tant que M\u00e8re, comme l\u2019\u00c9glise, Marie attend que le Christ soit engendr\u00e9 en nous[88], elle ne prend pas sa place. C\u2019est pourquoi, \u00ab gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019immense source qui jaillit du c\u00f4t\u00e9 ouvert du Christ, l\u2019\u00c9glise, Marie et tous les croyants, deviennent de diverses mani\u00e8res des canaux d\u2019eau vive. Le Christ d\u00e9ploie, de cette mani\u00e8re, sa gloire dans notre petitesse \u00bb[89].<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Intercession<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>38. Marie est unie au Christ d\u2019une mani\u00e8re unique en raison de sa maternit\u00e9 et parce qu\u2019elle est pleine de gr\u00e2ce. C\u2019est ce que sugg\u00e8re la salutation de l\u2019ange (cf.&nbsp;<em>Lc&nbsp;<\/em>1, 28), lorsqu\u2019il utilise un mot (<em>kecharit\u014dmen\u0113<\/em>) qui est unique et sans autre exemple dans toute la Bible. Celle qui a re\u00e7u dans son sein la force de l\u2019Esprit Saint et qui a \u00e9t\u00e9 la M\u00e8re de Dieu, devient par ce m\u00eame Esprit la M\u00e8re de l\u2019\u00c9glise[90]. En raison de cette union particuli\u00e8re dans la maternit\u00e9 et la gr\u00e2ce, sa pri\u00e8re pour nous a une valeur et une efficacit\u00e9 qui ne peuvent \u00eatre compar\u00e9es \u00e0 aucune autre intercession. Saint Jean Paul II a li\u00e9 le titre de \u201cm\u00e9diatrice\u201d \u00e0 cette fonction d\u2019intercession maternelle. Parce qu\u2019elle \u00ab se place \u201c<em>au milieu<\/em>\u201d<em>, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle agit en m\u00e9diatrice non pas de l\u2019ext\u00e9rieur, mais \u00e0 sa place de m\u00e8re<\/em>, consciente, comme telle, de pouvoir montrer au Fils les besoins des hommes \u2013 ou plut\u00f4t d\u2019en \u201cavoir le droit\u201d \u00bb[91].<\/p>\n\n\n\n<p>39. La foi catholique lit dans les \u00c9critures que ceux qui sont proches de Dieu au ciel peuvent continuer \u00e0 accomplir ces actes d\u2019amour en interc\u00e9dant pour nous et en nous accompagnant. Nous voyons, par exemple, que les anges sont \u00ab des esprits charg\u00e9s d\u2019un minist\u00e8re, envoy\u00e9s en service pour ceux qui doivent h\u00e9riter du salut \u00bb (<em>He<\/em>&nbsp;1, 14). On parle de missions accomplies par des anges (cf.&nbsp;<em>Tob<\/em>&nbsp;5, 4 ; 12, 12 ;&nbsp;<em>Ac&nbsp;<\/em>12, 7-11 ;&nbsp;<em>Ap<\/em>&nbsp;8, 3-5). Il y a des anges qui aident J\u00e9sus dans le d\u00e9sert des tentations (cf.&nbsp;<em>Mt&nbsp;<\/em>4, 11) et au cours de la Passion (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;22, 43). Dans le Psaume, il nous est promis qu\u2019\u00ab Il a pour toi donn\u00e9 ordre \u00e0 ses anges de te garder en toutes tes voies \u00bb (<em>Ps&nbsp;<\/em>91, 11).<\/p>\n\n\n\n<p>40. Ces textes nous disent que le ciel n\u2019est pas compl\u00e8tement s\u00e9par\u00e9 de la terre. Cela ouvre \u00e0 ceux qui sont au ciel la possibilit\u00e9 d\u2019interc\u00e9der pour nous. Le livre de Zacharie nous pr\u00e9sente un ange de Dieu qui dit : \u00ab Seigneur de l\u2019univers, jusques \u00e0 quand tarderas-tu \u00e0 prendre en piti\u00e9 J\u00e9rusalem et les villes de Juda auxquelles tu as fait sentir ta col\u00e8re depuis 70 ans ? \u00bb (<em>Za<\/em>&nbsp;1, 12). De la m\u00eame mani\u00e8re, l\u2019<em>Apocalypse<\/em>&nbsp;nous parle des \u201c\u00e9gorg\u00e9s\u201d, des martyrs dans le ciel, qui interviennent pour demander \u00e0 Dieu d\u2019agir sur la terre afin de nous lib\u00e9rer de l\u2019injustice : \u00ab Je vis sous l\u2019autel les \u00e2mes de ceux qui furent \u00e9gorg\u00e9s pour la Parole de Dieu et le t\u00e9moignage qu\u2019ils avaient rendu. Ils cri\u00e8rent d\u2019une voix puissante: \u201cJusques \u00e0 quand, Ma\u00eetre saint et vrai, tarderas-tu \u00e0 faire justice, \u00e0 tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre ?\u201d \u00bb (<em>Ap<\/em>&nbsp;6, 9-10). D\u00e9j\u00e0, dans la tradition juive hell\u00e9nistique, apparaissait la conviction que les justes qui sont morts interc\u00e8dent pour le peuple (cf.&nbsp;<em>2 M<\/em>&nbsp;15, 12-14).<\/p>\n\n\n\n<p>41. Marie qui, dans le ciel, aime le \u00ab reste de ses enfants \u00bb (<em>Ap&nbsp;<\/em>12, 17), de m\u00eame qu\u2019elle a accompagn\u00e9 la pri\u00e8re des Ap\u00f4tres lorsqu\u2019ils ont re\u00e7u l\u2019Esprit Saint (cf.&nbsp;<em>Ac<\/em>&nbsp;1, 14), accompagne aussi maintenant, de son intercession maternelle, nos pri\u00e8res. De cette fa\u00e7on, elle continue \u00e0 avoir l\u2019attitude de service et de compassion qu\u2019elle avait manifest\u00e9e aux noces de Cana (cf.&nbsp;<em>Jn<\/em>&nbsp;2, 1-11) et elle continue aujourd\u2019hui \u00e0 se tourner vers J\u00e9sus pour Lui dire : \u00ab Ils n\u2019ont pas de vin \u00bb (<em>Jn<\/em>&nbsp;2, 3). Dans son chant de louange, nous voyons Marie comme une femme de son peuple qui loue Dieu parce qu\u2019\u00ab Il a \u00e9lev\u00e9 les humbles, Il a combl\u00e9 de biens les affam\u00e9s \u00bb (<em>Lc&nbsp;<\/em>1, 52-53), parce qu\u2019Il \u00ab est venu en aide \u00e0 Isra\u00ebl, son serviteur, se souvenant de sa mis\u00e9ricorde, selon qu\u2019Il l\u2019avait annonc\u00e9 \u00e0 nos p\u00e8res \u00bb (<em>Lc&nbsp;<\/em>1, 54-55), et nous reconnaissons son empressement lorsqu\u2019elle vient sans tarder aider sa cousine \u00c9lisabeth (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 39-40). C\u2019est pourquoi le Peuple de Dieu a une ferme confiance en son intercession.<\/p>\n\n\n\n<p>42. Parmi ceux qui ont \u00e9t\u00e9 choisis et glorifi\u00e9s avec le Christ, la M\u00e8re est \u00e0 la premi\u00e8re place, et nous pouvons donc affirmer qu\u2019il y a une collaboration unique de Marie \u00e0 l\u2019\u0153uvre salvifique que le Christ accomplit dans son \u00c9glise. C\u2019est une intercession qui fait d\u2019elle un signe maternel de la mis\u00e9ricorde du Seigneur. De cette fa\u00e7on, parce qu\u2019Il l\u2019a voulu librement, le Seigneur donne \u00e0 son action en nous un visage maternel[92].<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Proximit\u00e9 maternelle<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>43. L\u2019existence de diff\u00e9rentes invocations, d\u2019images et de sanctuaires mariaux manifeste cette v\u00e9ritable maternit\u00e9 de Marie qui se fait proche de la vie de ses enfants. Un exemple est la manifestation de la M\u00e8re \u00e0 l\u2019Indien San Juan Diego sur la montagne de Tepeyac. Marie l\u2019appelle avec la tendresse d\u2019une m\u00e8re : \u00ab Mon fils le plus petit, mon Juanito \u00bb. Et, face aux difficult\u00e9s que lui manifeste saint Juan Diego dans l\u2019accomplissement de la mission qui lui est confi\u00e9e, Marie lui r\u00e9v\u00e8le la force de sa maternit\u00e9 : \u00ab Ne suis-je pas ici, moi qui ai l\u2019honneur d\u2019\u00eatre ta m\u00e8re ? [\u2026] \u2026 N\u2019es-tu pas sur mes genoux, dans le creux de mes bras ? \u00bb[93].<\/p>\n\n\n\n<p>44. L\u2019exp\u00e9rience de l\u2019affection maternelle de Marie faite par saint Juan Diego est l\u2019exp\u00e9rience personnelle des chr\u00e9tiens qui accueillent l\u2019affection de Marie, remettent entre ses mains \u00ab les n\u00e9cessit\u00e9s de la vie quotidienne et ouvrent leur c\u0153ur avec confiance pour demander son intercession maternelle et obtenir sa protection rassurante \u00bb[94]. Plus que des manifestations extraordinaires de sa proximit\u00e9, il existe des expressions quotidiennes constantes de sa maternit\u00e9 dans la vie de tous ses enfants. M\u00eame lorsque nous ne demandons pas son intercession, elle se montre proche comme une M\u00e8re pour nous aider \u00e0 reconna\u00eetre l\u2019amour du P\u00e8re, pour contempler le don salvifique du Christ, pour accueillir l\u2019action sanctifiante de l\u2019Esprit. Sa valeur pour l\u2019\u00c9glise est si grande que les pasteurs doivent \u00e9viter toute instrumentalisation politique de cette proximit\u00e9 de la M\u00e8re. Le Pape Fran\u00e7ois a mis plusieurs fois en garde \u00e0 ce sujet, et il a manifest\u00e9 sa pr\u00e9occupation face aux \u00ab propositions id\u00e9ologiques-culturelles de divers genres qui veulent s\u2019approprier la rencontre d\u2019un peuple avec sa M\u00e8re \u00bb[95].<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e8re de la gr\u00e2ce<\/h2>\n\n\n\n<p>45. Ce sens de \u201cM\u00e8re des croyants\u201d nous permet de parler de l\u2019action de Marie aussi en relation avec notre vie de gr\u00e2ce. Mais il faut noter que certaines expressions, qui peuvent \u00eatre th\u00e9ologiquement acceptables, sont facilement charg\u00e9es d\u2019un imaginaire et d\u2019une symbolique qui transmettent, en fait, d\u2019autres contenus moins acceptables. Par exemple, Marie est pr\u00e9sent\u00e9e comme si elle avait un d\u00e9p\u00f4t de&nbsp;<em>gr\u00e2ce<\/em>&nbsp;s\u00e9par\u00e9 de Dieu ; et l\u2019on ne per\u00e7oit pas clairement que le Seigneur, dans sa toute-puissance g\u00e9n\u00e9reuse et libre, a voulu l\u2019associer \u00e0 la communication de cette vie divine jaillie d\u2019un centre unique, centre qui est le C\u0153ur du Christ et non pas de Marie[96]. Elle est aussi souvent pr\u00e9sent\u00e9e ou imagin\u00e9e comme une source d\u2019o\u00f9 d\u00e9coule toute gr\u00e2ce. Si l\u2019on tient compte du fait que l\u2019inhabitation trinitaire (la gr\u00e2ce incr\u00e9\u00e9e) et la participation \u00e0 la vie divine (la gr\u00e2ce cr\u00e9\u00e9e) sont ins\u00e9parables, nous ne pouvons pas penser que ce myst\u00e8re puisse \u00eatre conditionn\u00e9 par un \u201cpassage\u201d par les mains de Marie. De tels imaginaires exaltent Marie de telle sorte que la centralit\u00e9 du Christ lui-m\u00eame peut dispara\u00eetre ou, du moins, \u00eatre conditionn\u00e9e. Le Cardinal Ratzinger avait affirm\u00e9 que le titre de&nbsp;<em>Marie m\u00e9diatrice de toutes gr\u00e2ces<\/em>&nbsp;n\u2019\u00e9tait pas non plus clairement fond\u00e9 sur la R\u00e9v\u00e9lation[97] et, en accord avec cette conviction, nous pouvons reconna\u00eetre les difficult\u00e9s qu\u2019il comporte, tant pour la r\u00e9flexion th\u00e9ologique que pour la spiritualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>46. Pour \u00e9viter ces difficult\u00e9s, la maternit\u00e9 de Marie dans l\u2019ordre de la gr\u00e2ce doit \u00eatre comprise comme&nbsp;<em>dispositive.&nbsp;<\/em>D\u2019une part, en raison de son caract\u00e8re d\u2019<em>intercession<\/em>[98]<em>,&nbsp;<\/em>parce que l\u2019<em>intercession maternelle<\/em>&nbsp;est expression de cette \u00abprotection maternelle\u00bb[99] qui permet de reconna\u00eetre dans le Christ l\u2019unique M\u00e9diateur entre Dieu et les hommes. D\u2019autre part, sa&nbsp;<em>pr\u00e9sence maternelle<\/em>&nbsp;dans nos vies n\u2019exclut pas diverses actions de Marie motivant l\u2019ouverture de nos c\u0153urs \u00e0 l\u2019action du Christ dans l\u2019Esprit Saint. Ainsi, elle nous aide, de diverses mani\u00e8res, \u00e0 nous&nbsp;<em>disposer \u00e0 la vie de la gr\u00e2ce<\/em>&nbsp;que seul le Seigneur peut infuser en nous.<\/p>\n\n\n\n<p>47. Notre salut est l\u2019\u0153uvre de la seule gr\u00e2ce salvatrice du Christ, et non de quelqu\u2019un d\u2019autre. Saint Augustin affirmait que \u00ab ce royaume de mort n\u2019est d\u00e9truit en tout \u00eatre humain que par la gr\u00e2ce du Sauveur \u00bb[100] et il l\u2019expliquait clairement par la r\u00e9demption de l\u2019homme injuste : \u00ab Qui voudrait mourir pour un injuste, pour un impie, si ce n\u2019est le Christ, si innocent qu\u2019Il peut justifier m\u00eame les injustes ? C\u2019est pourquoi, mes fr\u00e8res, nous n\u2019avions aucun m\u00e9rite, mais seulement des d\u00e9m\u00e9rites. Mais bien que les \u0153uvres des hommes fussent telles, sa mis\u00e9ricorde ne les abandonna pas et [\u2026] au lieu du ch\u00e2timent d\u00fb, Il leur accorda la gr\u00e2ce qu\u2019ils ne m\u00e9ritaient pas [\u2026] pour nous racheter, non pas au prix de l\u2019or ou de l\u2019argent, mais au prix de son sang vers\u00e9. \u00bb[101]. C\u2019est pourquoi, lorsque saint Thomas d\u2019Aquin se demande si quelqu\u2019un peut m\u00e9riter pour un autre, il r\u00e9pond que \u00ab seul le Christ peut m\u00e9riter pour un autre la premi\u00e8re gr\u00e2ce \u00bb[102]. Aucun autre \u00eatre humain ne peut la m\u00e9riter au sens strict (<em>de condigno<\/em>), et sur ce point il n\u2019y a pas de doute: \u00ab Seul peut \u00eatre juste celui \u00e0 qui sont communiqu\u00e9s les m\u00e9rites de la passion de Notre-Seigneur J\u00e9sus-Christ \u00bb[103]. La pl\u00e9nitude de gr\u00e2ce de Marie existe \u00e9galement parce qu\u2019elle l\u2019a re\u00e7ue gratuitement, avant toute action de sa part, \u00ab en consid\u00e9ration des m\u00e9rites de J\u00e9sus-Christ, le Sauveur du genre humain \u00bb[104]. Les m\u00e9rites de J\u00e9sus-Christ, qui s\u2019est livr\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la fin, nous sont appliqu\u00e9s dans notre justificatio qui \u00ab ayant pour fin le bien \u00e9ternel de la participation \u00e0 Dieu, est une \u0153uvre plus grande que la cr\u00e9ation du ciel et de la terre \u00bb[105].<\/p>\n\n\n\n<p>48. Cependant, l\u2019\u00eatre humain peut participer par son d\u00e9sir au bien de son fr\u00e8re, et il est raisonnable (<em>congruo<\/em>) que Dieu r\u00e9alise ce d\u00e9sir de charit\u00e9 que la personne peut exprimer \u00ab par sa pri\u00e8re \u00bb ou \u00ab par les \u0153uvres de mis\u00e9ricorde \u00bb[106]. Il est vrai que ce don de la gr\u00e2ce ne peut \u00eatre r\u00e9pandu que par Dieu, puisqu\u2019il \u00ab d\u00e9passe les proportions de notre nature[107] \u00bb et qu\u2019il y a une distance infinie[108] entre notre nature et sa vie divine. Cependant, Il peut le faire en r\u00e9alisant le d\u00e9sir de la M\u00e8re qui s\u2019associe ainsi avec joie \u00e0 l\u2019\u0153uvre divine comme une humble servante.<\/p>\n\n\n\n<p>49. Comme \u00e0 Cana, Marie ne dit pas au Christ ce qu\u2019Il doit faire. Elle interc\u00e8de en manifestant au Christ nos manquements, nos besoins et nos souffrances afin qu\u2019Il agisse avec sa puissance divine[109]: \u00ab Ils n\u2019ont pas de vin \u00bb (<em>Jn<\/em>&nbsp;2, 3). Aujourd\u2019hui encore, elle nous aide \u00e0 nous pr\u00e9parer \u00e0 l\u2019action de Dieu[110]: \u00ab Tout ce qu\u2019Il vous dira, faites-le \u00bb (<em>Jn&nbsp;<\/em>2, 5). Ses paroles ne sont pas une simple indication, mais deviennent une v\u00e9ritable p\u00e9dagogie maternelle qui introduit la personne, sous l\u2019action de l\u2019Esprit, au sens profond du myst\u00e8re du Christ[111]. Marie \u00e9coute, d\u00e9cide et agit[112] pour nous aider \u00e0 ouvrir notre existence au Christ et \u00e0 sa gr\u00e2ce[113], parce qu\u2019Il est le seul qui travaille au plus profond de notre \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>L\u00e0 o\u00f9 seul Dieu peut aller<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>50. Comme le rappelle le&nbsp;<em>Cat\u00e9chisme<\/em>, la gr\u00e2ce sanctifiante est \u00ab d\u2019abord et principalement le don de l\u2019Esprit qui nous justifie et nous sanctifie \u00bb[114]. Elle n\u2019est pas simplement une aide, une \u00e9nergie \u00e0 poss\u00e9der, mais \u00ab le don gratuit que Dieu nous fait de sa vie infus\u00e9e par l\u2019Esprit Saint dans notre \u00e2me \u00bb[115] qui peut \u00eatre d\u00e9crit comme l\u2019habitation de la Trinit\u00e9 au plus profond, comme l\u2019amiti\u00e9 avec Dieu, comme l\u2019alliance avec le Seigneur. Seul Dieu peut le faire, car cela implique de surmonter une disproportion \u00abinfinie\u00bb[116]. Ce don de soi de la Trinit\u00e9, cet \u00ab enchev\u00eatrement de l\u2019\u00e2me \u00bb[117] (<em>illabitur<\/em>) de la part de Dieu lui-m\u00eame implique un effet de transformation inh\u00e9rent \u00e0 ce qu\u2019il y a de plus profond dans le croyant[118]. Saint Thomas d\u2019Aquin a utilis\u00e9 pour cette p\u00e9n\u00e9tration \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00eatre humain un verbe qui ne pouvait s\u2019appliquer qu\u2019\u00e0 Dieu,&nbsp;<em>illabi<\/em>, car seul Dieu, n\u2019\u00e9tant pas une cr\u00e9ature, peut atteindre cette intimit\u00e9 personnelle sans violenter la libert\u00e9 et l\u2019identit\u00e9 de la personne[119]. Seul Dieu atteint le centre le plus intime d\u2019une personne pour r\u00e9aliser son \u00e9l\u00e9vation et sa transformation, lorsqu\u2019Il se donne comme ami et pour cette raison \u00ab aucune cr\u00e9ature ne peut conf\u00e9rer la gr\u00e2ce \u00bb[120]. Saint Thomas le r\u00e9p\u00e8te en parlant de la gr\u00e2ce sacramentelle : en tant que cause principale \u00ab Dieu seul produit l\u2019effet int\u00e9rieur du sacrement. Parce qu\u2019Il est le seul \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer dans l\u2019\u00e2me, l\u00e0 o\u00f9 se produit l\u2019effet sacramentel \u2013 personne ne peut agir imm\u00e9diatement l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019est pas \u2013 puisque la gr\u00e2ce, qui est un effet int\u00e9rieur du sacrement, ne vient que de Dieu \u00bb[121].<\/p>\n\n\n\n<p>51. D\u2019autres auteurs se sont exprim\u00e9s de mani\u00e8re semblable[122], mais il vaut la peine de mentionner saint Bonaventure. Il enseignait que lorsque Dieu travaille avec la gr\u00e2ce sanctifiante chez un \u00eatre humain, Il le rend absolument&nbsp;<em>imm\u00e9diat<\/em>&nbsp;\u00e0 Lui[123]. Dieu, par la gr\u00e2ce, se fait pleinement proche de l\u2019\u00eatre humain, avec une imm\u00e9diatet\u00e9 absolue, dans une \u201cintimit\u00e9\u201d au plus profond de l\u2019\u00eatre humain que Lui seul peut atteindre[124]. La gr\u00e2ce cr\u00e9\u00e9e n\u2019agit donc pas comme un \u201cinterm\u00e9diaire\u201d, mais elle est un effet direct de l\u2019amiti\u00e9 que Dieu donne en touchant directement le c\u0153ur humain. Puisque c\u2019est Dieu qui op\u00e8re la transformation de la personne lorsqu\u2019Il se donne comme ami, il n\u2019y a aucun interm\u00e9diaire entre Dieu et l\u2019\u00eatre humain transform\u00e9[125]. Seul Dieu est capable de p\u00e9n\u00e9trer de cette mani\u00e8re, si profond\u00e9ment, pour sanctifier, jusqu\u2019\u00e0 se rendre&nbsp;<em>absolument imm\u00e9diat<\/em>, et Lui seul peut le faire sans an\u00e9antir la personne[126].<\/p>\n\n\n\n<p>52. Dans l\u2019Incarnation, le Fils \u00e9ternel et naturel de Dieu[127] assume une nature humaine qui occupe une place unique dans l\u2019\u00e9conomie du salut. Hypostatiquement unie au Fils par une gr\u00e2ce qui \u00ab est sans aucun doute infinie \u00bb[128], cette Humanit\u00e9 \u00ab a re\u00e7u la gr\u00e2ce au plus haut degr\u00e9. C\u2019est pourquoi, en raison de l\u2019\u00e9minence de la gr\u00e2ce qu\u2019elle a re\u00e7ue, il lui appartient [<em>competit sibi<\/em>] de faire parvenir cette gr\u00e2ce aux autres. Cela est propre \u00e0 la t\u00eate \u00bb[129]. Cette humanit\u00e9 participe \u00e0 l\u2019effusion de la gr\u00e2ce sanctifiante, qui jaillit d\u2019elle ou \u00ab rejaillit \u00bb[130]. En cons\u00e9quence, \u00ab&nbsp;<em>selon son humanit\u00e9<\/em>, Il est principe de toute gr\u00e2ce \u00bb, en tant que T\u00eate \u00e0 partir de laquelle celle-ci parvient aux autres (\u00ab&nbsp;<em>in alios transfunderetur<\/em>&nbsp;\u00bb)[131]. Cette nature humaine est ins\u00e9parable de notre salut car \u00ab par l\u2019incarnation, toutes les actions salvifiques que le Verbe de Dieu op\u00e8re sont toujours r\u00e9alis\u00e9es avec la nature humaine qu\u2019Il a assum\u00e9e pour le salut de tous les hommes \u00bb[132]. \u00c0 travers cette nature humaine assum\u00e9e, le Fils de Dieu \u00ab s\u2019est en quelque sorte uni lui-m\u00eame \u00e0 tout homme \u00bb et \u00ab par son sang librement r\u00e9pandu, Il nous a m\u00e9rit\u00e9 la vie \u00bb[133]. Par la gr\u00e2ce, les fid\u00e8les s\u2019unissent au Christ et participent \u00e0 son myst\u00e8re pascal, de sorte qu\u2019ils peuvent vivre une union intime et unique avec Lui, que saint Paul exprimait par ces mots : \u00ab Ce n\u2019est plus moi qui vis, c\u2019est le Christ qui vit en moi \u00bb (<em>Ga<\/em>&nbsp;2, 20).<\/p>\n\n\n\n<p>53. Aucun \u00eatre humain, pas m\u00eame les ap\u00f4tres ou la Tr\u00e8s Sainte Vierge, ne peut agir en tant que dispensateur universel de la gr\u00e2ce. Seul Dieu peut donner la gr\u00e2ce[134] et Il le fait \u00e0 travers l\u2019humanit\u00e9 du Christ[135], car \u00ab la pl\u00e9nitude de la gr\u00e2ce du Christ&nbsp;<em>homme<\/em>&nbsp;est celle du Fils unique du P\u00e8re \u00bb[136]. Bien que la Sainte Vierge Marie soit \u00e9minemment \u201cpleine de gr\u00e2ce\u201d et \u201cM\u00e8re de Dieu\u201d, elle est, comme nous, fille adoptive du P\u00e8re et aussi, comme l\u2019\u00e9crit le po\u00e8te Dante Alighieri, \u00ab fille de ton Fils \u00bb[137]. Elle coop\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9conomie du salut par une participation d\u00e9riv\u00e9e et subordonn\u00e9e; par cons\u00e9quent, tout langage concernant sa \u201cm\u00e9diation\u201d dans la gr\u00e2ce doit \u00eatre compris par lointaine analogie avec le Christ et sa m\u00e9diation unique[138].<\/p>\n\n\n\n<p>54. Dans la parfaite imm\u00e9diatet\u00e9 entre l\u2019\u00eatre humain et Dieu pour la communication de la gr\u00e2ce, m\u00eame Marie ne peut intervenir. Ni l\u2019amiti\u00e9 avec J\u00e9sus-Christ, ni l\u2019inhabitation de la Trinit\u00e9 ne peuvent \u00eatre con\u00e7ues comme une chose qui nous vient par Marie ou par les saints. En tout cas, ce que nous pouvons dire, c\u2019est que Marie d\u00e9sire ce bien pour nous et le demande avec nous. La liturgie, qui est aussi&nbsp;<em>lex credendi<\/em>, nous permet de r\u00e9affirmer cette coop\u00e9ration de Marie, non pas dans la communication de la gr\u00e2ce, mais dans l\u2019intercession maternelle. En effet, dans la liturgie de la solennit\u00e9 de l\u2019Immacul\u00e9e Conception, lorsqu\u2019il est expliqu\u00e9 en quel sens le privil\u00e8ge accord\u00e9 \u00e0 Marie a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli pour le bien du peuple, il est dit qu\u2019elle \u00e9tait dispos\u00e9e \u00e0 \u00eatre \u00ab avocate de la gr\u00e2ce \u00bb[139], c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle interc\u00e8de pour demander le don de la gr\u00e2ce pour nous.<\/p>\n\n\n\n<p>55. Comme l\u2019enseigne le Concile Vatican II, \u00ab l\u2019influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge sur les hommes [\u2026] l\u2019union imm\u00e9diate des croyants avec le Christ ne s\u2019en trouve en aucune mani\u00e8re emp\u00each\u00e9e, mais au contraire favoris\u00e9e \u00bb[140]. Pour cette raison, nous devons \u00e9viter toute description qui sugg\u00e9rerait, de mani\u00e8re n\u00e9oplatonicienne, une sorte d\u2019effusion de la gr\u00e2ce par \u00e9tapes, comme si la gr\u00e2ce de Dieu descendait par diff\u00e9rents interm\u00e9diaires \u2013 comme Marie \u2013 tandis que sa source ultime (Dieu) resterait d\u00e9connect\u00e9e de nos c\u0153urs. Ces interpr\u00e9tations affectent n\u00e9gativement la bonne compr\u00e9hension de la rencontre intime, directe et imm\u00e9diate que la gr\u00e2ce r\u00e9alise entre le Seigneur et le c\u0153ur du croyant[141]. Le fait est que seul Dieu justifie ; seul le Dieu Trine[142]. Lui seul nous \u00e9l\u00e8ve pour surmonter l\u2019infinie disproportion qui nous s\u00e9pare de la vie divine, Lui seul actue en nous son inhabitation trinitaire, Lui seul entre en nous, nous transformant et nous faisant participer \u00e0 sa vie divine. Ce n\u2019est pas un honneur pour Marie de lui attribuer une quelconque m\u00e9diation dans l\u2019accomplissement de cette \u0153uvre exclusivement divine.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>De l\u2019eau vive qui jaillit<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>56. Cependant, \u00e9tant donn\u00e9 que Marie est pleine de gr\u00e2ce, et que le bien tend toujours \u00e0 se communiquer, surgit facilement l\u2019id\u00e9e d\u2019une sorte de \u201cd\u00e9bordement\u201d de la gr\u00e2ce de Marie, qui ne peut avoir un sens ad\u00e9quat que si elle ne contredit pas ce qui a \u00e9t\u00e9 dit jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Cela ne pose pas de difficult\u00e9 s\u2019il s\u2019agit surtout des formes de coop\u00e9ration que nous avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9es (l\u2019intercession et la proximit\u00e9 maternelle qui nous invitent \u00e0 ouvrir notre c\u0153ur \u00e0 la gr\u00e2ce sanctifiante) et que le Concile Vatican II a pr\u00e9sent\u00e9es comme une coop\u00e9ration vari\u00e9e de la part de la cr\u00e9ature \u00ab en d\u00e9pendance de l\u2019unique source \u00bb[143].<\/p>\n\n\n\n<p>57. Le caract\u00e8re fondamentalement d\u00e9terminant de la coop\u00e9ration des croyants \u2013 principalement de Marie \u2013 dans la communication de la gr\u00e2ce apparait dans l\u2019interpr\u00e9tation traditionnelle des \u201cfleuves d\u2019eau vive\u201d qui jaillissent du c\u0153ur des croyants (cf.&nbsp;<em>Jn&nbsp;<\/em>7, 38). Bien qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une image forte, qui pourrait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme si les croyants \u00e9taient des canaux d\u2019une transmission perfective de la gr\u00e2ce sanctifiante, les P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise, lorsqu\u2019il s\u2019agit de pr\u00e9ciser comment s\u2019effectue cette effusion des fleuves de l\u2019Esprit, l\u2019ont exprim\u00e9 par des actions de type dispositif, comme par exemple, la pr\u00e9dication, l\u2019enseignement et d\u2019autres formes de transmission du don de la Parole r\u00e9v\u00e9l\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>58. Orig\u00e8ne l\u2019applique \u00e0 la connaissance des \u00c9critures ou \u00e0 la perception de ses sens spirituels[144]. Pour saint Cyrille d\u2019Alexandrie, ce d\u00e9bordement d\u2019eau est l\u2019enseignement des myst\u00e8res de la foi[145], la \u201cpure mystagogie\u201d dans son sens profond, qui n\u2019est pas seulement intellectuel, mais regarde la disposition ou la pr\u00e9paration de toute la personne[146]. Saint Cyrille de J\u00e9rusalem soutient que l\u2019enseignement de l\u2019\u00c9criture conduit \u00e0 la lumi\u00e8re[147]. Saint Jean Chrysostome fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la sagesse d\u2019\u00c9tienne ou \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de la parole de Pierre[148]. Saint Ambroise affirme: \u00ab Ce sont les fleuves qui ont entendu de leurs oreilles la Parole de Dieu et qui parlent, afin que la Parole soit infus\u00e9e dans le c\u0153ur de chacun \u00bb[149], et il l\u2019applique de cette mani\u00e8re: \u00ab Que l\u2019eau de la doctrine c\u00e9leste coule [\u2026] que la s\u00e8ve de la parole du Seigneur impr\u00e8gne \u00bb[150] le c\u0153ur de chacun[151]. Pour saint J\u00e9r\u00f4me aussi, l\u2019eau est l\u2019enseignement du Sauveur[152], comme pour saint Gr\u00e9goire le Grand, qui enseigne aussi qu\u2019elle est \u00ab une volont\u00e9 pieuse envers le prochain \u00bb[153]. Ces interpr\u00e9tations, des fleuves d\u2019eau vive que les croyants d\u00e9versent, se concentrent sur la connaissance des \u00c9critures et de leurs myst\u00e8res ; elles ne se r\u00e9f\u00e8rent pas, en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 une connaissance purement intellectuelle, mais \u00e0 une connaissance sapientiale et \u00e0 l\u2019illumination du c\u0153ur pour s\u2019ouvrir \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 m\u00eame des Myst\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>59. Chez d\u2019autres P\u00e8res et Docteurs de l\u2019\u00c9glise, nous trouvons \u00e9galement une explication plus large, qui inclut, en plus de la pr\u00e9dication ou de la cat\u00e9ch\u00e8se, les \u0153uvres qui portent assistance aux prochains dans leurs besoins, ou un t\u00e9moignage d\u2019amour. Ainsi, saint Hilaire comprend les fleuves d\u2019eau vive comme les \u0153uvres de l\u2019Esprit Saint \u00e0 travers les vertus qui agissent pour le bien du prochain[154]. Saint Augustin l\u2019applique \u00e0 \u00ab la bienveillance par laquelle on veut aider son prochain \u00bb[155]. Au Moyen \u00c2ge, cette perspective se poursuit jusqu\u2019\u00e0 saint Thomas d\u2019Aquin, pour qui des fleuves d\u2019eau vive se manifestent parce que, quand quelqu\u2019un \u00ab s\u2019empresse de conseiller son prochain et de communiquer aux autres divers dons de gr\u00e2ce re\u00e7us de Dieu, des fleuves d\u2019eau vive coulent de son sein \u00bb[156].<\/p>\n\n\n\n<p>60. Quand saint Thomas parle des \u00ab divers dons de gr\u00e2ce \u00bb pour le service du prochain, il fait r\u00e9f\u00e9rence aux divers dons charismatiques, car \u00ab comme il est dit (<em>1 Co<\/em>&nbsp;12, 10), \u00e0 l\u2019un est donn\u00e9 le don des langues, \u00e0 l\u2019autre celui de la gu\u00e9rison, etc. \u00bb[157]. Cet aspect est \u00e9galement pr\u00e9sent chez saint Cyrille de J\u00e9rusalem, qui indique que les fleuves d\u2019eau de l\u2019Esprit, qui se communiquent \u00e0 travers les croyants, se manifestent lorsqu\u2019\u00ab Il se sert de la langue des uns pour le charisme de la sagesse ; Il illumine l\u2019esprit des autres par le don de proph\u00e9tie ; \u00e0 celui-ci, Il accorde le pouvoir de chasser les d\u00e9mons [\u2026]. [L\u2019Esprit] renforce chez certains la temp\u00e9rance, chez d\u2019autres la mis\u00e9ricorde, et enseigne \u00e0 celui-ci \u00e0 pratiquer le je\u00fbne et la vie asc\u00e9tique \u00bb.[158].<\/p>\n\n\n\n<p>61. On peut dire quelque chose de similaire \u00e0 propos de l\u2019interpr\u00e9tation de&nbsp;<em>Jn<\/em>&nbsp;14, 12, concernant les croyants qui accomplissent des \u201c\u0153uvres plus grandes\u201d (<em>meizona<\/em>) que celles du Christ sur terre. Les croyants participent \u00e0 l\u2019\u0153uvre du Christ dans la mesure o\u00f9 eux aussi, d\u2019une certaine mani\u00e8re, suscitent la foi des autres par l\u2019annonce de la Parole. C\u2019est ce qu\u2019affirme explicitement&nbsp;<em>Jn<\/em>&nbsp;17, 20b : \u00ab Ceux qui, gr\u00e2ce \u00e0 leur parole, croiront en moi \u00bb. La m\u00eame chose est sugg\u00e9r\u00e9e dans&nbsp;<em>Jn&nbsp;<\/em>14, 6-11, o\u00f9 les \u0153uvres du Christ sont celles qui manifestent le P\u00e8re (v. 8). Les \u0153uvres des croyants, qui se concentrent sur la proclamation de l\u2019\u00c9vangile par la parole, sont mises en parall\u00e8le avec les \u0153uvres du Christ. J\u00e9sus annonce : \u00ab S\u2019ils ont gard\u00e9 ma parole, la v\u00f4tre aussi ils la garderont \u00bb (<em>Jn&nbsp;<\/em>15, 20c). De m\u00eame que celui qui entend la Parole du Christ a la vie \u00e9ternelle (cf.&nbsp;<em>Jn&nbsp;<\/em>5, 24), J\u00e9sus annonce que d\u2019autres croiront \u00e0 travers la parole des croyants (cf.&nbsp;<em>Jn&nbsp;<\/em>17, 20). Cela ne concerne pas seulement les paroles, mais aussi le t\u00e9moignage \u00e9loquent des croyants, et c\u2019est pourquoi J\u00e9sus demande au P\u00e8re que les croyants soient unis pour que \u00ab le monde croie \u00bb (<em>Jn&nbsp;<\/em>17, 21).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>L\u2019amour qui se communique dans le monde<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>62. L\u2019\u00c9vangile de Jean lie \u00e9troitement la charit\u00e9 fraternelle \u00e0 cette communication du bien. En effet, l\u2019affirmation \u00ab si vous m\u2019aimez, vous garderez mes commandements \u00bb (<em>Jn&nbsp;<\/em>14, 15) est parall\u00e8le \u00e0 \u00ab celui qui croit en moi fera les \u0153uvres que je fais \u00bb (<em>Jn&nbsp;<\/em>14, 12). Quand le Christ parle du fruit qu\u2019Il attend de ses disciples, Il finit par l\u2019identifier \u00e0 l\u2019amour fraternel (cf.&nbsp;<em>Jn&nbsp;<\/em>15, 16-17). Saint Paul aussi, apr\u00e8s avoir parl\u00e9 des diverses \u0153uvres extraordinaires que les croyants peuvent accomplir (cf.&nbsp;<em>1 Co<\/em>&nbsp;12), propose un chemin meilleur lorsqu\u2019il dit : \u00ab Aspirez aux dons sup\u00e9rieurs (<em>ta meizona<\/em>), et je vais encore vous montrer une voie qui les d\u00e9passe toutes. (<em>kath\u2019hyperbol\u0113n<\/em>) \u00bb : l\u2019amour (<em>1 Co<\/em>&nbsp;12, 31 \u2013 13,1). Les \u0153uvres d\u2019amour envers le prochain, y compris le travail quotidien ou l\u2019engagement pour changer ce monde, deviennent alors un canal de coop\u00e9ration \u00e0 l\u2019\u0153uvre salvifique du Christ.<\/p>\n\n\n\n<p>63. Les Pontifes r\u00e9cents se sont \u00e9galement exprim\u00e9s en ce sens. Saint Jean XXIII enseignait que lorsque le chr\u00e9tien est spirituellement uni au divin R\u00e9dempteur, en d\u00e9ployant son activit\u00e9 dans les entreprises temporelles, son travail devient comme une continuation de celui de J\u00e9sus-Christ, dont il tire sa force et sa vertu salvatrice [\u2026] il contribue \u00e0 \u00e9tendre aux autres les fruits de la r\u00e9demption[159]. Saint Jean Paul II a compris cette collaboration comme une reconstruction, avec le Christ, du bien qui a \u00e9t\u00e9 abim\u00e9 dans le monde \u00e0 cause des p\u00e9ch\u00e9s, parce que \u00ab le C\u0153ur du Christ veut avoir besoin de notre collaboration pour reconstruire le bien et la beaut\u00e9 \u00bb, et \u00ab c\u2019est la v\u00e9ritable r\u00e9paration demand\u00e9e par le C\u0153ur du Sauveur \u00bb[160]. Le Pape Beno\u00eet XVI affirmait que, \u00ab objets de l\u2019amour de Dieu, les hommes sont constitu\u00e9s sujets de la charit\u00e9, appel\u00e9s \u00e0 devenir eux-m\u00eames les instruments de la gr\u00e2ce, pour r\u00e9pandre la charit\u00e9 de Dieu et pour tisser des liens de charit\u00e9. La doctrine sociale de l\u2019\u00c9glise r\u00e9pond \u00e0 cette dynamique de charit\u00e9 re\u00e7ue et donn\u00e9e \u00bb[161]. Et le Pape Fran\u00e7ois a enseign\u00e9 que, pour sainte Th\u00e9r\u00e8se de l\u2019Enfant J\u00e9sus, \u00ab il ne s\u2019agit pas seulement, par une confiance totale, de permettre au C\u0153ur du Christ de r\u00e9pandre la beaut\u00e9 de son amour dans son c\u0153ur, mais aussi de faire en sorte qu\u2019il rejoigne les autres et transforme le monde [\u2026] par des actes d\u2019amour fraternel par lesquels nous gu\u00e9rissons les blessures de l\u2019\u00c9glise et du monde. De cette mani\u00e8re, nous offrons de nouvelles expressions de la puissance restauratrice du C\u0153ur du Christ \u00bb[162].<\/p>\n\n\n\n<p>64. La coop\u00e9ration est rendue possible par le Christ et r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019action de l\u2019Esprit qui, dans le cas de Marie, se distingue de la coop\u00e9ration de tout autre \u00eatre humain par le caract\u00e8re maternel que le Christ lui-m\u00eame lui a attribu\u00e9 sur la Croix.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Crit\u00e8res<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>65. Toute autre mani\u00e8re de comprendre la coop\u00e9ration de Marie dans l\u2019ordre de la gr\u00e2ce, surtout si l\u2019on entend lui attribuer une forme d\u2019intervention ou de capacit\u00e9 de perfectionnement ou de causalit\u00e9 seconde dans la communication de la gr\u00e2ce sanctifiante[163], devrait accorder une attention particuli\u00e8re \u00e0 certains crit\u00e8res d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9s dans la Constitution dogmatique&nbsp;<em>Lumen gentium:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>a) Nous devons r\u00e9fl\u00e9chir sur la mani\u00e8re dont Marie favorise notre union \u00ab imm\u00e9diate \u00bb[164] avec le Seigneur, qu\u2019Il produit Lui-m\u00eame en conf\u00e9rant la gr\u00e2ce, et que nous ne pouvons recevoir que de Dieu[165], mais sans comprendre l\u2019union avec Marie comme plus imm\u00e9diate que celle avec le Christ. Ce risque est pr\u00e9sent, avant tout, dans l\u2019id\u00e9e que le Christ nous donne Marie comme instrument ou cause seconde perfective dans la communication de sa gr\u00e2ce.<\/p>\n\n\n\n<p>b) Le Concile Vatican II a remarqu\u00e9 que \u00ab toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge sur les hommes a sa source dans une disposition purement gratuite de Dieu : elle ne na\u00eet pas d\u2019une n\u00e9cessit\u00e9 objective \u00bb[166]. Cette influence ne peut \u00eatre pens\u00e9e qu\u2019\u00e0 partir de la libre d\u00e9cision de Dieu qui, bien que sa propre action soit d\u00e9bordante et surabondante, veut l\u2019associer librement et gratuitement \u00e0 son \u0153uvre. C\u2019est pourquoi il n\u2019est pas licite de pr\u00e9senter l\u2019action de Marie comme s\u2019Il en avait besoin pour op\u00e9rer le salut.<\/p>\n\n\n\n<p>c) Nous devons comprendre la m\u00e9diation de Marie non pas comme un compl\u00e9ment pour que Dieu puisse agir pleinement, avec plus de richesse et de beaut\u00e9, mais \u00ab de telle sorte que nulle d\u00e9rogation, nulle addition n\u2019en r\u00e9sulte quant \u00e0 la dignit\u00e9 et \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019unique M\u00e9diateur, le Christ \u00bb[167]. Pour expliquer la m\u00e9diation de Marie, il faut souligner que Dieu est le seul Sauveur, qui applique exclusivement les m\u00e9rites de J\u00e9sus-Christ, les seuls n\u00e9cessaires et absolument suffisants pour notre justification. Marie ne remplace pas le Seigneur dans une chose qu\u2019Il ne fait pas (d\u00e9rogation) ou ne Le compl\u00e8te pas (addition). Si, dans la communication de la gr\u00e2ce, elle n\u2019ajoute rien \u00e0 la m\u00e9diation salvifique du Christ, Marie ne doit pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un instrument primaire de cette donation[168]. Si elle accompagne une action du Christ, par l\u2019\u0153uvre du Christ lui-m\u00eame, cela ne doit en aucun cas \u00eatre compris comme de mani\u00e8re parall\u00e8le. Au contraire, \u00e9tant associ\u00e9e \u00e0 Lui, c\u2019est Marie qui re\u00e7oit de son Fils un don qui la place au-del\u00e0 d\u2019elle-m\u00eame, parce qu\u2019il lui est donn\u00e9 d\u2019accompagner l\u2019\u0153uvre du Seigneur avec son caract\u00e8re maternel. Nous revenons donc au point le plus s\u00fbr: la contribution&nbsp;<em>dispositive<\/em>&nbsp;de Marie, o\u00f9 l\u2019on peut effectivement penser \u00e0 une action dans laquelle elle apporte quelque chose qui lui est propre, dans la mesure o\u00f9 elle \u00ab peut disposer d\u2019une certaine mani\u00e8re \u00bb[169] pour les autres. Car \u00ab il appartient \u00e0 la puissance supr\u00eame de conduire \u00e0 la fin ultime, tandis que les puissances inf\u00e9rieures aident \u00e0 atteindre cette fin en y&nbsp;<em>disposant<\/em>&nbsp;\u00bb[170].<\/p>\n\n\n\n<p>66. Tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de n\u2019offense ni n\u2019humilie Marie, parce que tout son \u00eatre est r\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 son Seigneur. \u00ab Mon \u00e2me exalte le Seigneur ! \u00bb (<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 46). Pour elle, il n\u2019y a pas d\u2019autre gloire que celle de Dieu. En tant que M\u00e8re, elle redouble de joie lorsqu\u2019elle voit comment le Christ manifeste la beaut\u00e9 in\u00e9puisable et surabondante de sa gloire en gu\u00e9rissant, en transformant et en remplissant de lui-m\u00eame le c\u0153ur de ces enfants qu\u2019<em>elle a accompagn\u00e9s sur le chemin vers le Seigneur<\/em>. Par cons\u00e9quent, un regard dirig\u00e9 vers elle qui nous d\u00e9tourne du Christ, ou qui la place au m\u00eame niveau que le Fils de Dieu, serait en dehors de la dynamique propre d\u2019une foi authentiquement mariale.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Les gr\u00e2ces<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>67. Certains titres, comme celui de&nbsp;<em>M\u00e9diatrice de toutes les gr\u00e2ces,&nbsp;<\/em>ont deslimites qui ne facilitent pas une compr\u00e9hension correcte de la place unique de Marie. En effet, elle, la premi\u00e8re rachet\u00e9e, ne peut pas avoir \u00e9t\u00e9 m\u00e9diatrice de la gr\u00e2ce qu\u2019elle a re\u00e7ue elle-m\u00eame. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un d\u00e9tail mineur, car il met en \u00e9vidence une chose centrale : en elle aussi le don de la gr\u00e2ce la pr\u00e9c\u00e8de et proc\u00e8de de l\u2019initiative absolument gratuite de la Trinit\u00e9, en vue des m\u00e9rites du Christ. Elle, comme nous tous, n\u2019a m\u00e9rit\u00e9 sa justification par aucune de ses actions ant\u00e9rieures[171], ni par aucune action ult\u00e9rieure[172]. Pour Marie aussi, son amiti\u00e9 avec Dieu par la gr\u00e2ce sera toujours gratuite. Sa pr\u00e9cieuse figure est le t\u00e9moignage supr\u00eame de la r\u00e9ceptivit\u00e9 croyante de celle qui, plus et mieux que quiconque, s\u2019est ouverte avec docilit\u00e9 et pleine confiance \u00e0 l\u2019\u0153uvre du Christ, et en m\u00eame temps elle est le meilleur signe de la puissance transformatrice de cette gr\u00e2ce.<\/p>\n\n\n\n<p>68. D\u2019autre part, le titre susmentionn\u00e9 court le risque de voir la gr\u00e2ce divine comme si Marie devenait distributrice de biens ou d\u2019\u00e9nergies spirituelles, d\u00e9tach\u00e9s de notre relation personnelle avec J\u00e9sus-Christ. Cependant, le mot \u201cgr\u00e2ces\u201d, \u00e0 propos de l\u2019aide maternelle de Marie \u00e0 diff\u00e9rents moments de la vie, peut avoir un sens acceptable. Le pluriel exprime toutes les aides, m\u00eame mat\u00e9rielles, que le Seigneur peut nous apporter en \u00e9coutant l\u2019intercession de la M\u00e8re ; des aides qui, \u00e0 leur tour, disposent les c\u0153urs \u00e0 s\u2019ouvrir \u00e0 l\u2019amour de Dieu. De cette fa\u00e7on, Marie, en tant que m\u00e8re, est pr\u00e9sente dans la vie quotidienne des fid\u00e8les bien sup\u00e9rieure \u00e0 la proximit\u00e9 que peut avoir n\u2019importe quel autre saint.<\/p>\n\n\n\n<p>69. Par son intercession, elle peut implorer pour nous les \u00e9lans int\u00e9rieurs de l\u2019Esprit Saint que nous appelons \u201cgr\u00e2ces actuelles\u201d. Ce sont ces aides de l\u2019Esprit Saint qui agissent aussi chez les p\u00e9cheurs pour les disposer \u00e0 la justification[173], et aussi chez ceux qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 justifi\u00e9s par la gr\u00e2ce sanctifiante, pour les stimuler \u00e0 la croissance. C\u2019est dans ce sens pr\u00e9cis qu\u2019il faut interpr\u00e9ter le titre de \u201cM\u00e8re de la gr\u00e2ce\u201d. Marie collabore humblement pour que nous ouvrions notre c\u0153ur au Seigneur, qui seul peut nous justifier par l\u2019action de la gr\u00e2ce sanctifiante, c\u2019est-\u00e0-dire lorsqu\u2019Il infuse en nous sa vie trinitaire, qu\u2019Il demeure en nous comme un ami et qu\u2019Il nous fait participer \u00e0 sa vie divine. Cela est exclusivement l\u2019\u0153uvre du Seigneur, mais n\u2019exclut pas que, par l\u2019action maternelle de Marie, paroles, images et impulsions diverses puissent atteindre les fid\u00e8les pour les aider \u00e0 avancer dans la vie, \u00e0 pr\u00e9parer leur c\u0153ur \u00e0 la gr\u00e2ce que le Seigneur infuse ou \u00e0 grandir dans la vie de la gr\u00e2ce re\u00e7ue gratuitement.<\/p>\n\n\n\n<p>70. Ces secours, qui nous viennent du Seigneur, se pr\u00e8sentent \u00e0 nous avec un aspect maternel, plein de la tendresse et de la proximit\u00e9 de la M\u00e8re que J\u00e9sus a voulu partager avec nous (cf.&nbsp;<em>Jn<\/em>&nbsp;19, 25-28). Marie accomplit ainsi une action unique pour nous aider \u00e0 ouvrir notre c\u0153ur au Christ et \u00e0 sa gr\u00e2ce sanctifiante qui \u00e9l\u00e8ve et gu\u00e9rit. Lorsqu\u2019elle se communique en envoyant diverses \u201cmotions\u201d, celles-ci doivent toujours \u00eatre comprises comme des stimuli pour ouvrir notre vie \u00e0 l\u2019Unique qui travaille dans la partie la plus intime de notre \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Notre union avec Marie<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>71. Le Concile a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 appeler Marie \u00ab&nbsp;<em>dans l\u2019ordre de la gr\u00e2ce, notre M\u00e8re&nbsp;<\/em>\u00bb[174], ce qui exprime mieux l\u2019universalit\u00e9 de la coop\u00e9ration maternelle de Marie, qui est ind\u00e9niable dans un sens pr\u00e9cis: elle est la M\u00e8re du Christ, qui est la gr\u00e2ce par excellence et l\u2019Auteur de toute gr\u00e2ce.<\/p>\n\n\n\n<p>72. Cette maternit\u00e9 de Marie&nbsp;<em>dans l\u2019ordre de la gr\u00e2ce<\/em>&nbsp;\u2013 qui jaillit du myst\u00e8re pascal du Christ \u2013 implique aussi que chaque disciple \u00e9tablisse avec Marie \u00ab une relation unique et non reproductible \u00bb. Saint Jean Paul II a parl\u00e9 d\u2019une \u00ab dimension mariale de la vie des disciples du Christ \u00bb, qui s\u2019exprime comme \u00ab la r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019amour d\u2019une personne et, en particulier, \u00e0&nbsp;<em>l\u2019amour de la m\u00e8re&nbsp;<\/em>\u00bb[175]. La vie de gr\u00e2ce inclut notre relation avec la M\u00e8re. L\u2019union avec le Christ par la gr\u00e2ce nous unit en m\u00eame temps \u00e0 Marie dans une relation faite de confiance, de tendresse et d\u2019affection sans r\u00e9serve.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La premi\u00e8re disciple<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>73. Marie est \u00ab la premi\u00e8re disciple, celle qui a le mieux appris les choses de J\u00e9sus\u00bb[176]. Marie est la premi\u00e8re de ceux qui \u00ab \u00e9coutent la parole de Dieu, et l\u2019observent \u00bb (<em>Lc<\/em>&nbsp;11, 28) ; elle est la premi\u00e8re \u00e0 se placer parmi les humbles et les pauvres du Seigneur pour nous apprendre \u00e0 esp\u00e9rer et \u00e0 recevoir, avec confiance, le Salut qui ne vient que de Dieu. Marie \u00ab devenait ainsi&nbsp;<em>en un sens le premier \u201cdisciple\u201d de son Fils<\/em>, la premi\u00e8re \u00e0 qui Il semblait dire: \u201cSuis-moi!\u201d, avant m\u00eame d\u2019adresser cet appel aux Ap\u00f4tres ou \u00e0 quiconque (cf.&nbsp;<em>Jn<\/em>&nbsp;1, 43) \u00bb[177]. Elle est un mod\u00e8le de foi et de charit\u00e9 pour l\u2019\u00c9glise en raison de son ob\u00e9issance \u00e0 la volont\u00e9 du P\u00e8re, de sa collaboration \u00e0 l\u2019\u0153uvre r\u00e9demptrice de son Fils et de son ouverture \u00e0 l\u2019action de l\u2019Esprit Saint[178]. C\u2019est pourquoi saint Augustin disait que \u00ab c\u2019est plus pour Marie d\u2019\u00eatre disciple du Christ que d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 sa m\u00e8re \u00bb[179]. Et le Pape Fran\u00e7ois a insist\u00e9 sur le fait qu\u2019\u00ab elle est plus disciple que M\u00e8re \u00bb[180]. Marie est, en somme, \u00ab la premi\u00e8re et la plus parfaite disciple du Christ \u00bb[181].<\/p>\n\n\n\n<p>74. Marie est, pour chaque chr\u00e9tien, \u00ab celle qui, la premi\u00e8re, \u201ca cru\u201d, et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment avec cette foi d\u2019\u00e9pouse et de m\u00e8re qu\u2019elle veut agir sur tous ceux qui se confient \u00e0 elle comme des fils \u00bb[182]. Elle le fait avec une affection pleine de signes de proximit\u00e9 qui les aident \u00e0 grandir dans la vie spirituelle, en leur apprenant \u00e0 laisser agir de plus en plus la gr\u00e2ce du Christ. Dans cette relation d\u2019affection et de confiance, elle, qui est \u201cpleine de gr\u00e2ce\u201d, enseigne \u00e0 chaque chr\u00e9tien \u00e0 recevoir la gr\u00e2ce, \u00e0 garder la gr\u00e2ce re\u00e7ue et \u00e0 m\u00e9diter sur l\u2019\u0153uvre que Dieu accomplit dans sa vie (cf.<em>&nbsp;Lc<\/em>&nbsp;2, 19).<\/p>\n\n\n\n<p>75. Dans le cas de pr\u00e9sum\u00e9s ph\u00e9nom\u00e8nes surnaturels qui ont fait l\u2019objet d\u2019un jugement positif de la part de l\u2019\u00c9glise, o\u00f9 apparaissent certaines expressions ou titres tels que ceux cit\u00e9s ci-dessus, on se souviendra que \u00ab dans le cas o\u00f9 un&nbsp;<em>Nihil obstat<\/em>&nbsp;est accord\u00e9 par le Dicast\u00e8re, de tels ph\u00e9nom\u00e8nes ne deviennent pas objets de foi \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire que les fid\u00e8les ne sont pas oblig\u00e9s d\u2019y donner leur assentiment \u00bb[183].<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><em>M\u00e8re du Peuple fid\u00e8le<\/em><\/h1>\n\n\n\n<p>76. \u00ab Marie, la premi\u00e8re disciple, est la M\u00e8re \u00bb[184]. Sur la Croix, le Christ nous donne Marie, et ainsi \u00ab Il nous conduit \u00e0 elle, car Il ne veut pas que nous marchions sans une m\u00e8re \u00bb[185]. Elle est la M\u00e8re croyante qui est devenue \u00ab M\u00e8re de tous les croyants \u00bb[186], et en m\u00eame temps elle est \u00ab la M\u00e8re de l\u2019\u00c9glise \u00e9vang\u00e9lisatrice \u00bb[187], qui nous accueille comme Dieu a voulu nous appeler, pas seulement comme des individus isol\u00e9s, mais comme un peuple en marche[188]: \u00ab Notre M\u00e8re Marie veut toujours marcher avec nous, \u00eatre proche de nous, nous aider par son intercession et son amour \u00bb[189]. Elle est la M\u00e8re du Peuple fid\u00e8le, elle \u00ab marche au milieu de son peuple, mue par une tendresse d\u00e9licate, et prend sur elle ses angoisses et ses vicissitudes \u00bb[190].<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019amour s\u2019arr\u00eate, contemple le myst\u00e8re, jouit en silence<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>77. Le Peuple fid\u00e8le ne s\u2019\u00e9loigne pas du Christ ni de l\u2019\u00c9vangile lorsqu\u2019il s\u2019approche d\u2019elle, mais il sait lire \u00ab en cette image maternelle tous les myst\u00e8res de l\u2019\u00c9vangile \u00bb[191]. Parce que sur ce visage maternel se refl\u00e8te le Seigneur qui nous cherche (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;15, 4-8), qui vient \u00e0 notre rencontre les bras ouverts (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;15, 20), qui se tient devant nous (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;18, 40), qui se penche et nous soul\u00e8ve jusqu\u2019\u00e0 sa joue (cf.&nbsp;<em>Os&nbsp;<\/em>11, 4), qui nous regarde avec amour (cf.&nbsp;<em>Mc<\/em>&nbsp;10, 21) et qui ne nous condamne pas (cf<em>. Jn<\/em>&nbsp;8, 11 ;&nbsp;<em>Os<\/em>&nbsp;11, 9). Sur son visage maternel, beaucoup de pauvres reconnaissent le Seigneur, qui \u00ab a renvers\u00e9 les potentats de leurs tr\u00f4nes et \u00e9lev\u00e9 les humbles \u00bb (<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 52). Ce visage de femme chante le myst\u00e8re de l\u2019Incarnation. Sur ce visage de la M\u00e8re, transperc\u00e9e par l\u2019\u00e9p\u00e9e (cf.&nbsp;<em>Lc&nbsp;<\/em>2, 35), le Peuple de Dieu reconna\u00eet le myst\u00e8re de la Croix et, sur ce m\u00eame visage, baign\u00e9 de la lumi\u00e8re de P\u00e2ques, il per\u00e7oit que le Christ est vivant. Et c\u2019est elle, qui a re\u00e7u l\u2019Esprit Saint en pl\u00e9nitude, qui soutient les Ap\u00f4tres en pri\u00e8re au C\u00e9nacle (cf.&nbsp;<em>Ac&nbsp;<\/em>1, 14). C\u2019est pourquoi nous pouvons dire que, \u00ab en se fondant sur le t\u00e9moignage apostolique de l\u2019\u00c9glise, en quelque mani\u00e8re, la foi de Marie devient constamment la foi du Peuple de Dieu en marche \u00bb[192].<\/p>\n\n\n\n<p>78. Comme l\u2019ont dit les \u00e9v\u00eaques latino-am\u00e9ricains, les pauvres \u00ab rencontrent aussi la tendresse et l\u2019amour de Dieu dans le visage de Marie. En elle, ils voient se refl\u00e9ter le message essentiel de l\u2019\u00c9vangile \u00bb[193]. Le Peuple simple et pauvre ne s\u00e9pare pas la glorieuse M\u00e8re et Marie de Nazareth, que nous trouvons dans les \u00c9vangiles. Au contraire, il reconna\u00eet la simplicit\u00e9 derri\u00e8re la gloire, et il sait que Marie n\u2019a pas cess\u00e9 d\u2019\u00eatre l\u2019une d\u2019entre eux. C\u2019est elle qui, comme toute m\u00e8re, a port\u00e9 son enfant dans son sein, l\u2019a allait\u00e9, l\u2019a \u00e9lev\u00e9 avec tendresse avec l\u2019aide de saint Joseph, et elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 exempte des chocs et des doutes de la maternit\u00e9 (cf.&nbsp;<em>Lc&nbsp;<\/em>2, 48-50). C\u2019est elle qui chante le Dieu qui \u00ab a combl\u00e9 de biens les affam\u00e9s et renvoy\u00e9 les riches les mains vides \u00bb (<em>Lc&nbsp;<\/em>1, 53) ; qui souffre avec les fianc\u00e9s qui n\u2019ont plus de vin pour leur f\u00eate (cf.&nbsp;<em>Jn<\/em>&nbsp;2, 3) ; qui sait courir pour aider sa cousine qui en a besoin (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 39-40) ; qui se laisse blesser, comme transperc\u00e9e par l\u2019\u00e9p\u00e9e, \u00e0 cause de l\u2019histoire de son peuple, o\u00f9 son fils est \u00ab un signe en butte \u00e0 la contradiction \u00bb (<em>Lc<\/em>&nbsp;2, 34) ; qui comprend ce que c\u2019est que d\u2019\u00eatre migrant ou exil\u00e9 (cf.&nbsp;<em>Mt<\/em>&nbsp;2, 13-15) ; qui, dans sa pauvret\u00e9, ne peut offrir que deux petites colombes (cf.&nbsp;<em>Lc<\/em>&nbsp;2, 24) et qui sait ce que c\u2019est que d\u2019\u00eatre m\u00e9pris\u00e9e parce qu\u2019elle est de la famille d\u2019un pauvre charpentier (cf.&nbsp;<em>Mc&nbsp;<\/em>6, 3-4). Les peuples souffrants reconnaissent Marie marchant \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s et c\u2019est pourquoi ils cherchent leur M\u00e8re pour implorer son aide[194].<\/p>\n\n\n\n<p>79. La proximit\u00e9 de la M\u00e8re suscite une pi\u00e9t\u00e9 mariale \u201cpopulaire\u201d, qui s\u2019exprime diff\u00e9remment selon les peuples. Les diff\u00e9rents visages de Marie \u2013 cor\u00e9en, mexicain, congolais, italien et tant d\u2019autres \u2013 sont des formes d\u2019inculturation de l\u2019\u00c9vangile qui refl\u00e8tent, en tout lieu de la terre, \u00ab la tendresse paternelle de Dieu \u00bb[195] qui atteint les entrailles de nos peuples.<\/p>\n\n\n\n<p>80. Contemplons la foi du Peuple de Dieu, o\u00f9 des multitudes de croyants reconnaissent spontan\u00e9ment Marie comme M\u00e8re, comme le Christ lui-m\u00eame nous l\u2019a propos\u00e9 sur la Croix. Le Peuple de Dieu aime faire des p\u00e8lerinages dans les diff\u00e9rents sanctuaires mariaux, o\u00f9 il trouve consolation et force pour aller de l\u2019avant, comme quelqu\u2019un qui, dans la fatigue et la souffrance, re\u00e7oit la caresse de sa M\u00e8re. La Conf\u00e9rence d\u2019Aparecida a pu exprimer de mani\u00e8re claire et belle la profonde valeur th\u00e9ologique de cette exp\u00e9rience. Rien de mieux que de terminer cette&nbsp;<em>Note<\/em>&nbsp;par ces mots :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Nous soulignons les p\u00e8lerinages, o\u00f9 l\u2019on peut reconna\u00eetre le Peuple de Dieu en train de cheminer. L\u00e0, le croyant c\u00e9l\u00e8bre la joie de se sentir immerg\u00e9 au milieu de tant de fr\u00e8res, cheminant ensemble vers Dieu qui les attend. Le Christ m\u00eame se fait p\u00e8lerin et marche, ressuscit\u00e9 au milieu des pauvres. La d\u00e9cision de partir vers le sanctuaire est d\u00e9j\u00e0 un acte de foi, le cheminement est un v\u00e9ritable chant d\u2019esp\u00e9rance, et l\u2019arriv\u00e9e est une rencontre d\u2019amour. Le regard du p\u00e8lerin se porte sur une image qui symbolise la tendresse et la proximit\u00e9 de Dieu. L\u2019amour se fixe, contemple le myst\u00e8re, en profite en silence. En m\u00eame temps il s\u2019\u00e9meut, laissant se r\u00e9pandre toute la charge de sa douleur et de ses souhaits. La supplication sinc\u00e8re, qui s\u2019\u00e9coule en tout confiance, est la meilleure expression d\u2019un c\u0153ur qui a renonc\u00e9 \u00e0 sa suffisance propre, reconnaissant que tout seul il ne peut rien. Une vive exp\u00e9rience spirituelle se trouve condens\u00e9e en un bref instant<\/em>&nbsp;\u00bb[196].<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e8re du Peuple fid\u00e8le, priez pour nous.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le Souverain Pontife L\u00e9on XIV, Le 7 octobre 2025, M\u00e9moire Liturgique de la Sainte Vierge du Rosaire, il a approuv\u00e9 la pr\u00e9sente&nbsp;<\/em>Note,<em>&nbsp;d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e lors de la session ordinaire de ce Dicast\u00e8re, en date du 26 mars 2025, et en a ordonn\u00e9 la publication.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Donn\u00e9 \u00e0 Rome, au si\u00e8ge du Dicast\u00e8re pour la Doctrine de la Foi, le 4 novembre 2025, M\u00e9moire Liturgique de saint Charles Borrom\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>V\u00edctor Manuel Card. Fern\u00e1ndez<\/p>\n\n\n\n<p><em>Pr\u00e9fet<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mgr Armando Matteo<\/p>\n\n\n\n<p><em>Secr\u00e9taire<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>pour la Section doctrinale<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Leo PP. XIV<\/p>\n\n\n\n<p>7 octobre 2025<\/p>\n\n\n\n<p><strong>_________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>[1] Cf. S. Augustin,&nbsp;<em>De sancta virginitate<\/em>, 6 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;40, 399.<\/p>\n\n\n\n<p>[2] Dicast\u00e8re pour la doctrine de la foi,&nbsp;<em>Normes proc\u00e9durales pour le discernement de ph\u00e9nom\u00e8nes surnaturels pr\u00e9sum\u00e9s&nbsp;<\/em>(17 mai 2024) :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;116 (2024), 771-794.<\/p>\n\n\n\n<p>[3] Dans certains de ces ph\u00e9nom\u00e8nes, ou apparitions, la Vierge Marie est d\u00e9sign\u00e9e par des titres tels que Co-r\u00e9demptrice, R\u00e9demptrice, Pr\u00eatre, M\u00e9diatrice, M\u00e9diatrice de toutes les gr\u00e2ces, M\u00e8re de gr\u00e2ce, M\u00e8re spirituelle, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>[4] Cf. S. Paul VI, Exhort. ap.&nbsp;<em>Marialis cultus<\/em>&nbsp;(2 f\u00e9vrier 1974), n. 26 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>66 (1974), 136-139.<\/p>\n\n\n\n<p>[5] Cf.&nbsp;<em>ibid<\/em>., n. 28 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>66 (1974), 139-141.<\/p>\n\n\n\n<p>[6] Cf.&nbsp;<em>ibid<\/em>., n. 37 :<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>66 (1974), 148-149.<\/p>\n\n\n\n<p>[7] S. Jean Paul II,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(9 avril 1997), n. 3 :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano,<\/em>&nbsp;10 avril 1997, 4.<\/p>\n\n\n\n<p>[8] Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Hom\u00e9lie pour le<\/em>&nbsp;<em>Jubil\u00e9 extraordinaire de la Mis\u00e9ricorde : Messe et ouverture de la Porte Sainte&nbsp;<\/em>(8 d\u00e9cembre 2015) :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;108 (2016), 8.<\/p>\n\n\n\n<p>[9] Cf. S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater<\/em>&nbsp;(25 mars 1987), n. 26 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987) 396.<\/p>\n\n\n\n<p>[10] La relation qui appara\u00eet dans les textes de saint Paul entre Adam et le Christ (<em>Rm<\/em>&nbsp;5, 18-19 et&nbsp;<em>1 Co<\/em>&nbsp;15, 22) a servi aux Saints P\u00e8res \u00e0 \u00e9tablir le parall\u00e8le \u00c8ve-Marie. Par exemple, S. Justin,&nbsp;<em>Dialogue avec le juif Tryphon,&nbsp;<\/em>100 :&nbsp;<em>PG<\/em>&nbsp;6, 710CD-711A ; S. Ir\u00e9n\u00e9e de Lyon,&nbsp;<em>Adversus Haereses,<\/em>&nbsp;III, 22, 4 :&nbsp;<em>PG<\/em>&nbsp;7\/1, 959C-960A ; Tertullien,&nbsp;<em>De carne Christi<\/em>, 17, 5 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;1, 782B. Ce parall\u00e8le antith\u00e9tique entre \u00c8ve et Marie est la premi\u00e8re approche faite par les P\u00e8res du th\u00e8me de la coop\u00e9ration de la Vierge \u00e0 l\u2019\u0153uvre r\u00e9demptrice du Christ : si \u00c8ve a apport\u00e9 la perdition, la foi de Marie nous a apport\u00e9 le salut. La grande abondance de t\u00e9moignages patristiques sur le th\u00e8me de la Vierge comme nouvelle \u00c8ve, offre des \u00e9l\u00e9ments int\u00e9ressants du point de vue th\u00e9ologique : a)&nbsp;<em>Marie et la femme<\/em>, parce qu\u2019en Marie la femme reprend sa splendeur primitive et trouve son accomplissement d\u00e9finitif ; b)&nbsp;<em>Marie et le Christ<\/em>&nbsp;comme \u00e9pouse-partenaire, qui constitue avec son Fils le bin\u00f4me exemplaire et salvifique de la r\u00e9capitulation ou restauration messianique ; c)&nbsp;<em>Marie et l\u2019\u00c9glise<\/em>, \u00e9tablissant en Marie une double relation avec l\u2019\u00c9glise, celle de l\u2019exemplarit\u00e9, comme prototype, et celle de M\u00e8re de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n\n\n\n<p>[11] S. Augustin,&nbsp;<em>De Sancta Virginitate<\/em>, 6 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;40, 399.<\/p>\n\n\n\n<p>[12] Cf. S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 31 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 402-403.<\/p>\n\n\n\n<p>[13] Par exemple, cf. S. Efrem,&nbsp;<em>Hymni de Nativitate : SC&nbsp;<\/em>459 ; S. Jean Damasc\u00e8ne,&nbsp;<em>In dormitione Deiparae<\/em>&nbsp;I, 8 :&nbsp;<em>SC<\/em>&nbsp;80, 100-104.<\/p>\n\n\n\n<p>[14] Par exemple, cf.&nbsp;<em>Octo\u00ebchus magnus<\/em>, Roma 1885, 152 : \u00ab Par toi nous sommes devenus participants de la nature divine, \u00f4 toujours Vierge,&nbsp;<em>Theotokos<\/em>, parce que pour nous tu as donn\u00e9 naissance au Dieu incarn\u00e9. Nous te magnifions donc tous comme il est juste de le faire \u00bb (trad. de l\u2019original grec du&nbsp;<em>Theotokion<\/em>&nbsp;du&nbsp;<em>Kathisma<\/em>&nbsp;po\u00e9tique apr\u00e8s la premi\u00e8re&nbsp;<em>stasis<\/em>). Un autre exemple, plus significatif, de l\u2019expression de la d\u00e9votion mariale est le c\u00e9l\u00e8bre&nbsp;<em>Akathistos<\/em>&nbsp;(du V<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle), en 24 strophes; le titre signifie simplement qu\u2019on l\u2019\u00e9coute debout, et non assis, comme on \u00e9coute l\u2019\u00c9vangile en signe de respect sp\u00e9cial pour la Vierge-M\u00e8re Marie, que le po\u00e8te c\u00e9l\u00e8bre avec les plus beaux adjectifs et m\u00e9taphores symboliques, en lui demandant d\u2019accepter son offrande po\u00e9tique et d\u2019interc\u00e9der pour sauver le genre humain du p\u00e9ch\u00e9 de la terre : cf. E.M. Toniolo, O.S.M.,&nbsp;<em>Akathistos Inno alla Madre di Dio<\/em>, Roma 2017.<\/p>\n\n\n\n<p>[15] Le t\u00e9moin le plus ancien de ce titre vient d\u2019\u00c9gypte au III<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Cf.&nbsp;<em>Papyrus<\/em>&nbsp;470 de la&nbsp;<em>John Rylands Library<\/em>&nbsp;(Manchester, UK) qui transmet en grec une grande partie de l\u2019invocation mariale. La traduction latine de cette pri\u00e8re dit : \u00ab&nbsp;<em>Sub tuum praesidium confugimus,<\/em>&nbsp;<em>Sancta Dei Genetrix.<\/em>&nbsp;<em>Nostras deprecationes ne despicias<\/em>&nbsp;<em>in necessitatibus,<\/em>&nbsp;<em>sed a periculis cunctis<\/em>&nbsp;<em>libera nos semper,<\/em>&nbsp;<em>Virgo gloriosa et benedicta&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[16] Les repr\u00e9sentations iconographiques traditionnelles de la Vierge suivent une s\u00e9rie de mod\u00e8les stables. En particulier, l\u2019<em>Od\u0113gh\u0113tria&nbsp;<\/em>de sa main montre \u201cle chemin\u201d vers son fils J\u00e9sus-Christ sur ses genoux ; l\u2019<em>\u00c9leousa<\/em>, qui est la Tendresse, o\u00f9 se manifeste le lien intime entre la M\u00e8re et le Fils : son visage repose sur celui de Marie ; et la&nbsp;<em>Platytera<\/em>, la plus grande aux cieux, porte en elle le Christ en elle, repr\u00e9sent\u00e9 comme l\u2019enfant J\u00e9sus sur sa poitrine. La plupart des autres sont inspir\u00e9es de ces trois mod\u00e8les, comme la&nbsp;<em>Galaktotrophousa<\/em>, qui nourrit l\u2019enfant avec son lait ; la&nbsp;<em>Kyri\u014dtissa<\/em>&nbsp;ou Dame, qui tient l\u2019Enfant sur ses genoux comme sur un tr\u00f4ne ; la&nbsp;<em>Panagia<\/em>, ou la Toute-Sainte, v\u00eatue d\u2019un manteau rouge qui exprime la pl\u00e9nitude de la saintet\u00e9 ; ou la&nbsp;<em>De\u0113sis,&nbsp;<\/em>o\u00f9 elle appara\u00eet \u00e0 la droite de son Fils intronis\u00e9 en majest\u00e9 (<em>Pantokrat\u014dr<\/em>) interc\u00e9dant pour nous, avec Jean-Baptiste \u00e0 gauche. Dans d\u2019autres ic\u00f4nes, Marie appara\u00eet en intercession avec les autres saints, souvent avec Jean-Baptiste, comme derniers repr\u00e9sentants de l\u2019Ancienne Alliance et, en m\u00eame temps, comme premiers membres du peuple nouveau.<\/p>\n\n\n\n<p>[17] Cf. Beno\u00eet XVI,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(27 mai 2009) :<em>&nbsp;L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 28 mai 2009, 1 ; S. Gr\u00e9goire de Narek,&nbsp;<em>Prex&nbsp;<\/em>26 et 80,&nbsp;<em>Ad Deiparam<\/em>:&nbsp;<em>SC<\/em>&nbsp;78, 160-164, 428-432.<\/p>\n\n\n\n<p>[18] Des auteurs orientaux tels que saint Jacques de Sarug (\u2020521), saint Romain le Chantre (\u2020 555-562), saint Jean Damasc\u00e8ne (\u2020 749) et Jean le G\u00e9om\u00e8tre (\u2020 1000) avaient d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9 le th\u00e8me de la coop\u00e9ration de Marie au sacrifice r\u00e9dempteur du Christ sur la Croix.<\/p>\n\n\n\n<p>[19] Cf. S. Bernard de Clairvaux,&nbsp;<em>In Purificationem Deiparae,&nbsp;<\/em>III, 2:<em>&nbsp;PL&nbsp;<\/em>183, 370C<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[20] Cf. Arnaud de Bonneval,&nbsp;<em>De laudibus B. M. Virginis<\/em>&nbsp;I, 3c. 12, 4 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;189, 1727A.<\/p>\n\n\n\n<p>[21] Dans le magist\u00e8re ant\u00e9rieur au Concile Vatican II, on remarque : Pie IX, Const.&nbsp;<em>Ineffabilis Deus&nbsp;<\/em>(8 d\u00e9cembre 1854) :&nbsp;<em>Pontificis Maximi Acta. Pars prima<\/em>, Roma 1854, 597-619 ; L\u00e9on XIII, Lett. enc.&nbsp;<em>Iucunda semper expectatione&nbsp;<\/em>(8 septembre 1894) :&nbsp;<em>ASS<\/em>&nbsp;27 (1894-1851), 177-184 ; Id., Lett. enc.&nbsp;<em>Adiutricem populi<\/em>&nbsp;(5 septembre 1895) :&nbsp;<em>ASS<\/em>&nbsp;28 (1895-1896), 129-136 ; S. Pie X, Lett. enc.&nbsp;<em>Ad diem illum laetissimum&nbsp;<\/em>(2 f\u00e9vrier 1904) :&nbsp;<em>ASS<\/em>&nbsp;36 (1903-1904), 453, 453 ; Beno\u00eet XV, Lett. ap.&nbsp;<em>Inter sodalicia<\/em>,&nbsp;<em>\u00e0 la Confr\u00e9rie de Notre-Dame de la Bonne Mort<\/em>&nbsp;(22 mars 1918) :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;10 (1918), 182 ; Pie XI, Lett. enc.&nbsp;<em>Miserentissimus Redemptor<\/em>&nbsp;(8 mai 1928) :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>20 (1928), 165-178; Pie XII, Lett. enc.&nbsp;<em>Mystici corporis Christi&nbsp;<\/em>(29 juin 1943) :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;35 (1943), 193-248 ; Id., Lett. enc.&nbsp;<em>Ad caeli Reginam<\/em>&nbsp;(11 octobre 1954) :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;46 (1954), 634-635<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[22] Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 56 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 60.<\/p>\n\n\n\n<p>[23] Cf. Pie IX, Const. ap.&nbsp;<em>Ineffabilis Deus&nbsp;<\/em>(8 d\u00e9cembre 1854) :<em>&nbsp;Pontificis Maximi Acta. Pars prima<\/em>, Roma 1854, 616 : (DH 2803) \u00ab la Bienheureuse Vierge Marie fut pr\u00e9serv\u00e9e de toute tache du p\u00e9ch\u00e9 originel d\u00e8s le premier instant de sa conception, par la gr\u00e2ce et le privil\u00e8ge singuliers de Dieu tout-puissant, en consid\u00e9ration des m\u00e9rites de J\u00e9sus-Christ Sauveur du genre humain \u00bb ; Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 53 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 58 : \u00ab Rachet\u00e9e de fa\u00e7on \u00e9minente en consid\u00e9ration des m\u00e9rites de son Fils \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[24] Cf. S. Ambroise,&nbsp;<em>Exp. Evangelii secundum Lucam<\/em>, II, 7:&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;15, 1555.<\/p>\n\n\n\n<p>[25] Cf. Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Ang\u00e9lus en la Solennit\u00e9 de l\u2019Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie<\/em>&nbsp;(15 ao\u00fbt 2013) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 17-18 ao\u00fbt 2013, 8.<\/p>\n\n\n\n<p>[26] S. Paul VI, Exhort. ap.&nbsp;<em>Marialis cultus&nbsp;<\/em>(2 f\u00e9vrier 1974), n. 25 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>66 (1974), 135.<\/p>\n\n\n\n<p>[27] Ce n\u2019est pas simplement une \u00ab m\u00e8re-nourrici\u00e8re \u00bb. Cf. S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 20 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 384-387.<\/p>\n\n\n\n<p>[28] Beno\u00eet XVI,&nbsp;<em>Hom\u00e9lie pour la<\/em>&nbsp;<em>Conc\u00e9l\u00e9bration eucharistique avec les nouveaux Cardinaux et la remise de l\u2019anneau cardinalice<\/em>&nbsp;(25 mars 2006) :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>98 (2006), 330; cf. S. Paul VI, Exhort. ap.&nbsp;<em>Signum magnum,&nbsp;<\/em>(13 mai 1967), n. 5:&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>59 (1967), n. 5:<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>59 (1967), 469 : \u00ab Marie, d\u00e8s qu\u2019elle fut rassur\u00e9e par la voix de l\u2019ange Gabriel que Dieu l\u2019avait choisie comme M\u00e8re sans craindre son Fils unique, sans tarder, elle donna son assentiment \u00e0 une \u0153uvre qui engagerait toutes les \u00e9nergies de sa fr\u00eale nature, en d\u00e9clarant : \u201c<em>Voici la servante du Seigneur; qu\u2019il me soit fait selon ta parole<\/em>\u201d (<em>Lc<\/em>&nbsp;1, 38) \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[29] H.U. Von Balthasar, Theodramatik. Bd. 2 Die Personen des Spiels. Teil 2 Die Personen in Christus, Einsiedeln 21998, 272;; cf. S. Cyrille d\u2019Alexandrie,&nbsp;<em>Ep. II ad Nestorium&nbsp;<\/em>: DH 251 : \u00ab De cette fa\u00e7on, [les Saints P\u00e8res] n\u2019avaient pas d\u2019objection \u00e0 appeler la Sainte Vierge M\u00e8re de Dieu \u00bb, Concile \u0152cum. d\u2019\u00c9ph\u00e8se, can. 1 : DH 252.<\/p>\n\n\n\n<p>[30] Pour autant que nous le sachions aujourd\u2019hui, cela s\u2019est pass\u00e9 au XV<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, un hymnographe b\u00e9n\u00e9dictin nous a l\u00e9gu\u00e9 la pri\u00e8re manuscrite suivante, conserv\u00e9e \u00e0 l\u2019abbaye Saint-Pierre de Salzbourg : \u00ab<em>&nbsp;Pia, dulcis et benigna\/nullo prorsus luctu digna\/si fletum hinc eligeres\/ut compassa Redemptori\/captivato transgressori\/tu corredemptrix fieres&nbsp;<\/em>\u00bb. \u00ab Pieuse, douce et bonne\/tu n\u2019es digne d\u2019aucune douleur\/si d\u2019ici tu enl\u00e8ves les pleurs\/souffrant avec le R\u00e9dempteur\/pour le captif qui a transgress\u00e9\/tu seras co-r\u00e9demptrice \u00bb :&nbsp;<em>De compassione BMV<\/em>, 20 : G.M. Dreves (ed.),&nbsp;<em>Analecta Hymnica Medii Aevi,&nbsp;<\/em>XLVI, Leipzig 1905, n. 79, 127.<\/p>\n\n\n\n<p>[31] Les th\u00e9ologiens comprennent le titre de co-r\u00e9demptrice de diff\u00e9rentes mani\u00e8res : a)&nbsp;<em>Coop\u00e9ration imm\u00e9diate, christotypique ou maximaliste,<\/em>&nbsp;qui situe la coop\u00e9ration de Marie comme proche, directe et imm\u00e9diate \u00e0 la R\u00e9demption elle-m\u00eame (R\u00e9demption objective). En ce sens, les m\u00e9rites de Marie, bien que subordonn\u00e9s \u00e0 ceux du Christ, auraient une valeur r\u00e9demptrice pour le salut ; b)&nbsp;<em>Coop\u00e9ration m\u00e9diate, ou minimaliste,<\/em>&nbsp;limit\u00e9e au \u201coui\u201d de l\u2019Annonciation. Il s\u2019agirait d\u2019une coop\u00e9ration m\u00e9diate, qui rendrait possible l\u2019Incarnation comme une \u00e9tape pr\u00e9alable \u00e0 la R\u00e9demption ; c)<em>&nbsp;Coop\u00e9ration imm\u00e9diate r\u00e9ceptive ou eccl\u00e9siale,&nbsp;<\/em>en coop\u00e9rant \u00e0 la R\u00e9demption objective en ce sens qu\u2019elle a accept\u00e9 les fruits du sacrifice r\u00e9dempteur du Sauveur repr\u00e9sentant l\u2019\u00c9glise. Une coop\u00e9ration imm\u00e9diate, mais r\u00e9ceptive, puisque Marie a simplement accept\u00e9 la R\u00e9demption du Christ, devenant la \u201cpremi\u00e8re \u00c9glise\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>[32] Sous le pontificat de saint Pie X, le titre de Co-r\u00e9demptrice se trouve dans un document de la Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation des Rites et dans deux documents du Saint-Office. Cf. Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation des Rites,&nbsp;<em>Dolores Virginis Deiparae<\/em>&nbsp;(13 mai 1908) :&nbsp;<em>ASS<\/em>&nbsp;41 (1908), 409 ; Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation du Saint-Office, D\u00e9cret&nbsp;<em>Sunt Quos Amor<\/em>&nbsp;(26 juin 1913) :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;5 (1913), 364, qui fait l\u2019\u00e9loge de la coutume d\u2019ajouter au nom de J\u00e9sus le nom \u00ab de sa m\u00e8re, notre co-r\u00e9demptrice, la Bienheureuse Marie \u00bb; Id.,&nbsp;<em>Pri\u00e8re indulgenci\u00e9e<\/em>&nbsp;(22 janvier 1914):&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;6 (1914), 108, o\u00f9 Marie est appel\u00e9e \u00ab co-r\u00e9demptrice du genre humain \u00bb. Le premier des papes \u00e0 utiliser le terme de Co-r\u00e9demptrice est Pie XI dans le Bref du 20 juillet 1925, s\u2019adressant \u00e0 la Reine du Rosaire de Pomp\u00e9i dans Pie XI,&nbsp;<em>Ad B.V.M. a sacratissimo Rosario in Valle Pompeiana<\/em>, dans Sacra Paenitentiaria Apostolica,&nbsp;<em>Enchiridion Indulgentiarum<\/em>, Roma 1952, n. 628. : \u00ab Souviens-toi aussi qu\u2019au Calvaire tu as \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e co-r\u00e9demptrice, collaborant avec la crucifixion de ton c\u0153ur au salut du monde, avec ton Fils crucifi\u00e9 \u00bb Cf. Id.,&nbsp;<em>Discours<\/em>&nbsp;\u201c<em>Ecco di nuovo<\/em>\u201d&nbsp;<em>a un groupe de p\u00e8lerins de Vicence<\/em>&nbsp;(30 novembre 1933) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 1<sup>er<\/sup>&nbsp;d\u00e9cembre 1933, 1.<\/p>\n\n\n\n<p>[33] Cf. Id.,&nbsp;<em>Message radiophonique \u00e0 l\u2019occasion de la cl\u00f4ture de l\u2019Ann\u00e9e Sainte de la R\u00e9demption \u00e0 Lourdes&nbsp;<\/em>(28 avril 1935) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 29-30 avril 1935, 1.<\/p>\n\n\n\n<p>[34] Cf. Id.,&nbsp;<em>Ad B.V.M. a sacratissimo Rosario in Valle Pompeiana<\/em>&nbsp;dans Sacra Paenitentiaria Apostolica,&nbsp;<em>Enchiridion Indulgentiarum<\/em>, Roma 1952, n. 628.<\/p>\n\n\n\n<p>[35] Cf. S. Jean Paul II,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(10 d\u00e9cembre 1980) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 11 d\u00e9cembre 1980, 2 ; Id.,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(8 septembre 1982) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 10 septembre 1982, 2 ; Id.,&nbsp;<em>Ang\u00e9lus<\/em>&nbsp;(4 novembre 1984) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 5-6 novembre 1984, 7 ; Id.,&nbsp;<em>Hom\u00e9lie au sanctuaire de Notre-Dame de l\u2019Alborada \u00e0 Guayaquil, Equateur&nbsp;<\/em>(31 janvier 1985) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 2 f\u00e9vrier 1985, 6 ; Id.,&nbsp;<em>Ang\u00e9lus du dimanche des Rameaux<\/em>&nbsp;(31 mars 1985) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 1-2 avril 1985, 10 ;&nbsp;<em>Discours aux p\u00e8lerins de \u201cl\u2019Opera Federativa Trasporto Ammalati a Lourdes\u201d<\/em>&nbsp;(OFTAL) (24 mars 1990) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 25 mars 1990, 4 ;&nbsp;<em>Ang\u00e9lus&nbsp;<\/em>(6 octobre 1991) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 7-8 octobre 1991, 7. Apr\u00e8s la&nbsp;<em>Feria IV<\/em>&nbsp;de la Congr\u00e9gation pour la Doctrine de la Foi, le 21 f\u00e9vrier 1996, saint Jean Paul II n\u2019utilisera plus le titre de Co-r\u00e9demptrice. Il est \u00e9galement important de noter que ce titre n\u2019appara\u00eet pas dans la Lettre encyclique&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>du 25 mars 1987, qui est le document par excellence dans lequel saint Jean Paul II explique le r\u00f4le de Marie dans l\u2019\u0153uvre de la R\u00e9demption.<\/p>\n\n\n\n<p>[36] J. Ratzinger,&nbsp;<em>Compte rendu de la Feria IV du 21 f\u00e9vrier 1996<\/em>, dans les Archives du Dicast\u00e8re pour la Doctrine de la Foi.<\/p>\n\n\n\n<p>[37] P. Seewald \u2013 J. Ratzinger, Dios y el mundo. Una conversaci\u00f3n con Peter Seewald, Madrid 2005, 287-288.<\/p>\n\n\n\n<p>[38] Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Hom\u00e9lie<\/em>&nbsp;<em>pour la f\u00eate de Notre-Dame de Guadalupe<\/em>&nbsp;(12 d\u00e9cembre 2019) :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>112 (2020), 9.<\/p>\n\n\n\n<p>[39] Id.,&nbsp;<em>M\u00e9ditations quotidiennes<\/em>&nbsp;<em>La Femme des douleurs, disciple et m\u00e8re&nbsp;<\/em>(3 avril 2020)&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 4 avril 2020, 8.<\/p>\n\n\n\n<p>[40] Id.,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(24 mars 2021) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 24 mars 2021, 8.<\/p>\n\n\n\n<p>[41] Pie XII, Lett. Enc.&nbsp;<em>Haurietis Aquas<\/em>&nbsp;(15 mai 1956), n. 10 :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;48 (1956), 321.<\/p>\n\n\n\n<p>[42] Cf. S. Andr\u00e9 de Cr\u00e8te,&nbsp;<em>In Nativitatem Mariae<\/em>, IV :&nbsp;<em>PG<\/em>&nbsp;97, 865A.<\/p>\n\n\n\n<p>[43] Cf. S. Germain de Constantinople,&nbsp;<em>In Annuntiationem s. Deiparae<\/em>&nbsp;<em>PG<\/em>&nbsp;98, 322BC.<\/p>\n\n\n\n<p>[44] Cf. S. Jean Damasc\u00e8ne,&nbsp;<em>In Dormitionem Deiparae,&nbsp;<\/em>I :&nbsp;<em>PG<\/em>&nbsp;96, 712B \u2013 713A.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[45]<\/sup>&nbsp;Le 12 janvier 1921, \u00e0 la demande du Card. D\u00e9sir\u00e9-Joseph Mercier, Beno\u00eet XV a accord\u00e9 \u00e0 toute la Belgique l\u2019office et la messe de la Vierge Marie \u00ab M\u00e9diatrice de toutes gr\u00e2ces \u00bb, \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer le 31 mai. Par la suite, le Si\u00e8ge apostolique a accord\u00e9 sur demande le m\u00eame office et la m\u00eame messe \u00e0 de nombreux autres dioc\u00e8ses et congr\u00e9gations religieuses. cf.&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>13 (1921), 345.<\/p>\n\n\n\n<p>[46] Cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 62:&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 63; Acad\u00e9mie pontificale mariale internationale, \u00ab&nbsp;<em>Un nouveau dogme marial ? \u00bb<\/em>,&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 4 juin 1997, 10 : \u00ab La Constitution&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, qui, apr\u00e8s un choix r\u00e9fl\u00e9chi, ne contient pas la d\u00e9finition dogmatique de la m\u00e9diation, a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e par 2.151 voix sur 2.156 votants [\u2026] et, 33 ans \u00e0 peine apr\u00e8s la promulgation de&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>&nbsp;[\u2026], le panorama eccl\u00e9sial, th\u00e9ologique et ex\u00e9g\u00e9tique n\u2019a pas substantiellement chang\u00e9 \u00bb. Cette affirmation de l\u2019Acad\u00e9mie Pontificale Mariale Internationale s\u2019est ajout\u00e9e \u00e0 la D\u00e9claration de la Commission th\u00e9ologique cr\u00e9\u00e9e dans le cadre du 12<sup>e<\/sup>&nbsp;Congr\u00e8s Mariologique International (Czestochowa, 12-24 ao\u00fbt 1996) qui a jug\u00e9 inopportun de proc\u00e9der \u00e0 la d\u00e9finition dogmatique de Marie comme \u201cm\u00e9diatrice\u201d, \u201cco-r\u00e9demptrice\u201d et \u201cavocate\u201d ; cf. Commission th\u00e9ologique du Congr\u00e8s de Czestochowa<em>, P\u00e9tition pour la d\u00e9finition du dogme de Marie M\u00e9diatrice, Co-r\u00e9demptrice et Avocate. D\u00e9claration de la Commission th\u00e9ologique du Congr\u00e8s de Czestochowa<\/em>&nbsp;:<em>&nbsp;L\u2019Osservatore Romano,<\/em>&nbsp;4 juin 1997, n. 10.<\/p>\n\n\n\n<p>[47] S. Paul VI,&nbsp;<em>Discours<\/em>&nbsp;<em>de cl\u00f4ture de la troisi\u00e8me session du Concile Vatican II<\/em>&nbsp;(21 novembre 1964) :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>56 (1964), 1014.<\/p>\n\n\n\n<p>[48] Cf. S. Bernard de Clairvaux,&nbsp;<em>Hom. In laudibus Virginis Matris,&nbsp;<\/em>IV<em>,&nbsp;<\/em>8 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;183, 83CD-84AB.<\/p>\n\n\n\n<p>[49] Cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, nn. 55-62 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 59-63.<\/p>\n\n\n\n<p>[50] Cf.&nbsp;<em>ib\u00edd<\/em>., nn. 53, 56, 61, 63:&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 59; 60; 63 ; 64.<\/p>\n\n\n\n<p>[51] Cf.&nbsp;<em>ibid.,&nbsp;<\/em>nn. 60, 62, 63, 65 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 62 ; 63 ; 64 ; 65.<\/p>\n\n\n\n<p>[52]&nbsp;<em>Ib\u00edd.<\/em>, n. 62:&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 63.<\/p>\n\n\n\n<p>[53] Cf. Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(24 mars 2021) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 24 mars 2021, 8.<\/p>\n\n\n\n<p>[54] Congr\u00e9gation pour la Doctrine de la Foi, D\u00e9claration&nbsp;<em>Dominus Iesus<\/em>&nbsp;(6 ao\u00fbt 2000), n. 13:&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>92 (2000), 754-755.<\/p>\n\n\n\n<p>[55] Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium,&nbsp;<\/em>n. 62:&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 63.<\/p>\n\n\n\n<p>[56] Congr\u00e9gation pour la Doctrine de la Foi, D\u00e9claration&nbsp;<em>Dominus Iesus<\/em>&nbsp;(6 ao\u00fbt 2000), n. 14:&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>92 (2000), 755.<\/p>\n\n\n\n<p>[57] Cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 1 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 5 ; Fran\u00e7ois, Exhort. ap.&nbsp;<em>Evangelii gaudium&nbsp;<\/em>(24 novembre 2013), n. 112 :<em>&nbsp;AAS<\/em>&nbsp;105 (2013), 1066.<\/p>\n\n\n\n<p>[58] Cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 65 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 64-65 ; Fran\u00e7ois, Exhort. ap.&nbsp;<em>Evangelii gaudium&nbsp;<\/em>(24 novembre 2013), n. 288 :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;105 (2013), 1019-1137, 1136.<\/p>\n\n\n\n<p>[59] Orig\u00e8ne,&nbsp;<em>Hom. in Numeros<\/em>, XII, 1:&nbsp;<em>PG<\/em>&nbsp;12, 657.<\/p>\n\n\n\n<p>[60] S. Ambroise,&nbsp;<em>Ep.<\/em>&nbsp;11, 24:&nbsp;<em>PL 16<\/em>, 1106D.<\/p>\n\n\n\n<p>[61] S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Super Ioannem<\/em>, cap. 7, lect. 5.<\/p>\n\n\n\n<p>[62] Cf. Pie IX, Const. ap.&nbsp;<em>Ineffabilis Deus&nbsp;<\/em>(8 d\u00e9cembre 1854) dans Pie IX,<em>&nbsp;Pontificis Maximi Acta. Pars prima<\/em>, Roma 1854, 616 (DH 2803) : \u00ab Par la gr\u00e2ce et le privil\u00e8ge singuliers du Dieu Tout-Puissant, en consid\u00e9ration des m\u00e9rites de J\u00e9sus-Christ, le Sauveur du genre humain \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[63] Cf. S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 38 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 411.<\/p>\n\n\n\n<p>[64] Cf.&nbsp;<em>ibid.,<\/em>&nbsp;n. 21 :<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 387-389.<\/p>\n\n\n\n<p>[65] Cf.&nbsp;<em>ibid.,<\/em>&nbsp;n. 23 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 390-391.<\/p>\n\n\n\n<p>[66] Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>M\u00e9ditations quotidiennes<\/em>&nbsp;<em>Notre Dame des Douleurs, disciple et m\u00e8re<\/em>&nbsp;(3 avril 2020) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 4 avril 2020, 8.<\/p>\n\n\n\n<p>[67] Cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, nn. 55-62 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 59-63.<\/p>\n\n\n\n<p>[68] Cf. S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 4:&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 421.<\/p>\n\n\n\n<p>[69] Cf. S. Paul VI,&nbsp;<em>Discours<\/em>&nbsp;<em>de cl\u00f4ture de la III<sup>e<\/sup>&nbsp;session du Concile Vatican II<\/em>&nbsp;(21 novembre 1964) :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>56 (1964), 1015 : \u00ab Marie donc, en tant que M\u00e8re du Christ, est aussi la M\u00e8re des fid\u00e8les et de tous les pasteurs ; c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019\u00c9glise \u00bb ;&nbsp;<em>Cat\u00e9chisme de l\u2019\u00c9glise catholique<\/em>, n. 963.<\/p>\n\n\n\n<p>[70] S. Paul VI, Exhort. ap.&nbsp;<em>Marialis cultus&nbsp;<\/em>(2 f\u00e9vrier 1974), n. 22 :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;66 (1974), 133.<\/p>\n\n\n\n<p>[71] Cf. H.U. von Balthasar,&nbsp;<em>Theodramatik.&nbsp;<\/em>Bd. 2&nbsp;<em>Die Personen des Spiels.&nbsp;<\/em>Teil 2<em>&nbsp;Die Personen in Christus,&nbsp;<\/em>Einsiedeln&nbsp;<sup>2<\/sup>1998, 306.<\/p>\n\n\n\n<p>[72] Cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 56 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 60 : \u00ab Elle se livra elle-m\u00eame int\u00e9gralement, comme la servante du Seigneur, \u00e0 la personne et \u00e0 l\u2019\u0153uvre de son Fils, pour servir, dans sa d\u00e9pendance et avec lui, par la gr\u00e2ce du Dieu tout-puissant, au myst\u00e8re de la R\u00e9demption \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[73] Cf. S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 23 :<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 391.<\/p>\n\n\n\n<p>[74] Cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 69 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 66 : \u00ab M\u00e8re de Dieu et M\u00e8re des hommes \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[75] S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 38 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 411 ; cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 61 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 63. Le contenu de la maternit\u00e9 spirituelle de Marie est pr\u00e9sent dans les premiers textes de la patristique et trouve son fondement biblique surtout dans l\u2019\u00c9vangile de saint Jean, plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans la sc\u00e8ne de la Croix.<\/p>\n\n\n\n<p>[76] Cf. S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 21 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 388 : \u00ab Elle se manifeste concr\u00e8tement comme la maternit\u00e9 nouvelle selon l\u2019esprit et non selon la chair, c\u2019est-\u00e0-dire la&nbsp;<em>sollicitude de Marie pour les hommes<\/em>, le fait qu\u2019elle va au-devant de toute la gamme de leurs besoins \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[77] Cf. Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Hom\u00e9lie en la<\/em>&nbsp;<em>Solennit\u00e9 de sainte Marie, M\u00e8re de Dieu<\/em>.&nbsp;<em>53<sup>e<\/sup>&nbsp;Journ\u00e9e Mondiale de la Paix<\/em>&nbsp;(1<sup>er<\/sup>&nbsp;janvier 2020) :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;112 (2020), 19.<\/p>\n\n\n\n<p>[78] S. Jean Paul II,Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater<\/em>&nbsp;(25 mars 1987), n. 38 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 411-412. cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 62:<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 63.<\/p>\n\n\n\n<p>[79] Cf. S. Jean Paul II,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(9 avril 1997), n. 2 :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano,&nbsp;<\/em>10 avril 1997, 4 : \u00ab La participation de Marie s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e au cours de l\u2019\u00e9v\u00e9nement lui-m\u00eame et en sa qualit\u00e9 de m\u00e8re ; par cons\u00e9quent, elle s\u2019\u00e9tend \u00e0 la totalit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre salvatrice du Christ \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[80] Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 60 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 62 ;&nbsp;<em>Cat\u00e9chisme de l\u2019\u00c9glise catholique,<\/em>&nbsp;n. 970.<\/p>\n\n\n\n<p>[81] Cf. Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(24 mars 2021) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 24 mars 2021, 8 : \u00ab [Marie] indique le M\u00e9diateur: elle est l\u2019<em>Odigitria<\/em>. Dans l\u2019iconographie chr\u00e9tienne elle est partout pr\u00e9sente, parfois m\u00eame avec un grand relief, mais toujours en relation avec son Fils et en fonction de Lui. Ses mains, ses yeux, son attitude sont un \u201ccat\u00e9chisme\u201d vivant et ils signalent toujours le pivot, le centre: J\u00e9sus. Marie est totalement tourn\u00e9e vers Lui \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[82] S. Jean Paul II, Lett. ap.&nbsp;<em>Rosarium Virginis Mariae<\/em>&nbsp;(16 octobre 2002), n. 4 :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;95 (2003), 8 ; citant Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 66 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 65.<\/p>\n\n\n\n<p>[83] Cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 62 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 63 : \u00ab Le r\u00f4le subordonn\u00e9 de Marie \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[84] Cf. S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 40 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 414-415.<\/p>\n\n\n\n<p>[85] Cf.&nbsp;<em>ibid.,<\/em>&nbsp;n. 43 :<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 420.<\/p>\n\n\n\n<p>[86] Cf. Fran\u00e7ois, Discours&nbsp;<em>\u00e0 l\u2019occasion de la r\u00e9citation du Saint Rosaire dans la Basilique de Sainte-Marie-Majeure<\/em>&nbsp;(4 mai 2013) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 6-7 mai 2013, 7.<\/p>\n\n\n\n<p>[87] L\u00e9on xiv,&nbsp;<em>Hom\u00e9lie<\/em>&nbsp;<em>pour le Jubil\u00e9 du Saint-Si\u00e8ge<\/em>&nbsp;(9 juin 2025) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 10 juin 2025, 2.<\/p>\n\n\n\n<p>[88] Cf. Fran\u00e7ois, Exhort. ap.&nbsp;<em>Evangelii gaudium&nbsp;<\/em>(24 novembre 2013), n. 285 :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;105 (2013), 1135.<\/p>\n\n\n\n<p>[89] Id., Lett. enc.&nbsp;<em>Dilexit nos<\/em>&nbsp;(24 octobre 2024), n. 176 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>116 (2024), 1424.<\/p>\n\n\n\n<p>[90] Cf. Id.,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(18 novembre 2020),&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 18 novembre 2020, 11.<\/p>\n\n\n\n<p>[91] S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 21 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 388-389.<\/p>\n\n\n\n<p>[92] Cf. Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Hom\u00e9lie en la<\/em>&nbsp;<em>solennit\u00e9 de sainte Marie M\u00e8re de Dieu<\/em>&nbsp;(1<sup>er<\/sup>&nbsp;janvier 2024) :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>116 (2024), 20.<\/p>\n\n\n\n<p>[93] J. L. Guerrero Rosado,&nbsp;<em>Nican Mopohua :<\/em>&nbsp;<em>Aqu\u00ed se cuenta\u2026 el gran acontecimiento,&nbsp;<\/em>Cuautitl\u00e1n 2003, nn. 23, 119.<\/p>\n\n\n\n<p>[94] S. Jean Paul II,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(13 ao\u00fbt 1997), n. 4,&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 14 ao\u00fbt 1997, 4.<\/p>\n\n\n\n<p>[95] Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Hom\u00e9lie<\/em>&nbsp;<em>en la f\u00eate de Notre-Dame de Guadalupe<\/em>&nbsp;(12 d\u00e9cembre 2022),&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>115 (2023): 53 ; cf. Id.,&nbsp;<em>Hom\u00e9lie<\/em>&nbsp;<em>en la f\u00eate de Notre-Dame de Guadalupe<\/em>&nbsp;(12 d\u00e9cembre 2023) :<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>116 (2024), 12.<\/p>\n\n\n\n<p>[96] Cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 8 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 11 ; Fran\u00e7ois, Lett. enc.&nbsp;<em>Dilexit nos&nbsp;<\/em>(24 octobre 2024), n. 96:&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>116 (2024), 1398.<\/p>\n\n\n\n<p>[97] Cf. J. Ratzinger,&nbsp;<em>Compte rendu de la Feria IV du 21 f\u00e9vrier 1996<\/em>, dans les Archives du Dicast\u00e8re pour la Doctrine de la Foi.<\/p>\n\n\n\n<p>[98] Cf. S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 21 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 389. Ce&nbsp;<em>caract\u00e8re d\u2019intercession<\/em>&nbsp;de la m\u00e9diation maternelle de Marie est un enseignement constant des papes r\u00e9cents. Cf. Pie IX, Const. ap.&nbsp;<em>Ineffabilis Deus<\/em>&nbsp;(8 d\u00e9cembre 1854) :&nbsp;<em>Pontificis Maximi Acta. Pars prima<\/em>, Roma 1854, 597-619 ; L\u00e9on XIII, Lett. enc.&nbsp;<em>Adiutricem populi&nbsp;<\/em>(5 septembre 1895) :<em>&nbsp;ASS<\/em>&nbsp;28 (1895-1896), 129-136 ; S. Pie X, Lett. enc.&nbsp;<em>Ad diem illum&nbsp;<\/em>(2 f\u00e9vrier 1904) :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>36 (1903-1904), 455 ; Pie XII, Lett. enc.&nbsp;<em>Ad Caeli Reginam<\/em>&nbsp;(11 octobre 1954), n. 17 :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;46 (1954), 636.<\/p>\n\n\n\n<p>[99] Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 62 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 63.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[100]<\/sup>&nbsp;S. Augustin,&nbsp;<em>De peccatorum meritis et remissione et de baptismo parvulorum<\/em>, I, 11, 13 :&nbsp;<em>CSEL&nbsp;<\/em>60, 14.<\/p>\n\n\n\n<p>[101] Id.,&nbsp;<em>Sermo<\/em>&nbsp;23\/A:&nbsp;<em>CCSL<\/em>&nbsp;41, 322.<\/p>\n\n\n\n<p>[102] S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Summa Theologiae,<\/em>&nbsp;I-II, q. 114, a. 6. co.<\/p>\n\n\n\n<p>[103] Concile \u0152cum. de Trente,&nbsp;<em>Sessio<\/em>&nbsp;VI:&nbsp;<em>Decretum de iustificatione<\/em>, 7: DH 1530.<\/p>\n\n\n\n<p>[104] Pie IX, Const. ap.&nbsp;<em>Ineffabilis Deus&nbsp;<\/em>(8 d\u00e9cembre 1854), dans Pii IX<em>&nbsp;Pontificis Maximi Acta. Pars prima,&nbsp;<\/em>Roma 1854<em>,<\/em>&nbsp;616.<\/p>\n\n\n\n<p>[105] S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Summa Theologiae,<\/em>&nbsp;I-II, q. 113, a. 9, co.<\/p>\n\n\n\n<p>[106]&nbsp;<em>Ibid.,<\/em>&nbsp;q. 114, a. 6, ad 3.<\/p>\n\n\n\n<p>[107]&nbsp;<em>Ibid.,<\/em>&nbsp;q. 114, a. 5, co.<\/p>\n\n\n\n<p>[108] Cf.&nbsp;<em>ibid.,&nbsp;<\/em>q. 114, a. 1, co.<\/p>\n\n\n\n<p>[109] Cf. S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 21 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 389.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[110]&nbsp;<\/sup>Cf. Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(8 juin 2016) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 9 juin 2016, 8.<\/p>\n\n\n\n<p>[111] Cf. Id.,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale&nbsp;<\/em>(24 mars 2021),&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 24 mars 2021, 8 ;&nbsp;<em>Cat\u00e9chisme de l\u2019\u00c9glise catholique<\/em>, n. 2764.<\/p>\n\n\n\n<p>[112] Cf. Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Paroles du Saint-P\u00e8re lors de la r\u00e9citation du Saint Rosaire&nbsp;<\/em>(31 mai 2013) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 2 juin 2013, 8.<\/p>\n\n\n\n<p>[113] Cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 61 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 5-71, 63.<\/p>\n\n\n\n<p>[114]&nbsp;<em>Cat\u00e9chisme de l\u2019\u00c9glise catholique<\/em>, n. 2003.<\/p>\n\n\n\n<p>[115]&nbsp;<em>Ibid.<\/em>, n. 1999.<\/p>\n\n\n\n<p>[116] Cf. S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Summa Theologiae,<\/em>&nbsp;I-II, q. 114, a. 1, co. ;&nbsp;<em>Quaestiones disputatae de Veritate,&nbsp;<\/em>27, a. 3, ad 10<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[117] Cf. Id.,&nbsp;<em>Summa Theologiae,<\/em>&nbsp;III, q. 64, a. 1, co; cf.&nbsp;<em>ibid<\/em>., q. 8, a. 8, ad 1, co. :&nbsp;<em>\u00ab<\/em>&nbsp;[\u2026]&nbsp;<em>solus Deus illabitur animae \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>[118] Cf. Concile \u0152cum. de Trente,&nbsp;<em>Sessio<\/em>&nbsp;VI<em>.<\/em>&nbsp;<em>Decretum de iustificatione<\/em>, 7: DH 1528-1531;&nbsp;<em>ib\u00edd<\/em>.,<em>&nbsp;Canones de iustificatione<\/em>, 11: DH 1561.<\/p>\n\n\n\n<p>[119] Cf. S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Quaestiones disputatae de Veritate<\/em>, q<em>.<\/em>&nbsp;28, a. 2, ad 8;&nbsp;<em>Summa contra gentiles<\/em>, II, cap. 98, n. 18;&nbsp;<em>ib\u00edd<\/em>., III, cap. 88, n. 6.<\/p>\n\n\n\n<p>[120] Cf. Id.<em>, Quaestiones disputatae de Veritate<\/em>, q. 27, a. 3, s.c. 5.<\/p>\n\n\n\n<p>[121] Id.,&nbsp;<em>Summa Theologiae,<\/em>&nbsp;III, q. 64, a. 1, co.<\/p>\n\n\n\n<p>[122] Entre autres, Gennade de Marseille,&nbsp;<em>De Ecclesiasticis Dogmatibus,<\/em>&nbsp;83 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;58, 999B ; De m\u00eame S. Jean Cassien,&nbsp;<em>Collationes<\/em>&nbsp;VII, 13 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;49, 683A ; En outre Didymus Caecus,&nbsp;<em>De Spiritu Sancto<\/em>, 60:&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;23, 158C.<\/p>\n\n\n\n<p>[123] Cf. S. Bonaventure,&nbsp;<em>Collationes in Hexaemeron<\/em>, XXI, 18:&nbsp;<em>Opera Omnia<\/em>, V, Quaracchi 1891, 434.<\/p>\n\n\n\n<p>[124] Cf. Id.,&nbsp;<em>Sententiarum Lib.&nbsp;<\/em>I<em>,&nbsp;<\/em>d.14, a. 2, q. 2, ad 2:&nbsp;<em>Opera Omnia<\/em>, I, Quaracchi 1891, 250.<\/p>\n\n\n\n<p>[125] Cf.&nbsp;<em>ibid<\/em>., q. 2, fund. 3, 251.<\/p>\n\n\n\n<p>[126] Cf.&nbsp;<em>ibid<\/em>., q. 2, fund. 4 et 8, 251-252.<\/p>\n\n\n\n<p>[127] Cf. S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Summa Theologiae<\/em>, I, q. 33, a. 3 ;&nbsp;<em>ibid<\/em>., III, q. 23, a. 4.<\/p>\n\n\n\n<p>[128] Id.,&nbsp;<em>Compendium theologiae<\/em>, I, n. 215; cf. Id.,&nbsp;<em>Summa Theologiae<\/em>, III, q. 2, a. 10.<\/p>\n\n\n\n<p>[129] Id.,&nbsp;<em>Summa Theologiae<\/em>, III, q. 8, a. 5, co. ; cf.&nbsp;<em>ibid<\/em>., q. 2, a. 12 ; q. 7, a. 9 ; q. 48, a. 1.<\/p>\n\n\n\n<p>[130] Id.,&nbsp;<em>Compendium Theologiae<\/em>, I, n. 214.<\/p>\n\n\n\n<p>[131] Id.<em>, Quaestiones disputatae de Veritate,<\/em>&nbsp;q. 29, a. 5, co.<\/p>\n\n\n\n<p>[132] Congr\u00e9gation pour la Doctrine de la Foi, D\u00e9claration&nbsp;<em>Dominus Iesus<\/em>&nbsp;(6 ao\u00fbt 2000), n. 10 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>92 (2000), 750-751, cf. Fran\u00e7ois, Lett. enc.&nbsp;<em>Dilexit nos<\/em>&nbsp;(24 octobre 2024), nn. 59-63 :<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>116 (2024), 1386-1387.<\/p>\n\n\n\n<p>[133] Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. past.&nbsp;<em>Gaudium et spes<\/em>, n. 22 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>58 (1966), 1042-1043.<\/p>\n\n\n\n<p>[134] Cf. S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Summa Theologiae<\/em>&nbsp;I-II, q. 112, a. 1, co.<\/p>\n\n\n\n<p>[135] Cf. Id.,&nbsp;<em>Super Ioannem,<\/em>&nbsp;cap. 1, v. 16, lectio 10;&nbsp;<em>Summa Theologiae<\/em>, I-II, q. 112, a. 1, ad 1.<\/p>\n\n\n\n<p>[136] Id.,&nbsp;<em>Compendium Theologiae<\/em>, I, n. 214.<\/p>\n\n\n\n<p>[137] Dante Alighieri,&nbsp;<em>Paradis<\/em>, XXXIII, 1.<\/p>\n\n\n\n<p>[138] Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, nn. 60, 62 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 62-63 ; S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Summa Theologiae,<\/em>&nbsp;III, q. 26.<\/p>\n\n\n\n<p>[139]&nbsp;<em>Missale Romanum ex Sacrosancti Oecumenici Concilii Vaticani II instauratum auctoritate S. Pauli PP. VI promulgatum S. Ioannis Pauli PP. II cura recognitum<\/em>, editio typica tertia, Typis Vaticanis 2008, 879.<\/p>\n\n\n\n<p>[140] Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 60 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 62.<\/p>\n\n\n\n<p>[141] Cf.&nbsp;<em>Cat\u00e9chisme de l\u2019\u00c9glise catholique,<\/em>&nbsp;n. 2002.<\/p>\n\n\n\n<p>[142] Cf. S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Summa Theologiae&nbsp;<\/em>I, q. 25, a. 3, ad 4. La&nbsp;<em>cr\u00e9ation<\/em>&nbsp;et la&nbsp;<em>justification<\/em>&nbsp;\u00ab ne peuvent \u00eatre faites imm\u00e9diatement que par Dieu seul \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[143] Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n.\u00b062 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 63.<\/p>\n\n\n\n<p>[144] Cf. Origene,&nbsp;<em>Hom. in Genesim<\/em>, XIII, 3-4:&nbsp;<em>PG<\/em>&nbsp;12, 232B-234CD.<\/p>\n\n\n\n<p>[145] Cf. S. Cyrille d\u2019Alexandrie,&nbsp;<em>Comm. in Ioannem<\/em>, II, 4, 13-14:&nbsp;<em>PG<\/em>&nbsp;73, 300C.<\/p>\n\n\n\n<p>[146] Cf. Id.,&nbsp;<em>Comm. in Isaiam<\/em>, V, II, 55, 1-2:&nbsp;<em>PG<\/em>&nbsp;70, 1220A.<\/p>\n\n\n\n<p>[147] Cf. S. Cyrille de J\u00e9rusalem,&nbsp;<em>Catechesis mystagogica<\/em>&nbsp;XVI, 11:&nbsp;<em>PG&nbsp;<\/em>33, 932C.<\/p>\n\n\n\n<p>[148] Cf. S. Jean Chrysostome,&nbsp;<em>in Ioannem<\/em>, 51, 1:&nbsp;<em>PG<\/em>&nbsp;59, 283.<\/p>\n\n\n\n<p>[149] S. Ambroise,&nbsp;<em>Explanatio Psalmorum&nbsp;<\/em>XII, Ps. 48, 4, 2 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;14, 1157A.<\/p>\n\n\n\n<p>[150] Id.,&nbsp;<em>De Noe<\/em>, 19, 70 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;14, 395A.<\/p>\n\n\n\n<p>[151] Cf. Id.,&nbsp;<em>Explanatio Psalmorum&nbsp;<\/em>XII, Ps. 48, 4, 2 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;14, 1157A.<\/p>\n\n\n\n<p>[152] Cf. S. J\u00e9r\u00f4me,&nbsp;<em>Comm. in Zachariam,<\/em>&nbsp;III, 14, 8.9 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;25, 1528C.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[153]<\/sup>&nbsp;S. Gr\u00e9goire le Grand,&nbsp;<em>Hom. in Ezechielem&nbsp;<\/em>I<em>,<\/em>&nbsp;10, 6 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;76, 888B.<\/p>\n\n\n\n<p>[154] Cf. S. Hilaire de Poitiers,&nbsp;<em>Tractatus in Psalmos&nbsp;<\/em>64, 14 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;9, 421B.<\/p>\n\n\n\n<p>[155] S. Augustin,&nbsp;<em>In Ioannis Evangelium<\/em>, 32, 4 :&nbsp;<em>PL<\/em>&nbsp;35, 1643D.<\/p>\n\n\n\n<p>[156] S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Super Ioannem<\/em>, cap. 7, lect. 5.<\/p>\n\n\n\n<p>[157]&nbsp;<em>Ibid.<\/em>; cf. Id.,&nbsp;<em>Summa Theologiae,&nbsp;<\/em>II-II, q. 178 a. 1, s. c.<\/p>\n\n\n\n<p>[158] S. Cyrille de J\u00e9rusalem,&nbsp;<em>Catechesis mystagogica<\/em>&nbsp;XVI, 12:&nbsp;<em>PG<\/em>&nbsp;33, 933B.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[159]&nbsp;<\/sup>Cf.S. Jean XXIII, Lett. enc.&nbsp;<em>Mater et Magistra&nbsp;<\/em>(15 mai 1961),&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;53 (1961), 462.<\/p>\n\n\n\n<p>[160] S. Jean Paul II,&nbsp;<em>Lettre au Sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral de la Compagnie de J\u00e9sus<\/em>,&nbsp;<em>Paray-le-Monial<\/em>&nbsp;(5 octobre 1986) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 6 octobre 1986, 7 ; cit\u00e9 par Fran\u00e7ois, Lett. enc.&nbsp;<em>Dilexit nos<\/em>&nbsp;(24 octobre 2024), n. 182 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>116 (2024), 1427.<\/p>\n\n\n\n<p>[161] Beno\u00eet XVI, Lett. enc.&nbsp;<em>Caritas in veritate<\/em>&nbsp;(29 juin 2009), n. 5 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>101 (2009), 643.<\/p>\n\n\n\n<p>[162] Fran\u00e7ois, Lett. enc.&nbsp;<em>Dilexit nos<\/em>&nbsp;(24 octobre 2024), nn. 198, 200 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>116 (2024), 1432.<\/p>\n\n\n\n<p>[163] Cf. S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Summa Theologiae,<\/em>&nbsp;I-II, q. 5, a. 6, co. et ad 1; Id.,&nbsp;<em>Quaestiones disputatae de Veritate,&nbsp;<\/em>q. 27, a. 3, s.c. 5. Les arguments utilis\u00e9s par saint Thomas d\u2019Aquin pour expliquer pourquoi aucune cr\u00e9ature ne peut conf\u00e9rer la gr\u00e2ce, mais seulement Dieu, ne peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme d\u00e9pass\u00e9s, ni dans sa propre \u0153uvre, ni par la suite.<\/p>\n\n\n\n<p>[164] Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 60 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 62 ; cf. S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Summa Theologiae,<\/em>&nbsp;I, q. 25, art. 3, ad 4; Id.,&nbsp;<em>Scriptum super Sententiis&nbsp;<\/em>II<em>,&nbsp;<\/em>d. 26, q. 1, a. 2 co;&nbsp;<em>ibid.<\/em>, IV, d. 5, q. 1, a. 3, qc. 1, ad 1.<\/p>\n\n\n\n<p>[165] Cf. Id.,&nbsp;<em>Quaestiones disputatae de Veritate,&nbsp;<\/em>q. 27, a. 3, s. c. 5. Une fois de plus nous rappelons que : \u00ab Sed mentem, in qua est gratia, nulla creatura illabitur \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[166] Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 60 :<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 62.<\/p>\n\n\n\n<p>[167] Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 62:<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 63.<\/p>\n\n\n\n<p>[168] Cf. S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Summa contra Gentiles<\/em>, lib. 2, cap. 21, n. 7. Un instrument apporte sa contribution propre : \u00ab Omne agens instrumentale exequitur actionem principalis agentis per aliquam actionem propriam et connaturalem sibi \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>[169]&nbsp;<em>Ibid.,&nbsp;<\/em>lib. 3, cap. 147, n. 6 ; cf. Id.,&nbsp;<em>Summa Theologiae&nbsp;<\/em>I, q. 45, a. 5 co.<\/p>\n\n\n\n<p>[170] Id.,&nbsp;<em>Summa Theologiae I-II<\/em>, q. 5, a. 6, ad 1.<\/p>\n\n\n\n<p>[171] Cf. Concile \u0152cum. de Trente,&nbsp;<em>Sessio<\/em>&nbsp;VI<em>.<\/em>&nbsp;<em>Decretum de iustificatione<\/em>, 8: DH 1532<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>[172] Cf. S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Summa Theologiae,<\/em>&nbsp;I-II, q. 114, a. 5 co. : \u00ab L\u2019homme qui est d\u00e9j\u00e0 en gr\u00e2ce ne peut pas m\u00e9riter la gr\u00e2ce qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0. \u00bb Si la personne justifi\u00e9e peut m\u00e9riter une croissance dans la vie de gr\u00e2ce, le fait d\u2019\u00eatre justifi\u00e9, d\u2019\u00eatre ami de Dieu par la gr\u00e2ce, sera toujours absolument gratuit.<\/p>\n\n\n\n<p>[173] Ce que saint Thomas d\u2019Aquin appelle \u00ab disposition finale \u00bb, concomitante \u00e0 l\u2019effusion de la gr\u00e2ce sanctifiante, est l\u2019\u0153uvre imm\u00e9diate de la gr\u00e2ce elle-m\u00eame. C\u2019est \u00ab la disposition finale, n\u00e9cessairement suivie de la forme \u00bb : S. Thomas d\u2019Aquin,&nbsp;<em>Sententia Metaphysicae<\/em>, livre 5, lect. 2, n. 5 ; cf. Id.,&nbsp;<em>Scriptum super Sententiis,&nbsp;<\/em>I, d. 17, q. 2, a. 3, co ;Id.,&nbsp;<em>Summa contra Gentiles<\/em>, lib. 2, cap. 19, n. 6; Id.,&nbsp;<em>Compendium theologiae<\/em>, I, n. 105.<\/p>\n\n\n\n<p>[174] Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium,<\/em>&nbsp;n. 61 :<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 63.<\/p>\n\n\n\n<p>[175] S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 45 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 422-423.<\/p>\n\n\n\n<p>[176] Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(18 novembre 2020) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 18 novembre 2020, 11.<\/p>\n\n\n\n<p>[177] S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 20 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 387.<\/p>\n\n\n\n<p>[178] Cf. Conc. \u0152cum. Vat. II, Const. dogm.&nbsp;<em>Lumen gentium<\/em>, n. 53 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>57 (1965), 58-59.<\/p>\n\n\n\n<p>[179] S. Augustin,&nbsp;<em>Sermo<\/em>&nbsp;72\/A, 7 :&nbsp;<em>CCSL&nbsp;<\/em>41Ab, 117.<\/p>\n\n\n\n<p>[180] Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(24 mars 2021),&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 24 mars 2021, 8.<\/p>\n\n\n\n<p>[181] S. Paul VI, Exhort. ap.&nbsp;<em>Marialis cultus&nbsp;<\/em>(2 f\u00e9vrier 1974), n.35 :<em>&nbsp;AAS<\/em>&nbsp;66 (1974), 147.<\/p>\n\n\n\n<p>[182] S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 46 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 424.<\/p>\n\n\n\n<p>[183] Dicast\u00e8re pour la doctrine de la foi,&nbsp;<em>Normes proc\u00e9durales pour le discernement des ph\u00e9nom\u00e8nes surnaturels pr\u00e9sum\u00e9s<\/em>&nbsp;(17 mai 2024), n. 12 :<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>116 (2024), 782.<\/p>\n\n\n\n<p>[184] Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Audience g\u00e9n\u00e9rale<\/em>&nbsp;(16 f\u00e9vrier 2022) :&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 16 f\u00e9vrier 2022, 2.<\/p>\n\n\n\n<p>[185] Fran\u00e7ois, Exhort. ap.&nbsp;<em>Evangelii gaudium&nbsp;<\/em>(24 novembre 2013), n. 285 :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;105 (2013), 1134-1135.<\/p>\n\n\n\n<p>[186] Beno\u00eet XVI, Lett. enc.&nbsp;<em>Deus caritas&nbsp;<\/em>(25 d\u00e9cembre 2005), n. 42 :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;98 (2006), 252.<\/p>\n\n\n\n<p>[187] Fran\u00e7ois, Exhort. ap.&nbsp;<em>Evangelii gaudium&nbsp;<\/em>(24 novembre 2013), n. 284 :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;105 (2013), 1134.<\/p>\n\n\n\n<p>[188] Cf.&nbsp;<em>ibid.<\/em>, n. 113 :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;105 (2013), 1067.<\/p>\n\n\n\n<p>[189] L\u00e9on XIV,&nbsp;<em>Premi\u00e8re<\/em>&nbsp;<em>B\u00e9n\u00e9diction apostolique \u201cUrbi et Orbi\u201d&nbsp;<\/em>(8 mai 2025),&nbsp;<em>L\u2019Osservatore Romano<\/em>, 9 mai 2025, 3.<\/p>\n\n\n\n<p>[190] Fran\u00e7ois, Message<em>&nbsp;pour la XXXVII<sup>e<\/sup>&nbsp;Journ\u00e9e Mondiale de la Jeunesse&nbsp;<\/em>(15 ao\u00fbt 2022) :<em>&nbsp;AAS&nbsp;<\/em>114 (2022), 1255.<\/p>\n\n\n\n<p>[191] Id., Exhort. ap.&nbsp;<em>Evangelii gaudium&nbsp;<\/em>(24 novembre 2013), n. 285 :&nbsp;<em>AAS<\/em>&nbsp;105 (2013), 1135.<\/p>\n\n\n\n<p>[192] S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 28 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 398.<\/p>\n\n\n\n<p>[193] Conseil \u00e9piscopal latino-am\u00e9ricain,&nbsp;<em>V<sup>e<\/sup>&nbsp;Conf\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00e9piscopat d\u2019Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes&nbsp;<\/em>(Aparecida, 13-31 mai 2007), n. 265.<\/p>\n\n\n\n<p>[194] Cf. S. Jean Paul II, Lett. enc.&nbsp;<em>Redemptoris Mater&nbsp;<\/em>(25 mars 1987), n. 35 :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>79 (1987), 407.<\/p>\n\n\n\n<p>[195] Fran\u00e7ois,&nbsp;<em>Hom\u00e9lie<\/em>&nbsp;<em>en la solennit\u00e9 de sainte Marie M\u00e8re de Dieu<\/em>&nbsp;(1<sup>er<\/sup>&nbsp;janvier 2024) :&nbsp;<em>AAS&nbsp;<\/em>116 (2024), 20.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[196]<\/sup>&nbsp;Conseil \u00e9piscopal latino-am\u00e9ricain,&nbsp;<em>V<sup>e<\/sup>&nbsp;Conf\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00e9piscopat d\u2019Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes&nbsp;<\/em>(Aparecida, 13-31 mai 2007), n. 259.<\/p>\n\n\n\n<p>[01462-FR.01] &nbsp;\u00bb Source Vatican<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Attaques contre la Sainte Vierge * le terme Marie Co-r\u00e9demptrice serait \u00ab\u00a0inopportun\u00a0\u00bb [La croix] Le Vatican met fin \u00e0 la confusion : Marie n\u2019est pas \u00ab co-r\u00e9demptrice \u00bb mais M\u00e8re du Peuple fid\u00e8le Mater Populi fidelis, approuv\u00e9e par le pape L\u00e9on XIV clarifie la place de la Vierge dans l\u2019\u0153uvre du salut et rejette l\u2019usage &hellip;<\/p>\n<p class=\"read-more\"> <a class=\"\" href=\"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/2025\/11\/14\/attaques-contre-la-sainte-vierge\/\">  Lire la suite\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","footnotes":""},"categories":[51],"tags":[],"class_list":["post-666","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-croix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/666","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=666"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/666\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":670,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/666\/revisions\/670"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=666"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=666"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tradi-novitates.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=666"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}